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	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
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	<description>Un regard écologique de l&#039;information</description>
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	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
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	<item>
		<title>Bassin du Niger : JVE et PIDACC collaborent pour vulgariser le MRI du Fonds Vert Climat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 12:26:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
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					<description><![CDATA[© Emery Ndayizeye]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Depuis que tu parles de MRI et du Fonds vert pour le climat, c&rsquo;est quoi même ? »</strong>  Ainsi s&rsquo;est exprimé un paysan à Winde, dans la commune de Ngong 1, région du Nord au Cameroun.  Et c&rsquo;est sous un arbre que l&rsquo;équipe de Jeunes Volontaires pour l&rsquo;Environnement (JVE Cameroun), en collaboration avec celle du PIDACC/BN-Cameroun, a choisi, du 5 au 6 août 2026, de tenir son atelier d&rsquo;information avec les populations de la commune : un format volontairement dépouillé, à l&rsquo;image du dialogue direct recherché avec les habitants du département de la Bénoué.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la commune rurale de Ngong, les populations vivent au quotidien les effets du changement climatique : sécheresses récurrentes, ensablement des cours d&rsquo;eau, migrations forcées et conflits liés à l&rsquo;accès aux ressources. C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;inscrit le Programme Intégré de Développement et d&rsquo;Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN), financé par le Fonds Vert pour le Climat (FVC) et plusieurs partenaires internationaux. Ngong c&rsquo;est l&rsquo;une des localités bénéficiaires de ce programme régional, qui s&rsquo;étend par ailleurs à huit autres pays du bassin du fleuve Niger.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="626" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-1024x626.png" alt="" class="wp-image-3156" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-1024x626.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-300x183.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-768x469.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748.png 1335w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un extrait de la présentation de <strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses 147 385 habitants, répartis sur 81 villages et 24 quartiers, pour une superficie de 2 788 km², l&rsquo;agriculture occupe 72 % de la population active àNgong, aux côtés de l&rsquo;élevage extensif et de la pêche artisanale. C&rsquo;est l&rsquo;une des communes bénéficiaires du PIDACC, qui vise à renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes du bassin du Niger à travers la gestion durable des ressources naturelles, la lutte contre l&rsquo;ensablement et la mise en place d&rsquo;infrastructures agro-sylvo-pastorales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Lancé en 2019 pour une durée initialement prévue de six ans, le programme est aujourd&rsquo;hui en phase de prolongation, une revue à mi-parcours ayant eu lieu en 2024. Avec un coût global de près de 8,9 milliards de FCFA pour sa composante camerounaise, sa zone d&rsquo;intervention couvre dix communes du Nord, réparties entre le département de la Bénoué (Garoua 1er, 2e et 3e, Lagdo, Bardnaké, Baschéo, Gaschiga, Ngong et Pitoa) et le département du Mayo-Rey (Rey Bouba).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, la composante camerounaise du programme prévoit notamment l&rsquo;aménagement de dix bas-fonds à maîtrise totale de l&rsquo;eau, la réhabilitation de 30 km de périmètres de culture de décrue et l&rsquo;aménagement de 2 000 hectares de périmètres irrigués sur des ouvrages hydro-agricoles. Ce sont précisément ce type d&rsquo;ouvrages: bas-fonds aménagés, périmètres irrigués, dispositifs de maîtrise de l&rsquo;eau ; qui, mal calibrés ou mal concertés avec les riverains, peuvent modifier le régime des cours d&rsquo;eau, provoquer inondations ou ensablement en aval, et endommager des cultures ou des habitats voisins non intégrés au périmètre initial du projet. C&rsquo;est précisément ce type de dommages, imputables aux ouvrages eux-mêmes plutôt qu&rsquo;à leur seule proximité, que les communautés riveraines n&rsquo;ont pas pu faire valoir formellement ; non faute de préjudice, mais faute de connaître le processus de recours qui leur aurait permis de les documenter et de les faire remonter.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des désastres qui échappent au mécanisme censé les traiter</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les investissements du PIDACC/BN et d&rsquo;autres projets financés par le FVC, plusieurs impacts négatifs ont été rapportés localement : destruction de plantations par des aménagements non concertés, inondations et ensablement des cours d&rsquo;eau aggravant la perte de terres cultivables, déplacements forcés de familles rurales vers des zones plus humides, perte de moyens de subsistance liés à l&rsquo;agriculture, à la pêche et à l&rsquo;élevage, ainsi que des risques sanitaires associés à la pollution des eaux et à l&rsquo;utilisation de produits chimiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944.png"><img decoding="async" width="1024" height="587" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-1024x587.png" alt="" class="wp-image-3158" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-1024x587.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-300x172.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-768x440.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944.png 1426w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un extrait de la présentation de <strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun de ces cas n&rsquo;a pourtant été enregistré dans le cadre du Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) du Fonds Vert l&rsquo;instrument qui permet précisément aux populations affectées par un projet climatique de déposer une plainte et de faire valoir leurs droits. Les raisons de cette absence sont documentées : un manque de vulgarisation qui laisse le mécanisme méconnu du grand public, des procédures perçues comme trop techniques par les communautés rurales, une quasi-absence de médiateurs ou d&rsquo;organisations locales capables d&rsquo;accompagner une saisine, et une couverture médiatique insuffisante de la part des radios communautaires et des journalistes locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce vide que la mission de JVE Cameroun à Ngong entend combler, en informant les habitants de la commune sur leurs droits et sur l&rsquo;existence de ce mécanisme : condition préalable pour que les désastres climatiques liés aux projets du Fonds Vert puissent, à l&rsquo;avenir, être documentés et traités.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Deux jours de terrain, quatre volets d&rsquo;action</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Conduite par <strong>Mamout Oumarou</strong>, chef de mission, l&rsquo;équipe de JVE Cameroun a multiplié les formats pour toucher tous les publics de la commune :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un passage à la radio communautaire <strong>Derke&rsquo;en FM</strong>, en français puis en fulfulde, en partenariat avec le journaliste Bassirou Dairou ;</li>



<li>Un dialogue communautaire à Winde Ngong 1, réunissant 38 agriculteurs, éleveurs, femmes, jeunes et leaders locaux ;</li>



<li>Une formation de 20 acteurs relais:  journalistes, membres d&rsquo;organisations de la société civile, médiateurs et leaders communautaires ; chargés de démultiplier l&rsquo;information après le départ de l&rsquo;équipe ;</li>



<li>Une première dans le cadre de cette campagne : un sketch pédagogique porté par les <strong>« Ambassadeurs Juniors du MRI »</strong>, composé de huit enfants encadrés par trois animateurs, pour vulgariser le mécanisme auprès du public jeune.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3154" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mamout Oumarou</strong>, s&rsquo;entretenant avec les « Ambassadeurs Juniors du MRI ».(© Emery Ndayizeye)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mission de terrain n&rsquo;a pas été menée en vase clos : elle s&rsquo;est déroulée en collaboration directe avec l&rsquo;équipe du PIDACC/BN-Cameroun, dont deux représentantes ont pris part à l&rsquo;atelier. <strong>Mme Lassomme épouse Moussa</strong>, Responsable Développement Social et Genre et Chargée de la Communication du PIDACC/BN-Cameroun, a accompagné la mission aux côtés de <strong>Mme Ayissi Espe Menye Louise-Agnès Tatiana</strong>, Assistante Suivi-Évaluation. Leur présence traduit une volonté commune de rapprocher les porteurs de projet eux-mêmes des populations censées en bénéficier ; une articulation directe entre le programme qui finance les infrastructures et le mécanisme censé en corriger les effets non désirés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="760" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1024x760.jpeg" alt="" class="wp-image-3155" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1024x760.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-300x223.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-768x570.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1536x1140.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong>, lors de la campagne d&rsquo;information 2026 à Ngong.(© Emery Ndayizeye)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Blondel Silenou</strong>, chef de projet à JVE Cameroun : <em>« Les communautés sont les premières concernées par les projets de développement climatique. Pourtant, elles ignorent souvent qu&rsquo;elles disposent de mécanismes indépendants leur permettant de faire entendre leur voix lorsque leurs droits ou leurs intérêts sont affectés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat dressé par l&rsquo;équipe à l&rsquo;issue de ces deux jours est sans détour : le fossé entre les financements climatiques et les communautés qui en subissent les effets s&rsquo;est révélé plus large qu&rsquo;anticipé. Il ne s&rsquo;agissait pas de sensibilisation au sens classique, mais bien de la construction d&rsquo;un premier accès à l&rsquo;information .</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une gouvernance climatique participative</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La mission de Ngong constitue la deuxième phase d&rsquo;une campagne nationale de vulgarisation portée par JVE Cameroun, financée par le programme IRM CSO Grant 2026. La première phase avait été menée en 2024 à Lagdo et dans les villages environnants, où JVE Cameroun avait déjà initié les populations au fonctionnement du mécanisme IRM et sensibilisé sur leurs droits face aux projets climatiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3157" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Blondel Silenou</strong> (3è à partir de la gauche), lors de la campagne d&rsquo;information de 2024 dans la commune de Lagdo, à la chefferie du village Ouro-Labbo.(© JVE-Cameroun)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de Ngong, cette mission illustre une ambition nationale : installer une culture de la participation citoyenne dans la gouvernance des investissements climatiques. Un financement climatique ne se mesure pas seulement à ses infrastructures ou à ses résultats économiques, mais aussi à sa capacité à respecter les droits des communautés et à leur offrir des voies de recours crédibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les réalisations affichées du PIDACC et le travail de vulgarisation mené par JVE Cameroun, Ngong s&rsquo;impose ainsi comme un laboratoire de la justice climatique au Cameroun, là où la résilience ne se limite pas aux infrastructures, mais se construit aussi par l&rsquo;information, la transparence et la participation des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tribune: ECODEV dénonce la criminalisation des défenseurs de la nature</title>
		<link>https://tribuneverte.online/tribune-ecodev-denonce-la-criminalisation-des-defenseurs-de-la-nature/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 14:22:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, protéger la forêt est devenu un acte de bravoure qui expose souvent à la violence. Criminalisation, menaces, intimidations :&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, protéger la forêt est devenu un acte de bravoure qui expose souvent à la violence. Criminalisation, menaces, intimidations : les défenseurs communautaires paient un lourd tribut pour avoir choisi de préserver les écosystèmes. Dans cette tribune, l’organisation <strong>ECODEV</strong> alerte sur les menaces systémiques qui pèsent sur ces sentinelles de l’environnement au Cameroun et en Afrique centrale, et appelle les institutions internationales à placer la sécurité des défenseurs au cœur des politiques de conservation.</em></p>



<h1 class="wp-block-heading">Quand protéger l’environnement devient un combat pour la vie : menaces, résistances et protection des défenseurs communautaires des forêts du Bassin du Congo</h1>



<p class="wp-block-paragraph">La crise environnementale mondiale, marquée par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, a transformé la protection des écosystèmes en un enjeu de survie. En effet, cette lutte pour la planète est de plus en plus synonyme de danger pour ceux qui se trouvent en première ligne : les défenseurs de l’environnement et des forêts. Au Cameroun comme ailleurs, les défenseurs de la nature jouent un rôle crucial dans la préservation des forêts, des rivières et de la biodiversité. Ils alertent sur les dangers liés à l’exploitation illégale des ressources, à la déforestation et à la pollution. Mais leur courage les place souvent dans une situation de vulnérabilité face aux intérêts économiques et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bassin du Congo, deuxième poumon vert mondial, est au cœur de cette dynamique. Cette région, vitale pour la régulation climatique globale, est soumise à d’intenses pressions liées à l’exploitation forestière, minière et agro‑industrielle. Dans ce contexte, la défense des forêts est devenue un acte à haut risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article vise à démontrer que la protection des écosystèmes forestiers est indissociable de la protection des personnes qui les défendent. Il met en lumière les menaces systémiques qui pèsent sur les défenseurs en Afrique centrale, avec un focus particulier sur le Cameroun, et lance un appel documenté aux organisations internationales, notamment Rainforest Foundation UK (RFUK), pour une action urgente et stratégique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="531" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png" alt="" class="wp-image-3140" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9-300x169.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9-768x434.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cadre conceptuel et juridique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance du rôle crucial des défenseurs de l’environnement s’inscrit dans l’évolution du droit international des droits humains. Le lien entre un environnement sain et l’exercice des droits fondamentaux est désormais établi, notamment par la reconnaissance par l’ONU du droit humain à un environnement propre, sain et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de l’environnement sont ceux qui agissent, individuellement ou collectivement, pour protéger l’environnement et les droits qui y sont liés. Ils sont souvent formés et travaillent sous l’impulsion des organisations de la société civile écologistes. Ce sont généralement des gardiens des forêts détenteurs des savoirs traditionnels essentiels à la conservation. Leur sécurité est intrinsèquement liée à la sécurité humaine et à la justice environnementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réalités de terrain : le cas du Cameroun</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Cameroun, les défenseurs de l’environnement sont pris dans un étau de pressions économiques et politiques. Le pays, riche en ressources naturelles, est le théâtre d’une expansion rapide de l’exploitation forestière, minière et de l’agro‑industrie. Ces activités dépouillent les forêts de leurs ressources au profit d’une poignée dirigeante de connivence avec les exploitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence contre les observateurs communautaires prend des formes multiples et insidieuses :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Criminalisation</strong> : harcèlement judiciaire, accusations fallacieuses, délégitimation.</li>



