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	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
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	<description>Un regard écologique de l&#039;information</description>
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	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
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	<item>
		<title>LEAD Cameroon à la quête du statut d’ONG</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 10:19:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
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		<category><![CDATA[Society]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 28 mars 2026, LEAD Cameroon a franchi une étape décisive lors de son Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) à Yaoundé , en vue de l’obtention d’un agrément en tant que&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Le 28 mars 2026, LEAD Cameroon a franchi une étape décisive lors de son Assemblée Générale Extraordinaire (AGE)  à Yaoundé , en vue de l’obtention d’un agrément en tant que ONG auprès du Ministère de l&rsquo;Administration Territoriale ( MINAT).</em></p>



<p><em>Sous le thème :  <strong>« les acquis, renforcer la gouvernance et définir les orientations stratégiques de Lead Cameroon »</strong>, l&rsquo;événement était l&rsquo;occasion de présenter les réformes envisagées dans son organisation interne. Cela consistait en l&rsquo;installation d&rsquo;un nouvel organigramme, à travers un bureau exécutif jeune et dynamique , un comité scientifique d&rsquo;experts, sous l&rsquo;encadrement des membres-fondateurs au sein d&rsquo;un conseil d&rsquo;administration.</em></p>



<p>Tout part de LEAD International, créé en 1991, l’organisation s&rsquo;est imposée comme un réseau mondial de référence dans la formation de leaders sur les sujets liés au développement durable. Présent dans plus de 140 pays, ce programme innovant de la Rockefeller Foundation, a formé plus de 2 000 professionnels de haut niveau, parmi lesquels 12 camerounais, avec des profils diversifiés, créant un écosystème mondial d&rsquo;expertise en la matière.</p>



<p>Cette approche pionnière de formation par cohortes internationales, mêlant apprentissage théorique &nbsp;ainsi que la conduite de projets pratiques, a permis d&rsquo;établir des standards internationaux en matière de leadership environnemental. Les fellows ( lauréats) LEAD, issus de tous les continents, forment aujourd&rsquo;hui un réseau influent d&rsquo;acteurs du changement dans les secteurs publics, privé et associatif.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/image.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="945" height="630" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/image.png" alt="" class="wp-image-2929" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/image.png 945w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/image-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/image-768x512.png 768w" sizes="(max-width: 945px) 100vw, 945px" /></a></figure>



<p>Présents à l&rsquo; Assemblée Générale Extraordinaire, les anciens lauréats de Lead International ( de gauche à droite) :⁠ <strong>Valerie HAIDA</strong> (cohorte 16) ; <strong>Modibbo ABOUBAKARY</strong> (cohorte 12) ; <strong>David WAFO</strong> et <strong>Evelyne NYEMECK</strong> (cohorte 11) ; <strong>Henriette ZOBO</strong> (Cohorte 10).</p>



<p>Lead Cameroon est également affilié au réseau Lead International, avec pour objectif principal de faire émerger un leadership imprégné de la dynamique autour des questions de protection de l&rsquo;environnement et du développement durable.</p>



<p>Les jeunes leaders d&rsquo;opinion d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qualifiés «d&rsquo;influenceurs» sont davantage intéressés par l&rsquo;industrie du divertissement, de la mode et du spectacle, et pourtant les préoccupations que posent le choix des politiques des projets en matière d&rsquo;éducation, santé de la reproduction, protection de l&rsquo;environnement, sont cruciaux, et revêtent un caractère vital ( ndlr). Lead Cameroon intervient sur les questions de restauration des écosystèmes, l&rsquo;économie verte, la surveillance et gouvernance des industries extractives, etc. Ses membres bénéficient de l&rsquo;appartenance à un réseau international, pouvant leur permettre de prendre part aux formations dédiées, dans des milieux d&rsquo;expertise internationale.</p>



<p>Crée en 2004 sous la forme d’une association, LEAD Cameroon a une expérience dans la conduite des projets de développement durable , plus précisément sur les questions liées à la pollution environnementale, l’autonomisation des femmes, la formation au leadership, ainsi que la conduite des campagnes de restauration des écosystèmes. En effet, la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030) ne peut réussir sans l’implication des pays du bassin du Congo, dont le Cameroun. Or, si l’État a pris des engagements à travers des projets de reboisement et de gestion durable, la véritable force réside dans les acteurs de la société civile. LEAD Cameroon en est un exemple probant .</p>



<p>Les Nations Unies ont adopté une résolution en septembre 2020 pour lancer cette initiative et le lancement officiel a eu lieu dans le monde entier le 5 juin 2021. LEAD Cameroon ayant pris connaissance de cette initiative d’envergure internationale a pris l’engagement d’accompagner la communauté internationale et le Cameroun dans la restauration des écosystèmes. Le Cameroun a pris l’engagement de restaurer 12 Millions d’hectares sur l’ensemble du territoire d’ici  2030.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-24-at-09.41.20.jpeg"><img decoding="async" width="768" height="1020" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-24-at-09.41.20.jpeg" alt="" class="wp-image-2930" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-24-at-09.41.20.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-24-at-09.41.20-226x300.jpeg 226w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p><strong>M. Modibbo Aboubakary</strong>, face à la presse lors de l&rsquo;AGE : <em>« Il faut 25 hectares pour planter 10.000 arbres, nous avons déjà planté 16.000, ça vous donne une estimation de la surface couverte par LEAD Cameroon en seulement 4 ans. »</em></p>



<p>A travers son projet GREEN qui envisage de planter 100 000 arbres à l’horizon 2030, Lead Cameroon bénéfice du soutien de ses partenariats stratégiques (MINFI, CGIS, MINEPDED). L&rsquo;organisation a mobilisé des financements dépassant 60 millions FCFA pour restaurer des dizaines d’hectares de terres dégradées dans la partie septentrionale du pays. Ces initiatives montrent que la restauration ne doit pas rester un slogan international, mais devenir une pratique locale, portée par des Organisations de la société civile ( OSC) , capables de transformer les engagements en résultats tangibles.</p>



<p>En plus, de ces opérations de reboisement, Lead Cameroon a organisé une conférence de sensibilisation des OSC , GIC , collectivités et institutions publiques sur la restauration des écosystèmes avant l’opération de restauration en partenariat avec l’Université de Maroua. En marge de ces activités, des campagnes de sensibilisation lors de la crise du Covid-19, ainsi que celles portant sur la lutte contre la contamination au VIH-SIDA ont été faites sur la route Maroua &#8211; Mora ( PK 40 jusqu’à Mora).</p>



<p>Le désormais président du conseil d&rsquo;administration de Lead Cameroon est titulaire d’un certificat en évaluation des politiques publiques à l’université de Washington (USA) et d’un Master en politiques publiques et management de l’Université de Londres (UK). Monsieur <strong>Modibbo Amadou Aboubakary</strong>, par ailleurs Haut fonctionnaire passionné par les questions de protection de l’environnement, a su tisser, depuis plus de 15 années, un réseau de partenariats diversifiés, ce qui fait la force de LEAD Cameroon aujourd&rsquo;hui. Cette stratégie partenariale s&rsquo;appuie sur son réseau international (LEAD International, Fulbright Humphrey Program et la Fondation Mo Ibrahim) et sur une approche multisectorielle impliquant institutions gouvernementales, organisations internationales et fondations privées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-24-105021.png"><img decoding="async" width="1024" height="489" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-24-105021-1024x489.png" alt="" class="wp-image-2927" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-24-105021-1024x489.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-24-105021-300x143.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-24-105021-768x367.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-24-105021.png 1061w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em>Synthèse des ressources financières mobilisées de 2019 à 2025, présentée lors de l&rsquo;AGE,  par la nouvelle Directrice Exécutive de Lead Cameroon: <strong>Modeste Mvele</strong>.</em></p>



<p>Un écosystème partenarial robuste</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Partenaires institutionnels nationaux</strong> : Le Ministère des Finances (MINFI) et le Ministère de l&rsquo;Environnement (MINEPDED) ont fait confiance à l&rsquo;organisation pour des projets environnementaux d&rsquo;envergure, témoignant de sa crédibilité auprès des institutions camerounaises.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Coopération internationale</strong> : Les partenariats avec le gouvernement américain et des organismes comme Global Washington, International Pollutants Elimination Network (IPEN) démontrent la reconnaissance internationale de LEAD Cameroon dans les domaines du développement social et de la protection environnementale.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Philanthropie privée </strong>: La collaboration avec la King Baudouin Foundation et Seattle International Foundation illustre la capacité de l&rsquo;organisation à attirer des financements privés pour ses programmes de formation au leadership.</li>
</ul>



<p>Cette stratégie partenariale a généré des impacts mesurables :</p>



<p>&#8211; Environnement : 63 millions FCFA pour le reboisement de 16 000 arbres</p>



<p>&#8211; Autonomisation féminine : 9 millions FCFA pour former 100 femmes déplacées</p>



<p>&#8211; Sensibilisation : 4 millions FCFA pour l&rsquo;éducation environnementale</p>



<p>&#8211; Formation : 2,75 millions FCFA pour le renforcement des capacités</p>



<p>L&rsquo;adoption des statuts de LEAD Cameroon comme ONG, validera une approche fondée sur la diversification des partenariats et la recherche d&rsquo;impacts durables. Le récépissé de déclaration, délivré par le Sous-préfet de Yaoundé 3, à été lu en séance plénière lors de cette AGE . De plus, la reconnaissance juridique de l’ONG LEAD Cameroon  ouvrira de nouvelles perspectives pour amplifier l&rsquo;action de l&rsquo;organisation dans l&rsquo;écosystème de la société civile camerounaise. La trajectoire des pairs fondateurs de LEAD Cameroon illustre comment une vision claire et une stratégie partenariale cohérente peuvent transformer une initiative locale en leadership reconnu pour le développement durable .</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Crimes environnementaux : les Minerais de la Transition illégalement exploités dans l&#8217;Adamaoua</title>
		<link>https://tribuneverte.online/crimes-environnementaux-les-minerais-de-transition-illegalement-exploites-dans-ladamaoua/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 08:21:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
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					<description><![CDATA[La brigade mobile de Bankim dans la région de l&#8217;Adamaoua a récemment saisi deux camions contenant du Greisen, un type de terres rares parmi les 17 que le territoire camerounais&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le 1er avril 2026, le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) a initié une rencontre entre la presse spécialisée et les communautés victimes de crimes environnementaux , à la faveur d&rsquo;un atelier de renforcement des capacités de ces derniers, à Yaoundé . L’événement a permis de documenter les réalités vécues par les communautés locales et les peuples autochtones, confrontés à l’expansion des industries extractives et agro‑industrielles.</li>



<li>Selon le <strong>Dr Samuel Nguiffo,</strong> Sécrétaire Général du CED, <em> <em>«</em> les pertes fiscales liées à ces exploitations illégales atteindraient 1 000 milliards FCFA pour l’État camerounais. À cela s’ajoutent les impacts sociaux : décès, déplacements forcés et conflits communautaires »</em>. Reconnu internationalement pour son combat en faveur des droits des communautés et la protection des forêts du bassin du Congo ; il est Lauréat du prestigieux Prix Goldman pour l’environnement en 1999, et l’une des voix les plus influentes sur les questions de gouvernance forestière et minière au Cameroun.</li>



<li>Cet atelier tenu sur 2 jours , à permis de renforcer les capacités des victimes venus de plusieurs localités , pour mieux défendre leurs droits et de mettre en lumière l’urgence d’une gouvernance transparente des ressources naturelles, en l&rsquo;absence de sanctions sur la question. Le message est clair : l’exploitation minière doit profiter aux populations, qui doivent s&rsquo;armer d&rsquo;arguments, afin de mener un plaidoyer solide devant les juridictions compétentes;  et non se transformer en source d’injustice et de revers économique pour le Cameroun.</li>
</ul>



<p>La brigade mobile de Bankim dans la région de l&rsquo;Adamaoua a récemment saisi deux camions contenant du Greisen, un type de terres rares parmi les 17 que le territoire camerounais regorge. Ces minerais de la transition sont exploités illégalement dans la région, avec des méthodes d&rsquo;extraction qui ne respectent aucun PGES ( Plan de Gestion Environnementale et Sociale). Le Cameroun vit un paradoxe saisissant, alors que son sous-sol regorge de minerais essentiels à l&rsquo;économie mondiale, les populations locales subissent les conséquences dramatiques d&rsquo;une exploitation anarchique et destructrice. Cette rencontre a permis de lever le voile sur cette réalité méconnue, particulièrement criante dans la région de l&rsquo;Adamaoua.</p>



