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	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
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	<description>Un regard écologique de l&#039;information</description>
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	<title>Environment Archives - Tribune Verte</title>
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		<title>LE DÉCLIC : l&#8217;exposition qui alerte sur les plantes menacées au Cameroun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 17:28:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
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<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À première vue, elles semblent immobiles, silencieuses, presque invisibles. Pourtant, elles figurent parmi les formes de vie les plus rares et les plus vulnérables du Cameroun. Avec Le Déclic, l’artiste-photographe et environnementaliste <strong>Christina Abena</strong> propose bien plus qu&rsquo;une exposition photographique : une immersion scientifique et sensible dans l&rsquo;univers méconnu des plantes menacées.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ses investigations l&rsquo;ont conduite sur plusieurs sites à haute valeur écologique, notamment <strong>Kikot</strong>, les <strong>massifs de Ngovayang</strong>, le <strong>Parc national du Mpem et Djim</strong> et les rives de la <strong>Sanaga</strong>, où subsistent encore des espèces végétales considérées comme rares ou menacées.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Présentée du 1er octobre au 23 décembre 2026 à A(fro)TOPOS Cultural Lab à Yaoundé, sous le commissariat de <strong>Max Mbakop</strong>, cette exposition invite le public à porter un regard nouveau sur un patrimoine végétal exceptionnel, souvent ignoré malgré son importance écologique.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Christina Abena, le « déclic » est né sur le terrain.  Elle rapporte: <em>« durant mon enfance, je ne savais pas qu&rsquo;il existait des espèces végétales menacées au Cameroun. C&rsquo;est au cours de mes recherches universitaires que j&rsquo;ai découvert leur existence. Cette rencontre a profondément changé mon regard »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Formée aux évaluations environnementales et à l&rsquo;aménagement du territoire, elle a consacré son mémoire de Master 2 au Centre Régional d&rsquo;Enseignement Spécialisé en Agriculture Forêt-Bois (CRESA Forêt-Bois) à un sujet particulièrement stratégique :<em>« Diagnostic des populations de Podostemaceae dans le Parc national du Mpem et Djim »</em>, à la suite d&rsquo;un stage réalisé auprès de l&rsquo;ONG Green Connexion Environmental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h5 class="wp-block-heading">Huit espèces rares face aux menaces contemporaines</h5>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette exposition, Christina Abena présente les images et vidéos de huit espèces végétales menacées à l&rsquo;échelle mondiale, mais encore présentes dans certains écosystèmes camerounais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines de ces plantes bénéficient ailleurs de dispositifs de conservation extrêmement stricts. Au Cameroun, elles demeurent parfois exposées aux effets combinés du changement climatique, des aménagements hydroélectriques, de l&rsquo;exploitation des ressources naturelles et de la transformation rapide des habitats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les groupes végétaux qui ont particulièrement marqué la photographe figurent les <strong>Podostemaceae</strong>, une famille botanique fascinante adaptée à la vie sur les rochers des rapides et des cascades. Leur survie dépend d&rsquo;un équilibre hydrologique très précis. Une modification du débit d&rsquo;un cours d&rsquo;eau ou la construction d&rsquo;un barrage peut suffire à détruire définitivement leur habitat.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-scaled.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3266" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-95-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Avant de protéger ces espèces, il faut d&rsquo;abord apprendre à les connaître et à les identifier »</em>, rappelle l&rsquo;artiste.© Golda Mouzang</p>



<h5 class="wp-block-heading">Une biodiversité aux vertus encore inexploitées</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leur rôle écologique, plusieurs plantes présentées possèdent également une valeur scientifique et médicinale importante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une d&rsquo;elles, probablement <strong><em>Eugenia bangweana</em></strong> ou une autre espèce du genre <em>Eugenia</em> nécessitant une vérification taxonomique approfondie, attire l&rsquo;attention par ses usages potentiels en pharmacopée traditionnelle. Des travaux scientifiques ont montré que plusieurs espèces médicinales utilisées au Cameroun possèdent des propriétés antiplasmodiales susceptibles de contribuer à la lutte contre le paludisme. Des chercheurs ont identifié dans différentes plantes de la pharmacopée camerounaise des composés bioactifs considérés comme prometteurs pour le développement de futurs traitements antipaludiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette richesse illustre le rôle crucial que joue la conservation de la flore non seulement pour les écosystèmes, mais aussi pour la recherche médicale, la pharmacologie et les savoirs traditionnels.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Quand une plante devient un portrait</h5>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;originalité de <em>Le Déclic</em> réside dans sa démarche photographique. Loin de l&rsquo;image documentaire classique, Christina Abena choisit de photographier les plantes comme on réalise le portrait d&rsquo;un être vivant. Textures, nervures, couleurs, lumière, ancrage dans le paysage : chaque détail devient une invitation à l&rsquo;observation.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234.png"><img decoding="async" width="992" height="469" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234.png" alt="" class="wp-image-3268" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234.png 992w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234-300x142.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Capture-decran-2026-10-08-182234-768x363.png 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">© Afrotopos</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la plante cesse d&rsquo;être un simple élément du décor. Elle devient sujet. Le visiteur découvre alors des formes surprenantes, parfois sculpturales, qui révèlent la complexité du vivant. Cette approche crée un pont entre l&rsquo;art et la science, entre émotion et connaissance.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Une disparition qui menace tout un écosystème</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Les photographies exposées rappellent également une réalité fondamentale : aucune espèce ne disparaît seule. Lorsqu&rsquo;une plante rare est éliminée, c&rsquo;est souvent tout un réseau de relations écologiques qui se fragilise : les sols, l&rsquo;eau, les insectes pollinisateurs, les champignons, les micro-organismes et d&rsquo;autres espèces végétales qui dépendent de cet équilibre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les zones présentées dans l&rsquo;exposition illustrent les pressions croissantes exercées sur ces habitats : défrichements, carrières, infrastructures, barrages, urbanisation ou encore effets du changement climatique. Le regard photographique devient alors un outil de sensibilisation scientifique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-scaled.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3267" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/Declic-115-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Christine Abena</em></strong>.© Golda Mouzang</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le commissaire de l&rsquo;exposition, Max Mbakop, <em>Le Déclic</em> n&rsquo;a pas vocation à apporter des réponses toutes faites aux défis de la conservation. Son ambition est plus simple et peut-être plus fondamentale : susciter l&rsquo;attention. Avant de protéger, il faut connaître. Avant de connaître, il faut regarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette exposition, Christina Abena invite chercheurs, étudiants, décideurs, artistes et citoyens à s&rsquo;arrêter devant ces espèces discrètes qui partagent notre territoire depuis parfois des milliers d&rsquo;années. Car la biodiversité n&rsquo;est pas toujours spectaculaire. Elle peut se cacher au bord d&rsquo;une rivière, sur un affleurement rocheux ou dans une forêt que l&rsquo;on traverse sans y prêter attention. Le véritable déclic commence précisément là : au moment où l&rsquo;on réalise que ces plantes existent encore, mais peut-être plus pour longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Politique foncière au Cameroun : écouter toutes les voix avant de repenser la réforme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 10:55:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
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					<description><![CDATA[Au Cameroun, la réforme foncière ne se résume pas à un débat technique sur les titres de propriété ou les procédures cadastrales. Derrière les textes se jouent des questions de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Femmes, jeunes, peuples autochtones, chefs traditionnels, magistrats, éleveurs pasteurs : le 29 septembre 2026, à Yaoundé, ils ont pris place autour d&rsquo;une même table pour examiner le projet de Politique Foncière Nationale (PFN) à l&rsquo;horizon 2040, à la veille de son examen par la Plateforme multi-acteurs de concertation du Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), programmé les 30 septembre et 1er octobre 2026.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>À l&rsquo;initiative de la Coalition Foncière Nationale (CFN), cette réunion préparatoire de la société civile a permis de matérialiser une conviction : la réforme foncière ne sera durable que si elle reconnaît la diversité des rapports que les communautés entretiennent avec la terre.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au Cameroun, la réforme foncière ne se résume pas à un débat technique sur les titres de propriété ou les procédures cadastrales. Derrière les textes se jouent des questions de mémoire, d&rsquo;identité, de justice sociale, de gouvernance territoriale et de survie culturelle. Le constat des participants est nuancé : le document soumis à leur appréciation constitue une avancée importante, mais il néglige encore plusieurs dimensions essentielles de la relation entre les populations et leurs terres.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une plateforme, un texte, des enjeux nationaux</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Créée par le MINDCAF en 2025 pour accompagner les acteurs du secteur, la Plateforme multi-acteurs de concertation sur les questions domaniales, cadastrales et foncières a notamment pour mission-cadre la finalisation de la réforme foncière. Le projet de PFN, long de 57 pages et assorti d&rsquo;un guide de consultation qui oriente chaque catégorie d&rsquo;acteurs vers les parties du texte qui la concernent, en constitue la pièce maîtresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;enjeu considérable qu&rsquo;il représente, le régime foncier camerounais demeure largement gouverné par les ordonnances du 6 juillet 1974, dont l&rsquo;architecture ainsi conçu: le titre foncier comme preuve par excellence du droit de propriété, un domaine national géré par l&rsquo;État, une place restreinte pour les droits coutumiers collectifs; est régulièrement contestée par les communautés rurales. La PFN 2040 a vocation à faire évoluer ce cadre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or tous les acteurs ne peuvent pas siéger à la table ministérielle. Contraintes logistiques d&rsquo;abord ; souci, ensuite, d&rsquo;une concertation resserrée, qui évite la dispersion des idées. La CFN a donc fait un choix : désigner ceux qui porteront, auprès du MINDCAF, la voix de ceux qui ne seront pas dans la salle. Triés sur le volet, des représentants des peuples autochtones, des organisations de femmes, des autorités traditionnelles, des juristes et des organisations pastorales ont ainsi analysé le projet de texte avant son passage devant la Plateforme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une réforme qui doit partir des réalités du terrain</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Dr. Diane Tapimali</strong>, facilitatrice de la rencontre pour le compte de la CFN, en service au Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), la question foncière souffre depuis plus de vingt ans d&rsquo;un morcellement des approches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle affirme :<em> « l&rsquo;enjeu de la réunion était précisément de permettre aux organisations de la société civile de parler d&rsquo;une voix coordonnée, notamment parce que plusieurs acteurs historiquement engagés sur les questions foncières ne figurent pas dans les listes officielles des participants à l&rsquo;atelier ministériel. »</em> Elle insiste sur la nécessité de cette concertation préalable et sur les positions que les acteurs invités à l&rsquo;atelier devront porter, sur le projet de texte, au nom de ceux qui n&rsquo;y siégeront pas.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="637" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-637x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3253" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-637x1024.jpeg 637w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-187x300.jpeg 187w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01.jpeg 672w" sizes="auto, (max-width: 637px) 100vw, 637px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Diane Tapimali</strong>. © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque acteur analyse en effet le foncier depuis son propre champ d&rsquo;expérience : administration, conservation, agriculture, élevage, développement local ou défense des droits humains. Cette fragmentation explique en partie les difficultés rencontrées jusqu&rsquo;ici pour construire une vision véritablement inclusive du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre visait trois résultats : </p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Placer tous les acteurs au même niveau de connaissance du texte et des prétentions qu&rsquo;ils peuvent légitimement porter ; </li>



<li> Permettre aux organisations de la société civile de s&rsquo;accorder sur des priorités communes pour une meilleure reconnaissance des droits des groupes vulnérables: femmes, jeunes, peuples autochtones ; </li>



<li>Renforcer les arguments échangés entre ceux qui sont présents à la table et ceux qui en sont absents, afin de nourrir la vision de la politique foncière.</li>
</ol>



<h4 class="wp-block-heading">Une politique ou une véritable réforme ?</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat a d&rsquo;abord porté sur la portée réelle du document. Pour <strong>Dr. Alain Essimi Biloa</strong>, expert en gouvernance territoriale et représentant de l&rsquo;International Land Coalition : <em>« une politique publique n&rsquo;a de sens que si elle débouche sur des transformations juridiques effectives. » </em>Il s&rsquo;est interrogé sur la capacité d&rsquo;un document d&rsquo;orientation à résoudre durablement les injustices foncières observées depuis plusieurs décennies. Il a également questionné le choix de l&rsquo;horizon 2040, alors que plusieurs conflits sont déjà anciens et continuent d&rsquo;affecter quotidiennement les populations rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a plus tard insisté sur la distinction essentielle en droit : un document de politique exprime une vision, mais seuls les textes législatifs et réglementaires créent des droits opposables. Les remarques de l&rsquo;expert ont trouvé un écho auprès de plusieurs participants, qui ont souligné la nécessité d&rsquo;assurer une cohérence entre la future politique et les textes qui devront en découler. Ils ont par ailleurs relevé que le document manque de données de référence permettant de comprendre , et donc de discuter, les chiffres avancés.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les femmes et les jeunes: une représentativité qui contraste</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une interrogation a traversé l&rsquo;ensemble des discussions : femmes et jeunes sont-ils encore relégués à la marge de la réforme ? Selon les analyses présentées durant la rencontre, les jeunes ne sont évoqués que de manière marginale dans les 57 pages du document soumis à consultation. Cette faible présence contraste avec leur rôle croissant dans les dynamiques agricoles, entrepreneuriales et urbaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;agriculture représente environ 16 à 17 % du PIB national selon les données de la Banque mondiale, consultables <a href="https://data.worldbank.org/indicator/NV.AGR.TOTL.ZS?locations=CM">ici</a>. Et ce sont les femmes et les jeunes qui en sont les principaux acteurs. Une récente étude du <a href="https://nkafu.org/promoting-rural-development-to-reduce-gender-inequalities-in-cameroon/">Nkafu Policy Institute</a> rapporte d&rsquo;ailleurs que les femmes participent à 55,8 % de la production agricole nationale. Ces chiffres ont toutefois une limite : les statistiques disponibles, notamment celles de la FAO, ne renseignent que sur un seul secteur, alors que la question foncière traverse aussi l&rsquo;habitat, l&rsquo;urbanisme, la conservation, l&rsquo;élevage et l&rsquo;investissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations féminines, par la voix du Réseau des Femmes Africaines pour la gestion Communautaire des Forêts (REFACOF) , dont la présidente, <strong>Antoinette Pa&rsquo;a</strong>, participante à la réunion , a insisté sur la nécessité de:  <em>« mieux protéger les droits fonciers des veuves, des femmes divorcées et des exploitantes rurales, tout en encourageant des mécanismes tels que la cotitularité des titres fonciers. » </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants ont également appelé à aligner la politique foncière sur l&rsquo;orientation affichée par le chef de l&rsquo;État en faveur des jeunes et des femmes, le <strong>« septennat des jeunes et des femmes »</strong>. À défaut, une grande partie de ces catégories risque d&rsquo;être exclue des avantages qu&rsquo;offrira la politique foncière. Les grands projets de réserve foncière, comme  « plaine centrale » ou « agroparc », devraient, selon eux, être pensés pour que femmes et jeunes puissent effectivement en bénéficier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la société civile, les catégories qualifiées de vulnérables ne devraient plus être traitées comme des groupes périphériques, mais comme des acteurs centraux du développement territorial. Elles sont souvent celles qui travaillent effectivement la terre, assurent la production agricole familiale et contribuent directement à l&rsquo;économie locale.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les peuples autochtones face à l&rsquo;incertitude foncière</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La voix des peuples autochtones a été portée notamment par <strong>Apon Sara</strong>, étudiante en médecine, membre de la communauté Baka au sein de l&rsquo;Association des Jeunes Autochtones Pygmées du Cameroun (AJPAC). Son intervention a mis en lumière un paradoxe récurrent : alors que de nombreux discours reconnaissent l&rsquo;ancienneté de l&rsquo;occupation des terres par certaines communautés, cette reconnaissance reste souvent absente des mécanismes concrets d&rsquo;attribution et de sécurisation foncière.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00.jpeg" alt="" class="wp-image-3254" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mme Apon Sara</strong> ( au centre). © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune participante a relevé l&rsquo;absence d&rsquo;un véritable plan de zonage actualisé et le manque de précision autour de la notion même d&rsquo;autochtonie. Selon elle : <em>« cette ambiguïté entretient les controverses et fragilise davantage les communautés déjà confrontées à la dépossession de nos terres. Les situations deviennent encore plus complexes lorsque nos populations concernées ont été déplacées ou contraintes d&rsquo;abandonner leurs espaces de vie traditionnels. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mariette Ngouekam</strong>, juriste du Réseau Actions Concertées Peuples Autochtones (RACOPY), a pour sa part introduit la notion de femmes autochtones, avec les problèmes de cohabitation qui leur sont propres, rappelant que la délimitation des terres des peuples autochtones n&rsquo;est toujours pas fixée. Une interrogation fondamentale en découle : comment reconnaître des droits historiques lorsque les mécanismes administratifs continuent principalement à valoriser la preuve foncière écrite ?</p>