<li><strong>Menaces physiques et intimidations</strong> : agressions, disparitions, menaces de mort.</li>



<li><strong>Invisibilisation</strong> : les violences subies sont ignorées dans les politiques de conservation classiques.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est frappant : ceux qui s’opposent à la destruction de la forêt pour le bien commun sont traités comme des criminels, tandis que les acteurs de la déforestation illégale jouissent souvent d’une impunité relative.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="472" height="630" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png" alt="" class="wp-image-3141" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png 472w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 472px) 100vw, 472px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la conservation expose à la mort</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse des rapports de force locaux révèle une collusion entre intérêts économiques puissants (exploitants forestiers, miniers, agro‑industriels) et acteurs étatiques ou traditionnels, au détriment des populations locales. En 2023, au moins <strong>196 défenseurs de l’environnement ont été tués ou portés disparus</strong> dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les menaces ne sont pas seulement physiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Sociales et économiques</strong> : ostracisation, perte d’emploi, exclusion des bénéfices sociaux.</li>



<li><strong>Psychologiques</strong> : harcèlement constant, peur pour la famille, stress chronique.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Témoignages</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>« J’aime mon village et je me suis engagé à travailler pour qu’il se développe. C’est pour cela qu’on travaille à la surveillance forestière. Mais ce n’est pas facile parce qu’on n’a pas de moyen de déplacement sûr. Malgré tout je suis prêt à continuer. »</em></li>



<li><em>« J’ai été présentée à la communauté comme celle qui fournit des informations au chef de poste forestier. Plus tard j’ai été constamment menacée au point où j’ai dû quitter le village. »</em></li>



<li><em>« Beaucoup de jeunes formés à la surveillance forestière se sont convertis en exploitants illégaux. Ils connaissent où les caméras ont été placées et les esquivent. »</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces paroles traduisent la passion et la détermination des observateurs communautaires, mais aussi les risques auxquels ils s’exposent régulièrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le rôle stratégique des organisations internationales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette crise, la protection des défenseurs de l&rsquo;environnement n&rsquo;est pas un simple acte de charité, mais un levier stratégique clé pour la conservation durable. Sans la voix et l&rsquo;action des communautés, la lutte contre la déforestation et le changement climatique est vouée à l&rsquo;échec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organismes internationaux dont la mission est explicitement alignée sur les droits des communautés forestières, la sécurité des défenseurs, la gouvernance forestière et la justice environnementale, jouent un rôle essentiel. Leur soutien peut s&rsquo;articuler autour de plusieurs axes :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Soutien juridique et politique : </strong>Fournir une assistance légale aux défenseurs criminalisés et plaider auprès des instances nationales et internationales pour la reconnaissance et la protection de leur rôle.</li>



<li><strong>Soutien communautaire : </strong>Renforcer les mécanismes de protection communautaire autonomes et les réseaux d&rsquo;alerte précoce.</li>



<li><strong>Soutien technologique : </strong>Utiliser des outils de cartographie, de surveillance&nbsp;et de communication sécurisée pour documenter les abus et renforcer la résilience.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Nous invitons les citoyens, les institutions, les partenaires internationaux à se joindre à notre combat, protéger les protecteurs de l&rsquo;environnement, c&rsquo;est protéger la planète et les générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Recommandations opérationnelles</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="577" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png" alt="" class="wp-image-3143" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218-300x225.png 300w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un appel à l’action</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La forêt ne survivra pas sans ses défenseurs. Le combat pour l’environnement est avant tout un combat pour la vie, celle des écosystèmes et celle des hommes et des femmes qui les protègent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Protéger l’environnement, c’est d’abord protéger les vies humaines. L’inaction face à la violence contre les défenseurs communautaires est une complicité tacite avec la destruction de la nature. Les organisations internationales ont la responsabilité morale et stratégique de placer la sécurité des défenseurs au centre de leur agenda de conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de la nature sont les sentinelles de notre avenir. Leur sécurité est une condition indispensable pour réussir la transition écologique. Ensemble, agissons pour que leurs voix continuent de résonner et que leur courage inspire le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Références</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Global Witness. </em>Land and Environmental Defenders<em>. [URL: </em><a href="https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/%5d"><em>https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>Forest Declaration Assessment.</em>Évaluation régionale 2022<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL:</em><em> </em><a href="https://forestdeclaration.org/wp-content/uploads/2022/11/2022RegionalAssessment_FR.pdf%5d"><em>https://forestdeclaration.org/wp-content/uploads/2022/11/2022RegionalAssessment_FR.pdf]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Africa Center for Strategic Studies.</em>L&rsquo;impératif de sécurité régionale pour protéger le bassin du Congo<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-le-bassin-du-congo/%5d"><em>https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-</em></a><a href="https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-le-bassin-du-congo/%5d"><em>le-bassin-du-congo/]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>OHCHR.</em>Les experts de l&rsquo;ONU saluent la reconnaissance par&#8230;<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL: </em><a href="https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-international-court-justice-all-states-must%5d"><em>https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-</em></a><a href="https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-international-court-justice-all-states-must%5d"><em>international-court-justice-all-states-must]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>UNESCO.</em>Droits humains et justice environnementale<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL:</em><em> </em><a href="https://unesco.delegfrance.org/Droits-humains-et-justice-environnementale%5d"><em>https://unesco.delegfrance.org/Droits-humains-et-justice-environnementale]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Global Witness.</em>How criminalisation harms climate movements and&#8230;.. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/how-states-use-criminalisation-to-target-land-and-environmental-defenders/].">https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/how-states-use-criminalisation-to-target-land-and-environmental-defenders/].</a></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Mongabay.</em>Malgré les avertissements, l&rsquo;abattage continue dans la&#8230;. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.mongabay.com/2024/12/malgre-les-avertissements-labattage-continue-dans-la-riche-foret-debo-au-cameroun/].">https://fr.mongabay.com/2024/12/malgre-les-avertissements-labattage-continue-dans-la-riche-foret-debo-au-cameroun/].</a></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Business &amp; Human Rights Resource Centre.</em>Au Cameroun, la croissance de l&rsquo;agro-industrie sème l&rsquo;                          <em>[URL: </em><a href="https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/%5d"><em>https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-</em></a></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/%5d"><em>lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>IIED.</em>Résoudre les conflits fonciers par le dialogue<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://www.iied.org/sites/default/files/pdfs/2021-01/12611FIIED.pdf%5d"><em>https://www.iied.org/sites/default/files/pdfs/2021-01/12611FIIED.pdf]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>Cameroun24.</em>Péril sur la vie des militants pour la défense de la terre&#8230;.. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-4-54995.html%5d"><em>https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-</em></a><a href="https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-4-54995.html%5d"><em>4-54995.html]</em><em>.</em></a><em></em><em>Global Witness.</em>Plus de 2 100 défenseurs des droits fonciers et environnementaux tués à travers le monde entre 2012 et 2023<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/%5d"><em>https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-</em></a><a href="https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/%5d"><em>defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/]</em></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>ECODEV</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ebodjé : des fumoirs écologiques pour soulager les fumeuses de poisson du Parc Marin</title>
		<link>https://tribuneverte.online/ebodje-des-fumoirs-ecologiques-pour-soulager-les-fumeuses-de-poisson-du-parc-marin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 11:51:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[© BCL]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Le 27 juillet 2026, le village côtier de pêcheurs Ebodjé, situé aux abords du Parc Marin Manyange na Elombo‑Campo, a vibré au rythme des chants et des danses. Les fumeuses de poissons, piliers de la filière pêche locale, ont reçu deux fumoirs améliorés offerts par l’organisation locale Biodiversity Conservation for Life (BCL), grâce à une subvention du Global Green Grant Fund UK.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ebodjé, dans le département de l&rsquo;Océan , région du Sud Cameroun, ce  27 juillet 2026<strong>.</strong> C&rsquo;était la liesse chez les fumeuses de poisson du village de pêcheurs d&rsquo;Ebodjé, riverain du parc national marin Manyange na Elombo-Campo. L&rsquo;organisation locale Biodiversity Conservation for Life (BCL) leur a remis deux fumoirs écologiques destinés à faciliter et sécuriser leur activité de transformation du poisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de cibler les fumeuses de poisson n&rsquo;est pas anodin. Dans la filière pêche, ces femmes jouent un rôle central dans la transformation et la commercialisation des produits, assurant le lien entre la capture et le marché. Pourtant, leur travail reste largement invisible dans les statistiques officielles de la pêche, qui se concentrent le plus souvent sur les volumes débarqués par les pêcheurs plutôt que sur la valeur ajoutée créée en aval par les transformatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux fumoirs ont été construits grâce à une subvention du Global Greengrants Fund UK, une fondation qui octroie de petites subventions comprises généralement entre 500 et 10 000 dollars; à des initiatives environnementales communautaires à travers le monde. Depuis sa création en 1993, ce fonds a soutenu plus de 14 000 projets dans 168 pays, avec une attention particulière portée aux communautés directement engagées dans la protection de leur environnement, comme c&rsquo;est le cas à Ebodjé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi le fumoir traditionnel pose problème</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le fumage du poisson sur foyer ouvert, tel qu&rsquo;il est pratiqué traditionnellement le long du littoral camerounais, expose les fumeuses à une fumée chargée en hydrocarbures aromatiques polycycliques, en dioxines et en monoxyde de carbone — des substances associées à des irritations oculaires, des troubles respiratoires et, à long terme, à des risques cancérigènes. Il exige aussi une quantité considérable de bois : dans la zone Kribi-Campo, le fumage représenterait à lui seul environ 60 % de l&rsquo;ensemble des usages du bois de feu par les communautés de pêcheurs, une pression qui pèse directement sur les mangroves du littoral — des écosystèmes déjà fragilisés par l&rsquo;érosion côtière et pourtant essentiels à la biodiversité aquatique et à la reproduction de nombreuses espèces marines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>M. Sambou Mamballa Patrick</strong>, Conservateur du Parc Marin Manyangue na Elombo Campo : <em>« les communautés attendent les bénéfices économiques dans la conservation, et c&rsquo;est le cas avec ce projet. Deux fumoirs ça semble anodin, mais dans les faits, ça va faciliter le travail à des dizaines de ménages dans ce secteur d&rsquo;activité».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des expérimentations menées ailleurs sur la côte camerounaise, notamment à Manoka avec l&rsquo;Association des femmes fumeuses (AFUMA) en collaboration avec l&rsquo;Université de Douala, ont montré que des fumoirs améliorés,  construits en briques de terre ou en métal et laine de verre , permettent de réduire la consommation de bois de 33 % à 50 % par rapport au fumoir traditionnel, tout en réduisant le temps de fumage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une triple retombée attendue</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maman Olga Djao</strong>, fumeuse de poissons : <em>« Avec ces nouveaux fumoirs, nous respirons mieux et le poisson se conserve plus longtemps</em> ». Selon BCL, les fumoirs remis à Ebodjé devraient produire trois catégories de bénéfices :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Sur la santé des fumeuses</strong>, en réduisant leur exposition directe à la fumée et à la chaleur du foyer ouvert ;</li>