<p>Parmi les témoignages recueillis,  celui de <strong>Pierre Hervé Madougou</strong>, Coordonnateur de l&rsquo;organisation Terre et Développement Durable (TDD)  basée à Meiganga, révèlent une situation alarmante dans la région de l’Adamaoua. Le tableau qui se dessine est alarmant : accaparement des terres, pollution massive, conflits armés et évasion fiscale colossale. Au cœur de ces enjeux, les terres rares et la bauxite, minerais stratégiques dont dépendent les batteries de nos  appareils électroniques, nos voitures et nos systèmes de défense.</p>



<p><em>&nbsp;<em>«</em>On était habitué aux illégalités dans le secteur de l&rsquo;Or, le combat pour supprimer l&rsquo;utilisation des produits chimiques dans l&rsquo;extraction n&rsquo;est pas encore abouti, que l&rsquo;on s&rsquo;expose déja avec les terres rares, on ne sait meme pas à quel niveau de risque se situe la santé de la population »</em>_ Pierre Hervé Madougou.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;Adamaoua : nouveau front minier du Cameroun</h3>



<p>Après la région de l&rsquo;Est, l&rsquo;Adamaoua s&rsquo;impose comme le deuxième pôle minier du pays. Les gisements de bauxite de Martap et Ngaoundal figurent parmi les plus importants au monde, tandis que plus de 17 types de terres rares y ont été recensés. Ces minerais, devenus la <em>« colonne vertébrale de l&rsquo;économie numérique »</em>, selon le <strong>Dr Marc Anselme Kamga</strong>, spécialiste en droit minier, représentent un enjeu géostratégique majeur.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-20-085713.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="841" height="594" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-20-085713.png" alt="" class="wp-image-2916" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-20-085713.png 841w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-20-085713-300x212.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Capture-decran-2026-04-20-085713-768x542.png 768w" sizes="auto, (max-width: 841px) 100vw, 841px" /></a></figure>



<p><em>Un extrait de <strong>l&rsquo;Atlas des Minerais de la Transition</strong> ( en cours de validation) , présente un rapport d&rsquo;une étude conduite par le CED, l&rsquo;Institut Nationale de la Cartographie, financé par la Banque Mondiale en 2023. </em></p>



<p><em>&nbsp;<em>«</em>Si le Cameroun parvenait à encadrer juridiquement et fiscalement l&rsquo;extraction des terres rares, il pourrait générer des recettes qui rivaliseraient avec celles du pétrole »</em>, explique le Dr. Kamga. Une opportunité considérable pour un pays dont l&rsquo;économie reste largement dépendante des matières premières traditionnelles.</p>



<p>Pourtant, la réalité du terrain dresse un constat inverse. Pierre Hervé Madougou , tire la sonnette d&rsquo;alarme : <em>&nbsp;<em>«</em>75% des sites miniers sont exploités sans permis d&rsquo;exploitation, souvent par des entreprises étrangères »</em>. Ces exploitations sauvages transforment la richesse potentielle en catastrophe environnementale et sociale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des méthodes destructrices et des acteurs opaques</h3>



<p>Les techniques d&rsquo;extraction utilisées relèvent du pillage organisé. Cyanure, Mercure, excavations anarchiques : les méthodes employées détruisent irrémédiablement les écosystèmes locaux. <em>&nbsp;<em>«</em>Chaque semaine, nous enregistrons des plaintes, des décès, des conflits »</em>, rapporte Pierre Hervé Madougou. La pollution des cours d&rsquo;eau compromet l&rsquo;accès à l&rsquo;eau potable, tandis que la destruction des sols menace l&rsquo;agriculture vivrière. Les conflits d&rsquo;usage naissent de la restriction d&rsquo;accès aux espaces cultivables ainsi qu&rsquo;aux terrains de pâturages, pour des populations riveraines dépendantes de ces ressources vitales.</p>



<p>La situation sécuritaire s&rsquo;aggrave parallèlement. Comme rapporté préalablement, un incident a été signalé dans le département du Mayo Banyo à Galim-Tignère, en mars dernier, deux camions ont été saisis par la douane, dans la localité de Mayo-Darlé, à environ 250 km de Ngaoundéré, le chef-lieu de la région de l&rsquo;Adamaoua. l&rsquo;armée a dû intervenir face à l&rsquo;escalade des violences liés à ces faits, mais l&rsquo;administration locale s&rsquo;est finalement retirée. <em>« Ce sont désormais les coupeurs de route qui dirigent certains sites miniers »</em>, dénonce Pierre Hervé, soulignant l&rsquo;effondrement de l&rsquo;autorité étatique dans certaines zones. L&rsquo;entreprise qui a reconnue exploiter le contenu des camions saisis est chinoise, mais elle n&rsquo;est répertoriée  nulle part dans les registres de la SONAMINES ( Société Nationale des Mines), car ne possédant pas de permis d&rsquo;exploitation, bien que les riverains soient contraints de leur céder des permis artisanaux.</p>



<p>Cette anarchie profite à des réseaux criminels transnationaux. Les terres rares quittent le territoire camerounais dans des <em>&nbsp;<em>«</em>conteneurs scellés, avec la complicité de certains agents douaniers »</em>, selon les témoignages recueillis. Ces crimes présentent plusieurs dimensions: environnementales, sociales, politiques, économiques et géostratégiques . Dr. Samuel Nguiffo dénonce : <em>&nbsp;<em>«</em>on ne sait pas exactement où se trouvent les vrais décideurs, ni comment ces minerais parviennent à quitter le territoire camerounais, sans verser les taxes aux frontières</em> » .</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>SciLife au Gabon : L&#8217;Open Timber Portal au cœur d&#8217;une offensive contre l&#8217;exploitation forestière illégale</title>
		<link>https://tribuneverte.online/scilife-au-gabon-lopen-timber-portal-au-coeur-dune-offensive-contre-lexploitation-forestiere-illegale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 10:32:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
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					<description><![CDATA[Un atelier inédit a réuni les experts, journalistes d&#8217;investigation et organisations de la société civile, pour renforcer leurs capacités dans la lutte contre un fléau qui coûte plus de 184&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Un atelier inédit a réuni les experts, journalistes d&rsquo;investigation et organisations de la société civile,  pour renforcer leurs capacités dans la lutte contre un fléau qui coûte plus de 184 milliards de FCFA par an au Gabon. </em></p>



<p>Du 24 au 26 mars 2026, Libreville la capitale gabonaise a accueilli un atelier de formation inédit qui pourrait transformer la lutte contre l&rsquo;exploitation forestière illégale dans le pays. Organisé dans le cadre du projet financé par l&rsquo;Agence norvégienne de coopération au développement (NORAD), cet événement  a réuni pour la première fois des journalistes d&rsquo;investigation du Cameroun, Gabon et RDC, ainsi que des acteurs de la société civile autour d&rsquo;un objectif commun. Il s&rsquo;agissait de: maitriser l&rsquo;usage d&rsquo;une plateforme qui documente les faits dans plusieurs pays, pouvant conduire à démanteler les réseaux d&rsquo;exploitation illégale qui gangrènent les 22 millions d&rsquo;hectares de forêts, comme c&rsquo;est le cas au Gabon.</p>



<p>Les chiffres donnent le vertige. Selon les dernières estimations en 2023, le trafic illégal du bois au Gabon génère plus de 184,8 milliards de FCFA de revenus illicites annuellement (source: https://www.gabonews.com) . À l&rsquo;échelle mondiale, la Banque mondiale révèle que les coupes illégales représentent jusqu&rsquo;à 90% des activités d&rsquo;exploitation forestière dans certains pays, produisant entre 10 et 15 milliards de dollars de revenus criminels par an.</p>



<p>Face à cette hémorragie, l&rsquo;innovation technologique s&rsquo;impose comme un allié de poids. L&rsquo;Open Timber Portal (OTP), plateforme interactive développée par le World Resources Institute (WRI), révolutionne déjà la surveillance forestière depuis 2021. Cette plateforme permet aux organisations de la société civile de documenter leurs observations et offre aux journalistes une source d&rsquo;informations inédite pour leurs investigations. En mettant à disposition les données suivantes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Documents officiels</strong> : titres forestiers, certificats de légalité, permis d’exploitation.</li>



<li><strong>Observations indépendantes</strong> : signalements des ONG et OSC sur les pratiques illégales.</li>



<li><strong>Classement de transparence</strong> : évaluation des exploitants forestiers selon leur niveau de publication et conformité.</li>
</ul>



<p>ScLlife, l&rsquo;association des journalistes et communicateurs scientifiques du Cameroun s&rsquo;est faite représenter par six  journalistes (voir image de titre) . L&rsquo;OTP brise la contrainte de la distance, et le difficile accès aux informations, cet outil centralise des données sur les exploitants forestiers, leurs documents de conformité et les observations des ONG, afin de lutter contre l’exploitation illégale et d’améliorer la gouvernance forestière. L’Open Timber Portal est disponible en plusieurs langues, et regroupe des données provenant de plusieurs zones géographiques; Afrique centrale: Cameroun, Gabon, République Démocratique du Congo (RDC), Congo; Afrique de l’Ouest: Ghana. Mais également Europe et Amérique du Nord : États-Unis (premier pays en nombre d’utilisateurs),Royaume-Uni, France, Italie, Belgique.</p>



<p><strong>Quatre années de progrès tangibles</strong></p>



<p>Au Gabon, l’usage de l’Open Timber Portal (OTP) s’est fait avec un accompagnement déterminant de l’ONG Brainforest, partenaire technique du World Resources Institute (WRI). La collaboration entre FLAG (Field Legality Advisory Group) et Brainforest porte ses fruits. En quatre ans, le taux de publication des observations sur l&rsquo;OTP a explosé, passant de moins de 10% avant 2021 à 34% aujourd&rsquo;hui, avec 129 observations créées entre 2021 et 2025. </p>



<p>Cette amélioration spectaculaire résulte du renforcement continu des capacités des OSC membres de la plateforme « Gabon, Ma Terre, Mon Droit » (GMTMD), notamment NADA, Muyissi, et Nyanga tour. L&rsquo;Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF) joue un rôle crucial depuis avril 2024 en assurant le contrôle qualité niveau 1 des observations retranscrites dans la plateforme, garantissant ainsi la fiabilité des données publiées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-26-at-16.32.30.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-26-at-16.32.30-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-2896" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-26-at-16.32.30-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-26-at-16.32.30-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-26-at-16.32.30-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-26-at-16.32.30.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em>« l&rsquo;application des Lois revient à l&rsquo;État, mais ce dernier est souvent débordé dans la mise en œuvre de ses missions régaliennes, d&rsquo;où la nécessité d&rsquo;une contribution des organisations de la société civile. L&rsquo;observation indépendante consiste à mener des actions pour le suivi, qui permet de relever l&rsquo;écart entre ce qui est prévu par la Loi, et la pratique, en faveur du bien-être des communautés locales. »</em> a déclaré <strong>M. Djinang Martial </strong>(au centre); Coordonnateur des programmes à Brainforest, à l&rsquo;occasion de la conférence de presse organisée en marge de l&rsquo;atelier de Libreville.</p>



<p>Brainforest a joué un role crucial dans la démarche:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Coordination locale</strong> : Brainforest a assuré la mise en œuvre du projet financé par NORAD, en lien avec FLAG (Field Legality Advisory Group) et l’Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Renforcement des capacités</strong> : L’organisation a formé les OSC gabonaises membres de la plateforme Gabon Ma Terre, Mon Droit (GMTMD) ; comme l&rsquo;a confirmé <strong>M. Jeremy Mapangou Mapangou</strong> de Muyissi environnement, séance tenante une démonstration a permis d&rsquo;encoder les informations fournies par un rapport de terrain, dans l&rsquo;OTP pour le compte de l&rsquo;année 2025.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Qualité des données</strong> : Grâce à un comité de lecture ad hoc et au contrôle qualité assuré par l’OGF, Brainforest et FLAG ont contribué à améliorer la formulation et la fiabilité des observations publiées sur l’OTP.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Production de documents stratégiques</strong> : la collaboration avec FLAG a conduit à l&rsquo;élaboration d’un document de stratégie OI, ainsi que d’un index environnemental et d’un rapport de suivi du contentieux forestier, qui servent de références pour les OSC et les journalistes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Diffusion et vulgarisation</strong> : Brainforest a organisé des ateliers de partage d’expérience et de vulgarisation des résultats, notamment celui de Libreville en mars 2026, pour impliquer les journalistes et renforcer la collaboration OSC–médias.</li>
</ul>