<h4 class="wp-block-heading">Peut-on formaliser la coutume sans la dénaturer ?</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La question a été approfondie par <strong>Dr</strong>. <strong>Steve Fouedjo Nguetsa</strong>, magistrat attaché au Parquet Général près la Cour d&rsquo;appel de l&rsquo;Ouest, mais également Chercheur en droit foncier et droit minier , ayant soutenu sa thèse sur : <strong> » La protection de la personne humaine dans le secteur de l&rsquo;exploitation minière au Cameroun « </strong>; il est au cœur des litiges fonciers. Selon lui, la réflexion sur la réforme devrait commencer par une interrogation préalable : que cherche-t-on réellement à protéger ? La terre est-elle uniquement un bien économique, ou constitue-t-elle aussi l&rsquo;expression de liens sociaux, familiaux et culturels ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le magistrat a rappelé que de nombreuses communautés organisent encore l&rsquo;accès à la terre selon des logiques de transmission familiale ou coutumière qui ne reposent pas nécessairement sur l&rsquo;existence d&rsquo;un titre foncier. D&rsquo;où une question délicate : peut-on formaliser la coutume sans la dénaturer ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1.jpeg" alt="" class="wp-image-3255" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.01-1-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Steve Fouedjo Nguetsa</strong>. © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a aussi soulevé une question de droit de la famille aux conséquences foncières directes. La famille relève-t-elle du droit collectif ? Quelle est sa personnalité juridique ? Constitue-t-elle une entité appelant une représentation ? Et de quelle famille parle-t-on : au sens strict:  le père, la mère, les enfants ; ou au sens large, incluant oncles, tantes, cousins, neveux et nièces ? Car : la plupart des conflits fonciers, a-t-il fait remarquer, naissent au sein du cercle familial. Si la nouvelle politique foncière n&rsquo;intègre pas ces réalités, il sera difficile, voire impossible, de s&rsquo;en départir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, le conflit foncier intergénérationnel constitue un défi majeur dans la politique foncière nationale, notamment dans les zones rurales où la terre représente à la fois une ressource économique, sociale et culturelle. Il survient lorsque les jeunes générations contestent les modes traditionnels de gestion ou de transmission des terres hérités de leurs aînés, en raison de la pression démographique, de la rareté des terres cultivables et de l&rsquo;évolution des besoins économiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le juriste :<em> « toute réforme de la politique foncière nationale devra également veiller à renforcer l&rsquo;effectivité du Droit dans son application. Les conflits fonciers ne disparaîtront pas simplement par l&rsquo;adoption de nouveaux textes. Ils diminueront lorsque les violations seront effectivement sanctionnées et que les règles applicables seront cohérentes dans tous les secteurs concernés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes ces tensions peuvent être aggravées par l&rsquo;absence de titres fonciers clairs, la coexistence du droit coutumier et du droit moderne, ainsi que les difficultés d&rsquo;accès des jeunes à la propriété foncière. Une politique foncière inclusive doit donc favoriser le dialogue entre générations, sécuriser les droits fonciers et garantir un accès équitable à la terre pour assurer la cohésion sociale et le développement durable.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le village, grand absent de la gouvernance foncière</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les interventions les plus marquantes figure celle de <strong>Sa Majesté Mvondo Bruno</strong>, chef du village Minkok-Bityili, président du Réseau des Populations Autochtones et Locales pour la gestion durable des Écosystèmes forestiers d&rsquo;Afrique Centrale (REPALEAC), soutenu par la COMIFAC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son constat est frontal : <em>« Le village n&rsquo;a aucune entité juridique au Cameroun »</em>, a-t-il dénoncé, y voyant un héritage colonial qui a facilité l&rsquo;appropriation des terres communautaires. Les chefferies sont certes reconnues comme auxiliaires de l&rsquo;administration, mais le village, en tant que tel, ne dispose pas d&rsquo;une personnalité juridique propre.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04.jpeg" alt="" class="wp-image-3256" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.04-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sa</em></strong> <em><strong>Majesté Mvondo Bruno</strong> ( au centre). © CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le chef traditionnel, la future politique foncière doit accorder une place beaucoup plus importante aux réalités culturelles. Il estime que les terres rurales et les terres coutumières ne peuvent pas être gérées selon les mêmes logiques que les espaces urbains. Il appelle aussi à reconnaître davantage le rôle des autorités traditionnelles dans la gestion locale des territoires, tout en clarifiant leurs responsabilités et leurs limites. Cette reconnaissance permettrait, selon lui, de mieux protéger les intérêts collectifs des communautés face à la pression croissante de l&rsquo;urbanisation, des investissements fonciers et des projets d&rsquo;exploitation des ressources naturelles.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Chez les Mbororo, la terre et les bêtes ont une place de choix</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des témoignages les plus éclairants sur la dimension culturelle du foncier est venu de <strong>Dr. Rugayatou Sali</strong>, médecin généraliste, membre de MBOSCUDA (Mbororo Social and Cultural Development Association). Elle est très souvent confrontée aux dépenses d&rsquo;entretien de son cheptel, aux multiples cas de vols et aux captures de bêtes, et pourchassée pour incursion dans les terres non attribuées. Comme beaucoup d&rsquo;éleveurs d&rsquo;ailleurs, des espaces de terre qui ne leur sont pas toujours assignés, elle a raconté avoir un jour envisagé de vendre une partie du troupeau hérité de ses parents, pour faire face à un problème financier à Yaoundé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction de sa mère l&rsquo;a profondément marquée. Dans sa famille, les animaux ne sont pas de simples biens économiques que l&rsquo;on peut liquider à tout moment : ils représentent un héritage collectif, transmis de génération en génération, dont la valeur dépasse largement celle du marché.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1.jpeg" alt="" class="wp-image-3257" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1.jpeg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-07-at-16.37.00-1-768x576.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Rugayatou Sali</strong> ( au centre).© CFN</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette anecdote, la praticienne a voulu montrer que la relation des peuples pastoraux à la terre est inséparable de leur relation aux animaux. Les terres de pâturage nourrissent les troupeaux. Les troupeaux assurent la continuité familiale, l&rsquo;identité culturelle et la sécurité sociale des communautés. Dès lors, perdre l&rsquo;accès à la terre revient aussi à fragiliser un système de vie entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son intervention a fourni une illustration concrète de ce que plusieurs chercheurs en anthropologie foncière documentent depuis longtemps : pour de nombreuses sociétés autochtones et pastorales, la terre n&rsquo;est pas seulement une ressource productive. Elle constitue un espace de transmission culturelle, de solidarité et d&rsquo;appartenance collective.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Puisse la politique foncière tenir compte de toutes les voix </h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui ressort de cette réunion dépasse le registre technique. Elle exprime une demande plus profonde : celle d&rsquo;être entendu. C&rsquo;est cette demande que les représentants désignés par la CFN avaient pour mission de porter à la table ministérielle. Car derrière chaque parcelle cadastrée se trouvent des histoires, des mémoires, des cultures et des façons différentes d&rsquo;habiter le monde. À l&rsquo;heure où le Cameroun prépare sa politique foncière à l&rsquo;horizon 2040, la véritable innovation pourrait ne pas résider uniquement dans les textes à adopter, mais dans la capacité des décideurs à reconnaître que plusieurs conceptions de la terre coexistent. Et qu&rsquo;aucune réforme ne sera durable si certaines de ces voix continuent d&rsquo;être reléguées aux marges du débat public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dossier/Forêts communautaires « nouvelle génération » : le CERAD pose un diagnostic pour faciliter la démarche</title>
		<link>https://tribuneverte.online/dossier-forets-communautaires-nouvelle-generation-le-cerad-pose-un-diagnostic-pour-faciliter-la-demarch/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 15:54:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3223</guid>

