<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
	<atom:link href="https://tribuneverte.online/category/environment/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://tribuneverte.online/category/environment/</link>
	<description>Un regard écologique de l&#039;information</description>
	<lastBuildDate>Sat, 07 Nov 2026 04:44:47 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.4</generator>

<image>
	<url>https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2022/12/cropped-TRIBUNE-VERTE_WEB-LOGO_Plan-de-travail-1-copie-32x32.png</url>
	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
	<link>https://tribuneverte.online/category/environment/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>COP31 : avant l’ouverture des négociations, le G77 et la Chine affûtent leur stratégie pour défendre les intérêts du Sud</title>
		<link>https://tribuneverte.online/cop31-avant-louverture-des-negociations-le-g77-et-la-chine-affutent-leur-strategie-pour-defendre-les-interets-du-sud/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Nov 2026 04:43:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3299</guid>

					<description><![CDATA[En cette veille du lancement officiel de la COP31, les pays du G77+ la Chine se réunissent ce samedi 7 novembre pour une journée décisive de concertation politique et technique.&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En cette veille du lancement officiel de la COP31, les pays du G77+ la Chine se réunissent ce samedi 7 novembre pour une journée décisive de concertation politique et technique. Réunissant plus de 130 pays en développement, le groupe entend harmoniser ses positions sur les principales questions climatiques afin de peser davantage dans les négociations qui s’ouvriront dans les prochains jours.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réunion préparatoire intervient dans un contexte de pression croissante sur les pays du Sud, confrontés à des impacts climatiques toujours plus sévères alors même qu’ils demeurent parmi les plus faibles contributeurs aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Le G77+la Chine à la recherche d’une position commune</h5>



<p class="wp-block-paragraph">La journée débute par une session plénière consacrée aux priorités politiques du groupe et à la coordination de sa stratégie pour la COP31. Les délégations examineront les principaux enjeux inscrits à l’agenda de la conférence ainsi que les questions procédurales susceptibles d’influencer le déroulement des négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le G77+la Chine, l’enjeu est de préserver une voix commune sur des dossiers sensibles comme le financement climatique, l’adaptation, les pertes et préjudices ou encore la mise en œuvre de l’Accord de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette cohésion est jugée essentielle pour les pays en développement, qui cherchent à faire avancer leurs revendications dans un contexte marqué par des besoins croissants de financement et des impacts climatiques de plus en plus coûteux.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Financement climatique, adaptation et pertes et préjudices au cœur des discussions</h5>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;après le programme, tout au long de la journée, plusieurs groupes de travail examineront les principaux chapitres des négociations climatiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>financement climatique ;</li>



<li>adaptation ;</li>



<li>pertes et préjudices ;</li>



<li>transition juste ;</li>



<li>agriculture ;</li>



<li>technologies ;</li>



<li>transparence ;</li>



<li>renforcement des capacités ;</li>



<li>Action pour l’autonomisation climatique (ACE) ;</li>



<li>mesures de riposte ;</li>



<li>marchés carbone relevant de l’Article 6 de l’Accord de Paris ;</li>



<li>bilan mondial de l’action climatique.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réunions permettront d’identifier les convergences entre les pays membres et de définir les lignes rouges qui seront défendues au cours des deux semaines de négociations.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Pourquoi l’Afrique suit ces discussions avec attention</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays africains, les enjeux débattus par le G77+la Chine sont particulièrement stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), l’Afrique ne représente qu’environ <strong>4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre</strong>, mais figure parmi les régions les plus vulnérables aux effets du changement climatique. <a href="https://www.uneca.org/good-practice-in-climate-action-in-africa">[uneca.org]</a>, <a href="https://archive.uneca.org/sites/default/files/images/ACPC/Sweden/presentation_au_climate_change.pdf">[archive.uneca.org]</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sécheresses prolongées, inondations, vagues de chaleur, érosion côtière et perturbations agricoles continuent d’affecter l’ensemble du continent. Les conséquences économiques sont importantes : certaines estimations citées par la CEA indiquent que les impacts climatiques pourraient coûter jusqu’à <strong>5 % du PIB par an</strong> à plusieurs économies africaines. <a href="https://www.uneca.org/good-practice-in-climate-action-in-africa">[uneca.org]</a>, <a href="https://archive.uneca.org/archive2/eca-events/stories/ecas-gatete-calls-urgent-ambitious-climate-action.html">[archive.uneca.org]</a>, <a href="https://jprsi.go.jp/files/ticad/3_afdb.pdf">[jprsi.go.jp]</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cette vulnérabilité, les financements destinés à l’adaptation restent largement insuffisants. La Banque africaine de développement estime que l’Afrique a besoin d’environ <strong>33 milliards de dollars par an pour financer son adaptation climatique</strong>, alors que les flux disponibles demeurent très inférieurs à ce niveau. <a href="https://www.afdb.org/sites/default/files/2022/11/08/aaap_implementation_progress.pdf">[afdb.org]</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus largement, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) estime que les besoins d’adaptation des pays en développement atteignent aujourd’hui plusieurs centaines de milliards de dollars par an. Son rapport sur l’écart d’adaptation souligne que les financements internationaux restent très en deçà des besoins identifiés. <a href="https://www.unep.org/en/publications/report/adaptation-gap-report-2023">[unep.org]</a>, <a href="https://wedocs.unep.org/handle/20.500.11822/43796?show=full">[wedocs.unep.org]</a></p>



<h5 class="wp-block-heading">Le Cameroun concerné au premier plan</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Cameroun, les dossiers examinés aujourd’hui au sein du G77 ne relèvent pas uniquement de la diplomatie internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, le pays a été confronté à des épisodes récurrents d’inondations dans l’Extrême-Nord, à l’irrégularité croissante des saisons agricoles, à la dégradation des terres dans les zones sahéliennes et à des pressions accrues sur les ressources naturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Cameroun occupe également une place stratégique dans le bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde après l’Amazonie. Ces forêts jouent un rôle majeur dans le stockage du carbone et dans la régulation du climat mondial, faisant du pays un acteur important des discussions sur les mécanismes de financement liés aux forêts, à la biodiversité et aux services écosystémiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Yaoundé, comme pour de nombreux pays africains, les négociations de la COP31 seront l’occasion de défendre un accès plus direct aux financements climatiques, un soutien accru à l’adaptation des populations vulnérables et une meilleure reconnaissance de la contribution des forêts africaines à la lutte contre le changement climatique.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Des consultations de haut niveau avant l’ouverture officielle de la COP31</h5>



<p class="wp-block-paragraph">La journée s’achèvera par plusieurs réunions politiques avec les responsables du processus climatique des Nations unies. Les représentants du G77+la Chine rencontreront notamment les présidents des organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la présidence de la COP31 ainsi que le Secrétaire exécutif de la Convention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces échanges devraient permettre au groupe de présenter ses attentes concernant l’organisation des travaux et les résultats attendus de la conférence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où les impacts climatiques s’intensifient et où les besoins de financement continuent de croître, cette journée préparatoire constitue un moment clé pour les pays en développement. Pour le G77+la Chine, l’objectif est clair : arriver à la COP31 avec une position coordonnée, capable de renforcer le poids politique du Sud dans les négociations climatiques internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange Atala</em></strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"></h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MBOSCUDA and AFSA Rally Cameroon’s Civil Society Behind Agroecology Ahead of COP31</title>
		<link>https://tribuneverte.online/mboscuda-and-afsa-rally-cameroons-civil-society-behind-agroecology-ahead-of-cop31/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2026 03:11:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3295</guid>

					<description><![CDATA[The declaration, adopted unanimously by participating organizations, comes at a critical moment for both Cameroon and Africa. Climate shocks are intensifying across the continent. According to the World Meteorological Organization,&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>Yaoundé&rsquo;s Economic and Social Council headquarters became the stage for a united call to action on October 28, 2026, as civil society organizations, farmers&rsquo; groups, Indigenous peoples, pastoralist communities, women, youth leaders and researchers gathered under the leadership of MBOSCUDA, with financial support from AFSA, to define a common roadmap toward COP31 in Antalya, Türkiye.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Their message was clear: Cameroon cannot achieve climate resilience, food security or biodiversity protection without investing in agroecology, family farming and sustainable mobile pastoralism. </em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">The declaration, adopted unanimously by participating organizations, comes at a critical moment for both Cameroon and Africa. Climate shocks are intensifying across the continent. According to the World Meteorological Organization, Africa loses between 2% and 5% of its GDP annually due to climate-related hazards, while many countries divert up to 9% of their budgets to climate response and reconstruction efforts. The burden falls disproportionately on smallholder farmers, women and vulnerable communities.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Against this backdrop, Cameroonian civil society is positioning agroecology not merely as an agricultural alternative, but as a strategic climate solution.</p>



<h5 class="wp-block-heading">A Climate Crisis Threatening Livelihoods</h5>



<p class="wp-block-paragraph">The declaration highlights worsening floods, prolonged droughts, erratic rainfall patterns, land degradation, biodiversity loss and growing pressure on water resources across Cameroon. These disruptions are already affecting millions who depend on agriculture and pastoralism for survival. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Agriculture remains the backbone of Cameroon’s economy, employing approximately 70% of the rural population and contributing significantly to national food production. Yet many producers continue to face declining soil fertility, rising input costs and increasing climate uncertainty.</p>



<p class="wp-block-paragraph">For civil society leaders, the answer lies in scaling up agroecological practices that restore ecosystems while strengthening local economies. The declaration emphasizes agroforestry, soil conservation, sustainable grazing systems, biodiversity protection and the use of locally adapted seeds as practical pathways toward climate resilience. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Elevating Pastoralism as a Climate Solution</h5>



<p class="wp-block-paragraph">One of the most significant elements of the declaration is the recognition of mobile pastoralism as a critical adaptation strategy. Often overlooked in climate policies, pastoralist communities manage vast landscapes across Cameroon and the wider Sahel. The signatories argue that securing transhumance corridors, seasonal access to grazing lands and water resources can reduce conflict while improving ecosystem management. </p>



<p class="wp-block-paragraph">The declaration references international frameworks, including the African Union&rsquo;s pastoralism policy framework and United Nations resolutions recognizing pastoralism&rsquo;s contributions to biodiversity conservation, sustainable land management and cultural preservation.  In a year designated by the United Nations as the International Year of Rangelands and Pastoralists, Cameroonian civil society is calling for pastoralist voices, particularly those of Mbororo communities, to be fully integrated into national climate planning. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Turning Climate Commitments into Action</h5>



<p class="wp-block-paragraph">The organizations welcomed the inclusion of agroecological transition measures in Cameroon&rsquo;s revised Nationally Determined Contributions (NDC 3.0), but warned that commitments alone are insufficient. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Their recommendations to the government include:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Operationalizing NDC 3.0</strong> through measurable implementation plans and public reporting mechanisms;</li>



<li><strong>Establishing a dedicated national financing mechanism</strong> for agroecology and climate-resilient family farming;</li>



<li><strong>Accelerating the development of a national agroecology strategy</strong> and supporting legal reforms;</li>



<li><strong>Expanding access to international climate finance</strong> for local communities and Indigenous peoples;</li>



<li><strong>Supporting participatory research</strong> and protecting traditional knowledge;</li>



<li><strong>Ensuring meaningful participation of civil society</strong>, women, youth and Indigenous communities in international climate negotiations. </li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">The emphasis on finance reflects a broader challenge. Despite Africa contributing less than 4% of global greenhouse gas emissions, the continent receives only a small fraction of global climate finance flows. Local organizations often struggle to access funds due to complex application procedures and institutional barriers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The declaration places particular emphasis on women and youth leadership.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The signatories commit to strengthening agricultural entrepreneurship, promoting agricultural diplomacy and ensuring inclusive representation in climate governance processes. They also advocate for greater participation of women, young people and Indigenous communities in food-system management and climate decision-making. </p>



<p class="wp-block-paragraph">This focus reflects growing evidence that climate adaptation initiatives are more effective when women and young people have a meaningful role in designing and implementing solutions.</p>



<h5 class="wp-block-heading">A Unified Message for COP31</h5>



<p class="wp-block-paragraph">As delegates prepare for COP31 in Antalya from 9 to 20 November 2026, Cameroon&rsquo;s civil society organizations are urging the country&rsquo;s official delegation to champion a set of priorities rooted in local realities. These include recognition of agroecology and sustainable pastoralism as climate adaptation tools, easier access to climate finance, support for scaling proven agroecological practices, integrated food-water-climate approaches and stronger community rights and participation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The declaration also calls for the creation of a national follow-up mechanism after COP31 to ensure that international commitments translate into concrete actions for communities on the ground. </p>



<p class="wp-block-paragraph">The strength of the Yaoundé declaration lies in its insistence that climate action must be measured not by promises made in conference halls, but by outcomes delivered to farmers, pastoralists and Indigenous communities.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« The protection of the Congo Basin and the resilience of Cameroon’s food systems cannot be ensured without the people who cultivate, herd, conserve, restore and manage the land, »</em> the declaration states. </p>



<p class="wp-block-paragraph">With the Congo Basin remaining the world&rsquo;s second-largest tropical rainforest and one of the planet&rsquo;s most important carbon sinks, the choices made today will have implications far beyond Cameroon’s borders.</p>



<p class="wp-block-paragraph">For the coalition led by MBOSCUDA and AFSA, the road to COP31 is not simply about representation. It is about securing investments, influence and political commitments capable of transforming agroecology from a grassroots practice into a national climate strategy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">And in a warming world where food systems are increasingly under pressure, their message resonates well beyond Yaoundé: climate justice begins in the fields, forests and grazing lands where resilience is built every day. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>COP31 : Cameroun, Turquie et Grande-Bretagne unissent leurs engagements pour faciliter les négociations d&#8217;Antalya</title>
		<link>https://tribuneverte.online/cop31-cameroun-turquie-et-grande-bretagne-unissent-leurs-engagements-pour-faciliter-les-negociations-dantalya/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2026 02:06:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3288</guid>