<li><strong>Sur l&rsquo;environnement</strong>, en réduisant la consommation de bois de chauffe , donc la pression sur les mangroves et les forêts riveraines . Et par conséquent les émissions de gaz à effet de serre associées, ce qui inscrit l&rsquo;initiative dans une logique de lutte contre le changement climatique ;</li>



<li><strong>Sur les revenus</strong>, un fumage mieux maîtrisé et plus homogène améliorant la qualité et la durée de conservation du poisson fumé, ce qui se traduit par une plus-value sur les marchés et, à terme, de meilleurs revenus pour les fumeuses.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Un modèle éprouvé, adapté au contexte local</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les fumoirs remis à Ebodjé sont des fumoirs écologiques améliorés de type Chorkor, une technologie adaptée localement. Développé initialement au Ghana, le fumoir Chorkor est l&rsquo;un des modèles de référence en Afrique de l&rsquo;Ouest et centrale pour la transformation du poisson à moindre impact : sa conception en claies superposées permet de fumer une plus grande quantité de poisson avec moins de bois et en un temps réduit par rapport au foyer ouvert traditionnel, tout en limitant l&rsquo;exposition directe des fumeuses à la fumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux fumoirs ont été construits grâce à une subvention de 10 000 dollars du Global Greengrants Fund UK. Ce montant a permis d&rsquo;identifier 75 fumeuses directement bénéficiaires à Ebodjé, qui pourront désormais mutualiser l&rsquo;usage des deux infrastructures pour leur activité de transformation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3127" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Fumoir fabriqué par BCL à Ebodje.© BCL</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des sites de construction a été fait en concertation avec l&rsquo;autorité villageoise : c&rsquo;est <strong>M</strong>.<strong>Ndjokou Djongo</strong>, chef du village d&rsquo;Ebodjé, qui a désigné les emplacements retenus, dans les quartiers Ngata et Manga Madjao. L&rsquo;initiative a par ailleurs été mise en œuvre en partenariat avec le service de la conservation du Parc Marin Manyangue na Elombo Campo, ce qui inscrit ce don dans une démarche coordonnée avec la gestion officielle de l&rsquo;aire protégée, plutôt que comme une action isolée de la seule ONG.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément dans cette logique que s&rsquo;inscrit le don de fumoirs écologiques par BCL : soutenir une activité économique essentielle pour les communautés du parc, sans reproduire la pression sur les ressources ligneuses que ce même parc cherche à protéger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Cameroun et la Guinée Equatoriale unis pour préserver l’un des écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale</title>
		<link>https://tribuneverte.online/le-cameroun-et-la-guinee-equatoriale-unis-pour-preserver-lun-des-ecosystemes-marins-les-plus-riches-dafrique-centrale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Aug 2026 05:19:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3114</guid>

					<description><![CDATA[Au bord des rives du fleuve Ntem, où se trouve une étroite voie d’eau qui sépare le Cameroun de la Guinée équatoriale, il est difficile de distinguer où s’achève un&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>Entre Campo au Cameroun et Río Campo en Guinée équatoriale, les vagues ignorent les visas et les tortues marines ne connaissent pas les frontières. C’est dans cet esprit qu’a été lancé <strong>Pro‑CAMPO</strong>, un projet transfrontalier de quatre ans financé par l’Union européenne et porté par l’AMCO, le WWF, Tube Awu et ANDEGE. Son ambition : protéger l’un des écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale, renforcer la résilience des communautés locales et transformer la coopération régionale en moteur de conservation et de développement durable.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Environ 150 000 personnes vivent dans le département de l’Océan au Cameroun, dont près de 7 000 habitants à Campo, directement concernés par le projet Pro‑CAMPO. Du côté équato‑guinéen, Río Campo compte environ 1 100 habitants, auxquels s’ajoutent les villages voisins comme Ilende, Eyabe ou Campa‑Beach. Ces communautés côtières sont au cœur du projet, car elles dépendent directement des ressources halieutiques et des écosystèmes marins partagés.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au bord des rives du fleuve Ntem, où se trouve une étroite voie d’eau qui sépare le Cameroun de la Guinée équatoriale, il est difficile de distinguer où s’achève un pays et où commence l’autre. Les tortues marines viennent pondre sur les plages des deux côtés de la frontière. Dauphins, baleines et requins sillonnent librement des eaux que seules frontières dessinées sur une carte viennent delimiter.<br><em>« Les vagues ne demandent pas de visa et les espèces marines ne reconnaissent pas les frontières »</em>, a déclaré le <strong>Dr Aristide Takoukam Kamla</strong>, Président-Fondateur de l’African Marine Conservation Organisation (AMCO), à l’occasion du lancement d’une nouvelle initiative de conservation transfrontalière à Río Campo.<br>Ces mots résument parfaitement l’esprit du Projet d’appui à la conservation marine participative et à l’adaptation des océans (Pro-CAMPO), un projet de quatre ans financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’AMCO, le World Wide Fund for Nature (WWF), TUBE AWU et l’Asociación Nacional para la Defensa y Gestión del Medio Ambiente (ANDEGE).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="916" height="315" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png" alt="" class="wp-image-3115" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png 916w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-300x103.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-768x264.png 768w" sizes="auto, (max-width: 916px) 100vw, 916px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cartes du parc national marin de Manyange na Elombo-Campo au Cameroun et du parc national du Río Campo en Guinée équatoriale, respectivement</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet a été officiellement lancé le 8 juin 2026 à Campo, au Cameroun, avant de traverser le fleuve Ntem pour une seconde cérémonie de lancement tenue le 10 juin à Río Campo, en Guinée équatoriale. Son objectif est d’établir les bases de la conservation à long terme du capital naturel et de la biodiversité du paysage marin et côtier de Campo, à travers le renforcement de la gouvernance et de la gestion du Parc national marin Manyange na Elombo-Campo au Cameroun et du Parc national de Río Campo en Guinée équatoriale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des quatre prochaines années, le projet entend également approfondir la coopération transfrontalière, renforcer la résilience des communautés locales et autochtones, et consolider les capacités des institutions chargées de la conservation de ces aires protégées.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="627" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png" alt="" class="wp-image-3116" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1-768x512.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les parties prenantes lors de la cérémonie de lancement au Cameroun. Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Dr Takoukam, Pro-CAMPO va toutefois bien au-delà de la simple gestion des aires protégées. Il s’agit avant tout de transformer la manière dont les pays voisins envisagent la conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pro-CAMPO n’existe pas pour tracer de nouvelles frontières, mais pour effacer celles qui nous séparent de l’océan que nous partageons. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision repose sur une réalité fondamentale : si les êtres humains peuvent délimiter des frontières, les écosystèmes, eux, n’en connaissent aucune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage que le projet entend protéger figure parmi les écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale. Il abrite cinq des huit espèces mondiales de tortues marines, des lamantins d’Afrique, des dauphins à bosse de l’Atlantique, des baleines à bosse ainsi qu’une quarantaine d’espèces de requins et de raies. Ses mangroves, estuaires, plages de ponte et herbiers marins constituent des habitats essentiels pour la faune, tout en assurant les moyens de subsistance de milliers de personnes qui dépendent de la pêche et des ressources côtières.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="607" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png" alt="" class="wp-image-3117" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2-300x194.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2-768x496.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le paysage de Campo abrite le dauphin à bosse de l’Atlantique, une espèce en danger critique d’extinction devenue légalement protégée au Cameroun il y a quelques années. Crédit photo : AMCO</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet écosystème partagé subit cependant des pressions croissantes. La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), la dégradation des mangroves, la pollution, l’urbanisation côtière non durable et les effets du changement climatique menacent aussi bien la biodiversité que les communautés qui en dépendent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Union européenne, ces défis justifient pleinement un investissement dans un projet qui associe conservation de la nature et développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La protection des océans est une priorité pour l’Union européenne, car ces océans sont au cœur de la résilience climatique, de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance de millions de personnes »</em>, a déclaré <strong>Raymond Lataste</strong>, représentant de l’Union européenne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x771.png" alt="" class="wp-image-3121" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x771.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-300x226.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-768x578.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1536x1157.png 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6.png 2040w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Raymond Lataste</strong>. Crédit photo: Tube Awu</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de sa stratégie Global Gateway, a-t-il expliqué, l’Union européenne soutient un développement économique durable tout en favorisant la protection de l’environnement. Cette approche permet aux communautés côtières de bénéficier d’écosystèmes plus sains tout en développant des sources de revenus alternatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je vends du poisson depuis près de cinquante ans »</em>, raconte <strong>Ursula Molende Matomba</strong>, âgée de 67 ans, présente au lancement à Río Campo<em>. « Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de trouver du poisson. Bien souvent, les pêcheurs reviennent avec leurs pirogues vides. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Epengo Mbipite</strong>, président d’une association de pêcheurs artisanaux au Cameroun, est aussi confronté au déclin progressif des ressources halieutiques. Mais la baisse des captures n’est pas sa seule préoccupation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il arrive que des chalutiers industriels détruisent nos filets, alors même que nous ne pêchons pas dans leurs zones de pêche autorisées. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1024x771.png" alt="" class="wp-image-3122" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1024x771.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-300x226.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-768x578.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1536x1157.png 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7.png 2040w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Ndounteng Ndjamo Rodric Xavier</strong>( à gauche). Crédit photo: Tube Awu</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Ndounteng Ndjamo Rodric Xavier</strong>, coordonnateur de l’organisation partenaire TUBE AWU, Pro-CAMPO représente un véritable espoir pour des personnes comme Ursula et Mbipite. Forte de plusieurs années d’intervention autour du Parc national marin Manyange na Elombo-Campo, l’organisation accompagne déjà les communautés dans l’amélioration de leurs moyens de subsistance tout en promouvant la conservation marine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="466" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png" alt="" class="wp-image-3118" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3-300x149.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3-768x381.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La pêche constitue la principale source de revenus de ces communautés, mais la diminution des prises menace leur avenir. Le projet favorisera le développement d’activités génératrices de revenus alternatives tout en permettant la reconstitution des stocks halieutiques.Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<p class="wp-block-paragraph">La philosophie du projet a également été reprise par les autorités des deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Représentant le Ministre camerounais des Forêts et de la Faune lors du lancement à Campo, le <strong>Dr Saleh Adam</strong> a souligné que cette initiative est avant tout centrée sur les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ce que nous recherchons pour nos deux pays, c’est avant tout l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Il ne s’agit plus de faire de la conservation pour la conservation, mais d’une conservation au service de l’humanité. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">De l’autre côté de la frontière, <strong>Domingo Mbomio Ngomo</strong>, Président d’ANDEGE, a exprimé une vision similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous ne faisons pas de la conservation pour la seule conservation. Nous la faisons pour le bien-être des populations. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a souligné que, le développement d’activités génératrices de revenus contribuerait à réduire la pression exercée sur les écosystèmes marins tout en améliorant les conditions de vie des communautés côtières, un objectif central du projet Pro-CAMPO.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="442" height="306" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png" alt="" class="wp-image-3119" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png 442w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4-300x208.png 300w" sizes="auto, (max-width: 442px) 100vw, 442px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les communautés locales des deux pays sont au cœur du projet. Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="462" height="308" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png" alt="" class="wp-image-3120" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png 462w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5-300x200.png 300w" sizes="auto, (max-width: 462px) 100vw, 462px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ministre délégué chargé des Forêts et de l&rsquo;Environnement de la Guinée équatoriale, <strong>Diosdado Obiang Mbomio,</strong> qui présidait la cérémonie de lancement à Río Campo, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de la mise en œuvre réussie du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pro-CAMPO s’appuie également sur plusieurs décennies d’expérience en matière de conservation en Afrique centrale. Le WWF, qui accompagne depuis longtemps différentes initiatives d’aires protégées transfrontalières dans la région, estime que la coopération entre pays voisins n’est plus une option mais une nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La conservation ne peut être menée efficacement de manière isolée, car la nature ne reconnaît pas les frontières »</em>, a déclaré <strong>Alain Bernard Ononino</strong>, Directeur national du WWF Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rappelle que les animaux constituent la meilleure illustration de cette réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les populations animales, qu’elles soient terrestres ou aquatiques, ne connaissent pas les frontières. Elles n’ont pas de passeport et n’ont pas besoin de visa. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, a-t-il ajouté, protéger la nature implique aussi de préserver les droits et de valoriser les connaissances des peuples autochtones et des communautés locales, dont le savoir traditionnel jouera un rôle déterminant dans la réussite du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Guinée équatoriale, Pro-CAMPO représente également une occasion de renforcer les capacités nationales en matière de conservation marine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C’est la première fois que nous assurons la gestion d’une aire marine protégée, et nous souhaitons mettre à profit des enseignements  tires de Pro-CAMPO dans l’ensemble des aires marines protégées de Guinée équatoriale »</em>, a déclaré <strong>Fidel Esono Mba Eyono</strong>, Directeur général de Instituto Nacional de Desarrollo Forestal y Manejo del Sistema de Areas Protegegidas de Guinea Ecuatorial (INDEFOR-AP), en référence au Parc national de Río Campo, créé récemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a insisté sur le fait que la conservation doit créer des opportunités plutôt que des contraintes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La création d’une aire protégée ne signifie pas empêcher les populations d’améliorer leurs conditions de vie. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les communiqués officiels publiés à l’issue des cérémonies de lancement dans les deux pays reflètent ces priorités. Ils appellent à renforcer la sensibilisation des communautés, à intensifier la communication autour du parc marin et du projet, ainsi qu’à mieux expliquer les bénéfices que les communautés riveraines tireront des interventions de Pro-CAMPO.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des quatre prochaines années, le succès de Pro-CAMPO ne dépendra pas uniquement de mangroves en meilleure santé, de la reconstitution des stocks de poissons ou à une meilleure gestion des aires marines protégées. Il reposera également sur un facteur moins tangible, mais tout aussi essentiel : la capacité de deux pays, de leurs institutions et de leurs populations à unir leurs efforts pour protéger un océan qui, lui, n’a jamais reconnu la frontière qui les sépare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Shuimo Trust Dohyee</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mobilité pastorale et contamination au Mercure dans le corridor de transhumance : Cameroun–RCA–Tchad</title>
		<link>https://tribuneverte.online/mobilite-pastorale-et-contamination-au-mercure-dans-le-corridor-de-transhumance-cameroun-rca-tchad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 19:41:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[pandemic]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3030</guid>