					<description><![CDATA[Un modèle vieux de 50 ans, mais toujours sollicité Le Cameroun, 2è massif forestier du Bassin du Congo après l&#8217;Amazonie, a fait de l&#8217;attribution de forêts aux communautés locales et&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>900 demandes d&rsquo;attribution de forêts communautaires en attente, à peine 10 % des forêts déjà attribuées réellement actives, un cadre légal vieux de plus d&rsquo;un demi-siècle : c&rsquo;est dans ce contexte que le World Resources Institute (WRI) et le Centre de Recherche et d&rsquo;Action pour le Développement Durable en Afrique centrale (CERAD), avec l&rsquo;appui de la Jacobs Futura Foundation (JFF), ont réuni le 22 septembre 2026 à Yaoundé les parties prenantes de la foresterie communautaire camerounaise, pour restituer les résultats d&rsquo;une étude de sept mois sur ce qu&rsquo;ils appellent la foresterie communautaire « de nouvelle génération ».</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Les forêts communautaires de Medjoh, Assok, Bangou, Bapa, représentées par leurs chefs traditionnels, ont partagé leurs expériences de gestion communautaire, en tenant compte de leurs forêts sacrées. Le rapport produit par le CERAD et le WRI sur les expériences pilotes de foresterie communautaire pose un diagnostic large : gouvernance fragile, insécurité foncière, dépendance excessive au seul bois d&rsquo;œuvre, coûts de gestion hors de portée des communautés. Ce diagnostic pourrait sembler générique s&rsquo;il ne trouvait pas, à l&rsquo;échelle d&rsquo;un cas précis, une confirmation détaillée.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Nous avons rencontré un observateur indépendant sur la question, qui nous a fourni des informations complémentaires, sur le cas précis de la forêt communautaire de Medjoh; considérée comme relativement calme, sans conflit ouvert majeur documenté. Des données croisées glanées dans les rapports de la PALLISCO,  illustrent chacun des mécanismes que le rapport  du CERAD cherche à corriger. C&rsquo;est cette convergence entre un diagnostic national et une réalité de terrain minutieusement documentée qui donne au rapport du CERAD sa pertinence, et oriente sur le concept de forêt communautaire nouvelle génération.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un modèle vieux de 50 ans, mais toujours sollicité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Cameroun, 2è  massif forestier du Bassin du Congo après l&rsquo;Amazonie, a fait de l&rsquo;attribution de forêts aux communautés locales et aux peuples autochtones l&rsquo;une des innovations majeures de sa politique forestière de 1993. Depuis, plus de 430 forêts communautaires ont été officiellement attribuées, pour une superficie totale proche de 1,7 million d&rsquo;hectares, et le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) délivre chaque année une centaine de Certificats Annuels d&rsquo;Exploitation. La demande, elle, ne faiblit pas : 900 nouvelles demandes d&rsquo;attribution sont aujourd&rsquo;hui en instruction.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="746" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1024x746.jpg" alt="" class="wp-image-3229" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1024x746.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-300x218.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-768x559.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1536x1118.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-2048x1491.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le bilan reste contrasté. À peine 10 % des forêts communautaires attribuées seraient effectivement gérées de manière active et généreraient des bénéfices économiques tangibles pour les populations. En cause, selon les diagnostics déjà posés lors d&rsquo;un premier atelier national tenu à Ebolowa en septembre 2025 : une activité économique concentrée sur le seul bois d&rsquo;œuvre, un déficit de financement durable, un accompagnement institutionnel insuffisant, des mécanismes de partage des bénéfices mal adaptés aux réalités locales, et surtout la non-reconnaissance de la propriété coutumière des terres sur lesquelles reposent ces forêts. Le dispositif juridique qui encadre l&rsquo;ensemble, une loi de 1973 assortie de son décret d&rsquo;application de 1974, n&rsquo;a, selon plusieurs intervenants, pas suivi l&rsquo;apparition de problématiques nouvelles : marché du carbone et séquestration forestière, mécanismes d&rsquo;adaptation au changement climatique, droits humains, inclusion des peuples autochtones, valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL), ou encore pression grandissante de l&rsquo;expansion urbaine sur les zones rurales forestières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D&rsquo;Ebolowa à Yaoundé : une réflexion qui se construit par étapes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément pour répondre à ces constats que l&rsquo;atelier d&rsquo;Ebolowa avait formulé, en septembre 2025, une série de recommandations : intégrer le pluralisme des modèles de gestion (agroforêts de ménage, systèmes intégrés de gestion communautaire), adopter une approche culturelle et consultative dans l&rsquo;élaboration des plans simples de gestion, amplifier les bénéfices non monétaires, diversifier les activités au-delà du bois d&rsquo;œuvre, ou encore reconnaître les droits fonciers coutumiers des communautés locales et des peuples autochtones dans les espaces attribués en forêts communautaires. C&rsquo;est de cet atelier qu&rsquo;est né le terme même de foresterie communautaire « de nouvelle génération ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-3240" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1024x682.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-300x200.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-767x511.jpeg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1536x1023.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Participants à l&rsquo;atelier.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prolonger ce travail, le WRI et le CERAD ont conduit, entre février et septembre 2026, une étude consacrée aux expériences pilotes de gestion forestière traditionnellement assurée par les populations autochtones et les communautés locales : les forêts sacrées. Ces Aires et territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC), sites sacrés , ont permis de tirer des enseignements applicables au modèle classique de forêt communautaire. L&rsquo;atelier du 22 septembre 2026 à Yaoundé en constituait la restitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le CERAD, ou 32 ans de recherche appliquée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouverture des travaux, le Professeur <strong>Bigombe Logo Patrice</strong>, directeur du CERAD, a rappelé que le centre travaille sur les questions de foresterie communautaire depuis trente-deux ans, aux côtés de l&rsquo;État camerounais et de ses partenaires. Sa conviction, exposée d&#8217;emblée : la pluridisciplinarité scientifique doit irriguer davantage la décision publique en la matière, ce qui justifie l&rsquo;accompagnement continu apporté par le CERAD à l&rsquo;administration forestière. Le coordonnateur national du WRI, <strong>Duclaire Mbouna </strong>a de son côté resitué le constat camerounais dans une perspective régionale, en indiquant qu&rsquo;un diagnostic similaire se pose actuellement au Gabon et en RDC.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="765" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1024x765.jpg" alt="" class="wp-image-3231" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1024x765.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-300x224.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-767x573.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1536x1147.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-2048x1530.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pr. Patrice Bigombe Logo</strong>/ CERAD </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La présentation du rapport d&rsquo;étude proprement dite, assurée par <strong>Willy Djanang</strong>, a détaillé la démarche méthodologique retenue : nécessité d&rsquo;une triangulation des études de cas, identification des forêts communautaires disposant déjà d&rsquo;un certificat, de celles dont le plan de gestion nécessite un renouvellement, et de celles pouvant être déclarées en échec, en vue d&rsquo;un diagnostic national élargi. Parmi les constats transversaux mis en avant : une insécurité persistante des droits fonciers, la nécessité d&rsquo;un modèle de gestion plus inclusif, une contribution réelle mais encore peu structurée des produits forestiers non ligneux à l&rsquo;économie familiale, un potentiel d&rsquo;écotourisme sous-exploité, et l&rsquo;intérêt des services écosystémiques rendus par ces forêts pour réduire la pression sur des ressources comme le bois. L&rsquo;étude plaide pour la constitution d&rsquo;une base de données accessible au plus grand nombre, et pour un plaidoyer en faveur du passage à l&rsquo;échelle de ces modèles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4 études de cas pour illustrer concrètement les constats</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À <strong>Medjoh</strong>, dans le département du Haut-Nyong (Région de l&rsquo;Est), la forêt communautaire de 5 000 hectares abrite en son sein la forêt sacrée Edjengui, sur 10 hectares. Espèces végétales endémiques (Moabi, Sapelli, Iroko), fruits de karité, produits forestiers non ligneux et fonction curative de la pharmacopée traditionnelle y cohabitent avec des pratiques agro et sylvopastorales, génératrices de commodités sociales durables. <strong>Georges Bissam</strong>, porte-parole de la forêt sacrée Edjengui, a indiqué que 4 040 personnes ont déjà été initiées à l&rsquo;école de la forêt qui y est adossée. Il partagera plus tard divers réalisations de la forèt communautaire de Medjoh: 5 hectares de culture de Cacao, des pépinières de Moabi, des dizaines d&rsquo;écoles réhabilitées, la construction de plusieurs forages mécanisés, l&rsquo;électrification de plusieurs villages à l&rsquo;énergie solaire, la distribution des produits vivriers dans tous les ménages Baka, des bourses d&rsquo;études à plusieurs enfants scolarisés…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="645" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1024x645.jpg" alt="" class="wp-image-3232" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1024x645.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-300x189.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-767x483.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1536x967.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-2048x1290.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Georges Bissam</strong>/Medjoh</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À <strong>Assok</strong>, dans l&rsquo;arrondissement de Mintom (département du Dja-et-Lobo, Région du Sud), <strong>Declermont Ateba</strong>, du CERAD, a partagé l&rsquo;expérience de terrain du musée vivant des peuples autochtones Baka, désormais localisé avec précision par points GPS pour en faciliter l&rsquo;accès touristique. L&rsquo;accès au site reste toutefois encadré par des règles traditionnelles, sous la responsabilité d&rsquo;associations locales comme Akoba, ce qui aurait déjà contribué à améliorer les conditions de vie des communautés concernées. L&rsquo;expérience intègre également des notions nouvelles comme le captage et la séquestration du carbone forestier, et comprend une zone dédiée à l&rsquo;école de la forêt, où se transmettent les savoirs initiatiques traditionnels. Un cadre réglementaire formel pour la gestion du musée, ainsi qu&rsquo;un effort de communication accru pour attirer davantage de visiteurs, restent toutefois à mettre en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région de l&rsquo;Ouest, les <strong>Majestés David Simeu </strong>et <strong>Nayang Toukam</strong> ont présenté l&rsquo;expérience des forêts sacrées du département des Hauts-Plateaux, dans les arrondissements de <strong>Batoufam</strong>, et de <strong>Bapa</strong>. Située à une altitude moyenne de 1 700 mètres, cette forêt de végétation primaire abrite plusieurs espèces fauniques et floristiques, dont des oiseaux rares qu&rsquo;on ne retrouverait nulle part ailleurs dans le monde, malgré l&rsquo;introduction, dans les années 1980, de l&rsquo;eucalyptus. L&rsquo;accès y est soumis à autorisation de la chefferie, et le site continue d&rsquo;accueillir des séances d&rsquo;initiation au Laakam, des danses initiatiques et des rituels de purification. Ces chefs nous ont partagé la riche expérience glanée lors des visites des autres chefs traditionnels en provenance des régions de l&rsquo;Est, du Sud et du Centre, ce fut l&rsquo;occasion d&rsquo;avoir des échanges de pratiques durables . En sommes, leur système de gestion repose sur la complémentarité entre l&rsquo;autorité traditionnelle, la communauté et les partenaires au développement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="645" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1024x645.jpg" alt="" class="wp-image-3233" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1024x645.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-300x189.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-767x483.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1536x967.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-2048x1290.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sa Majesté <strong>David Simeu</strong>/ Bapa</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa Majesté  Nayang Toukap,  » le Koughap  » ( dénomination d&rsquo;une société secrète) est utile pour tout le monde, femmes et enfants y compris. La transmission des savoirs et des traditions aux générations futures , sont un moteur de conservation des plantes médicinales et des savoirs associés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leurs spécificités, les intervenants ont souligné un constat partagé : dans la plupart de ces forêts gérées selon des modalités traditionnelles, le couvert forestier reste intact, alors même qu&rsquo;elles échappent largement aux circuits d&rsquo;activation économique mesurés par les statistiques officielles de la foresterie communautaire classique. Leur gestion, généralement partagée par l&rsquo;ensemble des membres de la communauté, s&rsquo;appuie sur une reconnaissance sociale plutôt que sur une reconnaissance juridique formelle , un décalage que l&rsquo;étude du WRI et du CERAD invite précisément à corriger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers la révision du manuel de procédures</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu, pour les organisateurs, dépasse le seul partage d&rsquo;expériences : les conclusions de l&rsquo;atelier sont destinées à alimenter le processus en cours de révision du Manuel des Procédures d&rsquo;Attribution et des Normes de Gestion des Forêts Communautaires du Cameroun. Les recommandations attendues portent sur quatre axes : la poursuite et l&rsquo;approfondissement de l&rsquo;étude de ces forêts gérées traditionnellement ; leur reconnaissance juridique et leur sécurisation ; le renforcement de leurs institutions de gestion ainsi que des mécanismes de redevabilité et de redistribution des bénéfices ; et la documentation systématique des enseignements tirés, pour nourrir la réforme réglementaire à venir.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1020" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg" alt="" class="wp-image-3235" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg 1020w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48-300x226.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48-768x578.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1020px) 100vw, 1020px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Extrait de la présentation de</em><strong><em> Jacques Waoua/</em></strong><em>Rainforest Alliance</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un second panel, consacré aux expériences de foresterie communautaire , dont la première présentation effectuée par  <strong>Jacques Waoua</strong>, un expert du Rainforest Alliance;  a permis d&rsquo;avoir une lecture comparative portant sur le Liberia. C&rsquo;était l&rsquo;occasion de resituer les bonnes pratiques et de mesurer leur réappropriation pour le cas camerounais dans une dynamique régionale plus large, avant la restitution des travaux de groupe et l&rsquo;adoption d&rsquo;un communiqué final.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message central de la journée peut se résumer simplement : plutôt que d&rsquo;importer un modèle entièrement nouveau, le Cameroun semble chercher, à travers cette « nouvelle génération » de foresterie communautaire, à formaliser et sécuriser juridiquement des pratiques de conservation qui, à Medjoh, à Assok ou à Bapa et Batoufam, ont déjà fait leurs preuves sur le terrain; bien avant qu&rsquo;un texte de loi ne vienne les nommer.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Les vrais conservateurs, ce sont les peuples autochtones »</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pendant la première séance d&rsquo;échanges, que le débat s&rsquo;ouvre vraiment. Un participant interroge la pression grandissante de l&rsquo;exploitation minière sur le sous-sol de ces mêmes espaces , une menace que ni la loi de 1974 ni le concept de « nouvelle génération » n&rsquo;ont encore pleinement anticipée. Puis <strong>Lerys Nyangono</strong>, président de l&rsquo;Association des Jeunes Peuples Autochtones Pygmées du Cameroun (AJPAC), prend la parole avec une fermeté qui marque les esprits :<em> « Le nom Edjengui,  un génie Baka, ne se vend pas, il faut faire attention à son usage qui est banalisé. » </em>Pour lui, la conservation des forêts sacrées Baka n&rsquo;a jamais eu besoin d&rsquo;un décret ministériel : elle relève d&rsquo;une obligation culturelle transmise dès le plus jeune âge.<em> « Les vrais conservateurs, ce sont les peuples autochtones. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="709" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1024x709.jpg" alt="" class="wp-image-3234" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1024x709.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-300x208.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-768x532.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1536x1064.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-2048x1419.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Mme Derboise Bika/ </em></strong><em>MINFOF</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mme Derboise Bika</strong>, de la sous-direction des forêts communautaires au MINFOF, ne le contredit pas ;  elle déplace le problème. Ce qui est en crise, dit-elle, c&rsquo;est le développement rural lui-même, et c&rsquo;est ce concept qu&rsquo;il faut repenser, alors qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui le seul centre d&rsquo;intérêt qu&rsquo;on trouve à une forêt communautaire reste l&rsquo;exploitation du bois. Elle rappelle que le travail engagé s&rsquo;appuie désormais sur la nouvelle loi forestière de 2024, dont les articles 1 et 3 mettent l&rsquo;accent sur les droits coutumiers,  tout en reconnaissant que le MINFOF attend toujours les décrets d&rsquo;application de cette loi.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ce que révèlent 21 ans d&rsquo;archives</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;atelier a aussi donné la parole à une enquête menée en dehors de ses murs. Les journalistes scientifiques <strong>Adrienne Engono</strong> et <strong>Leocadia Bongben</strong> ont voulu croiser les données sur plus de vingt et un ans d&rsquo;existence du dispositif , celui, plus ancien, lancé par la loi forestière de 1994 , et ont obtenu des données de terrain que d&rsquo;autres institutions ne parvenaient pas à obtenir. Leur constat vient nuancer l&rsquo;enthousiasme des études de cas présentées en matinée. Elles nous révèlent que dans  la région de l&rsquo;Est, dans les forêts communautaires de Messamena et de Ngoyla, certaines communautés ont bien pu financer des salaires d&rsquo;enseignants, fournir de l&rsquo;éclairage solaire, des toitures, des salles communautaires, des étals de marché ; les femmes y ont développé des activités autour des produits forestiers non ligneux. Mais la liste des obstacles est longue : capture du dispositif par les élites locales, manque de soutien technique et financier de l&rsquo;État, plans simples de gestion dont le coût se chiffre en millions de FCFA, conflits internes qui suspendent des activités entières, conversion des forêts en plantations de cacao, procédures administratives d&rsquo;une lourdeur dissuasive. Sur 830 forêts communautaires créées depuis 1994, concluent-elles, 300 environ fonctionneraient encore réellement. Une bonne nouvelle, tout de même : le MINFOF révise actuellement son manuel de gestion pour diversifier les modèles : écotourisme, conservation, crédits carbone ,  et mieux accompagner les communautés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="621" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1024x621.jpg" alt="" class="wp-image-3236" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1024x621.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-300x182.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-767x465.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1536x931.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-2048x1241.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Leocadia Bongben et Adrienne Engono.</em></strong> Retrouvez leur enquête ici: <a href="https://scienceswatchinfos.net/p/cameroon-s-community-forests-a-promised-model-falling-short">https://scienceswatchinfos.net/p/cameroon-s-community-forests-a-promised-model-falling-short</a></p>