					<description><![CDATA[La Turquie veut faire de la COP31, la COP de la mise en œuvre Ouvrant les discussions, l&#8217;ambassadeur turc a adopté un ton d&#8217;humilité rarement entendu dans les enceintes diplomatiques&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>À quelques jours de l&rsquo;ouverture de la 31e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP31), prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya en Turquie, le Cameroun a réaffirmé ses priorités de négociation lors d&rsquo;une rencontre de haut niveau organisée le 2 novembre à Yaoundé par Son Excellence <strong>Matt Woods</strong>, Haut-Commissaire britannique, et  Son Excellence</em> <strong><em>Volkan Öskiper</em></strong><em> , Ambassadeur de Türkiye au Cameroun.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>L&rsquo;événement sous l&rsquo;encadrement étatique de Son Excellence <strong>Hele Pierre</strong>, Ministre de l&rsquo;Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), a connu la participation des représentants gouvernementaux, diplomates, organisations internationales, société civile, secteur privé et médias autour d&rsquo;un objectif commun : préparer une participation camerounaise plus stratégique et plus influente à ce rendez-vous des négociations climatiques mondiales. Au cœur des échanges, un mot d&rsquo;ordre s&rsquo;est imposé : l&rsquo;heure n&rsquo;est plus aux promesses, mais à l&rsquo;implémentation.</em></li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">La Turquie veut faire de la COP31, la COP de la mise en œuvre</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Ouvrant les discussions, l&rsquo;ambassadeur turc a adopté un ton d&rsquo;humilité rarement entendu dans les enceintes diplomatiques internationales. Reconnaissant que la Turquie n&rsquo;est pas « le meilleur élève » en matière d&rsquo;atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), il a néanmoins insisté sur les progrès accomplis et sur la nécessité d&rsquo;adopter une approche réaliste des engagements climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Aucun pays ne devrait être considéré comme meilleur qu&rsquo;un autre »</em>, a-t-il souligné en substance, plaidant pour un dialogue franc entre les parties afin d&rsquo;atteindre des objectifs réalisables et surtout applicables.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3290" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Son Excellence</em> <strong><em>Volkan Öskiper</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette philosophie guide les dix priorités de la présidence turque de la COP31 : transition énergétique et électrification, réduction des déchets et du méthane, industrialisation verte, intelligence artificielle au service des technologies propres, villes résilientes, financement de projets climatiques via le mécanisme BRIDGE, éducation climatique, sécurité alimentaire, protection des océans, synergies entre les conventions de Rio et systèmes de santé résilients. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ces priorités, Ankara entend favoriser le partage de bonnes pratiques et l&rsquo;apprentissage mutuel entre les États, une démarche saluée par plusieurs participants comme un signal positif dans un contexte où les pays du Nord comme ceux du Sud cherchent de nouvelles formes de coopération climatique.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Le Bassin du Congo veut peser davantage dans les négociations</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Prenant la parole au nom du Haut-Commissariat britannique, <strong>SE. Matt Woods</strong>, a rappelé que les forêts du Bassin du Congo ont parfois été reléguées au second plan lors des précédentes conférences climatiques. Selon lui, cette faible prise en compte a souvent limité la portée et l&rsquo;impact des négociations sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour éviter que ce scénario ne se reproduise à Antalya, le Royaume-Uni soutient désormais une stratégie de plaidoyer en amont des négociations afin d&rsquo;anticiper les points de blocage et de renforcer la voix des pays forestiers africains. Le diplomate britannique a également évoqué son récent séjour dans l&rsquo;Extrême-Nord du Cameroun, où il a pu observer directement les effets du changement climatique sur les populations et les écosystèmes. Une réalité qui, selon lui, rappelle l&rsquo;urgence de transformer les engagements internationaux en actions concrètes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3291" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.30-1.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Son Excellence <strong>Matt Woods</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a par ailleurs insisté sur le rôle fondamental de la presse dans le suivi et l&rsquo;évaluation des engagements climatiques, notamment en matière de financement. Pour lui, les médias constituent un maillon essentiel de la redevabilité climatique.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Le Cameroun avance avec une note de positionnement claire</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Présentant la position nationale, <strong>M. Timothé Kagonbe</strong>, point focal changements climatiques au MINEPDED,  a rappelé que le Cameroun s&rsquo;inscrit pleinement dans les orientations du Groupe Afrique ainsi que du G77 + Chine. Sous sa supervision, la préparation de la délégation camerounaise à la COP31 s&rsquo;est appuyée sur plusieurs ateliers de renforcement des capacités des membres de cette délégation en vue de la participation aux négociations. Mais également la tenue d&rsquo;un dialogue multi-acteurs ayant permis d&rsquo;établir un état des lieux national et de définir une feuille de route pour les prochains mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des ambitions majeures du pays est la mise en place d&rsquo;un cadre réglementaire robuste pour accéder au marché carbone international. Les autorités souhaitent éviter les erreurs du passé ( il a rappelé l&rsquo;expérience vécue par AES-SONEL, actuel SOCADEL, dans le cadre du mécanisme de développement propre)  et tirer les leçons d&rsquo;évènements antérieurs jugés peu concluants. Dans cette perspective, l&rsquo;article 6 de l&rsquo;Accord de Paris apparaît comme un enjeu central pour le Cameroun, en matière de finance climat.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Financement, adaptation et carbone : les priorités de Yaoundé</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de la session technique, plusieurs défis prioritaires ont été mis en avant.:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le premier concerne <strong>l&rsquo;accès aux financements climatiques</strong>. Le Cameroun et les pays africains plaident pour davantage de flexibilité dans les mécanismes d&rsquo;accréditation permettant aux entités nationales de mobiliser directement les ressources internationales.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Deuxième enjeu : <strong>le triplement des financements consacrés à l&rsquo;adaptation</strong>. Pour les négociateurs africains, les montants actuellement envisagés restent insuffisants au regard des besoins du continent.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Troisième priorité : <strong>la valorisation du carbone forestier</strong>. Le Cameroun estime que ses efforts historiques de conservation, notamment dans le cadre du mécanisme REDD+, doivent être mieux reconnus et rémunérés.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les participants ont insisté sur le <strong>caractère stratégique de l&rsquo;adaptation</strong>, qui ne reçoit qu&rsquo;une faible part des financements climatiques mondiaux alors qu&rsquo;elle constitue une nécessité socio-économique pour des millions de personnes. L&rsquo;objectif affiché est clair : transformer les contraintes climatiques en opportunités de développement durable et de réduction de la pauvreté.</p>



<h5 class="wp-block-heading">SE. Pierre Hélé : « Toutes les zones agroécologiques sont touchées »</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Intervenant comme chef de la délégation camerounaise à la COP31, le Ministre <strong>Pierre Hélé</strong> a dressé un tableau préoccupant de la vulnérabilité climatique du pays. Dans son propos, il ressort que toutes les zones agroécologiques du Cameroun sont désormais affectées par les changements climatiques, avec des conséquences visibles sur les infrastructures, les activités économiques et la santé des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Ministre a particulièrement attiré l&rsquo;attention sur l&rsquo;épisode El Niño annoncé entre septembre 2026 et avril 2027, présenté comme l&rsquo;un des plus intenses observés depuis les années 1950. Face à ces menaces, il a rappelé les progrès du Cameroun en matière d&rsquo;ambition climatique. La Contribution Déterminée au niveau National (CDN) 3.0 porte désormais l&rsquo;objectif national de réduction des émissions de 30 % à 48 %, conformément aux dispositions de l&rsquo;article 4 de l&rsquo;Accord de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a également mis en avant les efforts engagés pour renforcer la gouvernance climatique nationale à travers l&rsquo;élaboration de documents stratégiques et de mécanismes de coordination. <em>« Le Cameroun est un puits de carbone »</em>, a-t-il rappelé, tout en reconnaissant l&rsquo;augmentation des émissions dans certains secteurs de l&rsquo;économie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour atteindre ses objectifs, le pays entend s&rsquo;appuyer sur la science, notamment les recommandations du GIEC,  relatives à la limitation du réchauffement à 1,5°C, ainsi que sur une coopération renforcée avec ses partenaires internationaux.</p>



<h5 class="wp-block-heading">De la diplomatie climatique aux solutions concrètes</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le Secrétaire Général du MINEPDED, <strong>Pr Tchawa</strong>, a insisté sur la nécessité de dépasser les déclarations d&rsquo;intention. <em>« Quand on parle de coopération climatique, ce ne sont pas les discours qui comptent, mais les actions concrètes »</em>, a-t-il souligné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, la diplomatie climatique doit permettre aux pays de traduire les engagements internationaux en mécanismes opérationnels, notamment à travers l&rsquo;article 6 de l&rsquo;Accord de Paris et le développement d&rsquo;un marché carbone crédible au Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est d&rsquo;autant plus urgente que plusieurs outils nationaux, dont la CDN 3.0 et la version en cours de révision du Plan national d&rsquo;adaptation aux changements climatiques (PNACC), n&rsquo;avaient pas anticipé l&rsquo;intensité de l&rsquo;épisode El Niño actuellement annoncé.</p>



<h5 class="wp-block-heading">WWF et OSC plaident pour un suivi post-COP31</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Les partenaires techniques ont également apporté leur contribution aux discussions. Le directeur pays du WWF, <strong>M. Alain Bernard Ononino</strong>, a indiqué que son organisation avait mis sur pied une étude des prévisions et un plan de réponse face aux risques liés à El Niño. Il s&rsquo;est dit prêt à mettre ces acquis à la disposition du MINEPDED afin de renforcer la préparation nationale.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.23.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.23-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3292" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.23-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.23-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.23-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/11/WhatsApp-Image-2026-11-02-at-17.51.23.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Représentants gouvernementaux, diplomates, organisations internationales, société civile, secteur privé et médias</em>; <em>présents à l&rsquo;évènement du 2 novembre 2026</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges ont aussi mis en lumière l&rsquo;inégale répartition des financements climatiques mondiaux. Alors que d&rsquo;autres grands bassins forestiers bénéficient de soutiens significatifs, le Bassin du Congo peine encore à capter les ressources à hauteur de sa contribution à la régulation climatique mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour plusieurs intervenants, cette situation s&rsquo;explique en partie par le fait que de nombreux mécanismes de financement privilégient la restauration des terres dégradées plutôt que la préservation des forêts encore intactes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, <strong>Harrison Ajebe Nnoko</strong>, président exécutif de l&rsquo;ONG AJESH, a recommandé la mise en place d&rsquo;un mécanisme de suivi des engagements pris dans le cadre de cette coopération entre le Cameroun, la Turquie et le Royaume-Uni. L&rsquo;objectif est de pouvoir, lors de la COP32 prévue en Éthiopie, évaluer concrètement les progrès accomplis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;issue des discussions, un consensus s&rsquo;est dégagé : la COP31 sera avant tout jugée à l&rsquo;aune de sa capacité à produire des résultats tangibles. Pour le Cameroun, Antalya représente une opportunité de défendre les intérêts des pays forestiers du Bassin du Congo, d&rsquo;obtenir des avancées sur le financement climatique, de faire reconnaître la valeur de ses services écosystémiques et d&rsquo;accélérer la mise en œuvre de ses engagements nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste désormais à transformer le dialogue diplomatique engagé à Yaoundé en résultats concrets dans les salles de négociation menées par l&rsquo;Australie et la Turquie. Pour les participants, la véritable mesure du succès ne se fera pas à la clôture de la COP31, mais dans la capacité des États et de leurs partenaires à traduire ces engagements en actions visibles pour les populations les plus exposées aux effets du changement climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange Atala</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Forum des jeunes sur les changements climatiques : le CIDP appel à transformer les ambitions en pouvoir d’influence à la COP31</title>
		<link>https://tribuneverte.online/forum-des-jeunes-sur-les-changements-climatiques-le-cidp-appel-a-transformer-les-ambitions-en-pouvoir-dinfluence-a-la-cop31/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2026 16:10:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3282</guid>

					<description><![CDATA[Prenant la parole, Sa Majesté Mvondo Bruno, président du Conseil des chefs traditionnels du Cameroun, a inscrit le débat dans une perspective culturelle et spirituelle souvent absente des grandes discussions&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<ul class="wp-block-list">
<li> <em>À quelques semaines de la COP31 prévue à Antalya, en Turquie, le Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP) et ses partenaires ont réuni ce<strong> </strong>13 octobre 2026, à la Fondation Friedrich Ebert Stiftung des jeunes, responsables institutionnels, autorités traditionnelles, partenaires techniques et financiers autour d’une question centrale : comment faire en sorte que les solutions pensées localement influencent les négociations climatiques mondiales ?</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Au-delà des déclarations d’intention, cette rencontre a mis en lumière une conviction partagée : la transition climatique ne peut plus être un sujet réservé aux experts. Elle doit devenir une responsabilité collective portée par une jeunesse capable de passer du diagnostic à l’action.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Prenant la parole, <strong>Sa Majesté Mvondo Bruno</strong>, président du Conseil des chefs traditionnels du Cameroun, a inscrit le débat dans une perspective culturelle et spirituelle souvent absente des grandes discussions climatiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pour agir ici et maintenant, nous attendons de la jeunesse des changements aussi. Nous sommes là pour vous aider dans ce sens. Cela passe par la connaissance des savoirs endogènes. Chaque nature a une vie, il existe des interconnexions entre le règne animal, végétal et minéral. Que ce soit un rat palmiste, un pangolin ou une plante, tous assurent la survie des écosystèmes. »</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Son intervention a rappelé que la protection de la biodiversité repose également sur une compréhension fine des équilibres hérités des communautés locales. Une approche qu’il entend porter auprès des chefs d&rsquo;État ainsi que dans les instances internationales des Nations Unies auxquelles il participe régulièrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saluant la présence du Conseil Economique et Social et son projet consacré à l’agroécologie, il a invité les jeunes à considérer les connaissances traditionnelles comme des outils de gouvernance environnementale à part entière.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Femmes et climat : sortir du récit de la vulnérabilité</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension sociale des changements climatiques a été portée par Mme. <strong>Marie-Pierre Raky Chaupin</strong>, représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les femmes sont les plus exposées aux effets des changements climatiques, et pourtant ce sont également elles les principales actrices de la résilience. Leur position n’est pas confinée à la vulnérabilité à laquelle on les associe. »</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Son plaidoyer s’appuie sur une réalité documentée à l’échelle internationale. Selon ONU Femmes, les effets du dérèglement climatique aggravent les inégalités existantes et pourraient faire basculer <strong>jusqu’à 158 millions de femmes et de filles supplémentaires dans la pauvreté d’ici 2050</strong>, soit 16 millions de plus que les hommes et les garçons. Les données indiquent également que <strong>47,8 millions de femmes de plus que les hommes sont déjà confrontées à l’insécurité alimentaire</strong>. <a href="https://www.unwomen.org/en/articles/explainer/how-gender-inequality-and-climate-change-are-interconnected">[unwomen.org]</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ONU Femmes, la réponse passe par le renforcement de politiques publiques sensibles au genre, capables de transformer la vulnérabilité en opportunité économique, sociale et environnementale. <a href="https://www.unwomen.org/en/articles/explainer/how-gender-inequality-and-climate-change-are-interconnected">[unwomen.org]</a>, <a href="https://www.unwomen.org/en/articles/in-focus/women-and-the-environment">[unwomen.org]</a></p>



<h4 class="wp-block-heading">Passer du diagnostic aux solutions</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique (MINJEC), le directeur de la coopération et des statistiques a rappelé la volonté du département ministériel de renforcer son implication dans l’action climatique. Pour lui, l’approche de la COP31 impose de franchir une nouvelle étape :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il faut dépasser l’étape du diagnostic et s’orienter vers les solutions existantes. »</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Un message en résonance avec l’objectif affiché du forum : <strong>faire émerger des propositions concrètes portées par les jeunes eux-mêmes, plutôt que multiplier les constats déjà largement établis.</strong></p>