<p><strong>Une alliance stratégique médias-société civile</strong></p>



<p>L&rsquo;atelier de Libreville marque une étape décisive : la formalisation d&rsquo;une collaboration entre journalistes spécialisés et observateurs de terrain. Les journalistes de l&rsquo;association SCILIFE du Cameroun et ceux du réseau Pulitzer Center basé au Gabon apprendront à exploiter les outils de surveillance forestière, notamment l&rsquo;OTP, RIN Data et Sayari.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-31-at-13.34.25.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-31-at-13.34.25-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-2892" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-31-at-13.34.25-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-31-at-13.34.25-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-31-at-13.34.25-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-03-31-at-13.34.25.jpeg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Mme. Igerha Bampa</strong> pendant l&rsquo;atelier de Libreville.</p>



<p><em>« Cette formation vise à outiller les journalistes sur la recherche et l&rsquo;analyse des informations disponibles sur OTP pour la production d&rsquo;articles percutants »</em>, explique <strong>Mme. Igerha Bampa</strong>; Assistante technique pour l’Open Timber Portal (OTP), WRI Afrique centrale.</p>



<p>L&rsquo;objectif : amplifier l&rsquo;impact des actions de la société civile par une couverture médiatique éclairée et documentée. L&rsquo;atelier débouchera sur la production de cinq articles d&rsquo;investigation couvrant les aspects cruciaux de la gouvernance forestière gabonaise. Cette rencontre s&rsquo;inscrit dans une démarche plus large de démocratisation de l&rsquo;information forestière. Alors que le principe de l&rsquo;exploitation forestière sous aménagement est désormais acquis au Gabon, le défi reste la construction d&rsquo;un dispositif de contrôle efficace pour garantir le respect des règles établies.</p>



<p>La collaboration ne s&rsquo;arrêtera pas là, pour faciliter le coaching des experts à distance, des post-formations se poursuivent pour faire pérenniser les échanges entre participants, créant ainsi un réseau permanent de veille autour de la transparence forestière, qui ambitionne de s&rsquo;étendre à d&rsquo;autres pays faisant face au même fléau.</p>



<p>Cette initiative pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre l&rsquo;exploitation forestière illégale au Gabon et ailleurs, prouvant que la transparence et la collaboration constituent les armes les plus efficaces contre les prédateurs de nos forêts.</p>



<p><strong><em>Ange ATALA </em></strong></p>



<p>(<em>De retour de Libreville</em>)</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Portrait: Jocelyne Landry Tsonang, de la finance climat à l’économie circulaire, elle donne le ton!</title>
		<link>https://tribuneverte.online/portrait-jocelyne-landry-tsonang-de-la-finance-climat-a-leconomie-circulaire-elle-donne-le-ton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 08:29:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Jocelyne Landry Tsonang est titulaire d&#8217;un Master en Sciences forestières, option biodiversité et productions forestières, obtenu à l&#8217;Université de Yaoundé 1, au Cameroun. Elle est épouse et mère, mais également&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p><em><strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong> est titulaire d&rsquo;un Master en Sciences forestières, option biodiversité et productions forestières, obtenu à l&rsquo;Université de Yaoundé 1, au Cameroun.  Elle est épouse et mère, mais également experte en économie circulaire, finance durable et développement de projets carbone en Afrique. Son parcours s’est construit à l’intersection des politiques publiques, de la transition écologique, de la structuration de projets verts et de la mobilisation de financements innovants au service du développement durable. Aujourd’hui, elle exerce comme Responsable des opérations chez Nature Crest, une structure qui accompagne l’émergence et la structuration de projets à fort impact dans les domaines du carbone, de l’économie circulaire, des solutions fondées sur la nature et de la finance verte. </em></p>



<p><em>En marge de  la Journée Internationale des Droits de la Femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés. Dans cette interview, Jocelyne Landry nous raconte comment à travers sa fonction, elle contribue à faire le lien entre vision stratégique, ingénierie de projet, mobilisation de partenariats et création de solutions concrètes pour les territoires africains.</em></p>



<p><strong>Tribune verte online (TVO): qu’est-ce qui vous a conduit à la gestion de l’environnement et des ressources naturelles ?</strong></p>



<p><strong>Jocelyne Landry Tsonang  (JLT)</strong> : ce qui m’a conduit vers ce domaine, c’est d’abord une conviction profonde : l’Afrique ne peut pas envisager son développement en dehors des enjeux de durabilité. Très tôt, j’ai compris que les questions environnementales ne concernent pas uniquement la nature. Elles touchent aussi à l’économie, à la santé publique, à l’emploi, à la justice sociale, à la résilience des territoires et à la souveraineté des États.</p>



<p>Au fil du temps, j’ai voulu me positionner non seulement comme une technicienne de ces sujets, mais comme une actrice capable de relier environnement, transformation économique et mécanismes de financement. C’est cette vision qui guide encore aujourd’hui mon engagement.</p>



<p><strong>TVO: comment définiriez-vous votre mission aujourd’hui, à travers vos activités ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: ma mission consiste à contribuer à la transformation de l’ambition environnementale en opportunités concrètes de développement, de résilience et de création de valeur pour l’Afrique.</p>



<p>Concrètement, cela signifie accompagner des acteurs publics, des territoires, des réseaux, des entreprises et des partenaires dans la structuration de projets durables, dans la mise en place de cadres de réflexion stratégique, et dans l’identification de mécanismes de financement innovants, notamment autour de la finance climat, des crédits carbone, de l’économie circulaire et des solutions fondées sur la nature.</p>



<p>Chez <strong>Nature Crest</strong>, nous travaillons précisément dans cette logique. Nous croyons que la transition écologique africaine doit être à la fois <strong>territorialisée, finançable et inclusive</strong>. Notre objectif est d’aider les acteurs africains à mieux structurer leurs projets, à mieux valoriser leurs actifs naturels et à mieux capter les opportunités de la finance verte.</p>



<p><strong>TVO: quels sont, selon vous, les principaux leviers pour faire avancer l’économie circulaire en Afrique ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: le premier levier, c’est l’<strong>ancrage politique</strong>. Tant que l’économie circulaire reste perçue comme un concept périphérique, elle ne peut pas transformer durablement les modèles de production et de consommation. Il faut donc des orientations politiques claires, des feuilles de route, des cadres réglementaires et une meilleure coordination entre les secteurs concernés.</p>



<p>Le deuxième levier, c’est la <strong>territorialisation des solutions</strong>. L’économie circulaire prend tout son sens lorsqu’elle répond à des réalités locales : gestion des déchets, valorisation des matières, transformation agricole, réparation, réemploi, innovation locale, structuration de filières.</p>



<p>Enfin, il faut investir dans les <strong>chaînes de valeur africaines</strong>. L’économie circulaire ne doit pas être réduite à la simple gestion des déchets. Elle doit être pensée comme un modèle économique capable de créer de l’emploi, de soutenir l’industrialisation locale, de réduire certaines dépendances extérieures et de renforcer la compétitivité des territoires.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="555" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15.jpeg" alt="" class="wp-image-2873" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-300x231.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><em>Pendant 2 ans, <strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong> a siégé au sein du Conseil Mondial sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;utilisation durable des ressources du Forum Economique Mondial. Alors que le Monde s&rsquo;oriente vers des énergies plus propres, la demande en ressources, notamment en matières premières critiques, devrait connaître une croissance significative. Pour elle : <strong>« les projets miniers actuels et prévus ne suffiront pas à répondre à la demande future, ne couvrant que 39 % des besoins en lithium, 69 % en nickel et 62 % en cobalt d&rsquo;ici 2035. »</strong></em></p>



<p><strong>TVO: vous travaillez aussi sur la finance verte et les marchés carbone. Pourquoi ces sujets sont-ils devenus si importants ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: ils sont devenus essentiels parce qu’il ne suffit plus de reconnaître l’urgence climatique ; il faut désormais trouver les moyens concrets de financer la transition.</p>



<p>L’un des grands défis en Afrique, c’est que beaucoup de projets à fort impact environnemental existent, mais qu’ils ne sont pas toujours suffisamment structurés pour attirer des investisseurs ou accéder à des mécanismes de financement adaptés. Il y a donc un travail fondamental à faire sur la qualité des projets, la gouvernance, la crédibilité des données, la robustesse des modèles économiques et l’alignement avec les standards internationaux.</p>



<p>Les marchés carbone, la finance verte, les paiements pour services environnementaux ou encore les crédits biodiversité peuvent devenir des outils puissants, à condition qu’ils soient conçus avec rigueur, transparence et équité pour les territoires qui portent les projets.</p>



<p><strong>TVO: vous avez accompagné plusieurs pays africains dans la structuration de la finance climat. Pouvez-vous nous en dire plus ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: à ce stade, nous travaillons actuellement avec trois pays africains sur des processus liés à la structuration de la finance climat et à l’émergence de projets verts. Nous ne pouvons pas encore dévoiler leurs noms, car les processus sont toujours en cours et restent soumis à des exigences de confidentialité jusqu’à leur aboutissement.</p>



<p>Il faut aussi comprendre que ce type d’accompagnement prend du temps. Entre l’initiation, la structuration technique, l’alignement institutionnel, la mobilisation des parties prenantes et l’aboutissement effectif, les délais peuvent être relativement longs. Chaque pays a ses propres spécificités institutionnelles, réglementaires, économiques et territoriales, et cela influence fortement le rythme d’avancement. Notre démarche n’est donc pas de rechercher des annonces rapides, mais de contribuer à des processus sérieux, crédibles et durables.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="480" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1.jpeg" alt="" class="wp-image-2874" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1-300x200.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><em><strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong> (au centre), félicitant le Nigeria pour le lancement de son cadre national dans  le marché du carbone. Une étape majeure pour le financement climatique en Afrique dans le cadre du programme de décarbonisation mené par le secteur privé.</em><br></p>



<p><strong>TVO: quel regard portez-vous sur les écarts de financement climatique en Afrique ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: l’Afrique fait face à un paradoxe majeur. <strong>Le continent reçoit moins de 5 % des financements mondiaux consacrés au climat, en réalité plutôt entre 3 et 4 %</strong>, alors même qu’il est confronté à certains des risques climatiques les plus élevés au monde.</p>



<p>Autrement dit, les besoins sont immenses, les vulnérabilités sont fortes, mais les ressources mobilisées restent encore largement insuffisantes. Cet écart entre les besoins réels et les financements effectivement accessibles constitue l’un des plus grands freins à la transition écologique du continent.</p>



<p>Et pourtant, l’Afrique recèle un potentiel considérable et encore largement inexploité en matière d’investissements verts.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-1024x683.png" alt="" class="wp-image-2871" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-1024x683.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-768x512.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>TVO: quand vous parlez de potentiel vert, de quoi s’agit-il concrètement ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: il s’agit d’abord du <strong>capital naturel africain</strong>. L’Afrique possède des forêts, des mangroves, une biodiversité remarquable, des sols à fort potentiel de séquestration, des zones côtières stratégiques, des ressources marines, des paysages agricoles, ainsi qu’une immense diversité de services écosystémiques.</p>



<p>Cette richesse a une valeur environnementale évidente, mais elle a aussi une <strong>valeur économique réelle</strong>, qui reste encore insuffisamment reconnue, structurée et monétisée au bénéfice des territoires africains.</p>



<p>C’est justement l’un de nos combats : faire en sorte que cette valeur soit mieux révélée et mieux captée.</p>



<p><strong>TVO:  que signifie, pour vous, “monétiser la valeur du capital naturel africain” ?</strong></p>



<p>Cela signifie permettre aux territoires africains de tirer une valeur économique plus juste de leurs actifs naturels, tout en assurant leur préservation.</p>



<p>Concrètement, cela passe par des instruments comme :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les</strong> <strong>crédits carbone</strong>,</li>