<h4 class="wp-block-heading">Un second détour par Medjoh, vu par un observateur indépendant</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément à Medjoh, la forêt même dont Georges Bissam était venu porter témoignage , qu&rsquo;un observateur indépendant, consulté séparément pour ce dossier, est allé vérifier ce que les statistiques nationales ne disent pas. Le village s&rsquo;est formé dans les années 1930-1940, quand des familles Badjoué fuyant un conflit de pouvoir avec le chef supérieur Dobo, à Messamena, sont venues s&rsquo;installer le long de la route Abong-Mbang–Lomié. Son nom signifie « les Moabi », en souvenir de l&rsquo;abondance passée de cette essence aujourd&rsquo;hui recherchée par les exploitants industriels. La forêt communautaire, attribuée vers 2005 au GIC FCB5 des communautés Badjoué et Baka, couvre 5 000 hectares , encadrée à l&rsquo;est comme à l&rsquo;ouest par les concessions (UFA 10-044 et 10-047) de la société Pallisco, qui l&rsquo;a elle-même cartographiée et appuyée en matériel dans le cadre d&rsquo;un partenariat avec le WWF. (source: <a href="https://www.pallisco-cifm.com/download/2020/Rapport%20EIE%20UFAS%2010%20041%2010%20042%20et%2010%20044%20-%20v02.pdf">https://www.pallisco-cifm.com/download/2020/Rapport%20EIE%20UFAS%2010%20041%2010%20042%20et%2010%20044%20-%20v02.pdf</a>)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="430" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-1024x430.png" alt="" class="wp-image-3238" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-1024x430.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-300x126.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-766x322.png 766w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704.png 1285w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">source: <a href="https://arcg.is/0GzbiP0">https://arcg.is/0GzbiP0</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, l&rsquo;atlas du MINFOF documente ce que la salle de Yaoundé n&rsquo;a fait qu&rsquo;évoquer en creux : les limites de la forêt de Medjoh n&rsquo;auraient pas été suffisamment entretenues, provoquant des intrusions observées dans l&rsquo;UFA voisine, et, à l&rsquo;inverse, des exploitants venus chercher du Moabi, de l&rsquo;Iroko ou du Sapelli s&rsquo;aventurant, quand l&rsquo;essence manque dans leur secteur attribué, sur des parcelles où ils n&rsquo;ont aucun droit. Il est rapporté, sans que cela soit vérifié de façon indépendante, qu&rsquo;une même famille ; pèserait d&rsquo;un poids disproportionné dans les décisions de gestion, avec pour conséquences une transparence mise à mal et un trafic des lettres de voiture, ces documents qui accompagnent légalement le transport du bois. Dès 2006, sur les 1 050 m³ autorisés à la vente, seuls 139 ont trouvé preneur , les bénéfices servant, le plus souvent, à financer le certificat de l&rsquo;année suivante plutôt qu&rsquo;un projet de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour de cette forêt de 5 000 hectares, la commune de Mindourou ne compte, hors des forêts permanentes, communales et communautaires, qu&rsquo;environ 12 242 hectares de domaine national disponible , soit 2,9 % de sa superficie totale, pour 18 000 habitants. Moins d&rsquo;un hectare par personne. De cette rareté naissent des différends entre familles Badjoué sur la délimitation des champs, des tensions plus anciennes entre Badjoué et Baka,  jusqu&rsquo;à un incident mortel rapporté en mai 2022, et des litiges de limites de lignage jamais matérialisées sur le terrain. Rien de tout cela, pourtant, n&rsquo;a jamais dépassé la chefferie : en 2020, trois plaintes seulement y étaient encore en instance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Medjoh donne à voir, c&rsquo;est un cas sans scandale ni conflit ouvert majeur avec l&rsquo;opérateur voisin , et c&rsquo;est peut-être cela, le plus instructif : même dans une forêt communautaire relativement calme, chacune des failles décrites à l&rsquo;atelier se retrouve, à échelle réduite mais bien réelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des experts donnent de la voix à ce qu&rsquo;il manque encore au concept</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la salle, d&rsquo;autres voix viennent combler ce que le seul récit des forêts sacrées ne disait pas. <strong>M. Essiane Mendoula</strong>, du Landscape Initiative (anciennement CIFOR-ICRAF), pointe un obstacle technique trop souvent sous-estimé : <em>« Le problème se situe au niveau de la ressource ; les communautés ne savent pas faire l&rsquo;inventaire de toutes les ressources qu&rsquo;elles regorgent, ni l&rsquo;usage qu&rsquo;elles sont en mesure d&rsquo;en faire. C&rsquo;est seulement à cette condition qu&rsquo;elles pourront identifier les services écosystémiques et les bénéfices qu&rsquo;elles pourraient en retirer. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maire de Mintom, lui, choisit de parler de ce qui marche : <em>« Grâce à la forêt communautaire, la commune de Mintom a pu électrifier quatre villages, et bien d&rsquo;autres réalisations comme des forages. »</em> Mais il regrette aussitôt l&rsquo;absence, autour de la table, des autres administrations concernées : MINADER, MINMIDT, MINEPDED, MINDCAF ,  comme si la forêt communautaire portait seule un poids qui devrait être partagé. La présidente de l&rsquo;association APIFED de Djoum, ajoute une pièce manquante au tableau : les Zones d&rsquo;Intérêt Cynégétique à Gestion Communautaire (ZICGC) n&rsquo;ont pas été associées aux échanges, alors qu&rsquo;elles sont directement concernées par le partage des bénéfices issus de la gestion de la faune.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3237" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sandrine Andong/ CERAD</em></strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux chercheurs, enfin, interrogent le concept lui-même. Pour <strong>Guy Patrice Dkamela</strong>, la notion de « forêt communautaire » associe deux logiques en tension — celle de la forêt qui est un domaine de l&rsquo;Etat, et donc régit administrativement, et celle du commun , cela gagnerait à être mieux nommée pour être mieux compris. <strong>Sandrine</strong> <strong>Andong</strong> du CERAD, propose une piste venue d&rsquo;ailleurs : <em>«et si les forêts modèles , un concept né au Canada, pouvaient aider à diversifier la gestion des forêts communautaires camerounaises au-delà du bois ,comme semblent déjà l&rsquo;esquisser les expériences de Campo Ma&rsquo;an et de Dja Mpomo ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de journée, un consensus se dessine, prudent : les forêts communautaires ne résoudront pas, à elles seules, l&rsquo;ensemble des problèmes de développement rural du Cameroun. Mais, multivocationnelles, elles restent porteuses d&rsquo;opportunités que ni Medjoh ni les statistiques nationales n&rsquo;ont fini d&rsquo;épuiser,  à condition, disent en substance les uns et les autres, d&rsquo;associer tous les secteurs de l&rsquo;administration à la gestion de ressources devenues stratégiques, de sécuriser juridiquement ce que les communautés Baka, Badjoué ou Bamiléké protègent depuis des générations sans l&rsquo;avoir jamais demandé à un texte de loi, et de réformer, sans plus attendre les décrets, ce qui ne fonctionne plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions de l&rsquo;atelier doivent désormais nourrir la révision, déjà engagée, du Manuel des Procédures d&rsquo;Attribution et des Normes de Gestion des Forêts Communautaires. Reste à savoir, comme le veut la question qui a traversé toute la journée sans jamais recevoir de réponse définitive, si le texte à venir saura enfin faire dialoguer les rapports d&rsquo;études et les forêts communautaires comme celle de Medjoh. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange Atala</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Inclusion: AJPAC accompagne la délivrance d&#8217;actes de naissance aux Baka</title>
		<link>https://tribuneverte.online/inclusion-ajpac-accompagne-la-delivrance-dactes-de-naissance-aux-baka/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 17:20:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3208</guid>

					<description><![CDATA[© AJPAC]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>La préservation de la Réserve de Faune du Dja, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, repose sur une inclusion harmonieuse des communautés locales. Parmi elles, les peuples autochtones Baka, estimés à environ 40 000 personnes au Cameroun, rencontrent encore d’importants obstacles pour accéder aux services publics. </em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>L’absence d’actes de naissance et de cartes nationales d’identité prive une majorité d’enfants de l’accès à l’école : près de 70 % des enfants Baka ne disposent pas de documents d’état civil, et à peine 25–30 % sont scolarisés, contre 96 % pour la moyenne nationale.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Un situation qui interpelle l’Association des Jeunes Peuples Autochtones Pygmés du Cameroun (AJPAC) dans le cadre de la mise en oeuvre du projet <strong>« Renforcement du rôle des communautés locales et des peuples autochtones dans la gestion et la protection des sites naturels du patrimoine mondial au Cameroun »</strong>, au sein du programme Natura Sud-Est, financé par l’Union européenne.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès juin 2026, AJPAC a sillonné 14 villages Baka de l&rsquo;arrondissement de Lomié, sur un périmètre de 100km , pour identifier les jeunes déscolarisés faute d’acte de naissance et les adultes dépourvus de carte nationale d’identité. 80 personnes ayant déjà bénéficié de la même procédure l&rsquo;année dernière, l&rsquo;initiative a suscité un engouement rare, d&rsquo;où la nécessité de répliquer l&rsquo;expérience, au vu du besoin persistant en documents administratifs en vue de préparer la rentrée scolaire 2026-2027. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3215" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1536x1024.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Frank Moamide </strong>lors de la campagne de sensibilisation, dans le village Mwangue le Bosquet.</em>(© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mardi 25 août 2026, à Nomedjoh, une seconde vague de remise d’actes de naissance a été organisée, bénéficiant à 70 personnes. Cet événement, supervisé par <strong>M.Frank Moamide</strong>, Ingénieur des Eaux et Forêts, chef d’antenne de la Réserve de biosphère du Dja à Lomié, et <strong>Mme Oloa Nadège</strong>, 2ᵉ adjointe au Maire de Lomié, marque une étape concrète dans la lutte contre l’exclusion scolaire et citoyenne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3214" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Sa Majesté, Aleka Raymond</strong>, chef du village Païo:  » Sans actes de naissance, nos enfants ne peuvent pas s&rsquo;inscrire à l&rsquo;école, et sans CNI les adultes ont des difficulté à avoir des contrats de travail auprès des sociétés. » </em>(© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des documents légaux pour impulser la participation des Baka  à la gouvernance locale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous l’impulsion de son président <strong>Lerys Nyangono</strong>, AJPAC ne se limite pas aux actes de naissance. L’association a également engagé un processus pour l’établissement de 200 cartes nationales d’identité (CNI), dont la délivrance est prévue en septembre 2026. Cette initiative vise à renforcer l’inclusion des adultes Baka dans la vie citoyenne et à leur garantir un accès aux services publics. Les CNI prévues permettront aux adultes de disposer d’une identité légale, condition pour faire des déplacements sans se faire bloquer dans des postes de contrôle d&rsquo;identité, de voter, d&rsquo;accéder aux services administratifs de base et participer aux instances locales.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3213" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Lerys Nyangono</strong>, dans le village Mwangue le Bosquet, au moment de l&rsquo;identification des personnes bénéficiaires de CNI</em>. (© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au‑delà de la simple distribution de documents, cette campagne contribue à lever un frein majeur à l’éducation et à la citoyenneté des Baka. En sécurisant leur identité légale, le projet ouvre la voie à une implication plus forte des communautés autochtones dans la conservation de la Réserve du Dja, au bénéfice de la biodiversité et du développement local.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong> <em>( de retour de Lomié)</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tribune: Ariane de Rothschild passe en force pour récupérer ses chasses en Afrique</title>
		<link>https://tribuneverte.online/tribune-ariane-de-rothschild-passe-en-force-pour-recuperer-ses-chasses-en-afrique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2026 18:42:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[sport]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Ariane de Rothschild pose devant un bubale, sorte de grande antilope, abattu à Faro Lobéké en 2013.
DR]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>La banquière genevoise a repris les territoires de chasse de son défunt mari au Cameroun. Écarté, leur ex-gérant dénonce une «confiscation» menée sans ménagement. Révélations.</em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Un combat judiciaire sans merci oppose la banquière <strong>Ariane de Rothschild</strong> à un associé de son défunt mari.</em></li>



<li><em>Ce chasseur professionnel, <strong>Pierre Guerrini,</strong> a été évincé de la gestion des camps de chasse qu’il a créés au Cameroun.</em></li>