					<description><![CDATA[©2026 &#124; Giovanny Engamba &#124; Centre pour l’Environnement et le Développement
(CED)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>Tout est parti d&rsquo;une enquête sur l’or à Zamboï, en effet, l’édition n°241 du 30 mai 2026, du journal The Continent révèle que le Cameroun est divisé par un trafic d’or clandestin, avec plus de 15 tonnes exportées en 2023 malgré de faibles statistiques officielles. Ce numéro a mis en lumière les flux financiers illicites liés à l’exploitation minière. Les disparités dans les données officielles, les drames sociaux comme l’abandon scolaire des enfants happés par les sites miniers, et l’absence de bonne conduite dans l’utilisation du mercure. Ce travail a été approfondi par la rédaction de Data Cameroon avec l’article : <a href="https://datacameroon.com/trafic-plus-de-57-000-kg-dor-frauduleusement-disparus-du-cameroun-en-11-ans/">« Trafic : plus de 57 000 kg d’or frauduleusement disparus du Cameroun en 11 ans »</a>.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Ces enquêtes ont montré que le problème ne se limite pas qu&rsquo;au désastre écologique, ni au non respect des Droits des mineurs ou des riverains actifs sur les sites contaminés. Sur le terrain, nous avons observé que les troupeaux de transhumance, en quête d’eau et de pâturages, s’abreuvent dans ces points d’eau saturés de mercure et de cyanure. Ils poursuivent ensuite leur route dans le corridor de transhumance  de trois pays ( Cameroun, Tchad, Centrafrique) , traversant Betaré‑Oya et Garoua‑Boulaï, avant d’être regroupés dans les marchés à bétail de Ngaoundéré. De là, la viande est acheminée vers Yaoundé, et d&rsquo;autres grandes villes du pays, où elle est abattue et distribuée dans les marchés populaires et les restaurants.</em> <em>Cette viande contaminée est également exportée dans les bagages des voyageurs en partance pour la diaspora, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une situation locale devient un gros risque sanitaire pour le reste du monde.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui ne s’est jamais laissé émoustiller les papilles gustatives par le parfum envoûtant du soya grillé dans les carrefours de Yaoundé&nbsp;? les brochettes de viande fumantes partagées entre amis, ou encore les plats raffinés servis dans les grands restaurants, ou dans les ménages&nbsp;? Derrière ces moments de convivialité se cache une réalité inquiétante : la viande que nous dégustons provient en grande partie du corridor de transhumance de l’Est Cameroun, un itinéraire où les troupeaux traversent des zones minières saturées de mercure et de cyanure. Ce qui semble être un simple plaisir culinaire devient, à notre insu, un vecteur de contamination qui dépasse largement les éleveurs et les riverains des sites miniers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilité pastorale pourtant présentée comme une solution durable face aux crises environnementales et climatiques, permet aux éleveurs de s’adapter aux variations saisonnières et de préserver la biodiversité. Cependant, dans le corridor Cameroun–RCA–Tchad, cette mobilité se déroule désormais dans un environnement minier saturé de mercure et de cyanure, transformant une pratique ancestrale en vecteur de contamination sanitaire et écologique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th.webp"><img loading="lazy" decoding="async" width="474" height="326" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th.webp" alt="" class="wp-image-3094" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th.webp 474w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th-300x206.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 474px) 100vw, 474px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Source: <a href="https://www.gavroche-rca.com">https://www.gavroche-rca.com</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet article, nous allons partager les résultats de plusieurs rapports d’études menées par le CED dans la zone, ainsi que les constatations des médecins, cliniciens et vétérinaires, &nbsp;à la suite des prélèvements effectués dans les eaux de surface&nbsp;; ensuite essayer d’établir les responsabilités des administrations de tutelle, des bergers et des artisans miniers. Tout en mettant en évidence les impacts sanitaires et environnementaux, avant de formuler des recommandations pour encadrer cette mobilité et protéger les communautés ainsi que les consommateurs urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’eau et l’or&nbsp;: des ressources naturelles dont l’exploitation interroge</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’exploitation aurifère artisanale et semi-mécanisée dans l’Est Cameroun, notamment à Batouri et Betaré-Oya, constitue une source de revenus vitale pour les populations locales. Les données du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) à la suite d’une étude réalisée en 2019 montrent que <strong>94,3 % des femmes de Batouri travaillent dans la mine</strong>, ce qui illustre la dépendance économique des communautés à cette activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières analyses réalisées par <strong>Mambou et al. (2021)</strong> à Batouri et par <strong>Rakotondrabe et al. (2018)</strong> à Betaré-Oya ont montré que les paramètres physicochimiques des eaux (pH, conductivité, TDS, ions majeurs) sont fortement dénaturés. Les concentrations en fer, manganèse, plomb et cadmium dépassent largement les normes de l’OMS. La rivière Kadey, qui se jette dans la Sangha puis dans le Congo, illustre l’ampleur transfrontalière de cette contamination fluviale.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1020" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001.jpg" alt="" class="wp-image-3097" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001.jpg 1020w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001-768x578.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1020px) 100vw, 1020px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Jeune fille de 18 ans sur le site minier de Zamboï, manipulant le mercure pour extraire de l&rsquo;or. ( ©Ange Atala/ lors d&rsquo;une mission avec le CED).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, selon le <strong>Code minier de 2016 (article 4),</strong> l’usage de produits chimiques est strictement proscrit. Dans la pratique, le traitement des gisements alluvionnaires nécessite l’utilisation de produits comme le mercure pour séparer les impuretés, ce qui entraîne une pollution directe des eaux. L&rsquo;eau étant la principale ressource utilisée pour l&rsquo;extraction des minerais, dans les mines artisanales, elle intervient dans toutes les étapes du processus. Dans les mines d’or en Afrique, l’eau est utilisée à toutes les étapes : elle sert au concassage et au lavage du minerai, au transport des boues, à la séparation des minéraux par flottation, à la réduction de la poussière sur les sites, et au traitement des eaux usées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces usages intensifs en font une ressource stratégique mais aussi une source majeure de pollution lorsqu’elle est chargée de produits chimiques comme le mercure ou le cyanure. Dans la pratique, le traitement des gisements alluvionnaires nécessite l’utilisation du mercure pour libérer les impuretés (Noedje et Massoh, 2018). Cette contradiction entre la loi et les pratiques expose directement les ressources hydriques. Selon le <strong>Dr Cyrille Narké</strong> (chercheur au CED)&nbsp;: <em>« la faune est la première victime, mais la flore, notamment les territoires de culture de maïs, est également détruite. Flore qui constitue la source d&rsquo;alimentation des animaux en transhumance&nbsp;»</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La SODEPA&nbsp;: un acteur de terrain pour l’encadrement de la filière bovine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène de contamination a pris de l’ampleur, au point où des bergers Mbororo se sont plaints d’avoir perdu entre 50% et 75% de leur cheptel au courant des années. <strong>M. Musa Usman , </strong>vice président de l’Association Sociale, Culturelle et de Développement des Mbororo (MBOSCUDA) nous a rapporté : <em>« les bergers sont contraints de liquider les bêtes qui présentent des anomalies en cours de transhumance, à vil prix (70 000Fcfa). Pourtant, à Yaoundé, un bœuf sur pied se vend généralement entre 300 000 et 600 000 FCFA, avec des hausses pouvant atteindre 800 000 FCFA et plus lors des grandes fêtes comme la Tabaski».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mme V.N</strong> est Médecin vétérinaire, elle confirme les risques encourus par les animaux&nbsp;: <em>« chez le bétail, la bioaccumulation du mercure entraîne une diminution de la production laitière, les femelles incapables de nourrir convenablement leurs petits, l’on constate des troubles de croissance chez ces derniers, et une baisse de la fertilité chez les mâles, fragilisant directement la reproduction dans la  filière bovine ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La SODEPA (Société de Développement et d’Exploitation des Productions Animales), créée en 1974, avait pour mission de moderniser et encadrer la filière bovine au Cameroun. Dans les années 1980, elle a connu une phase d’expansion avec la mise en place de grands ranchs à Ngaoundéré, Ndokayo et Dumbo, assurant la productivité bovine, la vaccination des troupeaux et la traçabilité de la viande destinée aux marchés urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette société s’est imposée comme un acteur pivot de la sécurité alimentaire nationale, en assurant la productivité des troupeaux, la vaccination et le contrôle vétérinaire, tout en structurant les circuits de commercialisation du bétail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rôles principaux de la SODEPA:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Encadrement des éleveurs</strong> : organisation des parcours de transhumance, suivi sanitaire des troupeaux, vaccination et contrôle vétérinaire.</li>



<li><strong>Gestion des ranchs</strong> : exploitation de grands ranchs d’élevage pour améliorer la productivité bovine.</li>



<li><strong>Traçabilité de la viande</strong> : contrôle des circuits de commercialisation, abattage dans des zones réglementées, certification sanitaire.</li>



<li><strong>Appui logistique</strong> : mise à disposition de parcs de vaccination, forages pastoraux, marchés à bétail et zones d’abattage.</li>