<li><strong>Le</strong>s <strong>crédits biodiversité</strong>,</li>



<li><strong>Les</strong> <strong>paiements pour services environnementaux</strong>,</li>



<li><strong>Et d’autres</strong> <strong>produits de la finance verte</strong>.</li>
</ul>



<p>L’idée n’est pas de marchandiser la nature de manière simpliste. L’idée est de reconnaître que les écosystèmes rendent des services mesurables, utiles et stratégiques à l’échelle locale et mondiale, et que les pays africains doivent pouvoir mieux capter la valeur associée à ces services.</p>



<p>Pour nous, l’enjeu est à la fois <strong>économique, stratégique et politique</strong>. Il s’agit de permettre à l’Afrique de financer sa transition de manière plus souveraine, et de transformer ses ressources écologiques en leviers de développement inclusif et durable.</p>



<p><strong>TVO:  quelle est la contribution de Nature Crest dans cette dynamique ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: Chez <strong>Nature Crest</strong>, nous nous positionnons comme un acteur d’interface entre les territoires, les projets, les partenaires techniques et les opportunités de financement vert.</p>



<p>Nous accompagnons la structuration de projets, l’identification de filières prometteuses, le dialogue avec les parties prenantes, la réflexion stratégique autour des solutions fondées sur la nature, de l’économie circulaire et du carbone, ainsi que la mise en relation avec des approches de finance durable.</p>



<p>Notre ambition est d’aider à faire émerger des projets crédibles, bancables et porteurs d’impact, tout en défendant une vision selon laquelle l’Afrique doit être non seulement un espace de mise en œuvre, mais aussi un espace de création de valeur, de négociation et de leadership dans l’économie verte mondiale.</p>



<p><strong>TVO: selon vous, quelle place les femmes occupent-elles dans cette transformation ?</strong></p>



<p>Les femmes occupent une place centrale, et cette place doit être encore davantage reconnue.</p>



<p>Dans de nombreux territoires africains, les femmes sont déjà au cœur de la gestion des ressources, de l’agriculture, de l’entrepreneuriat local, de la transformation, de la résilience communautaire et de l’innovation sociale. Elles sont souvent parmi les premières à porter des solutions concrètes.</p>



<p>Mais il faut aller plus loin. Les femmes doivent aussi être davantage présentes dans les espaces de décision, dans la gouvernance environnementale, dans la structuration des projets, dans les négociations financières et dans les métiers émergents de la transition écologique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="527" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57.jpeg" alt="" class="wp-image-2880" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57-300x220.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><em><strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong>: « je suis convaincue que les femmes africaines ne sont pas seulement des bénéficiaires de la transition ; elles en sont aussi des architectes. »</em></p>



<p></p>



<p><strong>TVO: avez-vous un exemple de projet ou d’approche qui illustre cette vision intégrée ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: oui, par exemple les projets de restauration d’écosystèmes comme les <strong>mangroves</strong> ou d’autres solutions fondées sur la nature illustrent très bien cette approche.</p>



<p>Lorsqu’ils sont bien conçus, ces projets permettent à la fois de préserver la biodiversité, de séquestrer du carbone, de renforcer la résilience des territoires, de protéger certaines activités économiques locales et de créer des perspectives de financement climatique.</p>



<p>Ils montrent que la protection de la nature et le développement économique ne sont pas opposés. Au contraire, la nature peut devenir un <strong>actif stratégique</strong> pour les territoires.</p>



<p><strong>TVO: quel message souhaitez-vous porter au Cameroun, où le marché carbone reste encore peu structuré ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: le Cameroun dispose d’un vrai potentiel. L’enjeu aujourd’hui est de mieux structurer l’écosystème, à travers la sensibilisation, la montée en compétences, l’émergence de projets pilotes crédibles et le dialogue entre les acteurs publics, le secteur privé, les experts techniques et les investisseurs.</p>



<p>Un cadre structurant ne se construit pas uniquement à travers un texte réglementaire. Il se construit aussi par la création d’un écosystème compétent, crédible et capable de porter des projets de qualité.</p>



<p>Il est donc important d’investir à la fois dans la pédagogie, dans les démonstrateurs concrets et dans la coordination entre institutions.</p>



<p><strong>TVO: quelle Afrique appelez-vous de vos vœux dans les années à venir ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: J’aimerais voir une Afrique qui parvient à transformer ses défis écologiques en leviers de souveraineté économique. Une Afrique qui valorise mieux ses ressources naturelles, qui structure ses projets avec davantage de maîtrise, qui accède à plus de financements verts, et qui affirme sa place dans les grandes dynamiques de transformation mondiale.</p>



<p>J’aimerais aussi voir une Afrique qui ne soit plus seulement présentée comme vulnérable au changement climatique, mais comme un continent de <strong>solutions, d’innovation et de leadership</strong>.</p>



<p>À travers mon engagement et celui de Nature Crest, je souhaite contribuer à cette dynamique : une Afrique capable de mieux monétiser la valeur de son capital naturel, de mieux financer sa transition et de construire un développement véritablement durable, inclusif et ancré dans ses réalités.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="904" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16.jpeg" alt="" class="wp-image-2875" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16-239x300.jpeg 239w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><strong>TVO: quel message adressez-vous aux jeunes, et en particulier aux jeunes femmes, qui souhaitent s’engager dans ce domaine ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: je leur dirais que la transition écologique, la finance durable et la gestion de l’environnement ne sont pas des domaines secondaires. Ce sont des champs d’avenir, stratégiques et profondément transformateurs.</p>



<p>Je leur dirais aussi de ne pas attendre d’être parfaitement prêtes pour se positionner. Il faut apprendre, s’entourer, expérimenter, prendre sa place et oser investir ces espaces.</p>



<p>À la jeunesse africaine, et en particulier aux jeunes femmes, je veux dire ceci : <strong><em>« l’Afrique a besoin de vos compétences, de votre intelligence, de votre audace et de votre vision. Il ne s’agit pas seulement d’accompagner les transformations en cours ; il s’agit de les construire. »</em></strong></p>



<p></p>



<p><em>Propos receuillis par</em><strong><em> Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;alimentation au matériel médical : comment phtalates et bisphénols nous intoxiquent ?</title>
		<link>https://tribuneverte.online/de-lalimentation-au-materiel-medical-comment-phtalates-et-bisphenols-nous-intoxiquent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 09:48:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Yaoundé, Kribi, Douala&#8230;la guerre est ouverte contre l&rsquo;insalubrité, à cause du fait que dans les rues, les marchés, les hôpitaux, les supermarchés, le plastique est omniprésent. Il emballe, conserve, transporte, protège. Mais derrière sa souplesse et sa praticité se cache une menace invisible : les phtalates et bisphénols, deux perturbateurs endocriniens qui migrent dans les aliments, les liquides, et même dans le sang.</em></p>



<p><em>Une enquête menée par l’African Environmental Network (AEN) révèle l’ampleur de cette contamination silencieuse. À la faveur d&rsquo;un atelier de sensibilisation tenu le 17 mars 2026, nous avons receuilli des témoignages, des données scientifiques et des observations de terrain, à la suite d&rsquo;un rapport produit par AEN en partenariat avec IPEN, qui tente de dévoiler une réalité méconnue : le plastique ne pollue pas seulement l’environnement, il contamine notre organisme.</em></p>



<p></p>



<p>Les bisphénols et les phtalates sont des perturbateurs endocriniens omniprésents dans notre quotidien : emballages plastiques, cosmétiques, jouets, matériaux de construction et électroménagers. Leur exposition entraîne la présence de nanoparticules chimiques dans l’organisme, capables d’interférer avec le système hormonal. Comme l’a rappelé <strong>Cécile Kameni</strong>, responsable IPEN pour l’Afrique francophone: <em>« tout le monde est concerné : pas seulement ceux qui manipulent les objets contaminés, mais aussi les consommateurs ordinaires »</em>. IPEN (International Pollutants Elimination Network) est le réseau mondial d’ONG travaillant à éliminer les polluants chimiques dangereux (comme les POPs – Polluants Organiques Persistants). Cette institution présente dans 15 pays, coordonne les activités de 70 ONG, dans un objectif commun : protéger la santé humaine et l’environnement contre les substances toxiques.</p>



<p><strong>Exposition quotidienne dans les usages domestiques et alimentaires</strong></p>



<p>Au Cameroun, l’exposition aux phtalates et bisphénols ne se limite pas aux emballages industriels. Elle est directement liée aux pratiques courantes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Gamelles de nourriture</strong> et <strong>films alimentaires</strong> utilisés pour conserver ou transporter les repas.</li>



<li><strong>Eaux minérales en sachet</strong> et bouteilles en <strong>PET</strong>, souvent exposées au soleil.</li>



<li><strong>Seaux de peinture réutilisés</strong> comme contenants alimentaires dans les ménages.</li>
</ul>



<p>Vous l&rsquo;aurez donc compris, les boules de couscous chaud, maïs, arachide, beignets-haricots et bien d&rsquo;autres aliments servis dans des plastiques à haute température, sont des voies directes de contamination aux phtalates et bisphénols. Ces habitudes, banales en apparence, favorisent la migration des additifs chimiques vers les aliments, surtout lorsqu’ils sont chauds ou acides. Le temps de migration est estimé à 2 heures à une température de 60–70 °C, typique des aliments chauds ou de l’exposition directe au soleil.  Or nous savons combien les produits de consommation mettent souvent long dans les rayons, surtout dans les petites échoppes du quartier. Les consommateurs ingèrent ainsi des doses invisibles de perturbateurs endocriniens, qui s’accumulent dans l’organisme et augmentent les risques de cancers, troubles de fertilité et maladies neurologiques. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier.webp"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="800" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier.webp" alt="" class="wp-image-2863" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier.webp 800w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier-300x300.webp 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier-150x150.webp 150w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier-768x768.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></figure>



<p><em>Tétines pour enfants, contaminées aux phtalates et bisphénols.</em></p>



<p><strong>Ghislaine Tchokouatou</strong>, présidente de l’Association des Femmes pour la Planète Bio (AFEPB), raconte :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Lors des fêtes, les enfants reçoivent des jouets en plastique, des tétines que les nourrissons sucent à longueur de journée, des ballons… Les parents ignorent que ces objets contiennent des substances qui affectent le développement neurologique. On observe de plus en plus de troubles d’attention (TDA) chez les tout-petits. »</em></p>
</blockquote>



<p><strong>Marc Monkam</strong>, responsable régional de Name Recycling, alerte :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Les préformes PET que nous recevons pour fabriquer les bouteilles sont déjà contaminées. Rien qu’à ce niveau, on devrait exiger que les ingrédients importés soient contrôlés. »</em></p>
</blockquote>



<p><strong>AEN: mène une étude pour voir l’invisible</strong></p>



<p>Face à ce constat, l’African Environmental Network (AEN), sous la coordination de <strong>Paul Lodry Dongmo</strong>, a lancé une étude dans les supermarchés de Yaoundé et Kribi. Dans l&rsquo;objectif  de dresser un état des lieux de la présence des phtalates et bisphénols dans les produits de consommation courante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Ce qu’on ne voit pas est beaucoup plus difficile à combattre. Plus de 16 000 produits chimiques entrent dans la fabrication du plastique, dont certains ne sont pas réglementés, cela représente un risque sanitaire dont il est impératif d&rsquo;identifier le schéma d&rsquo;approvisionnement, avant de se retrouver dans le circuit courant menant au consommateur final. »</em></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="816" height="446" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520.png" alt="" class="wp-image-2867" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520.png 816w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520-300x164.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520-768x420.png 768w" sizes="auto, (max-width: 816px) 100vw, 816px" /></a></figure>



<p><em>Extrait du rapport produit par AEN et IPEN. </em></p>



<p>L’étude s’appuie sur les données de <strong>ComTRADE (OMC)</strong> pour pallier l’absence de statistiques nationales sur les importations chimiques.</p>



<p>Il y a eu certes un Arrêté conjoint de 2012 qui interdit les sacs plastiques non biodégradables. A cela s&rsquo;est ajouté un Décret de 2019 qui renforce la réglementation sur les emballages plastiques. Mais ces deux textes présentent une limite majeure : aucun ne mentionne explicitement le bisphénol A ou les phtalates.</p>