<li><em>La famille Rothschild, actionnaire majoritaire des chasses, dit agir conformément au droit camerounais.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp de chasse de Faro Lobéké, au Nord du Cameroun, est un rêve pour les amateurs de gros gibier: huttes luxueusement aménagées dans un style africain, menus gourmets et véhicules tout-terrain climatisés, pour aller tirer buffles et antilopes dans la brousse. Mais à la veille de Noël, en 2023, cette destination prisée des riches chasseurs étrangers a vécu un coup de force inédit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dimanche 24&nbsp;décembre, vers 14&nbsp;h, une vingtaine de gendarmes camerounais armés débarquent de trois pick-up et prennent le contrôle du camp. Les militaires coupent l’électricité, confisquent des armes et embarquent plusieurs employés, selon un constat d’huissier dressé deux jours plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agissant sur ordre du gouverneur local, les gendarmes sont venus expulser le fondateur et gérant de longue date du campement, le chasseur professionnel Pierre Guerrini. Ce Français à la carrure solide avait fui le pays quelques jours plus tôt, après avoir été détenu près d’une semaine dans un poste de police de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’irruption des gendarmes à Faro Lobéké marque le point culminant du bras de fer qui oppose Pierre Guerrini à la nouvelle maîtresse des lieux, la banquière genevoise Ariane de Rothschild.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La chasse, facette discrète de l’empire Rothschild</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la mort de son mari Benjamin, en 2021, la baronne a repris les immenses domaines de chasse qu’il avait acquis en Afrique. Dont celui de Faro Lobéké, grand comme les cantons de Fribourg ou Zurich.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réserve de 1640&nbsp;km² appartient à l’État camerounais, mais l’activité de chasse est concédée à une société privée. En 2023, les clients devaient débourser plus de 65’000&nbsp;euros pour deux semaines de tir au gros gibier. Des quotas officiels limitent le nombre d’animaux abattus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="975" height="650" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png" alt="" class="wp-image-3187" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png 975w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-13-768x512.png 768w" sizes="auto, (max-width: 975px) 100vw, 975px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Guerrini</strong> (à gauche) et <strong>Benjamin de Rothschild.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chasses africaines – au moins deux au Cameroun et une au&nbsp;<a href="https://www.elle.fr/Deco/Reportages/Visites-maisons/Visite-privee-dans-la-reserve-de-Niassa-au-Mozambique-lieu-de-villegiature-d-Ariane-de-Rothschild" target="_blank" rel="noopener">Mozambique</a>&nbsp;– forment une facette cachée de l’empire Rothschild. Elles n’apparaissent nulle part dans l’organigramme du&nbsp;<a href="https://www.edmond-de-rothschild.com/fr/au-coeur-dun-ecosysteme" target="_blank" rel="noopener">groupe familial</a>, qui comprend la banque genevoise&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/ariane-de-rothschild-je-leur-ai-dit-la-banque-ne-part-pas-a-sarcelles-185864277042">Edmond de Rothschild</a>, des&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/four-seasons-megeve-obtient-son-premier-palace-francais-397551950213">hôtels</a>, des domaines viticoles ou des parfums.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, Ariane de Rothschild ne parle jamais publiquement de sa pratique personnelle de la chasse. Mais une photo de 2013 la montre posant à côté d’un bubale, sorte de grande antilope, fraîchement abattu sur le domaine de Faro Lobéké.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les activités de Faro Lobéké relèvent exclusivement du patrimoine privé de la famille de Benjamin de Rothschild, indique un porte-parole de la famille. Elles n’appartiennent pas au groupe Edmond de Rothschild et sont juridiquement et financièrement distinctes de celles du groupe.»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un an de prison pour le maître de chasse</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon des proches de la famille, c’est au contact de son mari, passionné de chasse, qu’Ariane de Rothschild se serait initiée à cette pratique. En 2012, le baron Benjamin s’est associé avec Pierre Guerrini, puis lui a racheté 65% des parts de la société qui exploite Faro Lobéké, le guide de chasse français demeurant actionnaire minoritaire avec 35%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux hommes sont devenus très proches. Benjamin de Rothschild séjournait encore à Faro Lobéké quelques jours avant sa mort d’une crise cardiaque dans son&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/geneve-la-famille-rothschild-se-dechire-pour-un-tresor-secret-105613636086">château de Pregny</a>, en janvier 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais après son décès, les relations entre le guide de chasse et la veuve de Benjamin se sont gâtées. Exécutrice testamentaire, Ariane de Rothschild demande des comptes et découvre que Pierre Guerrini a versé une partie de l’argent des clients sur ses comptes hors du Cameroun. Pour ces faits, un tribunal camerounais a condamné le chasseur professionnel à 1&nbsp;an de prison pour «abus de biens sociaux» et «tromperie envers les associés», tout en l’innocentant des accusations d’irrégularités comptables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je ne reconnais pas avoir détourné de l’argent sur mes comptes personnels, car les sommes étaient reprises dans le décompte final annuel, supervisé par le family office (ndlr: bureau privé) et Benjamin de Rothschild dans le cadre des bilans des sociétés»</em>, commente Pierre Guerrini. La justice camerounaise doit encore trancher définitivement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14-768x1024.png" alt="" class="wp-image-3188" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14-768x1024-1.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14-225x300.png 225w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png 975w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pierre Guerrini aujourd’hui.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le nœud du conflit est ailleurs. Pierre Guerrini estime qu’en vertu des statuts des sociétés qui détiennent les domaines de chasse, il en reste le gérant et l’associé de plein droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, le chasseur professionnel refuse donc de céder sa place au gérant désigné par Ariane, par ailleurs directeur de la holding Edmond de Rothschild. Les tribunaux camerounais sont saisis. Ils finissent par donner raison à l’une des quatre filles d’Ariane, qui a remplacé sa mère pour représenter l’héritage familial dans ces procédures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«J’ai peur d’être incarcéré»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2023, c’est le tournant: le gouverneur du Nord Cameroun fait placer Pierre Guerrini six jours en garde à vue, lui interdit l’accès au camp de Faro Lobéké sous prétexte de «maintenir l’ordre public» et y envoie les gendarmes. Le guide de chasse français n’a plus remis les pieds au Cameroun depuis. «J’ai peur d’être incarcéré», explique-t-il aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«J’estime avoir subi une action confiscatoire de mes droits de gérant et d’associé»</em>, ajoute le guide de chasse, qui s’exprime pour la première fois sur cet épisode.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ariane de Rothschild, de son côté, justifie sa volonté de garder les chasses camerounaises dans le giron familial. «Mes filles et moi-même entreprenons de maintenir et de renforcer les liens construits par mon défunt mari au Cameroun, dans l’esprit, qui l’a toujours animé, d’attachement à ses habitants et à ses ressources naturelles», a-t-elle écrit au personnel des camps de chasse en mars 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La baronne semble en effet avoir un lien spécial avec le Cameroun – et avec ses dirigeants. Le président Paul Biya, 93&nbsp;ans, plus vieux chef d’État en exercice du monde, et sa femme Chantal auraient été invités à plusieurs reprises au château Rothschild de Pregny, selon une source proche de la famille, qui ne souhaite pas être citée nommément en raison de ses engagements de confidentialité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi à Genève que se joue le litige sur les domaines de chasse. Depuis 2022, trois conseils d’administration des sociétés qui les détiennent se sont tenus au siège historique de la banque Edmond de Rothschild. Ils ont ratifié l’éviction de Pierre Guerrini, mais ce dernier estime que les conseils ne pouvaient rien décider en son absence, car il est le seul associé survivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La justice genevoise a toutefois refusé d’enquêter sur de possibles irrégularités lors de ces conseils. Celles-ci constitueraient, tout au plus, <em>«des vices dont les conséquences relèvent du droit des sociétés, qui plus est vraisemblablement camerounais»</em>, selon une <a href="https://entscheidsuche.ch/dok/GE_Gerichte/GE_CJ_011_P-17573-2025_2026-03-30.pdf" target="_blank" rel="noopener">décision de la Cour de justice genevoise</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Situation bloquée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la situation au Cameroun semble bloquée. Saisie par Pierre Guerrini, qui juge les tribunaux du Nord biaisés en faveur d’Ariane de Rothschild, la Cour suprême du pays a ordonné la suspension des procédures entre les deux parties, avant d’examiner un éventuel renvoi à une autre juridiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, Ariane de Rothschild reste aux commandes des camps de chasse. Même s’il demeure actionnaire à 35%, Pierre Guerrini affirme ne recevoir aucune information sur leur fonctionnement, ni aucun revenu. <em>«C’est moi qui ai créé Faro Lobéké»</em>, rappelle le Français, qui estime avoir été privé de sa <em>«raison de vivre»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, la famille Rothschild précise qu’aucun dividende n’a été versé ces dernières années et que Pierre Guerrini n’a été privé d’aucun revenu. Elle estime que <em>«la gouvernance des sociétés a […] été rétablie dans le cadre de procédures judiciaires et sociales régulières. Leur activité se poursuit conformément aux décisions judiciaires rendues et aux autorisations administratives délivrées par l’État camerounais.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On ignore quel avenir la baronne, très engagée dans le développement durable et la philanthropie, réserve à ces domaines de chasse. Leur fonctionnement a été critiqué par un <a href="https://pulitzercenter.org/fr/stories/au-cameroun-la-chasse-aux-trophees-contre-le-droit-des-baka" target="_blank" rel="noopener">récent article</a> du Pulitzer Center. Selon cette organisation de journalisme américaine, les autochtones Baka ne peuvent plus y chasser, y pêcher ou y cueillir des fruits. Devenus spectateurs sur leurs terres coutumières, <em>«ils regardent les chasseurs de trophées se rendre dans ces espaces qui leur sont désormais interdits»</em>, déplore l’ONG.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Collaboration: Yona Benathan</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ariane de Rothschild sur tous les fronts</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces derniers mois, la baronne Ariane de Rothschild a fait les gros titres des médias internationaux, signe d’un intérêt qui ne faiblit pas pour sa famille:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; En septembre 2025, nous révélions&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/geneve-la-famille-rothschild-se-dechire-pour-un-tresor-secret-105613636086">l’âpre conflit</a>&nbsp;qui oppose la baronne à sa belle-mère, Nadine de Rothschild, pour le contrôle de la collection d’art du château familial de Pregny. L’information a été reprise par les médias du monde entier – de «Paris Match» au «<a href="https://www.theguardian.com/world/2025/dec/14/like-a-mini-louvre-two-generations-of-rothschilds-fight-over-treasure-trove-of-artworks" target="_blank" rel="noopener">Guardian</a>» ou à «<a href="https://www.liberation.fr/plus/speciaux-cahier-ete/guerre-de-succession-le-savoir-hair-des-baronnes-de-rothschild-20260815_HQQI2QLER5AI5O5VERMZ5GRF6M/" target="_blank" rel="noopener">Libération</a>». Le conflit se poursuit devant les tribunaux genevois, sans solution en vue pour l’instant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; En janvier 2026, le Département de la justice américain publie des milliers de courriels du financier et prédateur sexuel Jeffrey Epstein. Ils révèlent un&nbsp;<a href="https://www.tdg.ch/epstein-les-e-mails-secrets-du-financier-avec-ariane-de-rothschild-458875839835">lien étroit</a>&nbsp;entre ce dernier et Ariane de Rothschild. Epstein la conseillait notamment sur les négociations de sa banque avec les autorités américaines. En contrepartie, la banque Edmond de Rothschild et Ariane personnellement lui auraient versé 25&nbsp;millions de dollars. «Nous avons dépensé une somme très raisonnable par rapport à nos concurrents dans le contentieux fiscal de la justice américaine», a expliqué la baronne dans une récente interview au magazine «<a href="https://www.challenges.fr/fortunes/a-aucun-moment-je-nai-pense-a-meffacer-ariane-de-rothschild-se-confie-apres-la-publication-des-epstein-files_644759" target="_blank" rel="noopener">Challenges</a>»<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; À Paris, un procès l’opposant à un ex-majordome réserve de mauvaises surprises à Ariane de Rothschild. Des documents confidentiels de son&nbsp;<em>family office</em>&nbsp;ont fuité sur le site&nbsp;<a href="https://www.instagram.com/p/DauOPGEAGfH/?img_index=1" target="_blank" rel="noopener">«Mediapart»</a>. Ils montrent que les employés de la baronne songeaient à faire circuler des œuvres d’art entre plusieurs pays sans les déclarer à la douane. L’entourage de la baronne conteste toute infraction aux règles douanières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.tdg.ch/author/35257028/sylvain-besson"><strong>Sylvain Besson</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Publié le 23.08.2026, à 09h46 sur <a href="https://www.tdg.ch/ariane-de-rothschild-bataille-judiciaire-pour-ses-chasses-au-cameroun-779937380406">https://www.tdg.ch/ariane-de-rothschild-bataille-judiciaire-pour-ses-chasses-au-cameroun-779937380406</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DOSSIER/                                                                    Eboulements de Zamboï : les mots d&#8217;Aliou avant le drame</title>
		<link>https://tribuneverte.online/dossier-eboulements-de-zamboi-les-mots-daliou-avant-le-drame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 14:02:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3165</guid>

					<description><![CDATA[©2026 &#124; Giovanny Engamba &#124; Centre pour l’Environnement et le Développement
(CED)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Le mardi 18 août 2026, en début d&rsquo;après-midi, un pan de terre s&rsquo;est détaché du site aurifère artisanal de Zamboï, village situé de part et d&rsquo;autre de la frontière entre le Cameroun et la République Centrafricaine (voir image en bannière, la démarcation se voit à travers la clôture en panneaux d’aluminium ), localité également connue sous le nom de « Moscou », ensevelissant des dizaines d&rsquo;orpailleurs qui creusaient en contrebas d&rsquo;un cratère à ciel ouvert.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Parmi les victimes, <strong>Yaya Pierre</strong>, alias « Commando »; fils du chef de Dir , village situé dans arrondissement de Dir, département du Mbéré, région de l&rsquo;Adamaoua au Cameroun. Selon les témoignages recueillis sur place, il est mort avec neuf autres personnes dans une même fosse, aux côtés de son propre patron. Trois jours plus tard, alors que les recherches se poursuivent toujours sous restriction d&rsquo;accès, cet article revient sur ce que révèlent les témoignages recueillis sur place : l&rsquo;aveu, filmé six semaines avant le drame, de l&rsquo;exploitant du site quant à sa connaissance du risque ; le vécu, minute par minute, de ceux qui se trouvaient au fond des galeries.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Ce 20 août 2026, sur RFI, <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>, Secrétaire Général du Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), a fait part de sa préoccupation de longue date pour la situation à Zamboï côté camerounais, où son organisation déploie régulièrement des équipes de terrain , la plus récente datant de juin 2026.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte que prend tout son sens l&rsquo;enregistrement diffusé sur TikTok par Aliou, présenté comme l&rsquo;exploitant du chantier de « Moscou », originaire de Cantonier (RCA) et bien connu, selon ses propres mots, à Garoua-Boulaï, Cantonier, Baboua et Bertoua. Le message, adressé directement aux orpailleurs du site, a été publié sur son compte TikTok le 5 juillet 2026 ; soit près de six semaines avant la catastrophe du 18 août.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le gap entre le bilan officiel, et les chiffres du terrain annoncent plusieurs éboulements </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les autorités locales citées par plusieurs médias internationaux: RFI, France 24, l&rsquo;AFP , au moins 107 corps avaient été extraits des décombres à la mi-journée du mercredi 19 août, sur la base des estimations du Maire de Garoua-Boulaï, côté camerounais. Le maire de Baboua, côté centrafricain, évoquait pour sa part « une centaine » de morts sans pouvoir établir de bilan formel, tandis que le député de Baboua, <strong>Laurent Ngon Baba</strong>, reconnaissait la même difficulté. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Baboua.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="540" height="1157" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited.jpeg" alt="" class="wp-image-3167" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited.jpeg 540w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited-140x300.jpeg 140w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited-478x1024.jpeg 478w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Capture d&rsquo;écran du 19 août 2026 à 23: 48, réalisée sur la page Facebook de Axe Média.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des témoignages recueillis directement auprès de sources présentes sur le chantier avancent cependant des chiffres nettement supérieurs : jusqu&rsquo;à 250, voire 380 morts selon certaines estimations de terrain, encore en attente de vérification. Ces mêmes témoignages font état d&rsquo;une série d&rsquo;éboulements survenus les jours précédant le drame : un premier vendredi dans la nuit, suffisant pour interrompre le travail sur une partie du site . Un second dimanche dans la nuit ; puis, le jour du drame lui-même, trois éboulements successifs , deux de moindre ampleur, suivis du plus important, qui aurait enseveli un grand nombre de travailleurs présents dans la fosse. Un nouvel affaissement, survenu la nuit suivante, aurait failli entraîner les eaux de la rivière Kadey dans le cratère. Ce schéma d&rsquo;effondrements répétés est cohérent avec ce que rapporte la presse régionale sur l&rsquo;instabilité chronique du site, une carrière à ciel ouvert s&rsquo;étendant sur plusieurs kilomètres, criblée de fosses profondes et interconnectées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="723" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-723x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3178" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-723x1024.jpeg 723w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-212x300.jpeg 212w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31.jpeg 763w" sizes="auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Situation géographique de la zone sinistrée. ( © CED).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mêmes sources de terrain évoquent la présence, parmi les victimes, de ressortissants de plusieurs nationalités: centrafricaine, camerounaise, tchadienne, nigérienne, burkinabé, ce qui recoupe la réputation du site comme pôle d&rsquo;attraction régional pour l&rsquo;orpaillage artisanal. Elles font également état d&rsquo;une présence russe (Wagner) aux côtés des autorités centrafricaines sur le site depuis le lendemain du drame, ainsi que d&rsquo;un chef de chantier qui chercherait à minimiser le bilan en avançant le chiffre de 49 morts. Ces deux éléments n&rsquo;ont pu être confirmés par aucune source publiée à ce stade et doivent être traités comme non vérifiés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Neuf hommes dans un même trou: circonstances de décès du fils du chef de Dir</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les victimes identifiées figure un homme connu sous le surnom de « Commando » ; de son vrai nom <strong>Yaya Pierre</strong>, originaire du village de Dir, dans l&rsquo;arrondissement du même nom, et fils du patriarche Maire Samba. Il est mort avec environ neuf autres personnes dans une même fosse , parmi lesquelles son propre patron. Un seul survivant a pu être compté dans cette carrière précise, selon un témoignage recueilli par <strong>Pierre Hervé Madougou</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit qui en ressort éclaire, de l&rsquo;intérieur, la mécanique du drame. Le groupe extrayait des graviers dans cette carrière depuis plusieurs jours et, au moment de l&rsquo;éboulement, tous étaient concentrés sur leur tâche. Le bruit de la perceuse utilisée sur place a couvert les cris d&rsquo;alerte lancés depuis la surface ; ce n&rsquo;est qu&rsquo;au tout dernier moment que certains, ayant reçu des mottes de terre lancées en guise de signal, ont compris ce qui se passait. Mais la fosse était trop étroite et le nombre de travailleurs qui s&rsquo;y trouvaient trop important pour permettre une évacuation à temps : la terre les a surpris avant qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pu sortir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Cyrille Narké</strong>, chercheur au CED, s&rsquo;alarme: <em>« les femmes et les enfants sont majoritairement parmis les victimes, ce sont les plus vulnérables pour qui atteindre la surface était pénible , au moment où l&rsquo;alerte a été lancée»</em>. Ce témoignage illustre, à l&rsquo;échelle d&rsquo;une seule fosse, ce que les images diffusées sur les réseaux sociaux ne montrent pas : les personnes ensevelies en surface sont visibles sur les vidéos, mais un nombre indéterminé d&rsquo;artisans miniers a été enseveli dans des galeries souterraines, sans même avoir eu le temps de comprendre ce qu&rsquo;il leur arrivait.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Si vous mourrez ici, ça vous regarde » : l&rsquo;avertissement d&rsquo;Aliou</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;enregistrement cité précédemment, Aliou  rappelle d&rsquo;abord les avoir toujours considérés comme sa propre famille, avant d&rsquo;en venir à l&rsquo;objet réel de son message : une mise en garde répétée, restée sans effet. <em>« Chaque fois je vous dis que s&rsquo;il y a trop de terres, vous arrêtez le travail. Si la situation est favorable, vous travaillez. Je vous le dis pour votre propre sécurité »</em>, déclare-t-il en langue Fufulde, avant d&rsquo;ajouter, plus loin : <em>« Quand la terre est en abondance je vous demande d&rsquo;arrêter les travaux, vous refusez. »</em> Il décrit une consigne de sécurité simple: suspendre l&rsquo;extraction en cas d&rsquo;accumulation excessive de terre en surplomb ; ce que les orpailleurs auraient systématiquement ignorée.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="557" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-557x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3168" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-557x1024.jpeg 557w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-163x300.jpeg 163w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44.jpeg 696w" sizes="auto, (max-width: 557px) 100vw, 557px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Capture d&rsquo;écran du 20 août 2026 à 13: 06, réalisée sur le compte Tiktok d&rsquo;Aliou. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste de l&rsquo;enregistrement est tout aussi significatif pour l&rsquo;établissement des responsabilités. Aliou y précise n&rsquo;avoir<em> « aucun contrat signé avec aucun »</em> des travailleurs présents sur le site, qualifie son entreprise de strictement privée, sans partenaire ni structure associative, et affirme n&rsquo;avoir sollicité personne pour venir y travailler. Il en tire une conclusion sans détour sur la question de la responsabilité en cas d&rsquo;accident : <em>« Si vous mourrez ici, ça vous regarde, ce ne sera pas mon problème. Le gouvernement ne va rien me demander parce que moi je n&rsquo;ai demandé à personne d&rsquo;aller dans ce chantier. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il revient également sur les débuts de son entreprise, rappelant avoir accompli seul les démarches administratives auprès du gouvernement pour légaliser le chantier , sans, dit-il, aucune aide financière des travailleurs qu&rsquo;il emploie aujourd&rsquo;hui , et sur sa propre trajectoire, d&rsquo;enfant de Cantonier devenu, par la réussite de cette activité, une figure reconnue de la région. Vérification faite, Aliou est bien centrafricain, originaire de Zamboï même, côté RCA ,  une proximité directe avec le site qui donne un relief particulier à ses propos sur la famille et l&rsquo;enracinement local.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que cet enregistrement change pour l&rsquo;enquête</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pris isolément, ce témoignage ne suffit pas à établir une responsabilité pénale , il faudrait pour cela le confronter aux autorisations administratives réellement délivrées, aux conditions d&rsquo;exploitation autorisées, et à l&rsquo;enquête ouverte par le parquet de Baboua. Mais il apporte un élément factuel difficile à contester : l&rsquo;exploitant reconnaît lui-même, avant le drame, avoir eu connaissance du risque d&rsquo;éboulement, avoir formulé des consignes de sécurité, avoir constaté leur non-respect par les travailleurs, et avoir choisi de ne pas imposer d&rsquo;arrêt des travaux malgré ce risque identifié,  tout en anticipant explicitement qu&rsquo;il ne pourrait être tenu responsable en cas de décès, en l&rsquo;absence de tout contrat de travail formel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet aveu, produit par l&rsquo;intéressé lui-même et diffusé publiquement avant la catastrophe, mérite d&rsquo;être versé au dossier de l&rsquo;enquête en cours, aux côtés des témoignages de terrain sur la succession des éboulements des jours précédents , qui, si confirmée, suggérerait que le risque n&rsquo;était pas seulement générique mais immédiat et documenté dans les jours ayant précédé le drame.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;en dit l&rsquo;expertise : un accident qui rattrape un débat déjà engagé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé le 20 août 2026 sur RFI, dans l&rsquo;émission « Le Grand Invité Afrique », <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>, juriste environnementaliste, Secrétaire Général du Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), spécialiste des questions minières au Cameroun, apporte un éclairage qui recoupe et prolonge les témoignages de terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il relève d&rsquo;abord la rareté de vidéos aussi précises pour ce type d&rsquo;accident, tout en rappelant leurs limites : <em>« ce que ces images montrent, ce sont des personnes ensevelies en surface , ce qu&rsquo;elles ne montrent pas, c&rsquo;est le nombre bien plus incertain d&rsquo;artisans qui se trouvaient dans les galeries souterraines au moment de l&rsquo;effondrement, sans avoir eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait.»</em> Un constat qui fait directement écho au témoignage recueilli sur la mort de « Commando » et de ses compagnons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>: <em>« ce type d&rsquo;éboulement reste un accident fréquent sur les sites d&rsquo;orpaillage artisanal, en particulier pendant la saison des pluies, lorsque des sols gorgés d&rsquo;eau s&rsquo;affaissent plus facilement , mais jamais, à une échelle comparable à celle de Zamboï.»</em> Il explique l&rsquo;ampleur inédite du bilan par un facteur de calendrier : la période correspond aux vacances scolaires, moment où affluent sur ce type de site un grand nombre de jeunes en quête d&rsquo;argent pour préparer la rentrée, rendant des lieux déjà très fréquentés encore plus surpeuplés qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la nature du site, <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong> le décrit comme une exploitation artisanale informelle, mais d&rsquo;une taille sans commune mesure avec ce que suggère habituellement ce terme , un mode de gestion qui reste largement informel malgré l&rsquo;ampleur du site. Associé à une forme d&rsquo;illégalité difficile à combattre dès lors qu&rsquo;elle concerne parfois des milliers de personnes : en chasser les exploitants serait mal perçu localement, les populations considérant l&rsquo;or comme une ressource naturelle à laquelle elles ont droit pour subvenir à leurs besoins.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-scaled.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3170" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1536x1152.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-2048x1536.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>; lors d’un atelier de renforcement des capacités des communautés victimes de crimes environnementaux , le 1ier avril 2026 à Yaoundé</em> ( © CED).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur la sécurité, il précise que, bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une zone frontalière où des forces de sécurité sont déployées de part et d&rsquo;autre, ce dispositif vise avant tout le contrôle des flux de personnes et de biens , beaucoup de travailleurs présents sur le site, souvent issus de villages reculés, n&rsquo;ayant pas de papiers d&rsquo;identité, non par dissimulation mais par manque d&rsquo;accès. Sur l&rsquo;absence de toute infrastructure de soutènement visible sur les vidéos, il explique qu&rsquo;un chantier informel de ce type ne compte aucun responsable chargé d&rsquo;organiser ce genre de mesures : de telles constructions représentent un coût que les artisans miniers indépendants, focalisés sur une extraction rapide avant de quitter les lieux, ne sont pas en mesure d&rsquo;assumer individuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres part, <strong>Dr. Samuel Nguiffo </strong>anticipe sur le fait que: <em> « cet accident va relancer avec une intensité renouvelée le débat engagé depuis le début de l&rsquo;année au Cameroun pour assainir le secteur minier artisanal et semi-mécanisé ;un débat qui, </em>selon lui<em>, devra désormais intégrer plus frontalement la question sécuritaire, aux côtés des efforts déjà amorcés sur la transparence des flux d&rsquo;or à l&rsquo;export et la réduction du travail des enfants sur les sites miniers. »</em> Il exprime l&rsquo;espoir que les décideurs publics, mais aussi les compagnies qui achètent l&rsquo;or produit sur ces sites, en tirent l&rsquo;obligation d&rsquo;investir dans l&rsquo;amélioration des conditions de production,  et que ce drame puisse rester, selon ses mots, le dernier de cette ampleur dans le secteur minier camerouno-centrafricain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette préoccupation n&rsquo;est pas nouvelle pour le CED, qui suit la situation de longue date à Zamboï du côté camerounais et y déploie régulièrement des équipes de terrain, la plus récente mission remontant à juin 2026. C&rsquo;est précisément ce travail de suivi continu, mené plusieurs semaines avant le drame, qui permet aujourd&rsquo;hui de recouper les témoignages recueillis dans l&rsquo;urgence avec une connaissance déjà établie du site et de ses fragilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entretien est disponible ici: <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20260820-eboulement-meutrier-zambo%C3%AF-le-d%C3%A9bat-au-cameroun-pour-assainir-le-secteur-minier-va-reprendre-de-plus-belle?utm_slink=rfi.my%2FCyd9">https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20260820-eboulement-meutrier-zambo%C3%AF-le-d%C3%A9bat-au-cameroun-pour-assainir-le-secteur-minier-va-reprendre-de-plus-belle?utm_slink=rfi.my%2FCyd9</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bassin du Niger : JVE et PIDACC collaborent pour vulgariser le MRI du Fonds Vert Climat</title>
		<link>https://tribuneverte.online/bassin-du-niger-jve-et-pidacc-collaborent-pour-vulgariser-le-mri-du-fonds-vert-climat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 12:26:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3152</guid>