<h4 class="wp-block-heading">Le défi de l’appropriation des outils stratégiques nationaux</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nécessité d’agir sur la base de connaissances solides a également été défendue par M.<strong>Timothé Kagonbe</strong>, point focal changements climatiques au Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED). Il a rappelé les principaux documents stratégiques récemment présentés par le Ministre <strong>Pierre Hélé</strong> : le <strong>Plan climat</strong>, le <strong>Rapport Biennal de Transparence (BTR)</strong>, la <strong>Quatrième Communication Nationale sur les changements climatiques</strong> et la <strong>CDN 3.0</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, ces instruments constituent des outils essentiels d’aide à la décision et doivent être davantage appropriés par la jeunesse afin de renforcer sa participation aux orientations défendues par le Cameroun dans les négociations internationales. Il a également souligné que les jeunes avaient déjà contribué à leur élaboration, invitant le CIDP à rejoindre officiellement les organisations collaborant avec le MINEPDED afin de participer aux futures concertations nationales sur les questions climatiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une Afrique en première ligne, mais sous-financée</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des interventions les plus marquantes a porté sur les inégalités structurelles du financement climatique international. Le constat est connu, mais demeure saisissant : alors que l’Afrique représente environ <strong>17 % de la population mondiale, elle ne génère qu’environ 4 % des émissions mondiales de CO₂</strong>, tout en étant l’une des régions les plus vulnérables aux impacts du changement climatique. <a href="https://www.aljazeera.com/news/2023/9/4/how-much-does-africa-contribute-to-global-carbon-emissions">[aljazeera.com]</a>, <a href="https://futures.issafrica.org/thematic/guide.pdf?thematic=14-climate-change&amp;topic=04-africas-contribution">[futures.is&#8230;africa.org]</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les financements destinés à l’adaptation restent largement insuffisants. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) estime que le déficit mondial de financement de l’adaptation oscille entre <strong>187 et 359 milliards de dollars par an</strong>, malgré l’augmentation récente des flux financiers internationaux dédiés à cette question. <a href="https://www.unep.org/en/publications/report/adaptation-gap-report-2024">[unep.org]</a>, <a href="https://digitallibrary.un.org/record/4065479?v=pdf">[digitallib&#8230;ary.un.org]</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette faiblesse du financement se traduit également par une représentation limitée des pays africains lors des grandes négociations climatiques internationales. Alors que certaines puissances mobilisent des délégations particulièrement nombreuses lors des COP, de nombreux États africains peinent encore à disposer des ressources humaines et techniques leur permettant de défendre efficacement leurs intérêts. Pour les intervenants, l’enjeu est donc double : accroître l’accès aux financements et former une nouvelle génération de négociateurs, chercheurs et experts climatiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Construire l’équipe qui portera les ambitions du Cameroun</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, plusieurs participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités nationales dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’habitat, les transports, les technologies financières ou encore l’aménagement du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le Cameroun ambitionne de jouer un rôle accru dans les mécanismes de concertation africains et internationaux, la constitution d’une équipe jeune, compétente et ambitieuse apparaît comme une condition essentielle pour peser davantage dans les futures négociations climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre deux séquences institutionnelles, une prestation de slam a donné une dimension sensible aux échanges. Le message était simple : Nous sommes tous issus d’une même terre. Si nous ne la protégeons pas, elle se meurt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers des images fortes, la slameuse a appelé les jeunes à ne pas attendre demain pour agir, évoquant notamment les gestes quotidiens tels que le recyclage, la réduction des déchets ou la protection des espaces naturels.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le Conseil Economique et Social souhaite faire entendre toutes les voix du territoire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le secrétaire du Conseil Economique et Social, <strong>Zacharie Ngoumbe</strong>, a rappelé que la protection de l’environnement constitue l’un des piliers d’action de l&rsquo;institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a exprimé son souhait de voir cette initiative devenir un rendez-vous permanent, capable de porter la voix des jeunes issus de toutes les régions du Cameroun, y compris des localités les plus éloignées comme Fondjomékwet, Ngomedzap, Belabo, Kousseri ou Moloundou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, la participation citoyenne est une condition indispensable à la légitimité des positions qui seront défendues dans les enceintes nationales et internationales.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-27-at-17.07.21.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="770" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-27-at-17.07.21-1024x770.jpeg" alt="" class="wp-image-3285" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-27-at-17.07.21-1024x770.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-27-at-17.07.21-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-27-at-17.07.21-767x577.jpeg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-27-at-17.07.21.jpeg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>M.</strong> <strong>Zacharie Ngoumbe</strong></em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Que chacun se sente concerné, car la cause nous est commune. »</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Intervenant en ligne lors du panel thématique, <strong>Moïse Mbimbe Nlom</strong>, chargé des programmes à International Land Coalition-Africa, a attiré l’attention sur les conséquences foncières du changement climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dégradation des terres, l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière poussent déjà certaines communautés à migrer vers des espaces qu’elles n’occupaient pas auparavant, exacerbant les conflits fonciers et l’insécurité d’accès à la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces tensions, il a évoqué plusieurs solutions déjà expérimentées dans d’autres contextes africains, parmi lesquelles l’adoption de plans d’affectation des sols permettant d’anticiper les conflits liés à la mobilité climatique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une feuille de route pour dépasser le stade des recommandations</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En clôture des travaux, la présidente du CIDP, <strong>Dr Hemes Nkwa</strong>, a précisé la singularité de cette rencontre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/cop31-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/cop31-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3284" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/cop31-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/cop31-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/cop31-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/cop31-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/cop31-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dr Hemes Nkwa</em></strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous proposons une feuille de route qui sera accompagnée d’un cadre de suivi effectif avec une redevabilité. »</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour elle, l’ambition du forum est de faire émerger des solutions locales capables d’être portées auprès des institutions nationales, des autorités traditionnelles, des organisations de la société civile, mais également des partenaires techniques et financiers. Au-delà de la COP31, l’objectif est d’inscrire durablement les jeunes au centre des processus décisionnels relatifs au climat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principal enseignement de ce forum est peut-être là. Alors que les négociations climatiques internationales peinent souvent à produire des résultats à la hauteur des urgences scientifiques, les jeunes réunis à Yaoundé ont rappelé que l’influence ne se construit pas uniquement dans les salles de conférence des COP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle naît aussi dans les territoires, dans les associations, les collectivités, les établissements scolaires, les initiatives citoyennes et les savoirs hérités des communautés. À l’approche de la COP31, le CIDP et ses partenaires veulent ainsi démontrer qu&rsquo;une jeunesse organisée, formée et porteuse de solutions peut devenir bien plus qu’un groupe consulté : une véritable force de proposition pour l’avenir climatique du Cameroun et de l’Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LE DÉCLIC : l&#8217;exposition qui alerte sur les plantes menacées au Cameroun</title>
		<link>https://tribuneverte.online/le-declic-lexposition-qui-alerte-sur-les-plantes-menacees-au-cameroun/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 17:28:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[tech]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3262</guid>

					<description><![CDATA[À première vue, elles semblent immobiles, silencieuses, presque invisibles. Pourtant, elles figurent parmi les formes de vie les plus rares et les plus vulnérables du Cameroun. Avec Le Déclic, l’artiste-photographe&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À première vue, elles semblent immobiles, silencieuses, presque invisibles. Pourtant, elles figurent parmi les formes de vie les plus rares et les plus vulnérables du Cameroun. Avec Le Déclic, l’artiste-photographe et environnementaliste <strong>Christina Abena</strong> propose bien plus qu&rsquo;une exposition photographique : une immersion scientifique et sensible dans l&rsquo;univers méconnu des plantes menacées.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ses investigations l&rsquo;ont conduite sur plusieurs sites à haute valeur écologique, notamment <strong>Kikot</strong>, les <strong>massifs de Ngovayang</strong>, le <strong>Parc national du Mpem et Djim</strong> et les rives de la <strong>Sanaga</strong>, où subsistent encore des espèces végétales considérées comme rares ou menacées.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Présentée du 1er octobre au 23 décembre 2026 à A(fro)TOPOS Cultural Lab à Yaoundé, sous le commissariat de <strong>Max Mbakop</strong>, cette exposition invite le public à porter un regard nouveau sur un patrimoine végétal exceptionnel, souvent ignoré malgré son importance écologique.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Christina Abena, le « déclic » est né sur le terrain.  Elle rapporte: <em>« durant mon enfance, je ne savais pas qu&rsquo;il existait des espèces végétales menacées au Cameroun. C&rsquo;est au cours de mes recherches universitaires que j&rsquo;ai découvert leur existence. Cette rencontre a profondément changé mon regard »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Formée aux évaluations environnementales et à l&rsquo;aménagement du territoire, elle a consacré son mémoire de Master 2 au Centre Régional d&rsquo;Enseignement Spécialisé en Agriculture Forêt-Bois (CRESA Forêt-Bois) à un sujet particulièrement stratégique :<em>« Diagnostic des populations de Podostemaceae dans le Parc national du Mpem et Djim »</em>, à la suite d&rsquo;un stage réalisé auprès de l&rsquo;ONG Green Connexion Environmental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h5 class="wp-block-heading">Huit espèces rares face aux menaces contemporaines</h5>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette exposition, Christina Abena présente les images et vidéos de huit espèces végétales menacées à l&rsquo;échelle mondiale, mais encore présentes dans certains écosystèmes camerounais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines de ces plantes bénéficient ailleurs de dispositifs de conservation extrêmement stricts. Au Cameroun, elles demeurent parfois exposées aux effets combinés du changement climatique, des aménagements hydroélectriques, de l&rsquo;exploitation des ressources naturelles et de la transformation rapide des habitats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les groupes végétaux qui ont particulièrement marqué la photographe figurent les <strong>Podostemaceae</strong>, une famille botanique fascinante adaptée à la vie sur les rochers des rapides et des cascades. Leur survie dépend d&rsquo;un équilibre hydrologique très précis. Une modification du débit d&rsquo;un cours d&rsquo;eau ou la construction d&rsquo;un barrage peut suffire à détruire définitivement leur habitat.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3266" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Avant de protéger ces espèces, il faut d&rsquo;abord apprendre à les connaître et à les identifier »</em>, rappelle l&rsquo;artiste.© Golda Mouzang</p>



<h5 class="wp-block-heading">Une biodiversité aux vertus encore inexploitées</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leur rôle écologique, plusieurs plantes présentées possèdent également une valeur scientifique et médicinale importante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une d&rsquo;elles, probablement <strong><em>Eugenia bangweana</em></strong> ou une autre espèce du genre <em>Eugenia</em> nécessitant une vérification taxonomique approfondie, attire l&rsquo;attention par ses usages potentiels en pharmacopée traditionnelle. Des travaux scientifiques ont montré que plusieurs espèces médicinales utilisées au Cameroun possèdent des propriétés antiplasmodiales susceptibles de contribuer à la lutte contre le paludisme. Des chercheurs ont identifié dans différentes plantes de la pharmacopée camerounaise des composés bioactifs considérés comme prometteurs pour le développement de futurs traitements antipaludiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette richesse illustre le rôle crucial que joue la conservation de la flore non seulement pour les écosystèmes, mais aussi pour la recherche médicale, la pharmacologie et les savoirs traditionnels.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Quand une plante devient un portrait</h5>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;originalité de <em>Le Déclic</em> réside dans sa démarche photographique. Loin de l&rsquo;image documentaire classique, Christina Abena choisit de photographier les plantes comme on réalise le portrait d&rsquo;un être vivant. Textures, nervures, couleurs, lumière, ancrage dans le paysage : chaque détail devient une invitation à l&rsquo;observation.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="469" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234.png" alt="" class="wp-image-3268" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234.png 992w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234-300x142.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234-768x363.png 768w" sizes="auto, (max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">© Afrotopos</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la plante cesse d&rsquo;être un simple élément du décor. Elle devient sujet. Le visiteur découvre alors des formes surprenantes, parfois sculpturales, qui révèlent la complexité du vivant. Cette approche crée un pont entre l&rsquo;art et la science, entre émotion et connaissance.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Une disparition qui menace tout un écosystème</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Les photographies exposées rappellent également une réalité fondamentale : aucune espèce ne disparaît seule. Lorsqu&rsquo;une plante rare est éliminée, c&rsquo;est souvent tout un réseau de relations écologiques qui se fragilise : les sols, l&rsquo;eau, les insectes pollinisateurs, les champignons, les micro-organismes et d&rsquo;autres espèces végétales qui dépendent de cet équilibre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les zones présentées dans l&rsquo;exposition illustrent les pressions croissantes exercées sur ces habitats : défrichements, carrières, infrastructures, barrages, urbanisation ou encore effets du changement climatique. Le regard photographique devient alors un outil de sensibilisation scientifique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3267" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Christine Abena</em></strong>.© Golda Mouzang</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le commissaire de l&rsquo;exposition, Max Mbakop, <em>Le Déclic</em> n&rsquo;a pas vocation à apporter des réponses toutes faites aux défis de la conservation. Son ambition est plus simple et peut-être plus fondamentale : susciter l&rsquo;attention. Avant de protéger, il faut connaître. Avant de connaître, il faut regarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette exposition, Christina Abena invite chercheurs, étudiants, décideurs, artistes et citoyens à s&rsquo;arrêter devant ces espèces discrètes qui partagent notre territoire depuis parfois des milliers d&rsquo;années. Car la biodiversité n&rsquo;est pas toujours spectaculaire. Elle peut se cacher au bord d&rsquo;une rivière, sur un affleurement rocheux ou dans une forêt que l&rsquo;on traverse sans y prêter attention. Le véritable déclic commence précisément là : au moment où l&rsquo;on réalise que ces plantes existent encore, mais peut-être plus pour longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Politique foncière au Cameroun : écouter toutes les voix avant de repenser la réforme</title>
		<link>https://tribuneverte.online/reforme-fonciere-au-cameroun-ecouter-toutes-les-voix-avant-de-repenser-la-politique-nationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 10:55:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3248</guid>