<p>D&rsquo;après de récents rapports produits par IPEN, le Cameroun a importé plus de 265 000 tonnes de polymères d’éthylène et 83 000 tonnes de PVC sur la décennie, contre quelques milliers de tonnes exportées. Les exportations limitées concernent surtout des déchets plastiques collectés et semi‑transformés, avec peu de valeur ajoutée.  Mais comme dans plusieurs autres secteurs, l’absence de données statistiques nationales précises , oblige les chercheurs à se référer à des bases internationales comme ComTRADE (OMC).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="471" height="312" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646.png" alt="" class="wp-image-2857" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646.png 471w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646-300x199.png 300w" sizes="auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px" /></a></figure>



<p><em>Même si les volumes exportés sont faibles, les importations massives introduisent des additifs chimiques (phtalates, bisphénols) qui contaminent les produits locaux (Source IPEN).</em></p>



<p> Les exportations de produits plastiques du Cameroun restent faibles et irrégulières : sur les cinq dernières années (2019‑2024), le pays a surtout importé des polymères et des préformes PET, tandis que ses exportations se limitent à des volumes modestes de déchets plastiques et de produits semi‑transformés. Les données disponibles montrent une dépendance forte aux importations, ce qui complique le contrôle des additifs chimiques comme les phtalates et bisphénols.</p>



<p>Les projets comme R‑PET (Sources du Pays/Ecogreen) contribuent à la diminution de la présence de plastiques usagers dans les drains et cours d&rsquo;eau, mais leur impact reste limité. Le rapport complet de l&rsquo;étude menée par AEN paraîtra dans les prochains jours pour éclairer les décideurs et mobiliser les citoyens. Car sans données consolidées, il est difficile de mesurer la contamination chimique (phtalates, bisphénols) dans les flux commerciaux.</p>



<p>Les effets de l&rsquo;exposition aux bisphénols et phtalates sur la santé sont bien documentés : de la multiplication des cancers hormonodépendants, aux problèmes de fertilité chez les deux sexes, sans oublier les troubles du comportement et maladies neurologiques, ainsi que les altérations du développement embryonnaire et fœtal. Ces substances sont cancérogènes, mutagènes et létales (CML). Pourtant, elles ne sont pas mentionnées dans les lois camerounaises sur les plastiques. Pour mener un plaidoyer fort, il est impératif de mener une étude portant sur les risques sanitaires que l&rsquo;on peut déja imputer à la contamination aux bisphénols et phtalates.</p>



<p>L’étude de l’AEN vise à établir une collaboration interinstitutionnelle entre le MINSANTÉ, le MINEPDED, le MINCOMMERCE, le MINRESI et le MINCOM. Objectif : prendre des mesures incitatives pour sensibiliser la population et encadrer les produits à risque.</p>



<p>Propositions concrètes en plus de la mise en place d&rsquo;un système de contrôle  douanier aux frontières, s&rsquo;agissant  des produits chimiques importés : </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Normes de concentration pour les contenants alimentaires, cosmétiques, peintures</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mention des seuils de tolérance sur les emballages et jouets</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mesure de la concentration réelle dans l’organisme</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Stratégie de communication nationale sur les risques liés aux plastiques</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mobilisation de la communauté scientifique pour produire des données locales</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2865" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens-683x1024.jpeg 683w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens-200x300.jpeg 200w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens.jpeg 736w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></a></figure>



<p><em>Alternatives aux emballages plastiques, en matière biodégradable.</em></p>



<p>Une autre recommandation formulée  était à l&rsquo;endroit de l&rsquo;ANOR (Agence des Normes et de la Qualité); l’organisme public camerounais chargé de l’élaboration, de l’homologation et de la promotion des normes, ainsi que de la certification et de l’évaluation de la conformité des produits et services. L’ANOR doit réajuster ses normes pour intégrer les nouveaux seuils de tolérance, les nouveaux produits et les nouveaux partenaires commerciaux.</p>



<p>Le recyclage est utile certes, mais il ne nettoie pas les nanoparticules déjà présents dans nos organismes. Il est temps de passer d’une gestion visible des déchets à une lutte invisible contre la contamination chimique.</p>



<p></p>



<p><em><strong>Ange ATALA</strong></em></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Finance climatique des CTD&#8217;s camerounaises: ICLEI et FEICOM à l&#8217;œuvre</title>
		<link>https://tribuneverte.online/finance-climatique-des-ctds-camerounaises-iclei-et-feicom-a-loeuvre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 09:29:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 12 mars 2026, la salle de conférence du FEICOM à Yaoundé a accueilli un atelier de formation inédit sur le financement des projets climatiques municipaux. Organisé dans le cadre&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p><em>Le 12 mars 2026, la salle de conférence du <strong>FEICOM</strong> à Yaoundé a accueilli un atelier de formation inédit sur le financement des projets climatiques municipaux. Organisé dans le cadre des initiatives <strong>BRIDGE</strong> et <strong>IMPACT-CAM</strong>, cette rencontre a réuni des acteurs institutionnels: Organisations de la société civile, les partenaires financiers et personnels municipaux autour d’un enjeu majeur : comment mobiliser des financements privés pour soutenir l’adaptation des villes camerounaises aux changements climatiques</em>?</p>



<p><em>L&rsquo;évènement porté par le <strong>FEICOM</strong>, en collaboration avec <strong>ICLEI Afrique</strong> et <strong>Cameroon Economic Policy Institute</strong> <strong>(CEPI)</strong>,  visait à renforcer le partenariat entre les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTDs), les institutions publiques et les banques commerciales. Le défi est clair : transformer les ambitions climatiques locales en projets bancables, capables d’attirer les capitaux privés.</em></p>



<p>ICLEI ( Conseil international pour les initiatives écologiques locales (International Council for Local Environmental Initiatives) )est aujourd’hui l’un des principaux réseaux mondiaux de gouvernements locaux et régionaux engagés dans la durabilité. En Afrique, ses réalisations se concentrent sur la résilience climatique, l’adaptation urbaine et le soutien aux municipalités pour transformer leurs ambitions en projets concrets. ICLEI Africa accompagne les villes africaines dans la mise en place de projets pour réduire les risques liés aux inondations, sécheresses et cyclones, en intégrant la gestion des catastrophes dans les politiques locales.</p>



<p> L&rsquo;institution forme les municipalités à concevoir des projets climatiques bancables, capables d’attirer des financements internationaux et privés. Par son approche inclusive, les projets intègrent les communautés vulnérables pour que la résilience soit partagée. Mais également à travers des partenariats stratégiques, comme c&rsquo;est le cas de citer sa collaboration avec des bailleurs comme l’IDRC (Canada) et le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, ainsi qu’avec des institutions locales comme le FEICOM (Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale) au Cameroun.</p>



<p><strong>Le FEICOM affirme sa vision stratégique en matière de finance climatique</strong></p>



<p>Dans son discours, le Directeur Général du FEICOM, <strong>M. Philippe Camille Akoa</strong> a insisté sur la portée stratégique de cette rencontre :</p>



<p><em>« Cette rencontre n’est pas juste un exercice académique, mais le prolongement d’une maturation profonde de l’institution. Depuis 2023, le FEICOM s’est engagé dans un processus d’acquisition d’une accréditation au Fonds d’adaptation aux changements climatiques. »</em></p>



<p>Il a rappelé les efforts déjà réalisés : mise à jour du dispositif institutionnel et juridique, alignement des manuels de gestion sur les standards internationaux, intégration des politiques de genre et de gestion des griefs. Mais il a aussi pointé les obstacles persistants.</p>



<p>Le Directeur Général du FEICOM, a rappelé que l’institution est à <strong>65 % </strong>de son processus d’accréditation auprès du Fonds d’adaptation aux changements climatiques des Nations Unies. Mais il a insisté : <em>« cette accréditation n’aura de sens que si les communes disposent de projets bancables. »</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Prenant cette préoccupation à cœur, <strong>Lucy Lavirotte</strong>, Coordonnatrice du projet Bridge a affirmé: <em>« c’est un réel plaisir de travailler avec le FEICOM depuis plus de deux ans. Aujourd’hui, il s’agit d’avoir une plateforme d’échange entre le secteur public et le secteur privé sur les défis de la finance climatique, de la rendre plus ambitieuse, plus structurée, et de l’aligner aux réalités locales.»</em></p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Pour <strong>M. Maidou Hervé Martial</strong>, Sécrétaire éxécutif du REAVCO (Réseau Africain des Villes et Collectivités pour l’Observation du Climat), l&rsquo;urgence n&rsquo;est plus à démontrer : <em>« ailleurs dans le monde, le secteur privé intervient à hauteur de 75 % environ dans les ressources des CTDs. En Afrique, c’est 10 %, et au Cameroun seulement 0,12 %.»</em></p>



<p>Il a ajouté qu’en matière de développement, il existe un gap de 10 à 15 % pour que les CTDs africaines accèdent aux financements climatiques par d’autres ressources que celles de l’État. Le REAVCO accompagne les institutions en les aidant à structurer leurs ressources, identifier et préparer des projets, et mobiliser des fonds en tant qu’intermédiaire entre bailleurs, État et CTDs.</p>



<p>Le Secrétaire Général du MINEPDED (Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable du Cameroun) , <strong>Pr. Tchawa</strong>, a replacé le débat dans le contexte national :</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Lors des conférences internationales, les pays développés accentuent davantage leur positionnement sur les projets d’atténuation, plutôt que sur les projets d’adaptation. Mais ce qui nous importe en Afrique, ce sont des projets concrets au niveau local. Les inondations, les sécheresses, les mauvaises récoltes et les disettes interpellent directement nos communes. »</em></p>



<p>Il a souligné que l’Afrique centrale est à la traîne par rapport au Maghreb, à l’Afrique de l’Est et de l’Ouest en matière de finance climatique, et que le Cameroun doit accélérer ses réformes. Toutefois, parmi les avancées, il a cité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’obtention de 117 milliards FCFA de financements climatiques.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>La création du Comité national de facilitation de l’agenda climatique.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>La réforme de la loi sur la protection civile en cas de catastrophe naturelle.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le relancement du Plan national d’adaptation aux changements climatiques, avec déclinaisons locales.</li>
</ul>



<p>Pour ce dernier, les projets mentionnés dans notre CDN (Contribution Déterminée Nationale)  n’ont de sens que s’ils sont engagés au niveau local. Les maires doivent être interpellés. Cette initiative prouve que les organisateurs de cet atelier ont bien compris les enjeux.  Certains intervenants ont insisté sur la nécessité de coordonner les projets régionaux et de donner aux communes un accès direct aux financements.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-1024x771.jpeg" alt="" class="wp-image-2848" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-1024x771.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-300x226.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-768x578.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16.jpeg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em>Les participants à l&rsquo;atelier du 12 mars 2026, sur la finance climatique des municipalités.</em></p>



<p>Il est logique de remarquer que les projets doivent être déclenchés au niveau local, avec des indicateurs concrets. Ce ne sont pas des discours, ce sont les chiffres qui déterminent les pratiques à mettre en œuvre localement. L’accès aux données est essentiel, et tout ceci n’est possible que si nous avons un secteur privé qui comprend la nécessité de cet accompagnement. Les banques présentes dans la salle ont été priées d’investir dans le secteur. </p>



<p><strong>Mme Gisèle Tsangue, </strong>Maire de la commune de Babadjou dans la région de l&rsquo;Ouest, a rapporté les faits vécus dans sa localité :<em>« Ce travail est très utile pour nous les CTDs, car c’est nous qui percevons en premier les conséquences des changements climatiques. La commune de Babadjou entendait parler des changements climatiques dans les médias, aujourd’hui nous les vivons, et ça se ressent dans le quotidien de tous les habitants. J’en veux pour preuve les Monts Bamboutos, décapés par l’érosion, alors qu’ils représentent le château d’eau qui arrose la région de l’Ouest, une partie du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ces Monts n’ont plus de système naturel d’infiltration d’eau, par conséquent les rivières ne sont plus approvisionnées, et il y a un sérieux problème d’irrigation des terres agricoles. Une réelle menace donc pour la sécurité alimentaire de toute une région. ». </em></p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"> L’expertise technique de CEPI à la rescousse</h4>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le Directeur exécutif du Cameroon Economic Policy Institute (CEPI), <strong>Henri Kouam</strong>, a davantage abordé les aspects techniques de la manœuvre; insistant sur l’importance de la maîtrise des données et des technologies :</p>