<li><strong>Sécurité alimentaire</strong> : garantir une viande de qualité pour les consommateurs urbains et réduire les risques de contamination.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dès les années 1990, la société a traversé une crise financière et institutionnelle, réduisant ses activités et laissant place à l’informel. Les tentatives de réorganisation dans les années 2000 n’ont pas suffi à restaurer son efficacité, et à partir de 2020, le déclin s’est accéléré avec la cessation progressive des activités dans certaines zones, notamment dans l’Est. Cet affaiblissement institutionnel a eu des conséquences directes : expansion incontrôlée de la transhumance, exposition accrue des troupeaux aux zones minières contaminées par le mercure et le cyanure, et mise sur le marché d’une viande sans réel contrôle sanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun cadre de la SODEPA n’a souhaité répondre à nos questions, une visite de quelques abattoirs s’est imposée. Toutefois, un boucher qui a souhaité témoigner dans l’anonymat a révélé que les bêtes qui parviennent à leur niveau, sont d’abord regroupés et identifiés, puis soumis à un contrôle vétérinaire qui vérifie leur état sanitaire et leur conformité aux normes de sécurité alimentaire. Ensuite, ils passent par des parcs de repos et de vaccination, où l’on s’assure qu’ils ne présentent pas de maladies transmissibles. Ce n’est qu’après ces étapes de surveillance sanitaire et de certification que les animaux sont conduits vers la chaîne d’abattage, dans des conditions réglementées visant à réduire le stress et à préserver la qualité de la viande.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Mercure toujours susceptible d’être présent dans le bétail</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il soit établi que le bétail est scruté sur les aspects biologiques, notre préoccupation demeure sur les risques de traces de Mercure et de cyanure, dans la viande. Interrogés au courant de cette enquête, les cadres du MINEPIA (Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales) nous révèlent : <em>«&nbsp;le MINEPIA n&rsquo;a pas encore mis en place un dispositif spécifique contre la contamination au Mercure dans la viande, mais il agit par des programmes de contrôle sanitaire des cheptels, de lutte contre les zoonoses et de surveillance épidémiologique&nbsp;».</em> Ces mesures visent à renforcer la traçabilité et la salubrité des produits d’origine animale, même si leur application reste limitée face à l’absence d’une technologie capable de déceler des traces de métaux lourds dans le bétail contrôlé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est utile de préciser que le MINEPIA tente de répondre à ce phénomène par des programmes de contrôle sanitaire et de gouvernance en cours, mais ses actions restent limitées face à la contamination au Mercure. À travers le Programme 331, le ministère organise des campagnes de vaccination et de lutte contre les zoonoses, afin de protéger les cheptels et garantir une meilleure couverture sanitaire. Ces efforts incluent la surveillance épidémiologique et la formation des éleveurs aux bonnes pratiques, mais ils ne prennent pas encore en compte la pollution chimique issue des sites miniers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du Programme 330, le MINEPIA cherche à développer les productions animales et à améliorer la qualité des produits carnés. Des partenariats internationaux ont été noués pour renforcer les capacités techniques et institutionnelles, notamment avec le Maroc et Israël. Cependant, la traçabilité de la viande reste fragile depuis le déclin de la SODEPA, et les marchés urbains ne bénéficient pas d’un contrôle systématique des résidus chimiques. La viande contaminée continue donc de circuler sans filtre sanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, cette lutte n&rsquo;est pas du seul ressort du MINEPIA;  la contamination au mercure exige une synergie intersectorielle avec le Ministère des Mines, des Industries et du Développement Technologique (MINMIDT)&nbsp;; celui de l’Environnement, du Développement Durable et de la Protection de la Nature (MINEPDED)&nbsp;; et celui de la Santé (MINSANTE). Sans cette coordination, les mesures actuelles du MINEPIA ne suffisent pas à protéger les populations urbaines de Yaoundé contre les risques invisibles liés à la viande contaminée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mobilité humaine et pastorale : une solution à mettre à l’échelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On l’a donc compris, la viande issue du corridor de transhumance qui passe par l’Est Cameroun suit un itinéraire bien établi qui la conduit jusqu’aux marchés de Yaoundé. Les troupeaux traversent les zones minières de Betaré‑Oya et Garoua‑Boulaï, puis rejoignent les marchés à bétail et les abattoirs urbains. Ces circuits sont les principaux points de transit identifiés par l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations), avec plus de 141 passages pastoraux recensés, dont 96 localités de transhumance et plusieurs marchés à bétail. Cette mobilité pastorale se déroule désormais sans contrôle sanitaire strict, exposant les animaux aux points d’eau contaminés.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="297" height="421" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768.jpg" alt="" class="wp-image-3093" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768.jpg 297w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768-212x300.jpg 212w" sizes="auto, (max-width: 297px) 100vw, 297px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Source: <a href="https://dtm.iom.int/reports/cameroun-%E2%80%94-tableau-de-bord-du-suivi-des-mouvements-de-transhumance-3-octobre-2020">https://dtm.iom.int/reports/cameroun-%E2%80%94-tableau-de-bord-du-suivi-des-mouvements-de-transhumance-3-octobre-2020</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène illustre une crise systémique: la contamination ne reste pas cantonnée aux zones rurales, mais se propage jusqu’aux assiettes des citadins de Yaoundé. Comme l’a montré le <strong>Dr. Marie Njoya</strong> dans ses travaux sur les conflits agropastoraux, la compétition pour l’accès aux ressources hydriques et foncières entraîne déjà des tensions locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr. Marie Mvu Njoya dans sa thèse sur les conflits agropastoraux :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les registres des tribunaux et des chefferies révèlent une recrudescence des plaintes liées à la contamination des points d’eau et à la destruction des cultures. »</em> Ces constats, appliqués au corridor, montrent que la contamination ne s’arrête pas aux zones rurales mais se propage jusqu’aux instances juridictionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le double enjeu stratégique de la mobilité pastorale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène prend une dimension géostratégique, sanitaire et économique : la viande contaminée devient un vecteur invisible d’insécurité alimentaire. Les initiatives telle que le lancement de l’Année Internationale des Parcours et des Pasteurs (IYRP 2026) et la campagne « Mobility Matters » à Garoua en juin 2026, ont mis en lumière l’importance stratégique du pastoralisme pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. Mais derrière les discours sur la mobilité et la résilience des éleveurs transhumants, une menace silencieuse s’impose : la contamination des eaux par le mercure dans les corridors de transhumance reliant le Cameroun et deux pays transfrontaliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête récente, à la suite du prélèvement des eaux en juin 2026, réalisée par les chercheurs du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) révèle que plus de 51,9 % des orpailleurs dans les sites de Gounte et Kambélé utilisent du mercure pour l’extraction de l’or. Près de 65 % ne prennent aucune précaution, et plus de 61 % ignorent les risques sanitaires. Ces pratiques entraînent une pollution directe des rivières et mares, qui servent de points d’abreuvement pour les troupeaux transhumants. Le corridor pastoral, censé être un espace vital pour la mobilité des éleveurs, devient ainsi un vecteur de contamination.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-1024x1024.png" alt="" class="wp-image-3091" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-1024x1024.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-300x300.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-150x150.png 150w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-768x768.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8.png 1254w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Données de la mission du CED sur le terrain, en juin 2026.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mercure s’accumule dans les tissus des animaux – foie, reins, muscles – sans provoquer immédiatement de signes visibles. Les conséquences sont graves : baisse de fertilité, troubles neurologiques, retard de croissance et diminution de la production laitière. À long terme, la viande et le lait issus de ces troupeaux contaminés peuvent représenter un danger pour les consommateurs, fragilisant la sécurité alimentaire sous-régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les chiffres de l’étude du CED en juin 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêtes menées auprès des orpailleurs dans les sites de <strong>Gounte</strong> et <strong>Kambélé</strong> montrent :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Méthodes d’extraction</strong> : plus de <strong>90 %</strong> des orpailleurs utilisent la chaîne complète <em>concassage-écrasage-lavage-captage-chauffage</em>.</li>



<li><strong>Produits utilisés</strong> : le <strong>mercure est employé par 51,9 %</strong> des orpailleurs, contre 37 % qui déclarent n’utiliser aucun produit.</li>



<li><strong>Mode d’approvisionnement</strong> : 35,2 % achètent au marché, 13 % via des intermédiaires chinois, et 14,8 % directement sur place.</li>



<li><strong>Précautions</strong> : près de <strong>65 % ne prennent aucune mesure de protection</strong>, seuls 18,5 % portent un cache-nez.</li>



<li><strong>Connaissance des risques</strong> : 61,1 % des orpailleurs ignorent les dangers liés au mercure.</li>



<li><strong>Risques identifiés</strong> : 25,9 % reconnaissent l’exposition aux maladies, 13 % à la mort, mais la majorité (61,1 %) ne signale rien.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces données confirment une méconnaissance généralisée des risques et une utilisation massive du mercure, malgré son interdiction par le Code minier du Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’avis du corps médical</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans </em>le cadre d’une étude menée sur l’intoxication au Mercure, par Dr. <strong>Lynda Bensefa-Colas</strong>, du <em>Groupe Hospitalier Cochin Saint-Vincent-de-Paul/Service de pathologie professionnelle, elle affirme&nbsp;:</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les deux organes cibles sont le système nerveux central et le rein. L’inhalation aiguë de vapeurs de mercure métallique ou inorganique est à l’origine d’atteintes pulmonaires, l’inhalation chronique d’encéphalopathies, de tubulopathies ou de glomérulonéphrites. Les graves intoxications alimentaires au méthylmercure (MeHg) qui ont touché des populations d’Irak et du Japon ont entraîné des épidémies d’encéphalopathies dans la population et des atteintes du développement chez les enfants exposés in utero. Le traitement chélateur est indiqué lors d’intoxication symptomatique d’exposition aiguë et permet parfois l’amélioration des manifestations liées à une exposition chronique. De nos jours, bien que les situations d’intoxication à forte dose soient rarement rencontrées, des efforts doivent être apportés afin de réduire les concentrations de mercure dans l’environnement et les risques sur la santé humaine à plus faible dose (amalgames dentaires en mercure, contamination de poissons par des dérivés organiques de mercure …)&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La contamination au mercure n&rsquo;est pas une maladie du sang primaire, mais qu&rsquo;elle peut provoquer une anémie, une destruction des globules rouges ou des troubles de la moelle osseuse.<strong>Dr. H M</strong>, hématologue clinicien en service à l’hôpital régional de Garoua, nous a précisé que&nbsp;: <em>«&nbsp;En cas de contamination, il est requis une analyse de sang total, et le patient serait orienté vers un centre antipoison.</em> <em>L’ingestion de dose assez importante de mercure peut entraîner au plan hématologique une toxicité directe sur les cellules hématopoïétiques plus spécifiquement sur la lignée rouge. Elle induit une anémie hémolytique (qui est une destruction précoce ou prématurée des globules rouges secondaires à un agent toxique). Qui se manifeste par les signes fonctionnels de l’anémie et de l’hémolyse (yeux jaune, urine coca cola). Les autres lignées cellulaires peuvent aussi être atteintes donnant des leucopénies et des thrombopenies .».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En d&rsquo;autres termes, les effets sur le sang sont&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Anémie : Baisse du taux d&rsquo;hémoglobine par atteinte de la fabrication des globules rouges.</li>



<li><span style="color: initial">Hémolyse : Destruction anormale des globules rouges dans les cas graves.</span></li>