					<description><![CDATA[Au Cameroun, la réforme foncière ne se résume pas à un débat technique sur les titres de propriété ou les procédures cadastrales. Derrière les textes se jouent des questions de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Femmes, jeunes, peuples autochtones, chefs traditionnels, magistrats, éleveurs pasteurs : le 29 septembre 2026, à Yaoundé, ils ont pris place autour d&rsquo;une même table pour examiner le projet de Politique Foncière Nationale (PFN) à l&rsquo;horizon 2040, à la veille de son examen par la Plateforme multi-acteurs de concertation du Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), programmé les 30 septembre et 1er octobre 2026.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>À l&rsquo;initiative de la Coalition Foncière Nationale (CFN), cette réunion préparatoire de la société civile a permis de matérialiser une conviction : la réforme foncière ne sera durable que si elle reconnaît la diversité des rapports que les communautés entretiennent avec la terre.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au Cameroun, la réforme foncière ne se résume pas à un débat technique sur les titres de propriété ou les procédures cadastrales. Derrière les textes se jouent des questions de mémoire, d&rsquo;identité, de justice sociale, de gouvernance territoriale et de survie culturelle. Le constat des participants est nuancé : le document soumis à leur appréciation constitue une avancée importante, mais il néglige encore plusieurs dimensions essentielles de la relation entre les populations et leurs terres.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une plateforme, un texte, des enjeux nationaux</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Créée par le MINDCAF en 2025 pour accompagner les acteurs du secteur, la Plateforme multi-acteurs de concertation sur les questions domaniales, cadastrales et foncières a notamment pour mission-cadre la finalisation de la réforme foncière. Le projet de PFN, long de 57 pages et assorti d&rsquo;un guide de consultation qui oriente chaque catégorie d&rsquo;acteurs vers les parties du texte qui la concernent, en constitue la pièce maîtresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;enjeu considérable qu&rsquo;il représente, le régime foncier camerounais demeure largement gouverné par les ordonnances du 6 juillet 1974, dont l&rsquo;architecture ainsi conçu: le titre foncier comme preuve par excellence du droit de propriété, un domaine national géré par l&rsquo;État, une place restreinte pour les droits coutumiers collectifs; est régulièrement contestée par les communautés rurales. La PFN 2040 a vocation à faire évoluer ce cadre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or tous les acteurs ne peuvent pas siéger à la table ministérielle. Contraintes logistiques d&rsquo;abord ; souci, ensuite, d&rsquo;une concertation resserrée, qui évite la dispersion des idées. La CFN a donc fait un choix : désigner ceux qui porteront, auprès du MINDCAF, la voix de ceux qui ne seront pas dans la salle. Triés sur le volet, des représentants des peuples autochtones, des organisations de femmes, des autorités traditionnelles, des juristes et des organisations pastorales ont ainsi analysé le projet de texte avant son passage devant la Plateforme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une réforme qui doit partir des réalités du terrain</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Dr. Diane Tapimali</strong>, facilitatrice de la rencontre pour le compte de la CFN, en service au Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), la question foncière souffre depuis plus de vingt ans d&rsquo;un morcellement des approches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle affirme :<em> « l&rsquo;enjeu de la réunion était précisément de permettre aux organisations de la société civile de parler d&rsquo;une voix coordonnée, notamment parce que plusieurs acteurs historiquement engagés sur les questions foncières ne figurent pas dans les listes officielles des participants à l&rsquo;atelier ministériel. »</em> Elle insiste sur la nécessité de cette concertation préalable et sur les positions que les acteurs invités à l&rsquo;atelier devront porter, sur le projet de texte, au nom de ceux qui n&rsquo;y siégeront pas.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="637" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-637x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3253" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-637x1024.jpeg 637w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-187x300.jpeg 187w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01.jpeg 672w" sizes="auto, (max-width: 637px) 100vw, 637px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Diane Tapimali</strong>. © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque acteur analyse en effet le foncier depuis son propre champ d&rsquo;expérience : administration, conservation, agriculture, élevage, développement local ou défense des droits humains. Cette fragmentation explique en partie les difficultés rencontrées jusqu&rsquo;ici pour construire une vision véritablement inclusive du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre visait trois résultats : </p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Placer tous les acteurs au même niveau de connaissance du texte et des prétentions qu&rsquo;ils peuvent légitimement porter ; </li>



<li> Permettre aux organisations de la société civile de s&rsquo;accorder sur des priorités communes pour une meilleure reconnaissance des droits des groupes vulnérables: femmes, jeunes, peuples autochtones ; </li>



<li>Renforcer les arguments échangés entre ceux qui sont présents à la table et ceux qui en sont absents, afin de nourrir la vision de la politique foncière.</li>
</ol>



<h4 class="wp-block-heading">Une politique ou une véritable réforme ?</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat a d&rsquo;abord porté sur la portée réelle du document. Pour <strong>Dr. Alain Essimi Biloa</strong>, expert en gouvernance territoriale et représentant de l&rsquo;International Land Coalition : <em>« une politique publique n&rsquo;a de sens que si elle débouche sur des transformations juridiques effectives. » </em>Il s&rsquo;est interrogé sur la capacité d&rsquo;un document d&rsquo;orientation à résoudre durablement les injustices foncières observées depuis plusieurs décennies. Il a également questionné le choix de l&rsquo;horizon 2040, alors que plusieurs conflits sont déjà anciens et continuent d&rsquo;affecter quotidiennement les populations rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a plus tard insisté sur la distinction essentielle en droit : un document de politique exprime une vision, mais seuls les textes législatifs et réglementaires créent des droits opposables. Les remarques de l&rsquo;expert ont trouvé un écho auprès de plusieurs participants, qui ont souligné la nécessité d&rsquo;assurer une cohérence entre la future politique et les textes qui devront en découler. Ils ont par ailleurs relevé que le document manque de données de référence permettant de comprendre , et donc de discuter, les chiffres avancés.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les femmes et les jeunes: une représentativité qui contraste</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une interrogation a traversé l&rsquo;ensemble des discussions : femmes et jeunes sont-ils encore relégués à la marge de la réforme ? Selon les analyses présentées durant la rencontre, les jeunes ne sont évoqués que de manière marginale dans les 57 pages du document soumis à consultation. Cette faible présence contraste avec leur rôle croissant dans les dynamiques agricoles, entrepreneuriales et urbaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;agriculture représente environ 16 à 17 % du PIB national selon les données de la Banque mondiale, consultables <a href="https://data.worldbank.org/indicator/NV.AGR.TOTL.ZS?locations=CM">ici</a>. Et ce sont les femmes et les jeunes qui en sont les principaux acteurs. Une récente étude du <a href="https://nkafu.org/promoting-rural-development-to-reduce-gender-inequalities-in-cameroon/">Nkafu Policy Institute</a> rapporte d&rsquo;ailleurs que les femmes participent à 55,8 % de la production agricole nationale. Ces chiffres ont toutefois une limite : les statistiques disponibles, notamment celles de la FAO, ne renseignent que sur un seul secteur, alors que la question foncière traverse aussi l&rsquo;habitat, l&rsquo;urbanisme, la conservation, l&rsquo;élevage et l&rsquo;investissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations féminines, par la voix du Réseau des Femmes Africaines pour la gestion Communautaire des Forêts (REFACOF) , dont la présidente, <strong>Antoinette Pa&rsquo;a</strong>, participante à la réunion , a insisté sur la nécessité de:  <em>« mieux protéger les droits fonciers des veuves, des femmes divorcées et des exploitantes rurales, tout en encourageant des mécanismes tels que la cotitularité des titres fonciers. » </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants ont également appelé à aligner la politique foncière sur l&rsquo;orientation affichée par le chef de l&rsquo;État en faveur des jeunes et des femmes, le <strong>« septennat des jeunes et des femmes »</strong>. À défaut, une grande partie de ces catégories risque d&rsquo;être exclue des avantages qu&rsquo;offrira la politique foncière. Les grands projets de réserve foncière, comme  « plaine centrale » ou « agroparc », devraient, selon eux, être pensés pour que femmes et jeunes puissent effectivement en bénéficier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la société civile, les catégories qualifiées de vulnérables ne devraient plus être traitées comme des groupes périphériques, mais comme des acteurs centraux du développement territorial. Elles sont souvent celles qui travaillent effectivement la terre, assurent la production agricole familiale et contribuent directement à l&rsquo;économie locale.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les peuples autochtones face à l&rsquo;incertitude foncière</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La voix des peuples autochtones a été portée notamment par <strong>Apon Sara</strong>, étudiante en médecine, membre de la communauté Baka au sein de l&rsquo;Association des Jeunes Autochtones Pygmées du Cameroun (AJPAC). Son intervention a mis en lumière un paradoxe récurrent : alors que de nombreux discours reconnaissent l&rsquo;ancienneté de l&rsquo;occupation des terres par certaines communautés, cette reconnaissance reste souvent absente des mécanismes concrets d&rsquo;attribution et de sécurisation foncière.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00.jpeg" alt="" class="wp-image-3254" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mme Apon Sara</strong> ( au centre). © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune participante a relevé l&rsquo;absence d&rsquo;un véritable plan de zonage actualisé et le manque de précision autour de la notion même d&rsquo;autochtonie. Selon elle : <em>« cette ambiguïté entretient les controverses et fragilise davantage les communautés déjà confrontées à la dépossession de nos terres. Les situations deviennent encore plus complexes lorsque nos populations concernées ont été déplacées ou contraintes d&rsquo;abandonner leurs espaces de vie traditionnels. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mariette Ngouekam</strong>, juriste du Réseau Actions Concertées Peuples Autochtones (RACOPY), a pour sa part introduit la notion de femmes autochtones, avec les problèmes de cohabitation qui leur sont propres, rappelant que la délimitation des terres des peuples autochtones n&rsquo;est toujours pas fixée. Une interrogation fondamentale en découle : comment reconnaître des droits historiques lorsque les mécanismes administratifs continuent principalement à valoriser la preuve foncière écrite ?</p>



<h4 class="wp-block-heading">Peut-on formaliser la coutume sans la dénaturer ?</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La question a été approfondie par <strong>Dr</strong>. <strong>Steve Fouedjo Nguetsa</strong>, magistrat attaché au Parquet Général près la Cour d&rsquo;appel de l&rsquo;Ouest, mais également Chercheur en droit foncier et droit minier , ayant soutenu sa thèse sur : <strong> » La protection de la personne humaine dans le secteur de l&rsquo;exploitation minière au Cameroun « </strong>; il est au cœur des litiges fonciers. Selon lui, la réflexion sur la réforme devrait commencer par une interrogation préalable : que cherche-t-on réellement à protéger ? La terre est-elle uniquement un bien économique, ou constitue-t-elle aussi l&rsquo;expression de liens sociaux, familiaux et culturels ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le magistrat a rappelé que de nombreuses communautés organisent encore l&rsquo;accès à la terre selon des logiques de transmission familiale ou coutumière qui ne reposent pas nécessairement sur l&rsquo;existence d&rsquo;un titre foncier. D&rsquo;où une question délicate : peut-on formaliser la coutume sans la dénaturer ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1.jpeg" alt="" class="wp-image-3255" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Steve Fouedjo Nguetsa</strong>. © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a aussi soulevé une question de droit de la famille aux conséquences foncières directes. La famille relève-t-elle du droit collectif ? Quelle est sa personnalité juridique ? Constitue-t-elle une entité appelant une représentation ? Et de quelle famille parle-t-on : au sens strict:  le père, la mère, les enfants ; ou au sens large, incluant oncles, tantes, cousins, neveux et nièces ? Car : la plupart des conflits fonciers, a-t-il fait remarquer, naissent au sein du cercle familial. Si la nouvelle politique foncière n&rsquo;intègre pas ces réalités, il sera difficile, voire impossible, de s&rsquo;en départir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, le conflit foncier intergénérationnel constitue un défi majeur dans la politique foncière nationale, notamment dans les zones rurales où la terre représente à la fois une ressource économique, sociale et culturelle. Il survient lorsque les jeunes générations contestent les modes traditionnels de gestion ou de transmission des terres hérités de leurs aînés, en raison de la pression démographique, de la rareté des terres cultivables et de l&rsquo;évolution des besoins économiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le juriste :<em> « toute réforme de la politique foncière nationale devra également veiller à renforcer l&rsquo;effectivité du Droit dans son application. Les conflits fonciers ne disparaîtront pas simplement par l&rsquo;adoption de nouveaux textes. Ils diminueront lorsque les violations seront effectivement sanctionnées et que les règles applicables seront cohérentes dans tous les secteurs concernés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes ces tensions peuvent être aggravées par l&rsquo;absence de titres fonciers clairs, la coexistence du droit coutumier et du droit moderne, ainsi que les difficultés d&rsquo;accès des jeunes à la propriété foncière. Une politique foncière inclusive doit donc favoriser le dialogue entre générations, sécuriser les droits fonciers et garantir un accès équitable à la terre pour assurer la cohésion sociale et le développement durable.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le village, grand absent de la gouvernance foncière</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les interventions les plus marquantes figure celle de <strong>Sa Majesté Mvondo Bruno</strong>, chef du village Minkok-Bityili, président du Réseau des Populations Autochtones et Locales pour la gestion durable des Écosystèmes forestiers d&rsquo;Afrique Centrale (REPALEAC), soutenu par la COMIFAC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son constat est frontal : <em>« Le village n&rsquo;a aucune entité juridique au Cameroun »</em>, a-t-il dénoncé, y voyant un héritage colonial qui a facilité l&rsquo;appropriation des terres communautaires. Les chefferies sont certes reconnues comme auxiliaires de l&rsquo;administration, mais le village, en tant que tel, ne dispose pas d&rsquo;une personnalité juridique propre.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04.jpeg" alt="" class="wp-image-3256" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sa</em></strong> <em><strong>Majesté Mvondo Bruno</strong> ( au centre). © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le chef traditionnel, la future politique foncière doit accorder une place beaucoup plus importante aux réalités culturelles. Il estime que les terres rurales et les terres coutumières ne peuvent pas être gérées selon les mêmes logiques que les espaces urbains. Il appelle aussi à reconnaître davantage le rôle des autorités traditionnelles dans la gestion locale des territoires, tout en clarifiant leurs responsabilités et leurs limites. Cette reconnaissance permettrait, selon lui, de mieux protéger les intérêts collectifs des communautés face à la pression croissante de l&rsquo;urbanisation, des investissements fonciers et des projets d&rsquo;exploitation des ressources naturelles.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Chez les Mbororo, la terre et les bêtes ont une place de choix</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des témoignages les plus éclairants sur la dimension culturelle du foncier est venu de <strong>Dr. Rugayatou Sali</strong>, médecin généraliste, membre de MBOSCUDA (Mbororo Social and Cultural Development Association). Elle est très souvent confrontée aux dépenses d&rsquo;entretien de son cheptel, aux multiples cas de vols et aux captures de bêtes, et pourchassée pour incursion dans les terres non attribuées. Comme beaucoup d&rsquo;éleveurs d&rsquo;ailleurs, des espaces de terre qui ne leur sont pas toujours assignés, elle a raconté avoir un jour envisagé de vendre une partie du troupeau hérité de ses parents, pour faire face à un problème financier à Yaoundé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction de sa mère l&rsquo;a profondément marquée. Dans sa famille, les animaux ne sont pas de simples biens économiques que l&rsquo;on peut liquider à tout moment : ils représentent un héritage collectif, transmis de génération en génération, dont la valeur dépasse largement celle du marché.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1.jpeg" alt="" class="wp-image-3257" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Rugayatou Sali</strong> ( au centre).© CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette anecdote, la praticienne a voulu montrer que la relation des peuples pastoraux à la terre est inséparable de leur relation aux animaux. Les terres de pâturage nourrissent les troupeaux. Les troupeaux assurent la continuité familiale, l&rsquo;identité culturelle et la sécurité sociale des communautés. Dès lors, perdre l&rsquo;accès à la terre revient aussi à fragiliser un système de vie entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son intervention a fourni une illustration concrète de ce que plusieurs chercheurs en anthropologie foncière documentent depuis longtemps : pour de nombreuses sociétés autochtones et pastorales, la terre n&rsquo;est pas seulement une ressource productive. Elle constitue un espace de transmission culturelle, de solidarité et d&rsquo;appartenance collective.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Puisse la politique foncière tenir compte de toutes les voix </h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui ressort de cette réunion dépasse le registre technique. Elle exprime une demande plus profonde : celle d&rsquo;être entendu. C&rsquo;est cette demande que les représentants désignés par la CFN avaient pour mission de porter à la table ministérielle. Car derrière chaque parcelle cadastrée se trouvent des histoires, des mémoires, des cultures et des façons différentes d&rsquo;habiter le monde. À l&rsquo;heure où le Cameroun prépare sa politique foncière à l&rsquo;horizon 2040, la véritable innovation pourrait ne pas résider uniquement dans les textes à adopter, mais dans la capacité des décideurs à reconnaître que plusieurs conceptions de la terre coexistent. Et qu&rsquo;aucune réforme ne sera durable si certaines de ces voix continuent d&rsquo;être reléguées aux marges du débat public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dossier/Forêts communautaires « nouvelle génération » : le CERAD pose un diagnostic pour faciliter la démarche</title>
		<link>https://tribuneverte.online/dossier-forets-communautaires-nouvelle-generation-le-cerad-pose-un-diagnostic-pour-faciliter-la-demarch/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 15:54:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3223</guid>