<p><em>« Les CTDs font face aux sécheresses et à bien d’autres conséquences dues aux dérèglements climatiques. Pourtant, ces entités peuvent mesurer ces flux et les modéliser avec des technologies connues, pour leur fournir du financement. Or elles n’ont pas toujours du personnel outillé dans la maîtrise de ces technologies. C’est important de les capaciter avant qu’elles n’aillent au-devant des bailleurs de fonds pour solliciter des investissements. »</em></p>



<p>Il a ajouté que l’un des défis majeurs reste l’accès aux données fiables :</p>



<p><em>« Quand les communes vont vers les banques, il est difficile de mesurer l’impact d’un glissement de terrain ou d’une sécheresse juste sur la base d’un constat ponctuel des dégâts matériels. Il faut prouver que ces chiffres intègrent plusieurs autres paramètres. »</em></p>



<p>Les Maires présents à l&rsquo;atelier ont compris que les CTDs peuvent mesurer et modéliser les flux climatiques avec des technologies connues, mais ils manquent de personnel qualifié. Il faut donc renforcer les capacités de leur personnel,  avant toute sollicitation auprès des bailleurs de fonds . »</p>



<p>Un autre point crucial soulevé dans l&rsquo;exposé de M. Kouam Henri, est le rôle incontournable des CTDs en tant que représentants du gouvernement local. Pour rendre un projet bancable, il ne suffit pas de décrire les impacts climatiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les CTDs doivent présenter des états financiers validés par un commissaire aux comptes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les rapports financiers doivent être structurés, détaillant le rôle des acteurs dans l’exécution des projets.</li>
</ul>



<p>Pour ce dernier, la transparence est incontournable, car les banques ont un mindset pragmatique : elles financent sur la base de chiffres vérifiables et de preuves de bonne gouvernance.</p>



<p><strong>Un autre point crucial soulevé est la crédibilisation des CTDs auprès des bailleurs</strong> </p>



<p>Choisir des entreprises ayant fait leurs preuves dans le secteur concerné renforce la confiance et la capacité de remboursement. Si un projet génère des revenus, cela bénéficie directement à la commune. Mais à défaut, la Loi de finances stipule qu’un minimum de 20 % des recettes doit être utilisé pour payer les dettes; ce qui reste insuffisant pour rassurer une banque.</p>



<p>Les CTDs doivent vérifier leurs recettes fiscales et penser à digitaliser le processus pour plus de transparence. La présentation d’états financiers validés par un commissaire aux comptes et de rapports financiers structurés est indispensable pour convaincre les investisseurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2845" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296.jpg 1912w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Mme Ngane Suzanne.</strong></em></p>



<p>En 2024, selon OCHA (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs)  , le Cameroun a connu des chocs climatiques majeurs : plus de 459 000 personnes affectées par les inondations, 85 000 hectares de terres agricoles détruits et 3,1 millions de personnes en insécurité alimentaire. Dans ce contexte, <strong>Mme Ngane Suzanne</strong>, Directrice des projets et programmes de partenariat au FEICOM, a dressé un constat alarmant :</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« L’année 2024 a été très difficile pour les CTDs en matière de dérèglement climatique. La demande était très forte pour faire face aux conséquences, mais seulement 20 % ont été mis à la disposition des communes, soit un montant global de 6 milliards de FCFA, obtenus grâce au Guichet Climat du FEICOM. »</em></p>



<p>Elle a illustré cette insuffisance par un exemple concret : certaines communes réclamaient la construction de digues de plusieurs dizaines de kilomètres pour contenir la montée des eaux, mais à peine la moitié de la distance nécessaire a pu être financée.</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading">Les banques interpellées : Access Bank, Afriland First Bank, NFC Bank</h4>



<p>Parmi les banques présentes, Access Bank s’est exprimée par la voix de <strong>M. Alex Mamba</strong>, Relationship Manager, Public Sector :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Notre banque dédie 1 % de son revenu annuel aux projets de développement local. À l’échelle internationale, cela représente plusieurs millions de dollars. Access Bank est la première banque commerciale en Afrique à investir dans l’économie verte, certifiée par la Sustainability Standards Certification Initiative (SSCI). Nous avons émis le premier green bond pour un montant de 41 milliards de dollars. »</em></p>
</blockquote>



<p>Au Cameroun, Access Bank a soumis deux propositions de financement au CVUC  (Communes et Villes Unies du Cameroun) pour soutenir les communes, mais aucun projet n’a été retenu. La banque a également consenti des dons au CVUC, et en 2025, elle a collaboré avec l’ONG <em>Graine de Vie</em> pour un projet de reforestation dans la commune de Banyo (Adamaoua), ainsi que des initiatives de reboisement au Golf Club de Yaoundé.</p>



<p>Elle s’est même rapprochée de la Communauté urbaine de Yaoundé pour proposer des projets de reboisement, mais la requête n’a pas abouti. M. Alex Mamba insiste :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Nous faisons l’effort de nous rapprocher des communes, en choisissant plusieurs zones agroécologiques. Mais il faut que le financement vert devienne une réalité, au-delà des discussions menées dans le cadre de cet atelier. »</em></p>
</blockquote>



<p>Toutes les interventions convergent donc vers un point : la réussite des financements climatiques municipaux dépend de la bancabilité des projets, de la transparence financière, de la mobilisation du secteur privé et de l’ancrage local des solutions. Ce dont on peut être sûr, c&rsquo;est que le Cameroun a posé une pierre importante, mais une action coordonnée est requise. Il ne reste plus qu&rsquo;à bâtir le pont entre les ambitions climatiques et les financements privés ; un pont qui doit désormais reposer sur des chiffres solides, des indicateurs locaux et une gouvernance exemplaire.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Portrait: Marie Claire Ntsama, négociatrice climat auprès des instances des Nations Unies</title>
		<link>https://tribuneverte.online/portrait-marie-claire-ntsama-negociatrice-climat-aupres-des-instances-des-nations-unies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 03:58:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Prévisionniste météo, data-analyste et fondatrice du mouvement Women and Climate Change (WOCA), Marie Claire Ntsama incarne une nouvelle génération de femmes scientifiques camerounaises engagées dans la lutte contre le dérèglement&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Prévisionniste météo, data-analyste et fondatrice du mouvement Women and Climate Change (WOCA), <strong>Marie Claire Ntsama</strong> incarne une nouvelle génération de femmes scientifiques camerounaises engagées dans la lutte contre le dérèglement climatique. Son engagement en météorologie l’a placé au cœur d&rsquo;une formation délivrée par l&rsquo;OIF ( Organisation Internationale de la Francophonie) il y a de cela 4 ans. Compétences qui l&rsquo;ont qualifiées dans les notions de Genre et d&rsquo;Adaptation, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle met en exergue dans l&rsquo;exploitation des données sur les pluies, les températures et les phénomènes extrêmes, des analyses quotidiennes qui l&rsquo;aident à anticiper sur les risques. </em></p>



<p><em>L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) estime que les femmes représentent environ 30 % des effectifs dans les services météorologiques nationaux, mais avec de fortes disparités régionales (moins de 15 % en Afrique subsaharienne). Au Cameroun, la Direction de la Météorologie Nationale (DMN) compte une proportion très faible de femmes dans ses services techniques (prévisions, climatologie, agro-météorologie). </em></p>



<p><em>En prélude à la Journée Internationale des Droits de la Femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés. Dans cette interview, Marie Claire nous raconte comment son rôle dépasse la simple observation : elle s’attache à sensibiliser tant auprès des hautes instances décisionnelles qu&rsquo;auprès des communautés rurales, particulièrement les femmes, aux bouleversements climatiques qui affectent directement leurs moyens de subsistance.</em></p>



<p><strong>Tribune Verte Online (TVO)</strong>: <strong>vous êtes prévisionniste météo, comment votre expertise scientifique nourrit-elle votre engagement pour le climat au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>Marie Claire Ntsama (MCN)</strong>: travailler dans le domaine de la météorologie me place au cœur des données climatiques. Chaque jour, nous faisons le suivi du temps, en analysant l’évolution des pluies, des températures et des phénomènes extrêmes. Ces données montrent clairement que notre climat devient de plus en plus imprévisible.</p>



<p>Cela renforce mon engagement, parce que je vois concrètement les risques auxquels nos populations sont exposées. De ce fait je dirais que mon rôle ne s’arrête donc pas à analyser les données : il consiste aussi à sensibiliser et à aider les communautés à mieux comprendre et anticiper ces changements.</p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>dans un métier encore largement masculin, quelles formes de marginalisation ou de stigmatisation avez-vous rencontrées, et comment parvenez vous à les contourner pour vous imposer ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: dans les métiers scientifiques, les femmes doivent parfois prouver davantage leurs compétences. Mais j’ai appris que la meilleure réponse reste la maîtrise de son travail et la constance.</p>



<p>Je crois aussi qu’il est important d’encourager plus de jeunes filles à s’orienter vers les sciences. Plus les femmes seront présentes dans ces domaines, plus leur place deviendra naturelle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-2825" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-1024x768.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-300x225.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-768x576.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> dans les coulisses d&rsquo;un atelier de simulation, en vue de préparer les jeunes à défendre leurs intérêts lors de la COP30 :<em>« un voyage intense de 02 jours, pour assimiler les textes officiels, et intégrer les techniques de formulations complexe, pour que chacun, quel que soit son niveau, puisse comprendre et s’immerger pleinement dans son rôle ».</em></p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>en tant que data analyste, quels chiffres ou tendances vous semblent les plus alarmants concernant le changement climatique en Afrique centrale ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: ce qui inquiète le plus aujourd’hui, c’est la variabilité climatique. Les saisons deviennent moins prévisibles. Les pluies peuvent être plus intenses mais aussi plus irrégulières.</p>



<p>Dans une Région où beaucoup de populations dépendent fortement de l’agriculture, cette instabilité représente un risque direct pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance.</p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>selon vous, quels sont les principaux obstacles à l’accès aux données climatiques au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le principal défi reste l’accessibilité aux données. Les informations existent, mais elles ne sont pas toujours facilement disponibles ou vulgarisées.</p>



<p>Il est donc essentiel de renforcer la collaboration entre scientifiques, journalistes et institutions afin de rendre ces données plus accessibles et compréhensibles pour le grand public.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>vous avez fondé le mouvement Women and Climate Change (WOCA). Quelle est sa mission principale ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: WOCA vise à renforcer le rôle des femmes dans la lutte contre le changement climatique. Nous travaillons principalement sur la sensibilisation, la formation et le leadership environnemental des femmes et des jeunes filles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="482" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-1024x482.jpg" alt="" class="wp-image-2827" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-1024x482.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-300x141.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-768x361.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> à la COP30 au Brazil, à Belém auprès d&rsquo;autres responsables d&rsquo;OSC : <em>« un moment fort d’engagements puissants, d’échanges enrichissants et d’avancées décisives pour le genre et le climat. »</em></p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>Quel témoignage faites-vous de femmes rurales qui vous ont particulièrement marquées?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: beaucoup de femmes rurales nous disent que les saisons agricoles ne sont plus prévisibles. Elles ne savent plus exactement quand semer, parce que les pluies arrivent plus tard ou de manière irrégulière.</p>



<p>Certaines nous racontent aussi qu’elles doivent parcourir de plus longues distances pour trouver de l’eau. Cela montre que le changement climatique n’est pas une théorie : c’est une réalité vécue au quotidien.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>quels signes concrets montrent que le dérèglement climatique est déjà une réalité au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> on observe plusieurs signes : des pluies plus intenses qui provoquent des inondations dans certaines zones, mais aussi des périodes de sécheresse plus marquées dans d’autres.</p>



<p>Les agriculteurs eux-mêmes disent que les saisons sont devenues difficiles à prévoir. Cela montre que le climat change réellement.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>quels risques ce dérèglement représente-t-il pour les métiers exercés majoritairement par des femmes ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le changement climatique affecte directement plusieurs activités économiques. Dans l’agriculture par exemple, l’irrégularité des pluies peut entraîner des pertes de récoltes.</p>