<li>Leucopénie : Baisse possible des globules blancs altérant les défenses immunitaires.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Ghislaine Tchokouatou</strong>, présidente de l’association <em>Action des Femmes pour une Planète Bio</em>, <em>« le mercure pollue les rivières et les pâturages, s’accumule dans les tissus des animaux et entraîne des effets graves sur la santé et l’économie des éleveurs. La Convention de Minamata interdit son usage, mais sur le terrain, les pratiques persistent »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pastoralisme camerounais contribue à près de 40 % du PIB agricole, avec une production annuelle de plus de 300 000 tonnes de viande et 500 000 tonnes de lait. Mais cette richesse est menacée par la pollution au mercure. L’enjeu est désormais double : garantir la mobilité des pasteurs et protéger la qualité sanitaire des ressources. La campagne « Mobility Matters » et l’IYRP 2026 offrent une plateforme unique pour porter ce message à la COP Désertification et inscrire la lutte contre la contamination dans l’agenda international.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Actions du projet PARTTAC (FAO – UE)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corridor de transhumance Cameroun–Tchad–Centrafrique est un axe vital pour la mobilité pastorale en Afrique centrale. Selon la FAO (2026), il soutient des milliers de pasteurs et contribue à la sécurité alimentaire régionale. Cependant, les activités minières artisanales, notamment dans les zones de Kambélé et Gounte, entraînent une pollution des eaux par le mercure, un métal lourd hautement toxique.<a href="https://www.fao.org/cameroun/actualites/detail/vers-une-gouvernance-concert%C3%A9e-et-durable-de-la-transhumance-transfrontali%C3%A8re-entre-le-cameroun--le-tchad-et-la-r%C3%A9publique-centrafricaine/fr">https://www.fao.org/cameroun/actualites/detail/vers-une-gouvernance-concert%C3%A9e-et-durable-de-la-transhumance-transfrontali%C3%A8re-entre-le-cameroun&#8211;le-tchad-et-la-r%C3%A9publique-centrafricaine/fr</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, Le rapport de la Banque Mondiale (2019<strong>)</strong> sur l’« utilisation du mercure dans le secteur de la mine artisanale et à petite échelle au Cameroun » révèle que les concentrations de mercure dans les zones minières dépassent largement les seuils de sécurité environnementale <a href="https://www.precasem.cm/wp-content/uploads/2021/01/Enquete-utilisation-Hg-exploitation-Au-artisanal-au-Cameroun-2019.pdf">https://www.precasem.cm/wp-content/uploads/2021/01/Enquete-utilisation-Hg-exploitation-Au-artisanal-au-Cameroun-2019.pdf</a>. Le Plan d’action national 2025‑2030 du Cameroun, élaboré sous la Convention de Minamata, vise à réduire de <strong>70 %</strong> l’usage du mercure dans l’extraction aurifère, mais sa mise en œuvre reste limitée <a href="https://faolex.fao.org/docs/pdf/cmr232549.pdf">https://faolex.fao.org/docs/pdf/cmr232549.pdf</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Projet d’appui à la régulation de la transhumance transfrontalière en Afrique centrale (PARTTAC) vise à sécuriser les couloirs pastoraux, harmoniser les réglementations entre les trois pays et réduire les conflits liés à la mobilité des troupeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier 2026, un atelier interministériel à Douala a validé une stratégie commune pour encadrer la transhumance, incluant la sécurisation des parcours pastoraux, la mise en place d’un observatoire régional et l’utilisation d’outils technologiques (drones, patrouilles conjointes) pour surveiller les mouvements de cheptel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, les documents disponibles montrent que PARTTAC s’est concentré sur la gouvernance, la sécurité et la régulation des flux pastoraux, sans aborder directement la question de la pollution au mercure dans les zones minières. Le PARTTAC a permis de renforcer la gouvernance et la coopération régionale sur la transhumance, mais il n’a pas encore intégré la problématique de la pollution minière au mercure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La SODEPA, malgré son rôle central dans la filière bovine, n’a pas mis en place de mécanismes de contrôle sanitaire liés à cette contamination. Cela souligne une légereté dans le traitement du sujet, qui suggère l’urgence de combler par une coordination interministérielle et les organisations pastorales comme MBOSCUDA, afin de protéger les pasteurs et les consommateurs. Les analyses montrent des concentrations de mercure dépassant de plus de <strong>5000 fois la norme OMS (0,006 µg/L)</strong>, exposant directement les animaux et les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <strong>Dr A. M</strong>, cadre au Ministère de l&rsquo;Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) ; nuance le propos en rappelant que: <em>« le premier problème vient des éleveurs qui laissent leurs animaux s’abreuver dans ces sources contaminées. Mais il faut aussi reconnaître que les orpailleurs envahissent les pâturages. La solution passe par l’organisation des éleveurs et l’installation de forages à énergie solaire avec des bacs d’abreuvement, situés loin des sites d&rsquo;exploitation aurifère »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corridor Cameroun–RCA–Tchad illustre un paradoxe : il est à la fois un espace vital pour la mobilité des pasteurs et un lieu de contamination silencieuse par le mercure. La synergie entre les constats scientifiques, les alertes des acteurs de terrain et les initiatives internationales comme Mobility Matters doit permettre de porter ce problème à l’agenda mondial. La lutte contre la désertification et la reconnaissance du pastoralisme comme solution agroécologique doivent désormais intégrer la dimension sanitaire et environnementale de la pollution minière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Santé et agriculture : Baka et Bantou de Mintom face aux dangers des engrais chimiques</title>
		<link>https://tribuneverte.online/sante-et-agriculture-baka-et-bantou-de-mintom-face-aux-dangers-des-engrais-chimiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 13:28:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Le projet porté par INADES-Formation Cameroun, est financé par le Global Greengrants Fund. Avec un objectif principal clair : informer les producteurs et les communautés locales sur les risques liés aux&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li>À Mintom, dans le département du Dja et Lobo, région du Sud Cameroun, l’agriculture familiale reste le pilier de l’économie locale, mais la dépendance aux engrais chimiques fragilise les sols et la santé des paysans. Selon la FAO, plus de 44 % des ménages agricoles du Cameroun ont vu leurs rendements baisser en 2024. </li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ceci a motivé la tenue, du 10 au 12 juillet 2026, d&rsquo;une vaste campagne de sensibilisation, couvrant les localités de Mintom Ville, et les villages: Zoulabote et Assok. Cette initiative, est mise en œuvre par l’AJPAC (Association des Jeunes Peuples Autochtones Pygmées du Cameroun) dans le cadre du projet « Campagne de réduction des pesticides chimiques de synthèse en faveur de la promotion des intrants organiques et des pratiques agroécologiques au Cameroun ».</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet porté par INADES-Formation Cameroun, est financé par le Global Greengrants Fund. Avec un objectif principal clair : informer les producteurs et les communautés locales sur les risques liés aux pesticides chimiques, promouvoir les intrants organiques comme alternative durable, et encourager l’adoption de pratiques agroécologiques respectueuses de l’environnement et de la santé des populations. Les communautés locales – peuples autochtones Baka et populations bantoues – s’associent pour une cause commune : se libérer de la dépendance aux engrais chimiques et promouvoir les intrants organiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <strong>Sa Majesté Engoto Ekoman Dieudonné</strong>, chef de 3ᵉ degré du village de Zoulabote :<br><em>« Nous cultivons: manioc, maïs, macabo, arachides, cacao et palmier à huile depuis des générations. Les pesticides nous ont rendu dépendants, mais nous sommes tristes de constater que la production a baissé et notre santé s’est dégradée. Nous avons besoin de formations pour fabriquer nos propres engrais biologiques. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0219-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0219-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3080" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0219-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0219-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0219-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0219-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0219-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em> <strong>Sa Majesté Engoto Ekoman Dieudonné</strong> (© AJPAC)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mieux comprendre les enjeux sanitaires de la situation, un paysan nous a partagé son désarroi: <em>« pour les cultures vivrières, nous avons nos méthodes traditionnelles pour fertiliser le sol. Mais pour le cacao et le palmier à huile, nous sommes contraints d’utiliser les engrais chimiques, car la concurrence nous oblige à produire en grande quantité. On nous a tant chanté les mérites du développement à travers ces cultures de rente, mais nous avons constaté une augmentation des cas de cécité et des maladies respiratoires auprès des agriculteurs, car nous inhalons ces produits pendant la pulvérisation. Nous avons plus que jamais besoin de nous affranchir de l’usage des produits chimiques, car au final, nos compagnons des villages voisins qui s’en sont abstenus; ont une meilleure production que nous à l&rsquo;heure actuelle, car leurs sols ne sont pas appauvris et ils souffrent moins des conséquences sanitaires. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agriculture familiale constitue la principale source de subsistance des communautés de Mintom. Cependant, la dégradation des sols, l’usage excessif de pesticides chimiques et les effets du changement climatique menacent la sécurité alimentaire. Dans ce contexte, la promotion des intrants organiques (compost, fumier, biofertilisants, biopesticides) apparaît comme une alternative durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Lerys Nyangono</strong>, président d’AJPAC et membre de la communauté Baka de Zoulabote: <em>« les cris d&rsquo;alarme de mon peuple me touchent au plus haut point. Je n&rsquo;ai pas fait des études pour devenir citadin et abandonner des préoccupations qui nous sont légitimes. Par cette campagne de sensibilisation, nous accompagnons les efforts de la transition agroécologique , vers une voie de survie pour les peuples autochtones Baka, car elle valorise nos savoirs traditionnels tout en protégeant notre biodiversité »</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0293-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0293-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3082" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0293-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0293-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0293-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0293-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_0293-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Lerys Nyangono</strong>, face à la communauté Baka de Zoulabote (© AJPAC)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une conviction forte qui l&rsquo;a poussée à s&rsquo;entourer de l&rsquo;expertise d&rsquo; <strong>Etienne Dibongue</strong>, spécialiste des questions de Droit des peuples autochtones, et chef des programmes à AJPAC. Ce dernier insiste sur la nécessité d’un accompagnement technique : <em>« sensibiliser ne suffit pas, il faut former à la fabrication des engrais naturels, et appuyer les communautés locales pour qu’elles puissent produire leurs intrants organiques de manière autonome»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ceci doit se faire de concert avec les besoins des communautés, <strong>Lionel Owoundi</strong>, facilitateur communautaire dans le cadre de ce projet, met en avant l’importance d&rsquo;une sensibilisation de proximité: <em>« les rencontres directes favorisent le lien avec la communauté, mais le passage à la radio communautaire de Mintom qui est écoutée dans toute la région autour de la boucle du Dja, nous a permis d&rsquo;élargir l&rsquo;audience. En utilisant la langue locale, notre objectif est de toucher les villages reculés et renforcer l’adhésion des jeunes et des femmes en particulier ».</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/0cbb4c69-489e-4258-beb5-1f306f282514.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/0cbb4c69-489e-4258-beb5-1f306f282514-1024x1024.png" alt="" class="wp-image-3083" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/0cbb4c69-489e-4258-beb5-1f306f282514-1024x1024.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/0cbb4c69-489e-4258-beb5-1f306f282514-300x300.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/0cbb4c69-489e-4258-beb5-1f306f282514-150x150.png 150w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/0cbb4c69-489e-4258-beb5-1f306f282514-768x768.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/0cbb4c69-489e-4258-beb5-1f306f282514.png 1254w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Source de données :<a href="https://cameroon.un.org/en/309315-dwindling-abundance-baka-facing-climate-change">https://cameroon.un.org/en/309315-dwindling-abundance-baka-facing-climate-change</a> (© image générée par gpt-ai)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet se poursuit pour les prochaines étapes, particulièrement  la formation à la fabrication des biofertilisants destinés aux producteurs locaux. L&rsquo;effectivité de la transition agroécologique nécessite une<strong> </strong>synergie entre savoirs locaux, accompagnement technique et plaidoyer institutionnel. Les interventions des autorités traditionnelles et des paysans confirment que la réussite de cette transition dépend de l’adhésion des communautés à la base et de leur capacité à s’affranchir des intrants chimiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>JVE Cameroun clarifie le rôle des médias et OSC dans la diffusion des informations liées au Fonds Vert et au MRI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 12:49:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