					<description><![CDATA[Un modèle vieux de 50 ans, mais toujours sollicité Le Cameroun, 2è massif forestier du Bassin du Congo après l&#8217;Amazonie, a fait de l&#8217;attribution de forêts aux communautés locales et&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>900 demandes d&rsquo;attribution de forêts communautaires en attente, à peine 10 % des forêts déjà attribuées réellement actives, un cadre légal vieux de plus d&rsquo;un demi-siècle : c&rsquo;est dans ce contexte que le World Resources Institute (WRI) et le Centre de Recherche et d&rsquo;Action pour le Développement Durable en Afrique centrale (CERAD), avec l&rsquo;appui de la Jacobs Futura Foundation (JFF), ont réuni le 22 septembre 2026 à Yaoundé les parties prenantes de la foresterie communautaire camerounaise, pour restituer les résultats d&rsquo;une étude de sept mois sur ce qu&rsquo;ils appellent la foresterie communautaire « de nouvelle génération ».</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Les forêts communautaires de Medjoh, Assok, Bangou, Bapa, représentées par leurs chefs traditionnels, ont partagé leurs expériences de gestion communautaire, en tenant compte de leurs forêts sacrées. Le rapport produit par le CERAD et le WRI sur les expériences pilotes de foresterie communautaire pose un diagnostic large : gouvernance fragile, insécurité foncière, dépendance excessive au seul bois d&rsquo;œuvre, coûts de gestion hors de portée des communautés. Ce diagnostic pourrait sembler générique s&rsquo;il ne trouvait pas, à l&rsquo;échelle d&rsquo;un cas précis, une confirmation détaillée.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Nous avons rencontré un observateur indépendant sur la question, qui nous a fourni des informations complémentaires, sur le cas précis de la forêt communautaire de Medjoh; considérée comme relativement calme, sans conflit ouvert majeur documenté. Des données croisées glanées dans les rapports de la PALLISCO,  illustrent chacun des mécanismes que le rapport  du CERAD cherche à corriger. C&rsquo;est cette convergence entre un diagnostic national et une réalité de terrain minutieusement documentée qui donne au rapport du CERAD sa pertinence, et oriente sur le concept de forêt communautaire nouvelle génération.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un modèle vieux de 50 ans, mais toujours sollicité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Cameroun, 2è  massif forestier du Bassin du Congo après l&rsquo;Amazonie, a fait de l&rsquo;attribution de forêts aux communautés locales et aux peuples autochtones l&rsquo;une des innovations majeures de sa politique forestière de 1993. Depuis, plus de 430 forêts communautaires ont été officiellement attribuées, pour une superficie totale proche de 1,7 million d&rsquo;hectares, et le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) délivre chaque année une centaine de Certificats Annuels d&rsquo;Exploitation. La demande, elle, ne faiblit pas : 900 nouvelles demandes d&rsquo;attribution sont aujourd&rsquo;hui en instruction.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="746" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1024x746.jpg" alt="" class="wp-image-3229" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1024x746.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-300x218.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-768x559.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1536x1118.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-2048x1491.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le bilan reste contrasté. À peine 10 % des forêts communautaires attribuées seraient effectivement gérées de manière active et généreraient des bénéfices économiques tangibles pour les populations. En cause, selon les diagnostics déjà posés lors d&rsquo;un premier atelier national tenu à Ebolowa en septembre 2025 : une activité économique concentrée sur le seul bois d&rsquo;œuvre, un déficit de financement durable, un accompagnement institutionnel insuffisant, des mécanismes de partage des bénéfices mal adaptés aux réalités locales, et surtout la non-reconnaissance de la propriété coutumière des terres sur lesquelles reposent ces forêts. Le dispositif juridique qui encadre l&rsquo;ensemble, une loi de 1973 assortie de son décret d&rsquo;application de 1974, n&rsquo;a, selon plusieurs intervenants, pas suivi l&rsquo;apparition de problématiques nouvelles : marché du carbone et séquestration forestière, mécanismes d&rsquo;adaptation au changement climatique, droits humains, inclusion des peuples autochtones, valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL), ou encore pression grandissante de l&rsquo;expansion urbaine sur les zones rurales forestières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D&rsquo;Ebolowa à Yaoundé : une réflexion qui se construit par étapes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément pour répondre à ces constats que l&rsquo;atelier d&rsquo;Ebolowa avait formulé, en septembre 2025, une série de recommandations : intégrer le pluralisme des modèles de gestion (agroforêts de ménage, systèmes intégrés de gestion communautaire), adopter une approche culturelle et consultative dans l&rsquo;élaboration des plans simples de gestion, amplifier les bénéfices non monétaires, diversifier les activités au-delà du bois d&rsquo;œuvre, ou encore reconnaître les droits fonciers coutumiers des communautés locales et des peuples autochtones dans les espaces attribués en forêts communautaires. C&rsquo;est de cet atelier qu&rsquo;est né le terme même de foresterie communautaire « de nouvelle génération ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-3240" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1024x682.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-300x200.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-767x511.jpeg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1536x1023.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Participants à l&rsquo;atelier.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prolonger ce travail, le WRI et le CERAD ont conduit, entre février et septembre 2026, une étude consacrée aux expériences pilotes de gestion forestière traditionnellement assurée par les populations autochtones et les communautés locales : les forêts sacrées. Ces Aires et territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC), sites sacrés , ont permis de tirer des enseignements applicables au modèle classique de forêt communautaire. L&rsquo;atelier du 22 septembre 2026 à Yaoundé en constituait la restitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le CERAD, ou 32 ans de recherche appliquée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouverture des travaux, le Professeur <strong>Bigombe Logo Patrice</strong>, directeur du CERAD, a rappelé que le centre travaille sur les questions de foresterie communautaire depuis trente-deux ans, aux côtés de l&rsquo;État camerounais et de ses partenaires. Sa conviction, exposée d&#8217;emblée : la pluridisciplinarité scientifique doit irriguer davantage la décision publique en la matière, ce qui justifie l&rsquo;accompagnement continu apporté par le CERAD à l&rsquo;administration forestière. Le coordonnateur national du WRI, <strong>Duclaire Mbouna </strong>a de son côté resitué le constat camerounais dans une perspective régionale, en indiquant qu&rsquo;un diagnostic similaire se pose actuellement au Gabon et en RDC.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="765" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1024x765.jpg" alt="" class="wp-image-3231" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1024x765.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-300x224.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-767x573.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1536x1147.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-2048x1530.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pr. Patrice Bigombe Logo</strong>/ CERAD </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La présentation du rapport d&rsquo;étude proprement dite, assurée par <strong>Willy Djanang</strong>, a détaillé la démarche méthodologique retenue : nécessité d&rsquo;une triangulation des études de cas, identification des forêts communautaires disposant déjà d&rsquo;un certificat, de celles dont le plan de gestion nécessite un renouvellement, et de celles pouvant être déclarées en échec, en vue d&rsquo;un diagnostic national élargi. Parmi les constats transversaux mis en avant : une insécurité persistante des droits fonciers, la nécessité d&rsquo;un modèle de gestion plus inclusif, une contribution réelle mais encore peu structurée des produits forestiers non ligneux à l&rsquo;économie familiale, un potentiel d&rsquo;écotourisme sous-exploité, et l&rsquo;intérêt des services écosystémiques rendus par ces forêts pour réduire la pression sur des ressources comme le bois. L&rsquo;étude plaide pour la constitution d&rsquo;une base de données accessible au plus grand nombre, et pour un plaidoyer en faveur du passage à l&rsquo;échelle de ces modèles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4 études de cas pour illustrer concrètement les constats</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À <strong>Medjoh</strong>, dans le département du Haut-Nyong (Région de l&rsquo;Est), la forêt communautaire de 5 000 hectares abrite en son sein la forêt sacrée Edjengui, sur 10 hectares. Espèces végétales endémiques (Moabi, Sapelli, Iroko), fruits de karité, produits forestiers non ligneux et fonction curative de la pharmacopée traditionnelle y cohabitent avec des pratiques agro et sylvopastorales, génératrices de commodités sociales durables. <strong>Georges Bissam</strong>, porte-parole de la forêt sacrée Edjengui, a indiqué que 4 040 personnes ont déjà été initiées à l&rsquo;école de la forêt qui y est adossée. Il partagera plus tard divers réalisations de la forèt communautaire de Medjoh: 5 hectares de culture de Cacao, des pépinières de Moabi, des dizaines d&rsquo;écoles réhabilitées, la construction de plusieurs forages mécanisés, l&rsquo;électrification de plusieurs villages à l&rsquo;énergie solaire, la distribution des produits vivriers dans tous les ménages Baka, des bourses d&rsquo;études à plusieurs enfants scolarisés…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="645" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1024x645.jpg" alt="" class="wp-image-3232" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1024x645.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-300x189.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-767x483.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1536x967.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-2048x1290.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Georges Bissam</strong>/Medjoh</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À <strong>Assok</strong>, dans l&rsquo;arrondissement de Mintom (département du Dja-et-Lobo, Région du Sud), <strong>Declermont Ateba</strong>, du CERAD, a partagé l&rsquo;expérience de terrain du musée vivant des peuples autochtones Baka, désormais localisé avec précision par points GPS pour en faciliter l&rsquo;accès touristique. L&rsquo;accès au site reste toutefois encadré par des règles traditionnelles, sous la responsabilité d&rsquo;associations locales comme Akoba, ce qui aurait déjà contribué à améliorer les conditions de vie des communautés concernées. L&rsquo;expérience intègre également des notions nouvelles comme le captage et la séquestration du carbone forestier, et comprend une zone dédiée à l&rsquo;école de la forêt, où se transmettent les savoirs initiatiques traditionnels. Un cadre réglementaire formel pour la gestion du musée, ainsi qu&rsquo;un effort de communication accru pour attirer davantage de visiteurs, restent toutefois à mettre en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région de l&rsquo;Ouest, les <strong>Majestés David Simeu </strong>et <strong>Nayang Toukam</strong> ont présenté l&rsquo;expérience des forêts sacrées du département des Hauts-Plateaux, dans les arrondissements de <strong>Batoufam</strong>, et de <strong>Bapa</strong>. Située à une altitude moyenne de 1 700 mètres, cette forêt de végétation primaire abrite plusieurs espèces fauniques et floristiques, dont des oiseaux rares qu&rsquo;on ne retrouverait nulle part ailleurs dans le monde, malgré l&rsquo;introduction, dans les années 1980, de l&rsquo;eucalyptus. L&rsquo;accès y est soumis à autorisation de la chefferie, et le site continue d&rsquo;accueillir des séances d&rsquo;initiation au Laakam, des danses initiatiques et des rituels de purification. Ces chefs nous ont partagé la riche expérience glanée lors des visites des autres chefs traditionnels en provenance des régions de l&rsquo;Est, du Sud et du Centre, ce fut l&rsquo;occasion d&rsquo;avoir des échanges de pratiques durables . En sommes, leur système de gestion repose sur la complémentarité entre l&rsquo;autorité traditionnelle, la communauté et les partenaires au développement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="645" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1024x645.jpg" alt="" class="wp-image-3233" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1024x645.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-300x189.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-767x483.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1536x967.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-2048x1290.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sa Majesté <strong>David Simeu</strong>/ Bapa</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa Majesté  Nayang Toukap,  » le Koughap  » ( dénomination d&rsquo;une société secrète) est utile pour tout le monde, femmes et enfants y compris. La transmission des savoirs et des traditions aux générations futures , sont un moteur de conservation des plantes médicinales et des savoirs associés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leurs spécificités, les intervenants ont souligné un constat partagé : dans la plupart de ces forêts gérées selon des modalités traditionnelles, le couvert forestier reste intact, alors même qu&rsquo;elles échappent largement aux circuits d&rsquo;activation économique mesurés par les statistiques officielles de la foresterie communautaire classique. Leur gestion, généralement partagée par l&rsquo;ensemble des membres de la communauté, s&rsquo;appuie sur une reconnaissance sociale plutôt que sur une reconnaissance juridique formelle , un décalage que l&rsquo;étude du WRI et du CERAD invite précisément à corriger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers la révision du manuel de procédures</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu, pour les organisateurs, dépasse le seul partage d&rsquo;expériences : les conclusions de l&rsquo;atelier sont destinées à alimenter le processus en cours de révision du Manuel des Procédures d&rsquo;Attribution et des Normes de Gestion des Forêts Communautaires du Cameroun. Les recommandations attendues portent sur quatre axes : la poursuite et l&rsquo;approfondissement de l&rsquo;étude de ces forêts gérées traditionnellement ; leur reconnaissance juridique et leur sécurisation ; le renforcement de leurs institutions de gestion ainsi que des mécanismes de redevabilité et de redistribution des bénéfices ; et la documentation systématique des enseignements tirés, pour nourrir la réforme réglementaire à venir.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1020" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg" alt="" class="wp-image-3235" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg 1020w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48-300x226.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48-768x578.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1020px) 100vw, 1020px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Extrait de la présentation de</em><strong><em> Jacques Waoua/</em></strong><em>Rainforest Alliance</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un second panel, consacré aux expériences de foresterie communautaire , dont la première présentation effectuée par  <strong>Jacques Waoua</strong>, un expert du Rainforest Alliance;  a permis d&rsquo;avoir une lecture comparative portant sur le Liberia. C&rsquo;était l&rsquo;occasion de resituer les bonnes pratiques et de mesurer leur réappropriation pour le cas camerounais dans une dynamique régionale plus large, avant la restitution des travaux de groupe et l&rsquo;adoption d&rsquo;un communiqué final.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message central de la journée peut se résumer simplement : plutôt que d&rsquo;importer un modèle entièrement nouveau, le Cameroun semble chercher, à travers cette « nouvelle génération » de foresterie communautaire, à formaliser et sécuriser juridiquement des pratiques de conservation qui, à Medjoh, à Assok ou à Bapa et Batoufam, ont déjà fait leurs preuves sur le terrain; bien avant qu&rsquo;un texte de loi ne vienne les nommer.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Les vrais conservateurs, ce sont les peuples autochtones »</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pendant la première séance d&rsquo;échanges, que le débat s&rsquo;ouvre vraiment. Un participant interroge la pression grandissante de l&rsquo;exploitation minière sur le sous-sol de ces mêmes espaces , une menace que ni la loi de 1974 ni le concept de « nouvelle génération » n&rsquo;ont encore pleinement anticipée. Puis <strong>Lerys Nyangono</strong>, président de l&rsquo;Association des Jeunes Peuples Autochtones Pygmées du Cameroun (AJPAC), prend la parole avec une fermeté qui marque les esprits :<em> « Le nom Edjengui,  un génie Baka, ne se vend pas, il faut faire attention à son usage qui est banalisé. » </em>Pour lui, la conservation des forêts sacrées Baka n&rsquo;a jamais eu besoin d&rsquo;un décret ministériel : elle relève d&rsquo;une obligation culturelle transmise dès le plus jeune âge.<em> « Les vrais conservateurs, ce sont les peuples autochtones. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="709" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1024x709.jpg" alt="" class="wp-image-3234" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1024x709.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-300x208.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-768x532.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1536x1064.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-2048x1419.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Mme Derboise Bika/ </em></strong><em>MINFOF</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mme Derboise Bika</strong>, de la sous-direction des forêts communautaires au MINFOF, ne le contredit pas ;  elle déplace le problème. Ce qui est en crise, dit-elle, c&rsquo;est le développement rural lui-même, et c&rsquo;est ce concept qu&rsquo;il faut repenser, alors qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui le seul centre d&rsquo;intérêt qu&rsquo;on trouve à une forêt communautaire reste l&rsquo;exploitation du bois. Elle rappelle que le travail engagé s&rsquo;appuie désormais sur la nouvelle loi forestière de 2024, dont les articles 1 et 3 mettent l&rsquo;accent sur les droits coutumiers,  tout en reconnaissant que le MINFOF attend toujours les décrets d&rsquo;application de cette loi.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ce que révèlent 21 ans d&rsquo;archives</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;atelier a aussi donné la parole à une enquête menée en dehors de ses murs. Les journalistes scientifiques <strong>Adrienne Engono</strong> et <strong>Leocadia Bongben</strong> ont voulu croiser les données sur plus de vingt et un ans d&rsquo;existence du dispositif , celui, plus ancien, lancé par la loi forestière de 1994 , et ont obtenu des données de terrain que d&rsquo;autres institutions ne parvenaient pas à obtenir. Leur constat vient nuancer l&rsquo;enthousiasme des études de cas présentées en matinée. Elles nous révèlent que dans  la région de l&rsquo;Est, dans les forêts communautaires de Messamena et de Ngoyla, certaines communautés ont bien pu financer des salaires d&rsquo;enseignants, fournir de l&rsquo;éclairage solaire, des toitures, des salles communautaires, des étals de marché ; les femmes y ont développé des activités autour des produits forestiers non ligneux. Mais la liste des obstacles est longue : capture du dispositif par les élites locales, manque de soutien technique et financier de l&rsquo;État, plans simples de gestion dont le coût se chiffre en millions de FCFA, conflits internes qui suspendent des activités entières, conversion des forêts en plantations de cacao, procédures administratives d&rsquo;une lourdeur dissuasive. Sur 830 forêts communautaires créées depuis 1994, concluent-elles, 300 environ fonctionneraient encore réellement. Une bonne nouvelle, tout de même : le MINFOF révise actuellement son manuel de gestion pour diversifier les modèles : écotourisme, conservation, crédits carbone ,  et mieux accompagner les communautés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="621" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1024x621.jpg" alt="" class="wp-image-3236" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1024x621.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-300x182.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-767x465.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1536x931.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-2048x1241.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Leocadia Bongben et Adrienne Engono.</em></strong> Retrouvez leur enquête ici: <a href="https://scienceswatchinfos.net/p/cameroon-s-community-forests-a-promised-model-falling-short">https://scienceswatchinfos.net/p/cameroon-s-community-forests-a-promised-model-falling-short</a></p>