<p>Pour les femmes qui travaillent dans la transformation des produits agricoles, la pêche ou le commerce informel, ces perturbations peuvent réduire les revenus et fragiliser les familles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="589" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-1024x589.jpg" alt="" class="wp-image-2830" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-1024x589.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-300x173.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-768x442.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> lors d&rsquo;un side-event: <em> » j&rsquo;ai éprouvé du plaisir à intervenir à ce Panel organisé par Climate Linguere Club (CLC).<br>Climate Linguere Club est une communauté de femmes unies pour l&rsquo;action climatique en Afrique. »</em></p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>vous êtes alumni du Centre régional de leadership YALI Dakar. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le programme YALI m’a permis de rencontrer des jeunes leaders africains engagés dans différents domaines. Cette expérience m’a renforcée dans l’idée que les solutions aux défis africains peuvent venir des Africains eux-mêmes. Elle a aussi renforcé ma conviction que les femmes doivent être au cœur du leadership climatique.</p>



<p><strong>TVO: quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes Camerounais ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: je voudrais leur dire que chacun peut agir. La lutte contre le changement climatique ne concerne pas seulement les scientifiques ou les gouvernements.</p>



<p>Elle commence par des gestes simples : protéger son environnement, s’informer, sensibiliser son entourage et s’engager dans des initiatives locales. Les jeunes ont un rôle essentiel à jouer pour construire un avenir plus durable.</p>



<p></p>



<p><em>Propos recueillis par <strong>Ange ATALA</strong></em></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Portrait: Marlène Djoumessi, pionnière de la plongée scientifique au Cameroun</title>
		<link>https://tribuneverte.online/portrait-marlene-djoumessi-pionniere-de-la-plongee-scientifique-au-cameroun/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 05:23:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Ingénieure des Eaux et Forêts, Coordonnatrice adjointe de l’ONG Tube Awu, Marlène Djoumessi est l’une des premières femmes camerounaises à se former à la plongée sous-marine. Une expérience inédite, entamée&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Ingénieure des Eaux et Forêts, Coordonnatrice adjointe de l’ONG Tube Awu, <strong>Marlène Djoumessi</strong> est l’une des premières femmes camerounaises à se former à la plongée sous-marine. Une expérience inédite, entamée dans les eaux côtières de Limbé dans la région du Sud-Ouest, la formation s&rsquo;est poursuivie récemment à Ebodje, dans la région du Sud. </em>A<em>vec l’appui des formateurs de l’ONG française Septentrion Environnement, épisode qui ouvre de nouvelles perspectives pour la conservation marine et l’intégration des femmes dans un secteur encore largement masculin.</em></p>



<p><em>Au Cameroun, les femmes restent sous-représentées dans la conservation marine et côtière : elles constituent moins de 20 % des acteurs formellement engagés dans ce secteur, selon l’African Marine Conservation Organisation (AMCO). Pourtant, elles jouent un rôle crucial dans la gestion des ressources halieutiques et la protection des mangroves, souvent en première ligne dans leurs communautés</em>. </p>



<p><em>En prélude à la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés.</em> <em>Dans cette interview, Marlène nous raconte sa première descente sous les eaux du Parc National Marin Manyangue Na Elombo Campo,  comme un moment « à la fois fascinant et exigeant »</em></p>



<p><strong> Parcours et motivation</strong></p>



<p><strong>Tribune Verte Online (TVO):</strong> <strong>Marlène, vous êtes ingénieure des eaux et forêts, mais aussi l’une des premières femmes à plonger sous les eaux camerounaises. Qu’est-ce qui vous a poussé à franchir ce pas</strong>?</p>



<p><strong>Marlène Djoumessi (MD)</strong>: <em>je travaille depuis plusieurs années sur la conservation de la mégafaune, ainsi que les habitats côtiers, mais je me suis toujours dit qu’on protège mal ce qu’on ne voit pas. Donc la plongée était pour moi une suite logique, il fallait passer de la configuration des plages à la consultation de l’écosystème sous-marin. On parle beaucoup de conservation, mais si nous ne produisons pas nous-mêmes la connaissance scientifique sur nos écosystèmes marins, nous dépendrons toujours du regard extérieur. J’ai donc décidé de relever ce challenge, au-delà de la plage, aller sous l’eau, pour comprendre par moi-même. Il y a très peu de plongeurs au Cameroun, et encore moins des plongeurs scientifiques, les femmes se comptent du bout des doigts, cela peut intimider, mais c’est la raison supplémentaire qui m’a poussé à franchir le pas. Au-delà d’un défi personnel, c’était un besoin professionnel, pour améliorer la conservation marine au Cameroun, nous devons produire nos propres données avec des experts locaux.</em></p>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO</strong>: <strong>Comment votre formation à la FASA (Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles) de l’Université</strong> <strong>de Dschang a nourri cette passion pour la Mer et la plongée ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD</strong>: <em>la FASA m’a donné une solide base scientifique en écologie, en dynamique des populations, en gestion durable des ressources naturelles, mais surtout qu’on ne protège bien que ce que l’on comprend en profondeur. Je me suis spécialisé en faune aquatique et terrestre, et très tôt j’ai compris que le milieu marin au Cameroun était très peu étudié, très peu documenté, et mal compris. Par conséquent beaucoup de décisions sont prises sans se baser sur des données locales solides, la plongée est devenue un prolongement naturel de ma formation.</em></p>



<p><strong> L’expérience de la formation</strong> <strong>en plongée sous-marine</strong></p>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO: Pouvez-vous nous raconter votre première immersion avec l’équipe de Septentrion Environnement ? Qu’avez-vous ressenti en descendant sous l’eau ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD</strong>: <em>Ma première immersion a été un moment d’émerveillement et de tension, il faut dire que je suis originaire des montagnes de l’Ouest Cameroun, nous n’avons pas d’écosystème marin de ce côté. Du coup , passer de la stabilité du sol à la profondeur de l’eau, c’est une transition qui a augmenté le stress chez moi, sous l’eau tout change&nbsp;: la respiration, l’équilibre, les repères. Mais au-delà de ce stress, il y a eu un moment fort, lorsque j’ai pu admirer la richesse sous-marine de notre pays. On pense souvent que les fonds marins spectaculaires , ou la biodiversité extraordinaire, n’existent qu’en occident, dans les documentaires étrangers&nbsp;. Pourtant nous avons ça chez nous, ce moment a renforcé ma conviction, si nous voyons notre richesse, nous pouvons la défendre convenablement.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260304-WA0040.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="577" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260304-WA0040-1024x577.jpg" alt="" class="wp-image-2817" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260304-WA0040-1024x577.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260304-WA0040-300x169.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260304-WA0040-768x433.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260304-WA0040-1536x866.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260304-WA0040-2048x1154.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Marlène</strong> <strong>Djoumessi</strong> sous les eaux du Parc National Marin Manyangue Na Elombo Campo</em>.</p>



<ol start="4" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO: Quels ont été les moments les plus marquants ou les plus difficiles de cette formation ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD:</strong> <em>Le moment difficile était la gestion du mental, la plongée exige une maitrise de soi constante, il faut contrôler sa respiration, gérer la pression, faire confiance à son équipement, et à son équipe, sans oublier tout le symbolisme à l’idée d’être l’une des femmes pionnières dans ce domaine, on n’a pas vraiment droit à l’erreur.</em></p>



<ol start="5" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO: Quelles compétences techniques avez-vous acquises et comment pensez-vous les mettre au service de la conservation marine ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD:</strong> <em>Au-delà de la technique de plongée, j’ai acquis plusieurs autres compétences, je citerai la capacité d’observation directe des habitats sous-marins, une meilleure compréhension des interactions entre les activités anthropiques et les écosystèmes marins. J’ai pu avoir des bases pour le suivi scientifique subaquatique, et tout cela a renforcé ma discipline dans la gestion des risques. Ces compétences me permettront d’améliorer le suivi écologique qu’on pratique déjà au sein de l’ONG Tube Awu, de produire des données locales fiables et de renforcer la crédibilité scientifique de nos initiatives communautaires. Donc en plus d’être un exploit personnel, la plongée est une méthode scientifique qui me servira tout au long de ma carrière.</em></p>



<p><strong> Enjeux de gouvernance et biodiversité</strong></p>



<ol start="6" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO:</strong> <strong>Le Cameroun est riche en biodiversité marine, mais souvent menacée par la surpêche et la déforestation des mangroves. En quoi la plongée peut-elle devenir un outil de gouvernance environnementale ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD:</strong> <em>On ne peut pas gérer ce qu’on ne voit pas, la plongée permet de connaitre l’état des fonds marins, l’impact de la surpêche ou la dégradation des habitats, elle transforme les hypothèses en preuves observables. Dans le contexte actuel où les données marines sont limitées, la plongée marine scientifique devient un levier stratégique pour orienter les décisions publiques, c’est donc un outil de gouvernance environnementale.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.50.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="866" height="453" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.50.jpeg" alt="" class="wp-image-2809" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.50.jpeg 866w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.50-300x157.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.50-768x402.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 866px) 100vw, 866px" /></a></figure>



<p><em>Inventaire floristique du Parc National Marin Manyangue Na Elombo Campo, avec l&rsquo;équipe de Septentrion Environnement.</em></p>



<ol start="7" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO:</strong> <strong>Comment voyez-vous le rôle des femmes dans la protection des océans et des ressources halieutiques ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD:</strong> <em>Les femmes jouent déjà un rôle dans l’économie halieutique, elles interviennent dans la transformation des produits issus de la pêche, dans la commercialisation et même la gestion des revenus. Mais elles sont encore très peu présentes dans les sphères techniques et scientifiques, en ce qui concerne la protection de nos océans. Et pourtant lorsqu’une femme comprend les enjeux écologiques, elle peut influencer toute une communauté, ainsi la conservation devient sociale et moins technique,  pour faciliter la compréhension.</em></p>



<ol start="8" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO:</strong> <strong>Pensez-vous que la plongée peut contribuer à sensibiliser les communautés locales et les décideurs politiques ?</strong></li>
</ol>



<p><em>Il est irréfutable que la plongée est un outil de sensibilisation, parce que voir notre richesse marine, permet de changer le discours, ce n’est plus un récit importé, c’est notre réalité. Montrer des images issues de la plongée, c’est beaucoup plus puissant qu’un discours théorique, mettre ces données à la disposition des communautés ou des décideurs, issus de nos propres eaux, c’est un outil fort de sensibilisation, cela crée un sentiment de fierté, mais aussi de responsabilité qui interpelle chaque personne sensible à la préservation de notre biodiversité marine.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.51.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="842" height="441" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.51.jpeg" alt="" class="wp-image-2810" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.51.jpeg 842w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.51-300x157.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-04-at-06.38.51-768x402.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 842px) 100vw, 842px" /></a></figure>



<p><em>Les plongées sous-marines permettent de documenter la biodiversité aquatique au Cameroun.</em></p>



<p><strong> Impact personnel et collectif</strong></p>



<ol start="9" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO:</strong> <strong>En tant que pionnière, vous inspirez d’autres jeunes femmes. Quel message souhaitez-vous leur adresser ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD: </strong>&nbsp;Ne vous limitez pas vous-même, les barrières les plus fortes sont intérieures, il faut oser intégrer des formations techniques, oser être ambitieuse et surtout accorder du sérieux à sa formation. Parce que l’expérience c’est la meilleure protection de la femme. Nous ne devons pas nous auto-censurer, ne pas attendre que les hommes testent le terrain avant nous, croire en nous, avec du travail et de la passion, de la rigueur, nous pouvons accomplir de grandes choses, la compétence n’a pas de genre.</p>



<ol start="10" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO: Comment <em>Tube Awu</em> et vos partenaires envisagent-ils de capitaliser sur cette expérience pour renforcer la conservation marine au Cameroun ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD:</strong> <em>Afin de capitaliser mes expériences et compétences à travers l’activité de plongée sous-marine, Tube Awu souhaite intégrer la plongée scientifique dans les activités de suivi écologique. Il sera intéressant de former d’autres jeunes, notamment les filles, pour produire des données scientifiques locales, et renforcer la gouvernance du Parc Marin. Nous voulons transformer cette expérience individuelle, en capacité institutionnelle qui se positionne dans la durée.</em></p>



<ol start="11" class="wp-block-list">
<li><strong>TVO: Quels sont vos projets pour l’avenir : formation, recherche, plaidoyer ?</strong></li>
</ol>