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					<description><![CDATA[L’ONG a organisé un atelier de renforcement des capacités à l’intention des journalistes et des membres de la société civile, le 21 juillet 2026 à Yaoundé. Cette rencontre tenue dans&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’ONG a organisé un atelier de renforcement des capacités à l’intention des journalistes et des membres de la société civile, le 21 juillet 2026 à Yaoundé. Cette rencontre tenue dans le cadre du Projet CSO Advocacy Grant a permis de former les particpants sur le Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) du Fonds Vert pour le Climat (FVC). Selon la Banque mondiale, plus de 300 plaintes sont traitées chaque année par ses propres mécanismes de recours, ce qui illustre l’importance de tels dispositifs en Afrique. JVE Cameroun, déjà expérimentée avec des ateliers similaires en 2023 à Garoua, poursuit ainsi son rôle d’accompagnement des communautés affectées par des projets climatiques.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces sessions ont été complétées par des travaux de groupe et des études de cas portant sur des situations concrètes de communautés impactées par des projets climatiques. Des exercices pratiques ont permis de simuler des interviews, de rédiger des articles sur le MRI et même de reproduire la procédure de dépôt de plainte. Cette immersion a favorisé une appropriation concrète du mécanisme et renforcé la confiance des participants dans leur capacité à agir.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4435-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="667" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4435-1024x667.jpg" alt="" class="wp-image-3075" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4435-1024x667.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4435-300x196.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4435-768x500.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4435-1536x1001.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4435-2048x1335.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Participant </strong>représentant d&rsquo;une OSC à l&rsquo;atelier : « La simulation de dépôt de plainte nous a montré que nous pouvons agir, même face à des projets internationaux. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bien-fondé de l’atelier repose sur un constat préoccupant : dans les zones d’implantation de projets financés par le FVC, les communautés affectées manquent cruellement d’informations fiables sur leurs droits et sur les voies de recours existantes. Les journalistes, par leur proximité avec les populations et leur mission d’informer, apparaissent comme des relais essentiels pour vulgariser ces informations. Les organisations de la société civile, quant à elles, jouent un rôle d’accompagnement et de mobilisation communautaire indispensable à l’effectivité du mécanisme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4465-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="709" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4465-1024x709.jpg" alt="" class="wp-image-3072" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4465-1024x709.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4465-300x208.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4465-768x531.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4465-1536x1063.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4465-2048x1417.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Judith Ndongo</strong> (au centre), journaliste participante à l&rsquo;atelier .</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Encadré par <strong>Blondel Silenou</strong> (chef du projet IRM CSO Advocacy Grant 2026), <strong>Michelle Nlend</strong>, <strong>Mamout Oumarou</strong> et <strong>Jessica Lebgane</strong> (voir photo de titre, au centre) , l’atelier s’inscrit dans une série d’initiatives portées par JVE Cameroun. L’organisation n’en est pas à sa première expérience : en 2023 déjà, des ateliers avaient été organisés à Garoua et Lagdo pour sensibiliser les communautés locales sur leurs droits face aux projets climatiques, notamment le PIDACC/BN [<a href="https://newsupfront.com/cameroon-local-communities-schooled-on-climate-redress-mechanisms/">https://newsupfront.com/cameroon-local-communities-schooled-on-climate-redress-mechanisms/</a> ] . Ces expériences antérieures ont permis de consolider une expertise pratique et de bâtir un réseau de journalistes et d’acteurs communautaires engagés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4361-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4361-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-3073" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4361-1024x769.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4361-300x225.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4361-768x577.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4361-1536x1153.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/IMG_4361-2048x1538.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mamout Oumarou</strong>/ JVE Cameroun</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau continental, les données de la Banque Mondiale illustrent l’importance de tels dispositifs : son propre mécanisme de recours, le Grievance Redress Service (GRS), reçoit en moyenne plus de 300 plaintes par an sur des projets financés en Afrique et ailleurs, couvrant des impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance [<a href="https://www.worldbank.org/en/projects-operations/products-and-services/grievance-redress-service">https://www.worldbank.org/en/projects-operations/products-and-services/grievance-redress-service</a>] . Ces chiffres montrent que les mécanismes de recours ne sont pas théoriques, mais bel et bien utilisés par les populations pour défendre leurs droits. En Afrique, plusieurs plaintes ont déjà concerné des projets hydroélectriques, des plantations industrielles ou des programmes d’adaptation, souvent liés à des déplacements de populations ou à la pollution des cours d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’atelier de Yaoundé confirme que l’accès à l’information et aux mécanismes de recours est une condition essentielle pour une justice climatique effective. En s’appuyant sur l’expérience de Garoua en 2023 et sur les données de la Banque mondiale, JVE Cameroun démontre que les communautés locales peuvent devenir des acteurs actifs de la gouvernance climatique, transformant leurs plaintes en leviers de transparence et de résilience.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange Atala</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Gouvernance verte : JVE Cameroun va former 250 jeunes durant l&#8217;UniGoVe 2026</title>
		<link>https://tribuneverte.online/gouvernance-verte-jve-cameroun-va-former-250-jeunes-durant-lunigove-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 10:13:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[La deuxième édition de l&#8217;Université de la Gouvernance Verte (UniGoVe) se tiendra de juillet à septembre 2026, avec une ambition assumée: passer de l&#8217;amorçage à l&#8217;impact. La formation combine 23&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>La deuxième édition de l&rsquo;Université de la Gouvernance Verte (UniGoVe) se tiendra de juillet à septembre 2026, avec une ambition assumée: passer de l&rsquo;amorçage à l&rsquo;impact.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La formation combine 23 webinaires d&rsquo;une heure de temps, accessibles depuis toutes les régions du Cameroun, et un atelier national de deux jours à Yaoundé. Ce temps fort en présentiel réunira les participants les plus assidus pour des travaux de groupe, du coaching en plaidoyer et l&rsquo;élaboration de plans d&rsquo;action. Il s&rsquo;achèvera par la validation d&rsquo;un mémorandum de recommandations politiques destiné aux décideurs et le lancement officiel du réseau des jeunes ambassadeurs de la gouvernance verte, dont l&rsquo;objectif est de compter au moins 150 membres actifs, à parité femmes-hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Menu de la formation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a notamment, l&rsquo;élaboration des Plans Climat Locaux. Ces instruments permettent aux communes de traduire les engagements climatiques nationaux en actions concrètes. Ils offrent l’opportunité d&rsquo;accéder aux financements climatiques internationaux. Au moins trente cadres suivront ce sous-programme certifiant, avec un objectif ambitieux à la clé. On attend au moins, cinq Plans Climat Locaux initiés par les participants formés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Innovations dans le programme UniGoVe</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme innovation mineure, on note cette année un bloc introductif consacré à la budgétisation sensible au genre et au climat, la compétence désormais axe central du parcours et un volet inédit pour les cadres des communes . Et comme innovation majeure, il y a quatre modules spéciaux. Ceux-ci sont réservés aux cadres et agents des collectivités territoriales décentralisées (communes, conseils régionaux, FEICOM, MINDDEVEL).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Concrétisation du partenariat entre AGEYCA et JVE Cameroun</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Portée par l&rsquo;ONG Jeunes Volontaires pour l&rsquo;Environnement (JVE Cameroun) dans le cadre du projet AGEYCA, financé par le Fonds des Nations Unies pour la Démocratie (UNDEF), l&rsquo;UniGoVe 2026 élargit considérablement le dispositif inauguré en mars 2024 lors de la première édition. A cette occasion, 150 jeunes ont été formés, dont plus de 30 % de femmes, en partenariat avec la Friedrich-Ebert-Stiftung.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fois, la barre est placée plus haut. 250 participants issus des dix régions du Cameroun, vont prendre part à l&rsquo;UniGoVe 2026 avec un seuil non négociable d&rsquo;au moins 40 % de femmes et de jeunes filles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Formation d’une génération de « co-pilotes »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’objectif qui fonde du programme UniGoVe. Au Cameroun, moins de 12 % des jeunes déclarent avoir été consultés dans l&rsquo;élaboration des politiques publiques, et 67 % des 18-35 ans reconnaissent mal comprendre les enjeux environnementaux nationaux. Pendant ce temps, le pays perd environ 300 000 hectares de forêt chaque année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">UniGoVe entend inverser cette logique.&nbsp; Il est question de faire des jeunes non plus des bénéficiaires passifs, mais des acteurs outillés, capables de lire un budget communal, d&rsquo;interpeller un élu avec des données probantes et de s&rsquo;asseoir à la table des décisions.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-14-at-18.19.36.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="832" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-14-at-18.19.36-832x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3068" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-14-at-18.19.36-832x1024.jpeg 832w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-14-at-18.19.36-244x300.jpeg 244w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-14-at-18.19.36-768x945.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-14-at-18.19.36.jpeg 878w" sizes="auto, (max-width: 832px) 100vw, 832px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le curriculum 2026 est structuré en sept blocs thématiques. Il couvre les cinq piliers de la bonne gouvernance, les indicateurs internationaux (WGI de la Banque Mondiale, Indice Ibrahim), les standards de la gouvernance verte dont la toute récente norme ISO 14001:2026, la décentralisation, les droits environnementaux, la finance climatique et le plaidoyer fondé sur des preuves »</em><strong><em>,</em></strong> indique <strong>Blondel Silenou, Secrétaire Exécutif de JVE Cameroun</strong>.   </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Infos pratiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les inscriptions et les modalités de participation ont été communiquées par JVE Cameroun sur ses canaux officiels. Le site web (<a href="http://www.jvecameroun.org">www.jvecameroun.org</a>), la boite électronique (<a href="mailto:info@jvecameroun.org">info@jvecameroun.org</a>) et les réseaux sociaux (X @jvecmr · LinkedIn : Young Volunteers for Environment).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bon à savoir, la couverture médiatique de la formation sera assurée par le Gender Data Journalist Network, avec un accent sur le journalisme de données genrées au service de la redevabilité environnementale. La troisième édition d&rsquo;UniGove est déjà planifiée pour 2027, avec 250 jeunes supplémentaires. Soit 500 jeunes formés en deux ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Lucien Embom</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sécurisation du barrage de Lagdo : le Projet VIVA‑Bénoué engage le marché pour anticiper les risques hydrologiques</title>
		<link>https://tribuneverte.online/securisation-du-barrage-de-lagdo-le-projet-viva-benoue-engage-le-marche-pour-anticiper-les-risques-hydrologiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 21:03:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[pandemic]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
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					<description><![CDATA[Lagdo est une commune rurale située dans le département de la Bénoué, région du Nord Cameroun, à environ 60 km au sud de Garoua. Elle abrite le barrage hydroélectrique de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>Le 14 juillet 2026 à Yaoundé, s’est tenue la consultation préliminaire du marché du Projet VIVA‑Bénoué (Le Projet d’Aménagement et de Valorisation des Investissements de la Vallée de la Bénoué</em>&#8211; <em>P166072), financé par la Banque Mondiale à hauteur de 179,7 millions d’euros. Cette rencontre, hybride et participative, a réuni des entreprises nationales et internationales autour d’un enjeu majeur : la sécurité du barrage hydroélectrique de Lagdo et la résilience des populations riveraines face aux inondations.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>L’agence responsable de la mise en œuvre est la MEADEN (Mission d’Études pour l’Aménagement et le Développement de la Région du Nord), elle agit comme interface entre les bailleurs (Banque Mondiale), les entreprises prestataires et les communautés locales. Afin de veiller à ce que les aspects techniques, sociaux et environnementaux soient respectés. </em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Lagdo est une commune rurale située dans le département de la Bénoué, région du Nord Cameroun, à environ 60 km au sud de Garoua. Elle abrite le barrage hydroélectrique de Lagdo, construit sur le fleuve Bénoué, qui constitue un pivot stratégique pour l’approvisionnement en électricité du Grand Nord et pour l’irrigation agricole. Le barrage de Lagdo, inauguré en 1982, dispose d’une capacité initiale de 72 MW et reste la principale source d’électricité du Réseau Interconnecté Nord (RIN). Son réservoir peut contenir jusqu’à 7,7 milliards de m³ d’eau. Le barrage alimente un canal d’irrigation permettant de développer la riziculture sur près de 15 000 hectares en aval .De plus, le lac de Lagdo est la principale source de poisson pour toute la région du Nord, renforçant la sécurité alimentaire. Le barrage joue un rôle essentiel dans la régulation du fleuve Bénoué, dont les crues affectent régulièrement les zones en aval jusqu’au Nigéria.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-214850.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="479" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-214850.png" alt="" class="wp-image-3056" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-214850.png 605w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-214850-300x238.png 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong> Localisation des nouvelles stations hydrométriques (10) à réaliser dans le cadre<br>du projet</strong></em> <strong><em>(©</em></strong> MEADEN)</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre de Yaoundé a permis de présenter deux volets techniques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La mise en place d’un réseau hydrométrique et d’un système d’information hydrométéorologique, couplé à un système d’alerte précoce (SAP) pour les zones en aval du barrage, jusqu’à la frontière nigériane ;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les travaux de génie civil et d’auscultation pour renforcer la sécurité du barrage, incluant l’éclairage extérieur et l’installation d’équipements spécialisés.