<h4 class="wp-block-heading">Un second détour par Medjoh, vu par un observateur indépendant</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément à Medjoh, la forêt même dont Georges Bissam était venu porter témoignage , qu&rsquo;un observateur indépendant, consulté séparément pour ce dossier, est allé vérifier ce que les statistiques nationales ne disent pas. Le village s&rsquo;est formé dans les années 1930-1940, quand des familles Badjoué fuyant un conflit de pouvoir avec le chef supérieur Dobo, à Messamena, sont venues s&rsquo;installer le long de la route Abong-Mbang–Lomié. Son nom signifie « les Moabi », en souvenir de l&rsquo;abondance passée de cette essence aujourd&rsquo;hui recherchée par les exploitants industriels. La forêt communautaire, attribuée vers 2005 au GIC FCB5 des communautés Badjoué et Baka, couvre 5 000 hectares , encadrée à l&rsquo;est comme à l&rsquo;ouest par les concessions (UFA 10-044 et 10-047) de la société Pallisco, qui l&rsquo;a elle-même cartographiée et appuyée en matériel dans le cadre d&rsquo;un partenariat avec le WWF. (source: <a href="https://www.pallisco-cifm.com/download/2020/Rapport%20EIE%20UFAS%2010%20041%2010%20042%20et%2010%20044%20-%20v02.pdf">https://www.pallisco-cifm.com/download/2020/Rapport%20EIE%20UFAS%2010%20041%2010%20042%20et%2010%20044%20-%20v02.pdf</a>)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="430" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-1024x430.png" alt="" class="wp-image-3238" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-1024x430.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-300x126.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-766x322.png 766w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704.png 1285w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">source: <a href="https://arcg.is/0GzbiP0">https://arcg.is/0GzbiP0</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, l&rsquo;atlas du MINFOF documente ce que la salle de Yaoundé n&rsquo;a fait qu&rsquo;évoquer en creux : les limites de la forêt de Medjoh n&rsquo;auraient pas été suffisamment entretenues, provoquant des intrusions observées dans l&rsquo;UFA voisine, et, à l&rsquo;inverse, des exploitants venus chercher du Moabi, de l&rsquo;Iroko ou du Sapelli s&rsquo;aventurant, quand l&rsquo;essence manque dans leur secteur attribué, sur des parcelles où ils n&rsquo;ont aucun droit. Il est rapporté, sans que cela soit vérifié de façon indépendante, qu&rsquo;une même famille ; pèserait d&rsquo;un poids disproportionné dans les décisions de gestion, avec pour conséquences une transparence mise à mal et un trafic des lettres de voiture, ces documents qui accompagnent légalement le transport du bois. Dès 2006, sur les 1 050 m³ autorisés à la vente, seuls 139 ont trouvé preneur , les bénéfices servant, le plus souvent, à financer le certificat de l&rsquo;année suivante plutôt qu&rsquo;un projet de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour de cette forêt de 5 000 hectares, la commune de Mindourou ne compte, hors des forêts permanentes, communales et communautaires, qu&rsquo;environ 12 242 hectares de domaine national disponible , soit 2,9 % de sa superficie totale, pour 18 000 habitants. Moins d&rsquo;un hectare par personne. De cette rareté naissent des différends entre familles Badjoué sur la délimitation des champs, des tensions plus anciennes entre Badjoué et Baka,  jusqu&rsquo;à un incident mortel rapporté en mai 2022, et des litiges de limites de lignage jamais matérialisées sur le terrain. Rien de tout cela, pourtant, n&rsquo;a jamais dépassé la chefferie : en 2020, trois plaintes seulement y étaient encore en instance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Medjoh donne à voir, c&rsquo;est un cas sans scandale ni conflit ouvert majeur avec l&rsquo;opérateur voisin , et c&rsquo;est peut-être cela, le plus instructif : même dans une forêt communautaire relativement calme, chacune des failles décrites à l&rsquo;atelier se retrouve, à échelle réduite mais bien réelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des experts donnent de la voix à ce qu&rsquo;il manque encore au concept</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la salle, d&rsquo;autres voix viennent combler ce que le seul récit des forêts sacrées ne disait pas. <strong>M. Essiane Mendoula</strong>, du Landscape Initiative (anciennement CIFOR-ICRAF), pointe un obstacle technique trop souvent sous-estimé : <em>« Le problème se situe au niveau de la ressource ; les communautés ne savent pas faire l&rsquo;inventaire de toutes les ressources qu&rsquo;elles regorgent, ni l&rsquo;usage qu&rsquo;elles sont en mesure d&rsquo;en faire. C&rsquo;est seulement à cette condition qu&rsquo;elles pourront identifier les services écosystémiques et les bénéfices qu&rsquo;elles pourraient en retirer. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maire de Mintom, lui, choisit de parler de ce qui marche : <em>« Grâce à la forêt communautaire, la commune de Mintom a pu électrifier quatre villages, et bien d&rsquo;autres réalisations comme des forages. »</em> Mais il regrette aussitôt l&rsquo;absence, autour de la table, des autres administrations concernées : MINADER, MINMIDT, MINEPDED, MINDCAF ,  comme si la forêt communautaire portait seule un poids qui devrait être partagé. La présidente de l&rsquo;association APIFED de Djoum, ajoute une pièce manquante au tableau : les Zones d&rsquo;Intérêt Cynégétique à Gestion Communautaire (ZICGC) n&rsquo;ont pas été associées aux échanges, alors qu&rsquo;elles sont directement concernées par le partage des bénéfices issus de la gestion de la faune.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3237" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sandrine Andong/ CERAD</em></strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux chercheurs, enfin, interrogent le concept lui-même. Pour <strong>Guy Patrice Dkamela</strong>, la notion de « forêt communautaire » associe deux logiques en tension — celle de la forêt qui est un domaine de l&rsquo;Etat, et donc régit administrativement, et celle du commun , cela gagnerait à être mieux nommée pour être mieux compris. <strong>Sandrine</strong> <strong>Andong</strong> du CERAD, propose une piste venue d&rsquo;ailleurs : <em>«et si les forêts modèles , un concept né au Canada, pouvaient aider à diversifier la gestion des forêts communautaires camerounaises au-delà du bois ,comme semblent déjà l&rsquo;esquisser les expériences de Campo Ma&rsquo;an et de Dja Mpomo ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de journée, un consensus se dessine, prudent : les forêts communautaires ne résoudront pas, à elles seules, l&rsquo;ensemble des problèmes de développement rural du Cameroun. Mais, multivocationnelles, elles restent porteuses d&rsquo;opportunités que ni Medjoh ni les statistiques nationales n&rsquo;ont fini d&rsquo;épuiser,  à condition, disent en substance les uns et les autres, d&rsquo;associer tous les secteurs de l&rsquo;administration à la gestion de ressources devenues stratégiques, de sécuriser juridiquement ce que les communautés Baka, Badjoué ou Bamiléké protègent depuis des générations sans l&rsquo;avoir jamais demandé à un texte de loi, et de réformer, sans plus attendre les décrets, ce qui ne fonctionne plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions de l&rsquo;atelier doivent désormais nourrir la révision, déjà engagée, du Manuel des Procédures d&rsquo;Attribution et des Normes de Gestion des Forêts Communautaires. Reste à savoir, comme le veut la question qui a traversé toute la journée sans jamais recevoir de réponse définitive, si le texte à venir saura enfin faire dialoguer les rapports d&rsquo;études et les forêts communautaires comme celle de Medjoh. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange Atala</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Inclusion: AJPAC accompagne la délivrance d&#8217;actes de naissance aux Baka</title>
		<link>https://tribuneverte.online/inclusion-ajpac-accompagne-la-delivrance-dactes-de-naissance-aux-baka/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 17:20:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3208</guid>

					<description><![CDATA[© AJPAC]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>La préservation de la Réserve de Faune du Dja, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, repose sur une inclusion harmonieuse des communautés locales. Parmi elles, les peuples autochtones Baka, estimés à environ 40 000 personnes au Cameroun, rencontrent encore d’importants obstacles pour accéder aux services publics. </em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>L’absence d’actes de naissance et de cartes nationales d’identité prive une majorité d’enfants de l’accès à l’école : près de 70 % des enfants Baka ne disposent pas de documents d’état civil, et à peine 25–30 % sont scolarisés, contre 96 % pour la moyenne nationale.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Un situation qui interpelle l’Association des Jeunes Peuples Autochtones Pygmés du Cameroun (AJPAC) dans le cadre de la mise en oeuvre du projet <strong>« Renforcement du rôle des communautés locales et des peuples autochtones dans la gestion et la protection des sites naturels du patrimoine mondial au Cameroun »</strong>, au sein du programme Natura Sud-Est, financé par l’Union européenne.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès juin 2026, AJPAC a sillonné 14 villages Baka de l&rsquo;arrondissement de Lomié, sur un périmètre de 100km , pour identifier les jeunes déscolarisés faute d’acte de naissance et les adultes dépourvus de carte nationale d’identité. 80 personnes ayant déjà bénéficié de la même procédure l&rsquo;année dernière, l&rsquo;initiative a suscité un engouement rare, d&rsquo;où la nécessité de répliquer l&rsquo;expérience, au vu du besoin persistant en documents administratifs en vue de préparer la rentrée scolaire 2026-2027. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3215" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1536x1024.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Frank Moamide </strong>lors de la campagne de sensibilisation, dans le village Mwangue le Bosquet.</em>(© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mardi 25 août 2026, à Nomedjoh, une seconde vague de remise d’actes de naissance a été organisée, bénéficiant à 70 personnes. Cet événement, supervisé par <strong>M.Frank Moamide</strong>, Ingénieur des Eaux et Forêts, chef d’antenne de la Réserve de biosphère du Dja à Lomié, et <strong>Mme Oloa Nadège</strong>, 2ᵉ adjointe au Maire de Lomié, marque une étape concrète dans la lutte contre l’exclusion scolaire et citoyenne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3214" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Sa Majesté, Aleka Raymond</strong>, chef du village Païo:  » Sans actes de naissance, nos enfants ne peuvent pas s&rsquo;inscrire à l&rsquo;école, et sans CNI les adultes ont des difficulté à avoir des contrats de travail auprès des sociétés. » </em>(© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des documents légaux pour impulser la participation des Baka  à la gouvernance locale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous l’impulsion de son président <strong>Lerys Nyangono</strong>, AJPAC ne se limite pas aux actes de naissance. L’association a également engagé un processus pour l’établissement de 200 cartes nationales d’identité (CNI), dont la délivrance est prévue en septembre 2026. Cette initiative vise à renforcer l’inclusion des adultes Baka dans la vie citoyenne et à leur garantir un accès aux services publics. Les CNI prévues permettront aux adultes de disposer d’une identité légale, condition pour faire des déplacements sans se faire bloquer dans des postes de contrôle d&rsquo;identité, de voter, d&rsquo;accéder aux services administratifs de base et participer aux instances locales.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3213" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Lerys Nyangono</strong>, dans le village Mwangue le Bosquet, au moment de l&rsquo;identification des personnes bénéficiaires de CNI</em>. (© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au‑delà de la simple distribution de documents, cette campagne contribue à lever un frein majeur à l’éducation et à la citoyenneté des Baka. En sécurisant leur identité légale, le projet ouvre la voie à une implication plus forte des communautés autochtones dans la conservation de la Réserve du Dja, au bénéfice de la biodiversité et du développement local.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong> <em>( de retour de Lomié)</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tribune: Ariane de Rothschild passe en force pour récupérer ses chasses en Afrique</title>
		<link>https://tribuneverte.online/tribune-ariane-de-rothschild-passe-en-force-pour-recuperer-ses-chasses-en-afrique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2026 18:42:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[sport]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3186</guid>