<p><strong>MD:</strong> <em>Mes projets pour l’avenir c’est d’approfondir mes compétences en plongée scientifique, acquérir davantage de l’autonomie, développer des programmes de suivi sous-marin participatifs, parce que nous suivons plusieurs communautés riveraines dans la périphérie du Parc Marin, une communauté de pêcheurs qui peuvent collecter ces données , renforcer la recherche sur les habitats marins camerounais, il faut dire que nous avons une richesse insoupçonnée là-dessous, ça m’intéresserait de poursuivre ma quête de connaissance de ces habitats marins. Enfin , de continuer à faire le pont entre la science, les savoirs locaux et les politiques publiques.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/FB_IMG_1760711723787.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/FB_IMG_1760711723787-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-2811" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/FB_IMG_1760711723787-1024x682.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/FB_IMG_1760711723787-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/FB_IMG_1760711723787-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/FB_IMG_1760711723787.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Marlène Djoumessi</strong>, lors d&rsquo;une descente de terrain avec les partenaires.</em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>TVO: quel est le message que Marlène souhaite faire passer, au sujet de la nécessité de concilier science, engagement communautaire et exploration sous-marine?</strong></li>
</ul>



<p><strong>MD:</strong> <em>La conservation marine au Cameroun, doit être portée par des compétences locales, avec des formations rigoureuses, et engagées, la plongée sous-marine m’a permis de comprendre que l’Océan n’est pas seulement une frontière naturelle, c’est aussi un patrimoine vivant que nous devons apprendre à connaitre, pour mieux le protéger.</em></p>



<p><strong>Marlène Djoumessi</strong> : <em>« la discipline en plongée scientifique ressemble beaucoup à la conservation, il faut beaucoup de rigueur, de l’anticipation, et le respect des règles, parce que, négliger un petit détail peut avoir de lourdes conséquences&nbsp;: tout arranger ou tout détruire »</em>.</p>



<p></p>



<p><em>Propos recueillis par <strong>Ange ATALA</strong></em></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Portrait:  Geneviève Ndjiki, l&#8217;entrepreneure qui valorise l&#8217;agroécologie et l&#8217;innovation</title>
		<link>https://tribuneverte.online/portrait-genevieve-ndjiki-lentrepreneure-qui-valorise-lagroecologie-et-linnovation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 08:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
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		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Mère et épouse, Geneviève Ndjiki est titulaire d&#8217;un Master en Sciences Forestières, spécialiste en audit et certification des forêts, forte de multiples compétences, elle arpente inlassablement les zones agroécologiques du&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Mère et épouse, <strong>Geneviève Ndjiki</strong> est titulaire d&rsquo;un Master en Sciences Forestières, spécialiste en audit et certification des forêts, forte de multiples compétences, elle arpente inlassablement les zones agroécologiques du Cameroun pour porter ses idéaux de développement durable. En prélude à la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés.</em></p>



<p>Depuis plus d’une décennie, <strong>Geneviève Ndjiki</strong> incarne l’alliance entre engagement associatif et entrepreneuriat vert. Présidente et Coordonnatrice de l’association Action for Sustainable Development (ASD), elle pilote des initiatives en agroécologie, conservation de la biodiversité et autonomisation des femmes et des jeunes. Parallèlement, à travers NG Eco Prod Company, elle valorise le savoir-faire local et transforme les produits agricoles pour renforcer des chaînes de valeur durables.</p>



<p>Selon la FAO, environ 37 % de la production agricole en Afrique est perdue après la récolte, ce qui représente une perte économique estimée à 48 milliards de dollars US par an. Ces pertes massives fragilisent la sécurité alimentaire et accentuent la vulnérabilité des ménages. Dans ce contexte, l’approche de <strong>Geneviève Ndjiki</strong> prend tout son sens. Elle promeut la déshydratation alimentaire à basse température (inférieure à 60 °C), une technique de conservation qui préserve les valeurs nutritives des condiments comme le céleri ou le persil. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2797" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p>Contrairement aux cuissons à haute température qui détruisent les substances actives, cette méthode permet de garder intactes les propriétés des aliments. Elle recommande de les utiliser en fin de cuisson ou en infusion, afin de bénéficier pleinement de leurs vertus nutritives et thérapeutiques. Au-delà de l’aspect nutritionnel, cette technique appelée déshydratation douce ou séchage à basse température, constitue une solution innovante face aux pertes post-récoltes. Dans les zones rurales dépourvues d’électricité, où près de 60 % des produits agricoles sont gaspillés, elle offre une alternative durable : les produits déshydratés peuvent se conserver jusqu’à trois ans, stabilisant l’offre sur un marché souvent marqué par des fluctuations et des pénuries.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-2792" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-1024x682.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Geneviève Ndjiki</strong> présentant les résultats atteints par l&rsquo;un de ses projets, en la présence de <strong>Mme Caroline St-Hilaire</strong> Administratrice de l&rsquo;OIF.</em></p>



<p>Rencontrée lors de la tenue d’une conférence à Yaoundé, elle explique l’importance de la déshydratation des condiments comme le céleri, le persil, le piment, la tomate. <em>« Nos produits sont déshydratés à une température inférieure à 60 degrés, ce qui permet de conserver leurs substances nutritives sans les détruire »</em>, souligne-t-elle. Contrairement aux cuissons à haute température qui altèrent les valeurs nutritives, cette méthode préserve les propriétés des aliments. Elle conseille de les saupoudrer en fin de cuisson ou de les utiliser en infusion : <em>« Cela permet d’épurer le corps et de bénéficier de toutes leurs propriétés. »</em></p>



<p>Au-delà de la nutrition, Geneviève met en lumière les difficultés logistiques des agriculteurs. Dans les zones reculées, l’absence d’électricité entraîne des pertes post-récoltes considérables : près de 60 % des produits agricoles sont perdus, et les 40 % restants n’atteignent pas toujours le panier de la ménagère. La déshydratation offre une solution durable, avec des produits qui peuvent se conserver jusqu’à trois ans, sans coût supplémentaire pour les consommateurs. Dans un marché marqué par des fluctuations; abondance de tomates ou de piments frais suivie de pénuries; cette technique stabilise l’offre et sécurise l’alimentation.</p>



<p>Enfin, elle alerte sur l’usage excessif de produits chimiques en agriculture, qui dégradent les sols et exposent les populations à des risques sanitaires. Pour elle, la déshydratation est une alternative durable qui respecte la santé des sols et celle des consommateurs. Son action illustre une conviction forte : le développement durable ne peut être inclusif que si la santé et l&rsquo;innovation y trouvent leur place. Dans un contexte où les défis climatiques et alimentaires s’intensifient, <strong>Geneviève Ndjik</strong>i apparaît comme une figure inspirante, démontrant qu’entreprendre autrement est possible et nécessaire.</p>



<p></p>



<p><em><strong>Ange ATALA</strong></em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Ebodjé : les fumeuses de poisson s&#8217;organisent pour un marché collectif</title>
		<link>https://tribuneverte.online/ebodje-les-fumeuses-de-poisson-sorganisent-pour-un-marche-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 09:05:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
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		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[À Ebodjé, obtenir du poisson fumé n’est pas une mince affaire. Les acheteurs doivent emprunter une route sinueuse qui traverse tout le village afin de collecter une certaine quantité de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À Ebodjé, obtenir du poisson fumé n’est pas une mince affaire. Les acheteurs doivent emprunter une route sinueuse qui traverse tout le village afin de collecter une certaine quantité de poisson. Pour limiter cette démarche longue et fastidieuse, les femmes présentes à l&rsquo;atelier du 13 février 2026,  organisé par Biodiversity Conservation for Life (BCL), ont suggéré d&rsquo;aménager un espace à l’entrée du village, destiné au marché du poisson. Ceci ayant pour but de faciliter l’accès à de nombreux acheteurs qui circulent sur la route principale menant vers Campo, chef-lieu de l’arrondissement.</em></p>



<p><em>La rencontre en question a donné lieu à une proposition concrète: un Code de bonnes pratiques communautaires de pêche artisanale et fumage de poissons, adopté par les communautés riveraines du parc national de Mayangue Na Elombo Campo, conçu avec l’appui de plusieurs partenaires (BCL, IRAD, Service de Conservation du Parc Marin, et Global Greengrants Fund).</em></p>



<p>L&rsquo;idée de construction de 2 fumoirs communautaires ayant été bien accueillie par les participants à cette réunion , les échanges ont dévoilé plusieurs manquements , qui freinent le développement de la filière poisson fumé dans cette localité, qui pourtant a du potentiel économique. Selon la FAO, près de 35 % des stocks mondiaux de poissons sont surexploités. Au Cameroun, la pression est telle que certaines espèces locales ont chuté de 40 % en dix ans, menaçant la sécurité alimentaire des villages côtiers.</p>



<p> Inspiré du Code de conduite élaboré par la FAO, pour une pêche responsable, un code de bonne conduite a été conçu pour s&rsquo;adapter aux besoins des communautés d&rsquo;Ebodje et ses environs. Pour les pêcheurs locaux dont la source de revenu principale est la pêche artisanale, il leur a été recommandé entre autre de respecter leurs engagements.</p>



<p>Les communautés de pêcheurs artisanaux venus de plusieurs villages autour du Parc Marin, ont décidé de s’organiser pour assurer une gestion durable des ressources halieutiques, protéger les écosystèmes et garantir leurs droits. Pour y parvenir, elles ont adopté ce code de bonnes pratiques qui fixe des règles claires. Les pêcheurs s’engagent à utiliser des filets à mailles réglementaires, à respecter les zones de reproduction et les périodes de repos biologique, et à bannir le rejet de plastiques en mer.</p>



<p>Mais ce code ne se limite pas à la protection de l’environnement. Il vise aussi la qualité et la traçabilité des produits : garantir des poissons sains, respecter les normes d’hygiène et enregistrer les lieux et dates de capture pour lutter contre la fraude. Sur le plan social, il encourage la participation équitable de tous – femmes, jeunes, migrants – et valorise les savoirs traditionnels, tout en privilégiant la résolution pacifique des conflits. Enfin, il appelle l’État à jouer son rôle : faciliter l’accès aux marchés, renforcer la surveillance participative et encourager la transmission d’informations pour un suivi écologique efficace.</p>



<p>Les organisateurs ont tenu à rappeler à l&rsquo;assistance que la pêche artisanale fait vivre environ 200 000 personnes dans le pays. Pourtant, les pertes liées à la dégradation des ressources halieutiques représentent jusqu’à 10 % des revenus des ménages côtiers, ce qui représente un réel manque à gagner.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2786" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong><em>Botè Nicolas.</em></strong></p>



<p><em>« Nous voyons les poissons disparaître. Si nous ne changeons pas, nos enfants n’auront plus rien à manger »</em>, confie <strong>Botè Nicolas</strong>, pêcheur de Campo-beach-Ipono.</p>



<p>Les femmes, souvent responsables du fumage et de la vente, soutiennent l’initiative. <em>« Avec des produits en provenance d&rsquo;une Mer plus saine, nous pouvons vendre un poisson de meilleure qualité et gagner davantage, je suis même prête à céder une partie de mon terrain pour la construction d&rsquo;un fumoir communautaire »</em>, explique <strong>Léontine Betèbè</strong>, mareyeuse venue de Campo avec sa belle-sœur.</p>



<p> Pour aller plus loin, Biodiversity Conservation for Life (BCL) a suggéré aux fumeuses de poisson de créer un marché du poisson à Ebodjé, où les revendeurs viendraient se ravitailler. Ce marché pourrait être conçu comme un espace collectif, avec des jours fixes de vente, une tarification harmonisée et une organisation permettant aux femmes de mieux gérer leur emploi du temps commun. Au-delà des pratiques locales, ce code veut instaurer une cogestion participative avec l’État et les ONG. Car sans surveillance, les filets illégaux et la pêche en zones de reproduction continuent de fragiliser l’écosystème.</p>



<p>C&rsquo;est donc à l&rsquo;unanimité  que les participants à cet atelier, constitué pour la plupart des pêcheurs et fumeuses de poisson, ont adopté ce code de bonnes pratiques. Un pas modeste, mais crucial : préserver la biodiversité marine et garantir des revenus durables aux communautés. Dans ce village du sud Cameroun, la survie des familles dépend désormais de l’application stricte de ce code et de la mise en place d’un marché structuré, pensé par et pour les femmes.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
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