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-215257.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="351" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-215257.png" alt="" class="wp-image-3057" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-215257.png 605w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-17-215257-300x174.png 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Localisation des nouvelles stations météorologiques (26) à réaliser dans le cadre du projet</em></strong> <strong><em>(©</em></strong> MEADEN)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au‑delà des infrastructures, le projet s’inscrit dans une logique de gestion intégrée des risques. Les discussions ont mis en évidence les contraintes logistiques (approvisionnement en matériaux, procédures douanières), les risques environnementaux (pollution, déforestation, nuisances sonores), ainsi que les enjeux sociaux (inclusion, prévention des violences basées sur le genre, mécanismes de plaintes). Les mesures d’atténuation prévues incluent un Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES), un code de conduite pour les prestataires, et l’implication des communautés locales dans le gardiennage et l’entretien des installations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fruit d’une coopération entre le Cameroun et la Chine, le barrage fait aujourd’hui l’objet de financements de la Banque mondiale pour sa sécurisation. Mais le système présente une vulnerabilité particulière: la variabilité hydrologique et l’ensablement du réservoir réduisent sa capacité, ce qui impacte directement la stabilité énergétique et agricole de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Risques de maladies hydriques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports de l’OMS et de l’UNICEF soulignent la vulnérabilité du Nord Cameroun :- <strong>Choléra </strong>: en 2026, l’Extrême‑Nord a enregistré un taux de létalité de 6,7 %, avec un taux d’attaque de 11,8 cas pour 100 000 habitants. &#8211;<strong>Accès à l’eau</strong> : 55 % des ménages dépendent de sources non améliorées.- <strong>Assainissement</strong> : 35 % utilisent des latrines non améliorées, et 15 % pratiquent encore la défécation à l’air libre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces conditions accentuent les risques lors des crues, où les eaux contaminées favorisent la propagation du choléra et des diarrhées aiguës.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Témoignages de riverains</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Bakary</strong>, ancien technicien ayant travaillé sur le barrage, rappelle : <em>« Le barrage nous a donné la lumière et l’eau, mais il nous a aussi exposés aux crues soudaines. Nos champs sont parfois détruits, et les familles doivent recommencer chaque saison. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amina Mohammed Sani</strong>, doyenne du village de Lagdo, souligne : <em>« Nous avons l’électricité et un hôpital, mais quand on ouvre l’eau  du barrage, les maladies se répandent. Les enfants souffrent de diarrhées et nous craignons toujours le choléra. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chef du village Gounougou</strong> : <em>« Nous voulons que le projet prenne en compte nos réalités. Les crues détruisent nos récoltes et nos enfants tombent malades. La prévention doit être aussi sanitaire. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces témoignages traduisent une attente forte : que la sécurisation du barrage ne soit pas seulement technique, mais aussi sociale et sanitaire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-17-at-18.45.24-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-17-at-18.45.24-1-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-3059" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-17-at-18.45.24-1-1024x576.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-17-at-18.45.24-1-300x169.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-17-at-18.45.24-1-768x432.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-17-at-18.45.24-1.jpeg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Populations pratiquant la riziculture dans les villages aux alentours du barrage de Lagdo (©</em></strong> MEADEN)<strong><em>.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A travers une démarche scientifique et participative qui illustre la volonté du projet de structurer des marchés transparents et compétitifs, les acteurs veillent à intégrer les innovations techniques et les normes de durabilité. Les procédures de passation des marchés sont attendues au 3ᵉ trimestre 2026, avec une adaptation des dossiers de consultation en fonction des retours recueillis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, le Projet VIVA‑Bénoué ne se limite pas à une réhabilitation technique : il ambitionne de créer un écosystème de sécurité hydraulique, où la science, la gouvernance et la participation citoyenne convergent pour transformer la vallée de la Bénoué en un espace de production agricole durable.En sécurisant le barrage de Lagdo, le projet doit aller au‑delà des aspects techniques : il doit intégrer une dimension sanitaire et sociale, car la résilience des populations dépend autant de la stabilité hydraulique que de la prévention des maladies hydriques. Les témoignages des riverains rappellent que la science et l’ingénierie doivent être accompagnées d’une hydrodiplomatie inclusive, où la santé publique est au cœur de la gestion des risques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange Atala</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Programme Plaine Centrale Agro Parc: les EIES enfreignent 102 articles de conventions internationales et 23 dispositions légales nationales.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 11:52:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Projet Plaine Centrale Agro Parc est un vaste programme d’aménagement agricole qui s’étend le long de l’axe routier Batchenga‑Ntui‑Yoko‑Tibati‑Ngaoundéré. À terme, il doit couvrir près de 1,7 million d’hectares&#8230; ]]></description>
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<ul class="wp-block-list">
<li><em>Le Programme Plaine Centrale Agro Parc est prévu sur une durée d’exécution de plusieurs phases allant jusqu’en 2035, avec une phase pilote de sécurisation et d’aménagement de près de 400 000 hectares. Les Études d’Impacts Environnementaux et Sociaux (EIES) ont été menées par des cabinets agréés, notamment Global Engineering and Environmental Risk Generis Consulting, mandatés par le MINADER (Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural</em>) <em>et le MINDCAF(Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières</em>)<em> .</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Censé transformer l’Adamaoua et le Centre en pôles agricoles modernes, le programme se heurte à une critique sévère. Le rapport de Terre et Développement Durable (TDD), une organisation de la société civile basée à Meiganga, appuyée par le CED (Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement)  et MBOSCUDA (Mbororo Social, Cultural and Development Association) , révèle que les Études d’Impacts Environnementaux et Sociaux (EIES) enfreignent 102 articles de conventions internationales et 23 dispositions légales nationales.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Le Projet Plaine Centrale Agro Parc est un vaste programme d’aménagement agricole qui s’étend le long de l’axe routier Batchenga‑Ntui‑Yoko‑Tibati‑Ngaoundéré. À terme, il doit couvrir près de 1,7 million d’hectares dans les régions de l’Adamaoua et du Centre. Dans la seule région de l’Adamaoua, environ 509 000 hectares ont déjà été sécurisés : près de 189 000 hectares dans l’arrondissement de Tibati et environ 320 000 hectares dans celui de Dir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les objectifs affichés par le Programme Plaine Centrale Agro Parc sont nobles : accroître la compétitivité agricole, favoriser l’installation de grands producteurs, développer des filières stratégiques (coton, maïs, riz, palmier à huile, banane plantain), sécuriser le foncier productif et contribuer à l’import‑substitution alimentaire. Le projet s’inscrit dans le Plan National d’Investissement Agricole (PNIA) et dans la politique de croissance et d’emploi (DSCE). Pour cette phase pilote, il est question de la sécurisation et de l&rsquo; aménagement de 30 000 hectares dans les départements du Djérèm et du Mbéré, dans la région de l&rsquo;Adamaoua. Par ailleurs, le projet s’intègre dans la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), avec une exécution progressive jusqu’à l’horizon 2035.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le constat sur le terrain est sans appel : moins de 10 % des villages impactés ont été consultés, les femmes et les jeunes sont quasi absents des discussions, et les peuples autochtones Mbororo, pourtant directement concernés, n’ont pas été associés. Les conséquences envisageables sont multiples : restriction des espaces vitaux, destruction des forêts galeries, marginalisation des communautés et montée des conflits agropastoraux. Après plusieurs mois d’investigation, entre le 16 novembre 2025 et le 11 mars 2026, l’équipe de Terre et Développement Durable (TDD) a conduit une mission de terrain dans les arrondissements de Dir et de Tibati dans la région de l&rsquo;Adamaoua, appuyée par une revue documentaire approfondie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur démarche s’est distinguée par une présence active aux audiences foraines, signe d’une volonté affirmée de proximité avec les communautés locales et autochtones. Le premier draft du rapport de ces descentes a été rendu public le 13 juin 2026. Ce travail a consisté à confronter les Études d’Impacts Environnementaux et Sociaux (EIES) du Programme Plaine Centrale Agro Parc, aux conventions internationales ratifiées par le Cameroun, aux lois nationales en vigueur, mais aussi aux pratiques coutumières comme la Zakat, impôt traditionnel en milieu rural. Aujourd’hui, à travers cet article, TDD vient rendre publiques les conclusions de ce rapport, en donnant la parole à son président, <strong>Pierre Hervé Madougou Jagong</strong>, qui revient sur les manquements relevés et les implications pour les communautés locales et autochtones.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-05-at-11.56.23.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="850" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-05-at-11.56.23-1024x850.jpeg" alt="" class="wp-image-3044" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-05-at-11.56.23-1024x850.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-05-at-11.56.23-300x249.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-05-at-11.56.23-768x637.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-05-at-11.56.23.jpeg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>M. Pierre Hervé Madougou </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tribune Verte Online(TVO) : Votre rapport met en évidence de nombreuses violations. Pouvez‑vous partager des données chiffrées qui illustrent l’ampleur de ces manquements ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Hervé Madougou  :</strong> <em>« Nous avons relevé la non‑prise en compte de <strong>102 articles de conventions internationales</strong> et de <strong>23 lois nationales</strong>. Ces violations affectent quarante aspects de la vie socioéconomique et environnementale. À Dir, par exemple, la destruction des forêts galeries a entraîné en 2024 la perte de près de <strong>1 000 bœufs</strong>, soit plus de <strong>500 millions FCFA</strong> de pertes pour les éleveurs. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>TVO : Vous soulignez que moins de 10 % des villages ont été consultés. Comment ce chiffre a‑t‑il été établi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Pierre Hervé Madougou :</strong> <em>« À Ngatt, seulement <strong>1,3 % de la population</strong> a été consultée ; à Mbella Assom, <strong>4,1 %</strong> ; à Kandje, <strong>8,4 %</strong>. Les femmes représentaient à peine 10 % des participants, et les jeunes étaient absents. Les Mbororo, avec leurs 45 Ardos, n’ont pas été invités. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>TVO : Quels cas représentatifs illustrent les impacts sur les espaces vitaux ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Pierre Hervé Madougou :</strong> <em>« L’implantation d’une agro‑industrie à Dir a provoqué le départ massif des éleveurs, privant les autorités traditionnelles de la <strong>Zakat</strong> et rendant la disponibilité de la viande bovine aléatoire. À Tibati, un grand éleveur de plus de <strong>2 000 têtes</strong> ne sait plus où faire paître son bétail. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>TVO : Vous mentionnez la recrudescence des conflits agropastoraux. Faut‑il un suivi statistique ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Hervé Madougou :</strong> <em>« Absolument. Les conflits de Ngaoundal en juin 2026 ou ceux entre les cantons de Beka Goto et Mbarnang montrent l’urgence d’un suivi statistique et de mécanismes de réparation rapide. Sans cela, les tensions risquent de dégénérer en conflits intercommunautaires. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>TVO : Votre plaidoyer 60‑35‑5 est une proposition forte. Comment le renforcer ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Hervé Madougou :</strong> <em>« Nous devons documenter davantage les impacts : inventaires fauniques et floristiques, qualité de l’eau et de l’air, modélisations des changements environnementaux. C’est en donnant une valeur scientifique aux pertes que nous pourrons convaincre les autorités et les investisseurs. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Programme Plaine Centrale Agro Parc apparaît aujourd’hui comme un projet conflictogène, éloigné des engagements du Cameroun en matière de lutte contre les changements climatiques. Le rapport de suivi des consultations et des audiences<br>foraines d’élaboration et de validation des Etudes d’Impacts Environnementaux et Sociaux du Programme dans les Arrondissements de Dir et de Tibati dans la région de l&rsquo;Adamaoua; révèle un paradoxe : un projet censé moderniser l’agriculture, mais qui fragilise les communautés locales et menace la paix sociale. Le plaidoyer 60‑35‑5 propose une répartition équitable des terres ainsi qu&rsquo;il suit  : 60 % pour protéger l’environnement, 35 % pour les communautés locales, et 5 % pour les investisseurs. C’est une alternative qui se veut respectueuse de la nature et des populations. Mais pour être crédible et accepté, ce plaidoyer doit s’appuyer sur des chiffres concrets et des témoignages variés, afin que la voix des communautés concernées soit réellement entendue et prise en compte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>
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