					<description><![CDATA[Ariane de Rothschild pose devant un bubale, sorte de grande antilope, abattu à Faro Lobéké en 2013.
DR]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>La banquière genevoise a repris les territoires de chasse de son défunt mari au Cameroun. Écarté, leur ex-gérant dénonce une «confiscation» menée sans ménagement. Révélations.</em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Un combat judiciaire sans merci oppose la banquière <strong>Ariane de Rothschild</strong> à un associé de son défunt mari.</em></li>



<li><em>Ce chasseur professionnel, <strong>Pierre Guerrini,</strong> a été évincé de la gestion des camps de chasse qu’il a créés au Cameroun.</em></li>



<li><em>La famille Rothschild, actionnaire majoritaire des chasses, dit agir conformément au droit camerounais.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp de chasse de Faro Lobéké, au Nord du Cameroun, est un rêve pour les amateurs de gros gibier: huttes luxueusement aménagées dans un style africain, menus gourmets et véhicules tout-terrain climatisés, pour aller tirer buffles et antilopes dans la brousse. Mais à la veille de Noël, en 2023, cette destination prisée des riches chasseurs étrangers a vécu un coup de force inédit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dimanche 24&nbsp;décembre, vers 14&nbsp;h, une vingtaine de gendarmes camerounais armés débarquent de trois pick-up et prennent le contrôle du camp. Les militaires coupent l’électricité, confisquent des armes et embarquent plusieurs employés, selon un constat d’huissier dressé deux jours plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agissant sur ordre du gouverneur local, les gendarmes sont venus expulser le fondateur et gérant de longue date du campement, le chasseur professionnel Pierre Guerrini. Ce Français à la carrure solide avait fui le pays quelques jours plus tôt, après avoir été détenu près d’une semaine dans un poste de police de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’irruption des gendarmes à Faro Lobéké marque le point culminant du bras de fer qui oppose Pierre Guerrini à la nouvelle maîtresse des lieux, la banquière genevoise Ariane de Rothschild.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La chasse, facette discrète de l’empire Rothschild</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la mort de son mari Benjamin, en 2021, la baronne a repris les immenses domaines de chasse qu’il avait acquis en Afrique. Dont celui de Faro Lobéké, grand comme les cantons de Fribourg ou Zurich.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réserve de 1640&nbsp;km² appartient à l’État camerounais, mais l’activité de chasse est concédée à une société privée. En 2023, les clients devaient débourser plus de 65’000&nbsp;euros pour deux semaines de tir au gros gibier. Des quotas officiels limitent le nombre d’animaux abattus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="975" height="650" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png" alt="" class="wp-image-3187" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png 975w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13-768x512.png 768w" sizes="auto, (max-width: 975px) 100vw, 975px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Guerrini</strong> (à gauche) et <strong>Benjamin de Rothschild.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chasses africaines – au moins deux au Cameroun et une au&nbsp;<a href="https://www.elle.fr/Deco/Reportages/Visites-maisons/Visite-privee-dans-la-reserve-de-Niassa-au-Mozambique-lieu-de-villegiature-d-Ariane-de-Rothschild" target="_blank" rel="noopener">Mozambique</a>&nbsp;– forment une facette cachée de l’empire Rothschild. Elles n’apparaissent nulle part dans l’organigramme du&nbsp;<a href="https://www.edmond-de-rothschild.com/fr/au-coeur-dun-ecosysteme" target="_blank" rel="noopener">groupe familial</a>, qui comprend la banque genevoise&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/ariane-de-rothschild-je-leur-ai-dit-la-banque-ne-part-pas-a-sarcelles-185864277042">Edmond de Rothschild</a>, des&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/four-seasons-megeve-obtient-son-premier-palace-francais-397551950213">hôtels</a>, des domaines viticoles ou des parfums.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, Ariane de Rothschild ne parle jamais publiquement de sa pratique personnelle de la chasse. Mais une photo de 2013 la montre posant à côté d’un bubale, sorte de grande antilope, fraîchement abattu sur le domaine de Faro Lobéké.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les activités de Faro Lobéké relèvent exclusivement du patrimoine privé de la famille de Benjamin de Rothschild, indique un porte-parole de la famille. Elles n’appartiennent pas au groupe Edmond de Rothschild et sont juridiquement et financièrement distinctes de celles du groupe.»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un an de prison pour le maître de chasse</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon des proches de la famille, c’est au contact de son mari, passionné de chasse, qu’Ariane de Rothschild se serait initiée à cette pratique. En 2012, le baron Benjamin s’est associé avec Pierre Guerrini, puis lui a racheté 65% des parts de la société qui exploite Faro Lobéké, le guide de chasse français demeurant actionnaire minoritaire avec 35%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux hommes sont devenus très proches. Benjamin de Rothschild séjournait encore à Faro Lobéké quelques jours avant sa mort d’une crise cardiaque dans son&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/geneve-la-famille-rothschild-se-dechire-pour-un-tresor-secret-105613636086">château de Pregny</a>, en janvier 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais après son décès, les relations entre le guide de chasse et la veuve de Benjamin se sont gâtées. Exécutrice testamentaire, Ariane de Rothschild demande des comptes et découvre que Pierre Guerrini a versé une partie de l’argent des clients sur ses comptes hors du Cameroun. Pour ces faits, un tribunal camerounais a condamné le chasseur professionnel à 1&nbsp;an de prison pour «abus de biens sociaux» et «tromperie envers les associés», tout en l’innocentant des accusations d’irrégularités comptables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je ne reconnais pas avoir détourné de l’argent sur mes comptes personnels, car les sommes étaient reprises dans le décompte final annuel, supervisé par le family office (ndlr: bureau privé) et Benjamin de Rothschild dans le cadre des bilans des sociétés»</em>, commente Pierre Guerrini. La justice camerounaise doit encore trancher définitivement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14-768x1024.png" alt="" class="wp-image-3188" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14-768x1024-1.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14-225x300.png 225w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png 975w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pierre Guerrini aujourd’hui.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le nœud du conflit est ailleurs. Pierre Guerrini estime qu’en vertu des statuts des sociétés qui détiennent les domaines de chasse, il en reste le gérant et l’associé de plein droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, le chasseur professionnel refuse donc de céder sa place au gérant désigné par Ariane, par ailleurs directeur de la holding Edmond de Rothschild. Les tribunaux camerounais sont saisis. Ils finissent par donner raison à l’une des quatre filles d’Ariane, qui a remplacé sa mère pour représenter l’héritage familial dans ces procédures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«J’ai peur d’être incarcéré»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2023, c’est le tournant: le gouverneur du Nord Cameroun fait placer Pierre Guerrini six jours en garde à vue, lui interdit l’accès au camp de Faro Lobéké sous prétexte de «maintenir l’ordre public» et y envoie les gendarmes. Le guide de chasse français n’a plus remis les pieds au Cameroun depuis. «J’ai peur d’être incarcéré», explique-t-il aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«J’estime avoir subi une action confiscatoire de mes droits de gérant et d’associé»</em>, ajoute le guide de chasse, qui s’exprime pour la première fois sur cet épisode.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ariane de Rothschild, de son côté, justifie sa volonté de garder les chasses camerounaises dans le giron familial. «Mes filles et moi-même entreprenons de maintenir et de renforcer les liens construits par mon défunt mari au Cameroun, dans l’esprit, qui l’a toujours animé, d’attachement à ses habitants et à ses ressources naturelles», a-t-elle écrit au personnel des camps de chasse en mars 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La baronne semble en effet avoir un lien spécial avec le Cameroun – et avec ses dirigeants. Le président Paul Biya, 93&nbsp;ans, plus vieux chef d’État en exercice du monde, et sa femme Chantal auraient été invités à plusieurs reprises au château Rothschild de Pregny, selon une source proche de la famille, qui ne souhaite pas être citée nommément en raison de ses engagements de confidentialité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi à Genève que se joue le litige sur les domaines de chasse. Depuis 2022, trois conseils d’administration des sociétés qui les détiennent se sont tenus au siège historique de la banque Edmond de Rothschild. Ils ont ratifié l’éviction de Pierre Guerrini, mais ce dernier estime que les conseils ne pouvaient rien décider en son absence, car il est le seul associé survivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La justice genevoise a toutefois refusé d’enquêter sur de possibles irrégularités lors de ces conseils. Celles-ci constitueraient, tout au plus, <em>«des vices dont les conséquences relèvent du droit des sociétés, qui plus est vraisemblablement camerounais»</em>, selon une <a href="https://entscheidsuche.ch/dok/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-17573-2025_2026-03-30.pdf" target="_blank" rel="noopener">décision de la Cour de justice genevoise</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Situation bloquée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la situation au Cameroun semble bloquée. Saisie par Pierre Guerrini, qui juge les tribunaux du Nord biaisés en faveur d’Ariane de Rothschild, la Cour suprême du pays a ordonné la suspension des procédures entre les deux parties, avant d’examiner un éventuel renvoi à une autre juridiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, Ariane de Rothschild reste aux commandes des camps de chasse. Même s’il demeure actionnaire à 35%, Pierre Guerrini affirme ne recevoir aucune information sur leur fonctionnement, ni aucun revenu. <em>«C’est moi qui ai créé Faro Lobéké»</em>, rappelle le Français, qui estime avoir été privé de sa <em>«raison de vivre»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, la famille Rothschild précise qu’aucun dividende n’a été versé ces dernières années et que Pierre Guerrini n’a été privé d’aucun revenu. Elle estime que <em>«la gouvernance des sociétés a […] été rétablie dans le cadre de procédures judiciaires et sociales régulières. Leur activité se poursuit conformément aux décisions judiciaires rendues et aux autorisations administratives délivrées par l’État camerounais.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On ignore quel avenir la baronne, très engagée dans le développement durable et la philanthropie, réserve à ces domaines de chasse. Leur fonctionnement a été critiqué par un <a href="https://pulitzercenter.org/fr/stories/au-cameroun-la-chasse-aux-trophees-contre-le-droit-des-baka" target="_blank" rel="noopener">récent article</a> du Pulitzer Center. Selon cette organisation de journalisme américaine, les autochtones Baka ne peuvent plus y chasser, y pêcher ou y cueillir des fruits. Devenus spectateurs sur leurs terres coutumières, <em>«ils regardent les chasseurs de trophées se rendre dans ces espaces qui leur sont désormais interdits»</em>, déplore l’ONG.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Collaboration: Yona Benathan</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ariane de Rothschild sur tous les fronts</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces derniers mois, la baronne Ariane de Rothschild a fait les gros titres des médias internationaux, signe d’un intérêt qui ne faiblit pas pour sa famille:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; En septembre 2025, nous révélions&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/geneve-la-famille-rothschild-se-dechire-pour-un-tresor-secret-105613636086">l’âpre conflit</a>&nbsp;qui oppose la baronne à sa belle-mère, Nadine de Rothschild, pour le contrôle de la collection d’art du château familial de Pregny. L’information a été reprise par les médias du monde entier – de «Paris Match» au «<a href="https://www.theguardian.com/world/2025/dec/14/like-a-mini-louvre-two-generations-of-rothschilds-fight-over-treasure-trove-of-artworks" target="_blank" rel="noopener">Guardian</a>» ou à «<a href="https://www.liberation.fr/plus/speciaux-cahier-ete/guerre-de-succession-le-savoir-hair-des-baronnes-de-rothschild-20260815_HQQI2QLER5AI5O5VERMZ5GRF6M/" target="_blank" rel="noopener">Libération</a>». Le conflit se poursuit devant les tribunaux genevois, sans solution en vue pour l’instant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; En janvier 2026, le Département de la justice américain publie des milliers de courriels du financier et prédateur sexuel Jeffrey Epstein. Ils révèlent un&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/epstein-les-e-mails-secrets-du-financier-avec-ariane-de-rothschild-458875839835">lien étroit</a>&nbsp;entre ce dernier et Ariane de Rothschild. Epstein la conseillait notamment sur les négociations de sa banque avec les autorités américaines. En contrepartie, la banque Edmond de Rothschild et Ariane personnellement lui auraient versé 25&nbsp;millions de dollars. «Nous avons dépensé une somme très raisonnable par rapport à nos concurrents dans le contentieux fiscal de la justice américaine», a expliqué la baronne dans une récente interview au magazine «<a href="https://www.challenges.fr/fortunes/a-aucun-moment-je-nai-pense-a-meffacer-ariane-de-rothschild-se-confie-apres-la-publication-des-epstein-files_644759" target="_blank" rel="noopener">Challenges</a>»<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; À Paris, un procès l’opposant à un ex-majordome réserve de mauvaises surprises à Ariane de Rothschild. Des documents confidentiels de son&nbsp;<em>family office</em>&nbsp;ont fuité sur le site&nbsp;<a href="https://www.instagram.com/p/DauOPGEAGfH/?img_index=1" target="_blank" rel="noopener">«Mediapart»</a>. Ils montrent que les employés de la baronne songeaient à faire circuler des œuvres d’art entre plusieurs pays sans les déclarer à la douane. L’entourage de la baronne conteste toute infraction aux règles douanières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.tdg.ch/author/35257028/sylvain-besson"><strong>Sylvain Besson</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Publié le 23.08.2026, à 09h46 sur <a href="https://www.tdg.ch/ariane-de-rothschild-bataille-judiciaire-pour-ses-chasses-au-cameroun-779937380406">https://www.tdg.ch/ariane-de-rothschild-bataille-judiciaire-pour-ses-chasses-au-cameroun-779937380406</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DOSSIER/                                                                    Eboulements de Zamboï : les mots d&#8217;Aliou avant le drame</title>
		<link>https://tribuneverte.online/dossier-eboulements-de-zamboi-les-mots-daliou-avant-le-drame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 14:02:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3165</guid>