					<description><![CDATA[© Emery Ndayizeye]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Depuis que tu parles de MRI et du Fonds vert pour le climat, c&rsquo;est quoi même ? »</strong>  Ainsi s&rsquo;est exprimé un paysan à Winde, dans la commune de Ngong 1, région du Nord au Cameroun.  Et c&rsquo;est sous un arbre que l&rsquo;équipe de Jeunes Volontaires pour l&rsquo;Environnement (JVE Cameroun), en collaboration avec celle du PIDACC/BN-Cameroun, a choisi, du 5 au 6 août 2026, de tenir son atelier d&rsquo;information avec les populations de la commune : un format volontairement dépouillé, à l&rsquo;image du dialogue direct recherché avec les habitants du département de la Bénoué.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la commune rurale de Ngong, les populations vivent au quotidien les effets du changement climatique : sécheresses récurrentes, ensablement des cours d&rsquo;eau, migrations forcées et conflits liés à l&rsquo;accès aux ressources. C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;inscrit le Programme Intégré de Développement et d&rsquo;Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN), financé par le Fonds Vert pour le Climat (FVC) et plusieurs partenaires internationaux. Ngong c&rsquo;est l&rsquo;une des localités bénéficiaires de ce programme régional, qui s&rsquo;étend par ailleurs à huit autres pays du bassin du fleuve Niger.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="626" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-1024x626.png" alt="" class="wp-image-3156" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-1024x626.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-300x183.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-768x469.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748.png 1335w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un extrait de la présentation de <strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses 147 385 habitants, répartis sur 81 villages et 24 quartiers, pour une superficie de 2 788 km², l&rsquo;agriculture occupe 72 % de la population active àNgong, aux côtés de l&rsquo;élevage extensif et de la pêche artisanale. C&rsquo;est l&rsquo;une des communes bénéficiaires du PIDACC, qui vise à renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes du bassin du Niger à travers la gestion durable des ressources naturelles, la lutte contre l&rsquo;ensablement et la mise en place d&rsquo;infrastructures agro-sylvo-pastorales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Lancé en 2019 pour une durée initialement prévue de six ans, le programme est aujourd&rsquo;hui en phase de prolongation, une revue à mi-parcours ayant eu lieu en 2024. Avec un coût global de près de 8,9 milliards de FCFA pour sa composante camerounaise, sa zone d&rsquo;intervention couvre dix communes du Nord, réparties entre le département de la Bénoué (Garoua 1er, 2e et 3e, Lagdo, Bardnaké, Baschéo, Gaschiga, Ngong et Pitoa) et le département du Mayo-Rey (Rey Bouba).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, la composante camerounaise du programme prévoit notamment l&rsquo;aménagement de dix bas-fonds à maîtrise totale de l&rsquo;eau, la réhabilitation de 30 km de périmètres de culture de décrue et l&rsquo;aménagement de 2 000 hectares de périmètres irrigués sur des ouvrages hydro-agricoles. Ce sont précisément ce type d&rsquo;ouvrages: bas-fonds aménagés, périmètres irrigués, dispositifs de maîtrise de l&rsquo;eau ; qui, mal calibrés ou mal concertés avec les riverains, peuvent modifier le régime des cours d&rsquo;eau, provoquer inondations ou ensablement en aval, et endommager des cultures ou des habitats voisins non intégrés au périmètre initial du projet. C&rsquo;est précisément ce type de dommages, imputables aux ouvrages eux-mêmes plutôt qu&rsquo;à leur seule proximité, que les communautés riveraines n&rsquo;ont pas pu faire valoir formellement ; non faute de préjudice, mais faute de connaître le processus de recours qui leur aurait permis de les documenter et de les faire remonter.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des désastres qui échappent au mécanisme censé les traiter</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les investissements du PIDACC/BN et d&rsquo;autres projets financés par le FVC, plusieurs impacts négatifs ont été rapportés localement : destruction de plantations par des aménagements non concertés, inondations et ensablement des cours d&rsquo;eau aggravant la perte de terres cultivables, déplacements forcés de familles rurales vers des zones plus humides, perte de moyens de subsistance liés à l&rsquo;agriculture, à la pêche et à l&rsquo;élevage, ainsi que des risques sanitaires associés à la pollution des eaux et à l&rsquo;utilisation de produits chimiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="587" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-1024x587.png" alt="" class="wp-image-3158" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-1024x587.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-300x172.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-768x440.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944.png 1426w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un extrait de la présentation de <strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun de ces cas n&rsquo;a pourtant été enregistré dans le cadre du Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) du Fonds Vert l&rsquo;instrument qui permet précisément aux populations affectées par un projet climatique de déposer une plainte et de faire valoir leurs droits. Les raisons de cette absence sont documentées : un manque de vulgarisation qui laisse le mécanisme méconnu du grand public, des procédures perçues comme trop techniques par les communautés rurales, une quasi-absence de médiateurs ou d&rsquo;organisations locales capables d&rsquo;accompagner une saisine, et une couverture médiatique insuffisante de la part des radios communautaires et des journalistes locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce vide que la mission de JVE Cameroun à Ngong entend combler, en informant les habitants de la commune sur leurs droits et sur l&rsquo;existence de ce mécanisme : condition préalable pour que les désastres climatiques liés aux projets du Fonds Vert puissent, à l&rsquo;avenir, être documentés et traités.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Deux jours de terrain, quatre volets d&rsquo;action</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Conduite par <strong>Mamout Oumarou</strong>, chef de mission, l&rsquo;équipe de JVE Cameroun a multiplié les formats pour toucher tous les publics de la commune :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un passage à la radio communautaire <strong>Derke&rsquo;en FM</strong>, en français puis en fulfulde, en partenariat avec le journaliste Bassirou Dairou ;</li>



<li>Un dialogue communautaire à Winde Ngong 1, réunissant 38 agriculteurs, éleveurs, femmes, jeunes et leaders locaux ;</li>



<li>Une formation de 20 acteurs relais:  journalistes, membres d&rsquo;organisations de la société civile, médiateurs et leaders communautaires ; chargés de démultiplier l&rsquo;information après le départ de l&rsquo;équipe ;</li>



<li>Une première dans le cadre de cette campagne : un sketch pédagogique porté par les <strong>« Ambassadeurs Juniors du MRI »</strong>, composé de huit enfants encadrés par trois animateurs, pour vulgariser le mécanisme auprès du public jeune.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3154" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mamout Oumarou</strong>, s&rsquo;entretenant avec les « Ambassadeurs Juniors du MRI ».(© Emery Ndayizeye)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mission de terrain n&rsquo;a pas été menée en vase clos : elle s&rsquo;est déroulée en collaboration directe avec l&rsquo;équipe du PIDACC/BN-Cameroun, dont deux représentantes ont pris part à l&rsquo;atelier. <strong>Mme Lassomme épouse Moussa</strong>, Responsable Développement Social et Genre et Chargée de la Communication du PIDACC/BN-Cameroun, a accompagné la mission aux côtés de <strong>Mme Ayissi Espe Menye Louise-Agnès Tatiana</strong>, Assistante Suivi-Évaluation. Leur présence traduit une volonté commune de rapprocher les porteurs de projet eux-mêmes des populations censées en bénéficier ; une articulation directe entre le programme qui finance les infrastructures et le mécanisme censé en corriger les effets non désirés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="760" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1024x760.jpeg" alt="" class="wp-image-3155" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1024x760.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-300x223.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-768x570.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1536x1140.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong>, lors de la campagne d&rsquo;information 2026 à Ngong.(© Emery Ndayizeye)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Blondel Silenou</strong>, chef de projet à JVE Cameroun : <em>« Les communautés sont les premières concernées par les projets de développement climatique. Pourtant, elles ignorent souvent qu&rsquo;elles disposent de mécanismes indépendants leur permettant de faire entendre leur voix lorsque leurs droits ou leurs intérêts sont affectés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat dressé par l&rsquo;équipe à l&rsquo;issue de ces deux jours est sans détour : le fossé entre les financements climatiques et les communautés qui en subissent les effets s&rsquo;est révélé plus large qu&rsquo;anticipé. Il ne s&rsquo;agissait pas de sensibilisation au sens classique, mais bien de la construction d&rsquo;un premier accès à l&rsquo;information .</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une gouvernance climatique participative</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La mission de Ngong constitue la deuxième phase d&rsquo;une campagne nationale de vulgarisation portée par JVE Cameroun, financée par le programme IRM CSO Grant 2026. La première phase avait été menée en 2024 à Lagdo et dans les villages environnants, où JVE Cameroun avait déjà initié les populations au fonctionnement du mécanisme IRM et sensibilisé sur leurs droits face aux projets climatiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3157" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Blondel Silenou</strong> (3è à partir de la gauche), lors de la campagne d&rsquo;information de 2024 dans la commune de Lagdo, à la chefferie du village Ouro-Labbo.(© JVE-Cameroun)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de Ngong, cette mission illustre une ambition nationale : installer une culture de la participation citoyenne dans la gouvernance des investissements climatiques. Un financement climatique ne se mesure pas seulement à ses infrastructures ou à ses résultats économiques, mais aussi à sa capacité à respecter les droits des communautés et à leur offrir des voies de recours crédibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les réalisations affichées du PIDACC et le travail de vulgarisation mené par JVE Cameroun, Ngong s&rsquo;impose ainsi comme un laboratoire de la justice climatique au Cameroun, là où la résilience ne se limite pas aux infrastructures, mais se construit aussi par l&rsquo;information, la transparence et la participation des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tribune: ECODEV dénonce la criminalisation des défenseurs de la nature</title>
		<link>https://tribuneverte.online/tribune-ecodev-denonce-la-criminalisation-des-defenseurs-de-la-nature/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 14:22:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3139</guid>

					<description><![CDATA[Dans le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, protéger la forêt est devenu un acte de bravoure qui expose souvent à la violence. Criminalisation, menaces, intimidations :&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, protéger la forêt est devenu un acte de bravoure qui expose souvent à la violence. Criminalisation, menaces, intimidations : les défenseurs communautaires paient un lourd tribut pour avoir choisi de préserver les écosystèmes. Dans cette tribune, l’organisation <strong>ECODEV</strong> alerte sur les menaces systémiques qui pèsent sur ces sentinelles de l’environnement au Cameroun et en Afrique centrale, et appelle les institutions internationales à placer la sécurité des défenseurs au cœur des politiques de conservation.</em></p>



<h1 class="wp-block-heading">Quand protéger l’environnement devient un combat pour la vie : menaces, résistances et protection des défenseurs communautaires des forêts du Bassin du Congo</h1>



<p class="wp-block-paragraph">La crise environnementale mondiale, marquée par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, a transformé la protection des écosystèmes en un enjeu de survie. En effet, cette lutte pour la planète est de plus en plus synonyme de danger pour ceux qui se trouvent en première ligne : les défenseurs de l’environnement et des forêts. Au Cameroun comme ailleurs, les défenseurs de la nature jouent un rôle crucial dans la préservation des forêts, des rivières et de la biodiversité. Ils alertent sur les dangers liés à l’exploitation illégale des ressources, à la déforestation et à la pollution. Mais leur courage les place souvent dans une situation de vulnérabilité face aux intérêts économiques et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bassin du Congo, deuxième poumon vert mondial, est au cœur de cette dynamique. Cette région, vitale pour la régulation climatique globale, est soumise à d’intenses pressions liées à l’exploitation forestière, minière et agro‑industrielle. Dans ce contexte, la défense des forêts est devenue un acte à haut risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article vise à démontrer que la protection des écosystèmes forestiers est indissociable de la protection des personnes qui les défendent. Il met en lumière les menaces systémiques qui pèsent sur les défenseurs en Afrique centrale, avec un focus particulier sur le Cameroun, et lance un appel documenté aux organisations internationales, notamment Rainforest Foundation UK (RFUK), pour une action urgente et stratégique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="531" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png" alt="" class="wp-image-3140" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9-300x169.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9-768x434.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cadre conceptuel et juridique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance du rôle crucial des défenseurs de l’environnement s’inscrit dans l’évolution du droit international des droits humains. Le lien entre un environnement sain et l’exercice des droits fondamentaux est désormais établi, notamment par la reconnaissance par l’ONU du droit humain à un environnement propre, sain et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de l’environnement sont ceux qui agissent, individuellement ou collectivement, pour protéger l’environnement et les droits qui y sont liés. Ils sont souvent formés et travaillent sous l’impulsion des organisations de la société civile écologistes. Ce sont généralement des gardiens des forêts détenteurs des savoirs traditionnels essentiels à la conservation. Leur sécurité est intrinsèquement liée à la sécurité humaine et à la justice environnementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réalités de terrain : le cas du Cameroun</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Cameroun, les défenseurs de l’environnement sont pris dans un étau de pressions économiques et politiques. Le pays, riche en ressources naturelles, est le théâtre d’une expansion rapide de l’exploitation forestière, minière et de l’agro‑industrie. Ces activités dépouillent les forêts de leurs ressources au profit d’une poignée dirigeante de connivence avec les exploitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence contre les observateurs communautaires prend des formes multiples et insidieuses :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Criminalisation</strong> : harcèlement judiciaire, accusations fallacieuses, délégitimation.</li>



<li><strong>Menaces physiques et intimidations</strong> : agressions, disparitions, menaces de mort.</li>



<li><strong>Invisibilisation</strong> : les violences subies sont ignorées dans les politiques de conservation classiques.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est frappant : ceux qui s’opposent à la destruction de la forêt pour le bien commun sont traités comme des criminels, tandis que les acteurs de la déforestation illégale jouissent souvent d’une impunité relative.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="472" height="630" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png" alt="" class="wp-image-3141" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png 472w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 472px) 100vw, 472px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la conservation expose à la mort</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse des rapports de force locaux révèle une collusion entre intérêts économiques puissants (exploitants forestiers, miniers, agro‑industriels) et acteurs étatiques ou traditionnels, au détriment des populations locales. En 2023, au moins <strong>196 défenseurs de l’environnement ont été tués ou portés disparus</strong> dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les menaces ne sont pas seulement physiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Sociales et économiques</strong> : ostracisation, perte d’emploi, exclusion des bénéfices sociaux.</li>



<li><strong>Psychologiques</strong> : harcèlement constant, peur pour la famille, stress chronique.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Témoignages</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>« J’aime mon village et je me suis engagé à travailler pour qu’il se développe. C’est pour cela qu’on travaille à la surveillance forestière. Mais ce n’est pas facile parce qu’on n’a pas de moyen de déplacement sûr. Malgré tout je suis prêt à continuer. »</em></li>



<li><em>« J’ai été présentée à la communauté comme celle qui fournit des informations au chef de poste forestier. Plus tard j’ai été constamment menacée au point où j’ai dû quitter le village. »</em></li>



<li><em>« Beaucoup de jeunes formés à la surveillance forestière se sont convertis en exploitants illégaux. Ils connaissent où les caméras ont été placées et les esquivent. »</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces paroles traduisent la passion et la détermination des observateurs communautaires, mais aussi les risques auxquels ils s’exposent régulièrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le rôle stratégique des organisations internationales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette crise, la protection des défenseurs de l&rsquo;environnement n&rsquo;est pas un simple acte de charité, mais un levier stratégique clé pour la conservation durable. Sans la voix et l&rsquo;action des communautés, la lutte contre la déforestation et le changement climatique est vouée à l&rsquo;échec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organismes internationaux dont la mission est explicitement alignée sur les droits des communautés forestières, la sécurité des défenseurs, la gouvernance forestière et la justice environnementale, jouent un rôle essentiel. Leur soutien peut s&rsquo;articuler autour de plusieurs axes :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Soutien juridique et politique : </strong>Fournir une assistance légale aux défenseurs criminalisés et plaider auprès des instances nationales et internationales pour la reconnaissance et la protection de leur rôle.</li>



<li><strong>Soutien communautaire : </strong>Renforcer les mécanismes de protection communautaire autonomes et les réseaux d&rsquo;alerte précoce.</li>



<li><strong>Soutien technologique : </strong>Utiliser des outils de cartographie, de surveillance&nbsp;et de communication sécurisée pour documenter les abus et renforcer la résilience.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Nous invitons les citoyens, les institutions, les partenaires internationaux à se joindre à notre combat, protéger les protecteurs de l&rsquo;environnement, c&rsquo;est protéger la planète et les générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Recommandations opérationnelles</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="577" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png" alt="" class="wp-image-3143" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218-300x225.png 300w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un appel à l’action</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La forêt ne survivra pas sans ses défenseurs. Le combat pour l’environnement est avant tout un combat pour la vie, celle des écosystèmes et celle des hommes et des femmes qui les protègent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Protéger l’environnement, c’est d’abord protéger les vies humaines. L’inaction face à la violence contre les défenseurs communautaires est une complicité tacite avec la destruction de la nature. Les organisations internationales ont la responsabilité morale et stratégique de placer la sécurité des défenseurs au centre de leur agenda de conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de la nature sont les sentinelles de notre avenir. Leur sécurité est une condition indispensable pour réussir la transition écologique. Ensemble, agissons pour que leurs voix continuent de résonner et que leur courage inspire le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Références</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Global Witness. </em>Land and Environmental Defenders<em>. [URL: </em><a href="https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/%5d"><em>https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>Forest Declaration Assessment.</em>Évaluation régionale 2022<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL:</em><em> </em><a href="https://forestdeclaration.org/wp-content/uploads/2022/11/2022RegionalAssessment_FR.pdf%5d"><em>https://forestdeclaration.org/wp-content/uploads/2022/11/2022RegionalAssessment_FR.pdf]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Africa Center for Strategic Studies.</em>L&rsquo;impératif de sécurité régionale pour protéger le bassin du Congo<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-le-bassin-du-congo/%5d"><em>https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-</em></a><a href="https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-le-bassin-du-congo/%5d"><em>le-bassin-du-congo/]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>OHCHR.</em>Les experts de l&rsquo;ONU saluent la reconnaissance par&#8230;<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL: </em><a href="https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-international-court-justice-all-states-must%5d"><em>https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-</em></a><a href="https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-international-court-justice-all-states-must%5d"><em>international-court-justice-all-states-must]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>UNESCO.</em>Droits humains et justice environnementale<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL:</em><em> </em><a href="https://unesco.delegfrance.org/Droits-humains-et-justice-environnementale%5d"><em>https://unesco.delegfrance.org/Droits-humains-et-justice-environnementale]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Global Witness.</em>How criminalisation harms climate movements and&#8230;.. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/how-states-use-criminalisation-to-target-land-and-environmental-defenders/].">https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/how-states-use-criminalisation-to-target-land-and-environmental-defenders/].</a></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Mongabay.</em>Malgré les avertissements, l&rsquo;abattage continue dans la&#8230;. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.mongabay.com/2024/12/malgre-les-avertissements-labattage-continue-dans-la-riche-foret-debo-au-cameroun/].">https://fr.mongabay.com/2024/12/malgre-les-avertissements-labattage-continue-dans-la-riche-foret-debo-au-cameroun/].</a></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Business &amp; Human Rights Resource Centre.</em>Au Cameroun, la croissance de l&rsquo;agro-industrie sème l&rsquo;                          <em>[URL: </em><a href="https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/%5d"><em>https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-</em></a></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/%5d"><em>lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>IIED.</em>Résoudre les conflits fonciers par le dialogue<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://www.iied.org/sites/default/files/pdfs/2021-01/12611FIIED.pdf%5d"><em>https://www.iied.org/sites/default/files/pdfs/2021-01/12611FIIED.pdf]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>Cameroun24.</em>Péril sur la vie des militants pour la défense de la terre&#8230;.. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-4-54995.html%5d"><em>https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-</em></a><a href="https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-4-54995.html%5d"><em>4-54995.html]</em><em>.</em></a><em></em><em>Global Witness.</em>Plus de 2 100 défenseurs des droits fonciers et environnementaux tués à travers le monde entre 2012 et 2023<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/%5d"><em>https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-</em></a><a href="https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/%5d"><em>defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/]</em></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>ECODEV</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ebodjé : des fumoirs écologiques pour soulager les fumeuses de poisson du Parc Marin</title>
		<link>https://tribuneverte.online/ebodje-des-fumoirs-ecologiques-pour-soulager-les-fumeuses-de-poisson-du-parc-marin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 11:51:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
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					<description><![CDATA[© BCL]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Le 27 juillet 2026, le village côtier de pêcheurs Ebodjé, situé aux abords du Parc Marin Manyange na Elombo‑Campo, a vibré au rythme des chants et des danses. Les fumeuses de poissons, piliers de la filière pêche locale, ont reçu deux fumoirs améliorés offerts par l’organisation locale Biodiversity Conservation for Life (BCL), grâce à une subvention du Global Green Grant Fund UK.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ebodjé, dans le département de l&rsquo;Océan , région du Sud Cameroun, ce  27 juillet 2026<strong>.</strong> C&rsquo;était la liesse chez les fumeuses de poisson du village de pêcheurs d&rsquo;Ebodjé, riverain du parc national marin Manyange na Elombo-Campo. L&rsquo;organisation locale Biodiversity Conservation for Life (BCL) leur a remis deux fumoirs écologiques destinés à faciliter et sécuriser leur activité de transformation du poisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de cibler les fumeuses de poisson n&rsquo;est pas anodin. Dans la filière pêche, ces femmes jouent un rôle central dans la transformation et la commercialisation des produits, assurant le lien entre la capture et le marché. Pourtant, leur travail reste largement invisible dans les statistiques officielles de la pêche, qui se concentrent le plus souvent sur les volumes débarqués par les pêcheurs plutôt que sur la valeur ajoutée créée en aval par les transformatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux fumoirs ont été construits grâce à une subvention du Global Greengrants Fund UK, une fondation qui octroie de petites subventions comprises généralement entre 500 et 10 000 dollars; à des initiatives environnementales communautaires à travers le monde. Depuis sa création en 1993, ce fonds a soutenu plus de 14 000 projets dans 168 pays, avec une attention particulière portée aux communautés directement engagées dans la protection de leur environnement, comme c&rsquo;est le cas à Ebodjé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi le fumoir traditionnel pose problème</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le fumage du poisson sur foyer ouvert, tel qu&rsquo;il est pratiqué traditionnellement le long du littoral camerounais, expose les fumeuses à une fumée chargée en hydrocarbures aromatiques polycycliques, en dioxines et en monoxyde de carbone — des substances associées à des irritations oculaires, des troubles respiratoires et, à long terme, à des risques cancérigènes. Il exige aussi une quantité considérable de bois : dans la zone Kribi-Campo, le fumage représenterait à lui seul environ 60 % de l&rsquo;ensemble des usages du bois de feu par les communautés de pêcheurs, une pression qui pèse directement sur les mangroves du littoral — des écosystèmes déjà fragilisés par l&rsquo;érosion côtière et pourtant essentiels à la biodiversité aquatique et à la reproduction de nombreuses espèces marines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>M. Sambou Mamballa Patrick</strong>, Conservateur du Parc Marin Manyangue na Elombo Campo : <em>« les communautés attendent les bénéfices économiques dans la conservation, et c&rsquo;est le cas avec ce projet. Deux fumoirs ça semble anodin, mais dans les faits, ça va faciliter le travail à des dizaines de ménages dans ce secteur d&rsquo;activité».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des expérimentations menées ailleurs sur la côte camerounaise, notamment à Manoka avec l&rsquo;Association des femmes fumeuses (AFUMA) en collaboration avec l&rsquo;Université de Douala, ont montré que des fumoirs améliorés,  construits en briques de terre ou en métal et laine de verre , permettent de réduire la consommation de bois de 33 % à 50 % par rapport au fumoir traditionnel, tout en réduisant le temps de fumage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une triple retombée attendue</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maman Olga Djao</strong>, fumeuse de poissons : <em>« Avec ces nouveaux fumoirs, nous respirons mieux et le poisson se conserve plus longtemps</em> ». Selon BCL, les fumoirs remis à Ebodjé devraient produire trois catégories de bénéfices :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Sur la santé des fumeuses</strong>, en réduisant leur exposition directe à la fumée et à la chaleur du foyer ouvert ;</li>