					<description><![CDATA[©2026 &#124; Giovanny Engamba &#124; Centre pour l’Environnement et le Développement
(CED)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Le mardi 18 août 2026, en début d&rsquo;après-midi, un pan de terre s&rsquo;est détaché du site aurifère artisanal de Zamboï, village situé de part et d&rsquo;autre de la frontière entre le Cameroun et la République Centrafricaine (voir image en bannière, la démarcation se voit à travers la clôture en panneaux d’aluminium ), localité également connue sous le nom de « Moscou », ensevelissant des dizaines d&rsquo;orpailleurs qui creusaient en contrebas d&rsquo;un cratère à ciel ouvert.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Parmi les victimes, <strong>Yaya Pierre</strong>, alias « Commando »; fils du chef de Dir , village situé dans arrondissement de Dir, département du Mbéré, région de l&rsquo;Adamaoua au Cameroun. Selon les témoignages recueillis sur place, il est mort avec neuf autres personnes dans une même fosse, aux côtés de son propre patron. Trois jours plus tard, alors que les recherches se poursuivent toujours sous restriction d&rsquo;accès, cet article revient sur ce que révèlent les témoignages recueillis sur place : l&rsquo;aveu, filmé six semaines avant le drame, de l&rsquo;exploitant du site quant à sa connaissance du risque ; le vécu, minute par minute, de ceux qui se trouvaient au fond des galeries.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Ce 20 août 2026, sur RFI, <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>, Secrétaire Général du Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), a fait part de sa préoccupation de longue date pour la situation à Zamboï côté camerounais, où son organisation déploie régulièrement des équipes de terrain , la plus récente datant de juin 2026.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte que prend tout son sens l&rsquo;enregistrement diffusé sur TikTok par Aliou, présenté comme l&rsquo;exploitant du chantier de « Moscou », originaire de Cantonier (RCA) et bien connu, selon ses propres mots, à Garoua-Boulaï, Cantonier, Baboua et Bertoua. Le message, adressé directement aux orpailleurs du site, a été publié sur son compte TikTok le 5 juillet 2026 ; soit près de six semaines avant la catastrophe du 18 août.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le gap entre le bilan officiel, et les chiffres du terrain annoncent plusieurs éboulements </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les autorités locales citées par plusieurs médias internationaux: RFI, France 24, l&rsquo;AFP , au moins 107 corps avaient été extraits des décombres à la mi-journée du mercredi 19 août, sur la base des estimations du Maire de Garoua-Boulaï, côté camerounais. Le maire de Baboua, côté centrafricain, évoquait pour sa part « une centaine » de morts sans pouvoir établir de bilan formel, tandis que le député de Baboua, <strong>Laurent Ngon Baba</strong>, reconnaissait la même difficulté. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Baboua.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="540" height="1157" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited.jpeg" alt="" class="wp-image-3167" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited.jpeg 540w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited-140x300.jpeg 140w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited-478x1024.jpeg 478w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Capture d&rsquo;écran du 19 août 2026 à 23: 48, réalisée sur la page Facebook de Axe Média.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des témoignages recueillis directement auprès de sources présentes sur le chantier avancent cependant des chiffres nettement supérieurs : jusqu&rsquo;à 250, voire 380 morts selon certaines estimations de terrain, encore en attente de vérification. Ces mêmes témoignages font état d&rsquo;une série d&rsquo;éboulements survenus les jours précédant le drame : un premier vendredi dans la nuit, suffisant pour interrompre le travail sur une partie du site . Un second dimanche dans la nuit ; puis, le jour du drame lui-même, trois éboulements successifs , deux de moindre ampleur, suivis du plus important, qui aurait enseveli un grand nombre de travailleurs présents dans la fosse. Un nouvel affaissement, survenu la nuit suivante, aurait failli entraîner les eaux de la rivière Kadey dans le cratère. Ce schéma d&rsquo;effondrements répétés est cohérent avec ce que rapporte la presse régionale sur l&rsquo;instabilité chronique du site, une carrière à ciel ouvert s&rsquo;étendant sur plusieurs kilomètres, criblée de fosses profondes et interconnectées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="723" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-723x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3178" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-723x1024.jpeg 723w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-212x300.jpeg 212w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31.jpeg 763w" sizes="auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Situation géographique de la zone sinistrée. ( © CED).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mêmes sources de terrain évoquent la présence, parmi les victimes, de ressortissants de plusieurs nationalités: centrafricaine, camerounaise, tchadienne, nigérienne, burkinabé, ce qui recoupe la réputation du site comme pôle d&rsquo;attraction régional pour l&rsquo;orpaillage artisanal. Elles font également état d&rsquo;une présence russe (Wagner) aux côtés des autorités centrafricaines sur le site depuis le lendemain du drame, ainsi que d&rsquo;un chef de chantier qui chercherait à minimiser le bilan en avançant le chiffre de 49 morts. Ces deux éléments n&rsquo;ont pu être confirmés par aucune source publiée à ce stade et doivent être traités comme non vérifiés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Neuf hommes dans un même trou: circonstances de décès du fils du chef de Dir</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les victimes identifiées figure un homme connu sous le surnom de « Commando » ; de son vrai nom <strong>Yaya Pierre</strong>, originaire du village de Dir, dans l&rsquo;arrondissement du même nom, et fils du patriarche Maire Samba. Il est mort avec environ neuf autres personnes dans une même fosse , parmi lesquelles son propre patron. Un seul survivant a pu être compté dans cette carrière précise, selon un témoignage recueilli par <strong>Pierre Hervé Madougou</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit qui en ressort éclaire, de l&rsquo;intérieur, la mécanique du drame. Le groupe extrayait des graviers dans cette carrière depuis plusieurs jours et, au moment de l&rsquo;éboulement, tous étaient concentrés sur leur tâche. Le bruit de la perceuse utilisée sur place a couvert les cris d&rsquo;alerte lancés depuis la surface ; ce n&rsquo;est qu&rsquo;au tout dernier moment que certains, ayant reçu des mottes de terre lancées en guise de signal, ont compris ce qui se passait. Mais la fosse était trop étroite et le nombre de travailleurs qui s&rsquo;y trouvaient trop important pour permettre une évacuation à temps : la terre les a surpris avant qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pu sortir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Cyrille Narké</strong>, chercheur au CED, s&rsquo;alarme: <em>« les femmes et les enfants sont majoritairement parmis les victimes, ce sont les plus vulnérables pour qui atteindre la surface était pénible , au moment où l&rsquo;alerte a été lancée»</em>. Ce témoignage illustre, à l&rsquo;échelle d&rsquo;une seule fosse, ce que les images diffusées sur les réseaux sociaux ne montrent pas : les personnes ensevelies en surface sont visibles sur les vidéos, mais un nombre indéterminé d&rsquo;artisans miniers a été enseveli dans des galeries souterraines, sans même avoir eu le temps de comprendre ce qu&rsquo;il leur arrivait.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Si vous mourrez ici, ça vous regarde » : l&rsquo;avertissement d&rsquo;Aliou</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;enregistrement cité précédemment, Aliou  rappelle d&rsquo;abord les avoir toujours considérés comme sa propre famille, avant d&rsquo;en venir à l&rsquo;objet réel de son message : une mise en garde répétée, restée sans effet. <em>« Chaque fois je vous dis que s&rsquo;il y a trop de terres, vous arrêtez le travail. Si la situation est favorable, vous travaillez. Je vous le dis pour votre propre sécurité »</em>, déclare-t-il en langue Fufulde, avant d&rsquo;ajouter, plus loin : <em>« Quand la terre est en abondance je vous demande d&rsquo;arrêter les travaux, vous refusez. »</em> Il décrit une consigne de sécurité simple: suspendre l&rsquo;extraction en cas d&rsquo;accumulation excessive de terre en surplomb ; ce que les orpailleurs auraient systématiquement ignorée.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="557" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-557x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3168" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-557x1024.jpeg 557w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-163x300.jpeg 163w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44.jpeg 696w" sizes="auto, (max-width: 557px) 100vw, 557px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Capture d&rsquo;écran du 20 août 2026 à 13: 06, réalisée sur le compte Tiktok d&rsquo;Aliou. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste de l&rsquo;enregistrement est tout aussi significatif pour l&rsquo;établissement des responsabilités. Aliou y précise n&rsquo;avoir<em> « aucun contrat signé avec aucun »</em> des travailleurs présents sur le site, qualifie son entreprise de strictement privée, sans partenaire ni structure associative, et affirme n&rsquo;avoir sollicité personne pour venir y travailler. Il en tire une conclusion sans détour sur la question de la responsabilité en cas d&rsquo;accident : <em>« Si vous mourrez ici, ça vous regarde, ce ne sera pas mon problème. Le gouvernement ne va rien me demander parce que moi je n&rsquo;ai demandé à personne d&rsquo;aller dans ce chantier. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il revient également sur les débuts de son entreprise, rappelant avoir accompli seul les démarches administratives auprès du gouvernement pour légaliser le chantier , sans, dit-il, aucune aide financière des travailleurs qu&rsquo;il emploie aujourd&rsquo;hui , et sur sa propre trajectoire, d&rsquo;enfant de Cantonier devenu, par la réussite de cette activité, une figure reconnue de la région. Vérification faite, Aliou est bien centrafricain, originaire de Zamboï même, côté RCA ,  une proximité directe avec le site qui donne un relief particulier à ses propos sur la famille et l&rsquo;enracinement local.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que cet enregistrement change pour l&rsquo;enquête</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pris isolément, ce témoignage ne suffit pas à établir une responsabilité pénale , il faudrait pour cela le confronter aux autorisations administratives réellement délivrées, aux conditions d&rsquo;exploitation autorisées, et à l&rsquo;enquête ouverte par le parquet de Baboua. Mais il apporte un élément factuel difficile à contester : l&rsquo;exploitant reconnaît lui-même, avant le drame, avoir eu connaissance du risque d&rsquo;éboulement, avoir formulé des consignes de sécurité, avoir constaté leur non-respect par les travailleurs, et avoir choisi de ne pas imposer d&rsquo;arrêt des travaux malgré ce risque identifié,  tout en anticipant explicitement qu&rsquo;il ne pourrait être tenu responsable en cas de décès, en l&rsquo;absence de tout contrat de travail formel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet aveu, produit par l&rsquo;intéressé lui-même et diffusé publiquement avant la catastrophe, mérite d&rsquo;être versé au dossier de l&rsquo;enquête en cours, aux côtés des témoignages de terrain sur la succession des éboulements des jours précédents , qui, si confirmée, suggérerait que le risque n&rsquo;était pas seulement générique mais immédiat et documenté dans les jours ayant précédé le drame.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;en dit l&rsquo;expertise : un accident qui rattrape un débat déjà engagé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé le 20 août 2026 sur RFI, dans l&rsquo;émission « Le Grand Invité Afrique », <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>, juriste environnementaliste, Secrétaire Général du Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), spécialiste des questions minières au Cameroun, apporte un éclairage qui recoupe et prolonge les témoignages de terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il relève d&rsquo;abord la rareté de vidéos aussi précises pour ce type d&rsquo;accident, tout en rappelant leurs limites : <em>« ce que ces images montrent, ce sont des personnes ensevelies en surface , ce qu&rsquo;elles ne montrent pas, c&rsquo;est le nombre bien plus incertain d&rsquo;artisans qui se trouvaient dans les galeries souterraines au moment de l&rsquo;effondrement, sans avoir eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait.»</em> Un constat qui fait directement écho au témoignage recueilli sur la mort de « Commando » et de ses compagnons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>: <em>« ce type d&rsquo;éboulement reste un accident fréquent sur les sites d&rsquo;orpaillage artisanal, en particulier pendant la saison des pluies, lorsque des sols gorgés d&rsquo;eau s&rsquo;affaissent plus facilement , mais jamais, à une échelle comparable à celle de Zamboï.»</em> Il explique l&rsquo;ampleur inédite du bilan par un facteur de calendrier : la période correspond aux vacances scolaires, moment où affluent sur ce type de site un grand nombre de jeunes en quête d&rsquo;argent pour préparer la rentrée, rendant des lieux déjà très fréquentés encore plus surpeuplés qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la nature du site, <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong> le décrit comme une exploitation artisanale informelle, mais d&rsquo;une taille sans commune mesure avec ce que suggère habituellement ce terme , un mode de gestion qui reste largement informel malgré l&rsquo;ampleur du site. Associé à une forme d&rsquo;illégalité difficile à combattre dès lors qu&rsquo;elle concerne parfois des milliers de personnes : en chasser les exploitants serait mal perçu localement, les populations considérant l&rsquo;or comme une ressource naturelle à laquelle elles ont droit pour subvenir à leurs besoins.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-scaled.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3170" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1536x1152.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-2048x1536.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>; lors d’un atelier de renforcement des capacités des communautés victimes de crimes environnementaux , le 1ier avril 2026 à Yaoundé</em> ( © CED).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur la sécurité, il précise que, bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une zone frontalière où des forces de sécurité sont déployées de part et d&rsquo;autre, ce dispositif vise avant tout le contrôle des flux de personnes et de biens , beaucoup de travailleurs présents sur le site, souvent issus de villages reculés, n&rsquo;ayant pas de papiers d&rsquo;identité, non par dissimulation mais par manque d&rsquo;accès. Sur l&rsquo;absence de toute infrastructure de soutènement visible sur les vidéos, il explique qu&rsquo;un chantier informel de ce type ne compte aucun responsable chargé d&rsquo;organiser ce genre de mesures : de telles constructions représentent un coût que les artisans miniers indépendants, focalisés sur une extraction rapide avant de quitter les lieux, ne sont pas en mesure d&rsquo;assumer individuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres part, <strong>Dr. Samuel Nguiffo </strong>anticipe sur le fait que: <em> « cet accident va relancer avec une intensité renouvelée le débat engagé depuis le début de l&rsquo;année au Cameroun pour assainir le secteur minier artisanal et semi-mécanisé ;un débat qui, </em>selon lui<em>, devra désormais intégrer plus frontalement la question sécuritaire, aux côtés des efforts déjà amorcés sur la transparence des flux d&rsquo;or à l&rsquo;export et la réduction du travail des enfants sur les sites miniers. »</em> Il exprime l&rsquo;espoir que les décideurs publics, mais aussi les compagnies qui achètent l&rsquo;or produit sur ces sites, en tirent l&rsquo;obligation d&rsquo;investir dans l&rsquo;amélioration des conditions de production,  et que ce drame puisse rester, selon ses mots, le dernier de cette ampleur dans le secteur minier camerouno-centrafricain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette préoccupation n&rsquo;est pas nouvelle pour le CED, qui suit la situation de longue date à Zamboï du côté camerounais et y déploie régulièrement des équipes de terrain, la plus récente mission remontant à juin 2026. C&rsquo;est précisément ce travail de suivi continu, mené plusieurs semaines avant le drame, qui permet aujourd&rsquo;hui de recouper les témoignages recueillis dans l&rsquo;urgence avec une connaissance déjà établie du site et de ses fragilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entretien est disponible ici: <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20260820-eboulement-meutrier-zambo%C3%AF-le-d%C3%A9bat-au-cameroun-pour-assainir-le-secteur-minier-va-reprendre-de-plus-belle?utm_slink=rfi.my%2FCyd9">https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20260820-eboulement-meutrier-zambo%C3%AF-le-d%C3%A9bat-au-cameroun-pour-assainir-le-secteur-minier-va-reprendre-de-plus-belle?utm_slink=rfi.my%2FCyd9</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