<li><strong>Sur l&rsquo;environnement</strong>, en réduisant la consommation de bois de chauffe , donc la pression sur les mangroves et les forêts riveraines . Et par conséquent les émissions de gaz à effet de serre associées, ce qui inscrit l&rsquo;initiative dans une logique de lutte contre le changement climatique ;</li>



<li><strong>Sur les revenus</strong>, un fumage mieux maîtrisé et plus homogène améliorant la qualité et la durée de conservation du poisson fumé, ce qui se traduit par une plus-value sur les marchés et, à terme, de meilleurs revenus pour les fumeuses.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Un modèle éprouvé, adapté au contexte local</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les fumoirs remis à Ebodjé sont des fumoirs écologiques améliorés de type Chorkor, une technologie adaptée localement. Développé initialement au Ghana, le fumoir Chorkor est l&rsquo;un des modèles de référence en Afrique de l&rsquo;Ouest et centrale pour la transformation du poisson à moindre impact : sa conception en claies superposées permet de fumer une plus grande quantité de poisson avec moins de bois et en un temps réduit par rapport au foyer ouvert traditionnel, tout en limitant l&rsquo;exposition directe des fumeuses à la fumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux fumoirs ont été construits grâce à une subvention de 10 000 dollars du Global Greengrants Fund UK. Ce montant a permis d&rsquo;identifier 75 fumeuses directement bénéficiaires à Ebodjé, qui pourront désormais mutualiser l&rsquo;usage des deux infrastructures pour leur activité de transformation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3127" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Fumoir fabriqué par BCL à Ebodje.© BCL</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des sites de construction a été fait en concertation avec l&rsquo;autorité villageoise : c&rsquo;est <strong>M</strong>.<strong>Ndjokou Djongo</strong>, chef du village d&rsquo;Ebodjé, qui a désigné les emplacements retenus, dans les quartiers Ngata et Manga Madjao. L&rsquo;initiative a par ailleurs été mise en œuvre en partenariat avec le service de la conservation du Parc Marin Manyangue na Elombo Campo, ce qui inscrit ce don dans une démarche coordonnée avec la gestion officielle de l&rsquo;aire protégée, plutôt que comme une action isolée de la seule ONG.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément dans cette logique que s&rsquo;inscrit le don de fumoirs écologiques par BCL : soutenir une activité économique essentielle pour les communautés du parc, sans reproduire la pression sur les ressources ligneuses que ce même parc cherche à protéger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Cameroun et la Guinée Equatoriale unis pour préserver l’un des écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Aug 2026 05:19:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
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					<description><![CDATA[Au bord des rives du fleuve Ntem, où se trouve une étroite voie d’eau qui sépare le Cameroun de la Guinée équatoriale, il est difficile de distinguer où s’achève un&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>Entre Campo au Cameroun et Río Campo en Guinée équatoriale, les vagues ignorent les visas et les tortues marines ne connaissent pas les frontières. C’est dans cet esprit qu’a été lancé <strong>Pro‑CAMPO</strong>, un projet transfrontalier de quatre ans financé par l’Union européenne et porté par l’AMCO, le WWF, Tube Awu et ANDEGE. Son ambition : protéger l’un des écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale, renforcer la résilience des communautés locales et transformer la coopération régionale en moteur de conservation et de développement durable.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Environ 150 000 personnes vivent dans le département de l’Océan au Cameroun, dont près de 7 000 habitants à Campo, directement concernés par le projet Pro‑CAMPO. Du côté équato‑guinéen, Río Campo compte environ 1 100 habitants, auxquels s’ajoutent les villages voisins comme Ilende, Eyabe ou Campa‑Beach. Ces communautés côtières sont au cœur du projet, car elles dépendent directement des ressources halieutiques et des écosystèmes marins partagés.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au bord des rives du fleuve Ntem, où se trouve une étroite voie d’eau qui sépare le Cameroun de la Guinée équatoriale, il est difficile de distinguer où s’achève un pays et où commence l’autre. Les tortues marines viennent pondre sur les plages des deux côtés de la frontière. Dauphins, baleines et requins sillonnent librement des eaux que seules frontières dessinées sur une carte viennent delimiter.<br><em>« Les vagues ne demandent pas de visa et les espèces marines ne reconnaissent pas les frontières »</em>, a déclaré le <strong>Dr Aristide Takoukam Kamla</strong>, Président-Fondateur de l’African Marine Conservation Organisation (AMCO), à l’occasion du lancement d’une nouvelle initiative de conservation transfrontalière à Río Campo.<br>Ces mots résument parfaitement l’esprit du Projet d’appui à la conservation marine participative et à l’adaptation des océans (Pro-CAMPO), un projet de quatre ans financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’AMCO, le World Wide Fund for Nature (WWF), TUBE AWU et l’Asociación Nacional para la Defensa y Gestión del Medio Ambiente (ANDEGE).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="916" height="315" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png" alt="" class="wp-image-3115" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png 916w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-300x103.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-768x264.png 768w" sizes="auto, (max-width: 916px) 100vw, 916px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cartes du parc national marin de Manyange na Elombo-Campo au Cameroun et du parc national du Río Campo en Guinée équatoriale, respectivement</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet a été officiellement lancé le 8 juin 2026 à Campo, au Cameroun, avant de traverser le fleuve Ntem pour une seconde cérémonie de lancement tenue le 10 juin à Río Campo, en Guinée équatoriale. Son objectif est d’établir les bases de la conservation à long terme du capital naturel et de la biodiversité du paysage marin et côtier de Campo, à travers le renforcement de la gouvernance et de la gestion du Parc national marin Manyange na Elombo-Campo au Cameroun et du Parc national de Río Campo en Guinée équatoriale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des quatre prochaines années, le projet entend également approfondir la coopération transfrontalière, renforcer la résilience des communautés locales et autochtones, et consolider les capacités des institutions chargées de la conservation de ces aires protégées.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="627" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png" alt="" class="wp-image-3116" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1-768x512.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les parties prenantes lors de la cérémonie de lancement au Cameroun. Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Dr Takoukam, Pro-CAMPO va toutefois bien au-delà de la simple gestion des aires protégées. Il s’agit avant tout de transformer la manière dont les pays voisins envisagent la conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pro-CAMPO n’existe pas pour tracer de nouvelles frontières, mais pour effacer celles qui nous séparent de l’océan que nous partageons. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision repose sur une réalité fondamentale : si les êtres humains peuvent délimiter des frontières, les écosystèmes, eux, n’en connaissent aucune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage que le projet entend protéger figure parmi les écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale. Il abrite cinq des huit espèces mondiales de tortues marines, des lamantins d’Afrique, des dauphins à bosse de l’Atlantique, des baleines à bosse ainsi qu’une quarantaine d’espèces de requins et de raies. Ses mangroves, estuaires, plages de ponte et herbiers marins constituent des habitats essentiels pour la faune, tout en assurant les moyens de subsistance de milliers de personnes qui dépendent de la pêche et des ressources côtières.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="607" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png" alt="" class="wp-image-3117" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2-300x194.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2-768x496.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le paysage de Campo abrite le dauphin à bosse de l’Atlantique, une espèce en danger critique d’extinction devenue légalement protégée au Cameroun il y a quelques années. Crédit photo : AMCO</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet écosystème partagé subit cependant des pressions croissantes. La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), la dégradation des mangroves, la pollution, l’urbanisation côtière non durable et les effets du changement climatique menacent aussi bien la biodiversité que les communautés qui en dépendent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Union européenne, ces défis justifient pleinement un investissement dans un projet qui associe conservation de la nature et développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La protection des océans est une priorité pour l’Union européenne, car ces océans sont au cœur de la résilience climatique, de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance de millions de personnes »</em>, a déclaré <strong>Raymond Lataste</strong>, représentant de l’Union européenne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x771.png" alt="" class="wp-image-3121" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x771.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-300x226.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-768x578.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1536x1157.png 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6.png 2040w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Raymond Lataste</strong>. Crédit photo: Tube Awu</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de sa stratégie Global Gateway, a-t-il expliqué, l’Union européenne soutient un développement économique durable tout en favorisant la protection de l’environnement. Cette approche permet aux communautés côtières de bénéficier d’écosystèmes plus sains tout en développant des sources de revenus alternatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je vends du poisson depuis près de cinquante ans »</em>, raconte <strong>Ursula Molende Matomba</strong>, âgée de 67 ans, présente au lancement à Río Campo<em>. « Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de trouver du poisson. Bien souvent, les pêcheurs reviennent avec leurs pirogues vides. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Epengo Mbipite</strong>, président d’une association de pêcheurs artisanaux au Cameroun, est aussi confronté au déclin progressif des ressources halieutiques. Mais la baisse des captures n’est pas sa seule préoccupation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il arrive que des chalutiers industriels détruisent nos filets, alors même que nous ne pêchons pas dans leurs zones de pêche autorisées. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1024x771.png" alt="" class="wp-image-3122" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1024x771.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-300x226.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-768x578.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1536x1157.png 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7.png 2040w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Ndounteng Ndjamo Rodric Xavier</strong>( à gauche). Crédit photo: Tube Awu</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Ndounteng Ndjamo Rodric Xavier</strong>, coordonnateur de l’organisation partenaire TUBE AWU, Pro-CAMPO représente un véritable espoir pour des personnes comme Ursula et Mbipite. Forte de plusieurs années d’intervention autour du Parc national marin Manyange na Elombo-Campo, l’organisation accompagne déjà les communautés dans l’amélioration de leurs moyens de subsistance tout en promouvant la conservation marine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="466" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png" alt="" class="wp-image-3118" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3-300x149.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3-768x381.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La pêche constitue la principale source de revenus de ces communautés, mais la diminution des prises menace leur avenir. Le projet favorisera le développement d’activités génératrices de revenus alternatives tout en permettant la reconstitution des stocks halieutiques.Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<p class="wp-block-paragraph">La philosophie du projet a également été reprise par les autorités des deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Représentant le Ministre camerounais des Forêts et de la Faune lors du lancement à Campo, le <strong>Dr Saleh Adam</strong> a souligné que cette initiative est avant tout centrée sur les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ce que nous recherchons pour nos deux pays, c’est avant tout l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Il ne s’agit plus de faire de la conservation pour la conservation, mais d’une conservation au service de l’humanité. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">De l’autre côté de la frontière, <strong>Domingo Mbomio Ngomo</strong>, Président d’ANDEGE, a exprimé une vision similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous ne faisons pas de la conservation pour la seule conservation. Nous la faisons pour le bien-être des populations. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a souligné que, le développement d’activités génératrices de revenus contribuerait à réduire la pression exercée sur les écosystèmes marins tout en améliorant les conditions de vie des communautés côtières, un objectif central du projet Pro-CAMPO.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="442" height="306" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png" alt="" class="wp-image-3119" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png 442w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4-300x208.png 300w" sizes="auto, (max-width: 442px) 100vw, 442px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les communautés locales des deux pays sont au cœur du projet. Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="462" height="308" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png" alt="" class="wp-image-3120" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png 462w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5-300x200.png 300w" sizes="auto, (max-width: 462px) 100vw, 462px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ministre délégué chargé des Forêts et de l&rsquo;Environnement de la Guinée équatoriale, <strong>Diosdado Obiang Mbomio,</strong> qui présidait la cérémonie de lancement à Río Campo, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de la mise en œuvre réussie du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pro-CAMPO s’appuie également sur plusieurs décennies d’expérience en matière de conservation en Afrique centrale. Le WWF, qui accompagne depuis longtemps différentes initiatives d’aires protégées transfrontalières dans la région, estime que la coopération entre pays voisins n’est plus une option mais une nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La conservation ne peut être menée efficacement de manière isolée, car la nature ne reconnaît pas les frontières »</em>, a déclaré <strong>Alain Bernard Ononino</strong>, Directeur national du WWF Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rappelle que les animaux constituent la meilleure illustration de cette réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les populations animales, qu’elles soient terrestres ou aquatiques, ne connaissent pas les frontières. Elles n’ont pas de passeport et n’ont pas besoin de visa. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, a-t-il ajouté, protéger la nature implique aussi de préserver les droits et de valoriser les connaissances des peuples autochtones et des communautés locales, dont le savoir traditionnel jouera un rôle déterminant dans la réussite du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Guinée équatoriale, Pro-CAMPO représente également une occasion de renforcer les capacités nationales en matière de conservation marine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C’est la première fois que nous assurons la gestion d’une aire marine protégée, et nous souhaitons mettre à profit des enseignements  tires de Pro-CAMPO dans l’ensemble des aires marines protégées de Guinée équatoriale »</em>, a déclaré <strong>Fidel Esono Mba Eyono</strong>, Directeur général de Instituto Nacional de Desarrollo Forestal y Manejo del Sistema de Areas Protegegidas de Guinea Ecuatorial (INDEFOR-AP), en référence au Parc national de Río Campo, créé récemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a insisté sur le fait que la conservation doit créer des opportunités plutôt que des contraintes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La création d’une aire protégée ne signifie pas empêcher les populations d’améliorer leurs conditions de vie. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les communiqués officiels publiés à l’issue des cérémonies de lancement dans les deux pays reflètent ces priorités. Ils appellent à renforcer la sensibilisation des communautés, à intensifier la communication autour du parc marin et du projet, ainsi qu’à mieux expliquer les bénéfices que les communautés riveraines tireront des interventions de Pro-CAMPO.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des quatre prochaines années, le succès de Pro-CAMPO ne dépendra pas uniquement de mangroves en meilleure santé, de la reconstitution des stocks de poissons ou à une meilleure gestion des aires marines protégées. Il reposera également sur un facteur moins tangible, mais tout aussi essentiel : la capacité de deux pays, de leurs institutions et de leurs populations à unir leurs efforts pour protéger un océan qui, lui, n’a jamais reconnu la frontière qui les sépare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Shuimo Trust Dohyee</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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