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	<title>business Archives - Tribune Verte</title>
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	<description>Un regard écologique de l&#039;information</description>
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	<title>business Archives - Tribune Verte</title>
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		<title>Portrait: Jocelyne Landry Tsonang, de la finance climat à l’économie circulaire, elle donne le ton!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 08:29:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
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					<description><![CDATA[Jocelyne Landry Tsonang est titulaire d&#8217;un Master en Sciences forestières, option biodiversité et productions forestières, obtenu à l&#8217;Université de Yaoundé 1, au Cameroun. Elle est épouse et mère, mais également&#8230; ]]></description>
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<p></p>



<p><em><strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong> est titulaire d&rsquo;un Master en Sciences forestières, option biodiversité et productions forestières, obtenu à l&rsquo;Université de Yaoundé 1, au Cameroun.  Elle est épouse et mère, mais également experte en économie circulaire, finance durable et développement de projets carbone en Afrique. Son parcours s’est construit à l’intersection des politiques publiques, de la transition écologique, de la structuration de projets verts et de la mobilisation de financements innovants au service du développement durable. Aujourd’hui, elle exerce comme Responsable des opérations chez Nature Crest, une structure qui accompagne l’émergence et la structuration de projets à fort impact dans les domaines du carbone, de l’économie circulaire, des solutions fondées sur la nature et de la finance verte. </em></p>



<p><em>En marge de  la Journée Internationale des Droits de la Femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés. Dans cette interview, Jocelyne Landry nous raconte comment à travers sa fonction, elle contribue à faire le lien entre vision stratégique, ingénierie de projet, mobilisation de partenariats et création de solutions concrètes pour les territoires africains.</em></p>



<p><strong>Tribune verte online (TVO): qu’est-ce qui vous a conduit à la gestion de l’environnement et des ressources naturelles ?</strong></p>



<p><strong>Jocelyne Landry Tsonang  (JLT)</strong> : ce qui m’a conduit vers ce domaine, c’est d’abord une conviction profonde : l’Afrique ne peut pas envisager son développement en dehors des enjeux de durabilité. Très tôt, j’ai compris que les questions environnementales ne concernent pas uniquement la nature. Elles touchent aussi à l’économie, à la santé publique, à l’emploi, à la justice sociale, à la résilience des territoires et à la souveraineté des États.</p>



<p>Au fil du temps, j’ai voulu me positionner non seulement comme une technicienne de ces sujets, mais comme une actrice capable de relier environnement, transformation économique et mécanismes de financement. C’est cette vision qui guide encore aujourd’hui mon engagement.</p>



<p><strong>TVO: comment définiriez-vous votre mission aujourd’hui, à travers vos activités ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: ma mission consiste à contribuer à la transformation de l’ambition environnementale en opportunités concrètes de développement, de résilience et de création de valeur pour l’Afrique.</p>



<p>Concrètement, cela signifie accompagner des acteurs publics, des territoires, des réseaux, des entreprises et des partenaires dans la structuration de projets durables, dans la mise en place de cadres de réflexion stratégique, et dans l’identification de mécanismes de financement innovants, notamment autour de la finance climat, des crédits carbone, de l’économie circulaire et des solutions fondées sur la nature.</p>



<p>Chez <strong>Nature Crest</strong>, nous travaillons précisément dans cette logique. Nous croyons que la transition écologique africaine doit être à la fois <strong>territorialisée, finançable et inclusive</strong>. Notre objectif est d’aider les acteurs africains à mieux structurer leurs projets, à mieux valoriser leurs actifs naturels et à mieux capter les opportunités de la finance verte.</p>



<p><strong>TVO: quels sont, selon vous, les principaux leviers pour faire avancer l’économie circulaire en Afrique ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: le premier levier, c’est l’<strong>ancrage politique</strong>. Tant que l’économie circulaire reste perçue comme un concept périphérique, elle ne peut pas transformer durablement les modèles de production et de consommation. Il faut donc des orientations politiques claires, des feuilles de route, des cadres réglementaires et une meilleure coordination entre les secteurs concernés.</p>



<p>Le deuxième levier, c’est la <strong>territorialisation des solutions</strong>. L’économie circulaire prend tout son sens lorsqu’elle répond à des réalités locales : gestion des déchets, valorisation des matières, transformation agricole, réparation, réemploi, innovation locale, structuration de filières.</p>



<p>Enfin, il faut investir dans les <strong>chaînes de valeur africaines</strong>. L’économie circulaire ne doit pas être réduite à la simple gestion des déchets. Elle doit être pensée comme un modèle économique capable de créer de l’emploi, de soutenir l’industrialisation locale, de réduire certaines dépendances extérieures et de renforcer la compétitivité des territoires.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="720" height="555" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15.jpeg" alt="" class="wp-image-2873" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-300x231.jpeg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><em>Pendant 2 ans, <strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong> a siégé au sein du Conseil Mondial sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;utilisation durable des ressources du Forum Economique Mondial. Alors que le Monde s&rsquo;oriente vers des énergies plus propres, la demande en ressources, notamment en matières premières critiques, devrait connaître une croissance significative. Pour elle : <strong>« les projets miniers actuels et prévus ne suffiront pas à répondre à la demande future, ne couvrant que 39 % des besoins en lithium, 69 % en nickel et 62 % en cobalt d&rsquo;ici 2035. »</strong></em></p>



<p><strong>TVO: vous travaillez aussi sur la finance verte et les marchés carbone. Pourquoi ces sujets sont-ils devenus si importants ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: ils sont devenus essentiels parce qu’il ne suffit plus de reconnaître l’urgence climatique ; il faut désormais trouver les moyens concrets de financer la transition.</p>



<p>L’un des grands défis en Afrique, c’est que beaucoup de projets à fort impact environnemental existent, mais qu’ils ne sont pas toujours suffisamment structurés pour attirer des investisseurs ou accéder à des mécanismes de financement adaptés. Il y a donc un travail fondamental à faire sur la qualité des projets, la gouvernance, la crédibilité des données, la robustesse des modèles économiques et l’alignement avec les standards internationaux.</p>



<p>Les marchés carbone, la finance verte, les paiements pour services environnementaux ou encore les crédits biodiversité peuvent devenir des outils puissants, à condition qu’ils soient conçus avec rigueur, transparence et équité pour les territoires qui portent les projets.</p>



<p><strong>TVO: vous avez accompagné plusieurs pays africains dans la structuration de la finance climat. Pouvez-vous nous en dire plus ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: à ce stade, nous travaillons actuellement avec trois pays africains sur des processus liés à la structuration de la finance climat et à l’émergence de projets verts. Nous ne pouvons pas encore dévoiler leurs noms, car les processus sont toujours en cours et restent soumis à des exigences de confidentialité jusqu’à leur aboutissement.</p>



<p>Il faut aussi comprendre que ce type d’accompagnement prend du temps. Entre l’initiation, la structuration technique, l’alignement institutionnel, la mobilisation des parties prenantes et l’aboutissement effectif, les délais peuvent être relativement longs. Chaque pays a ses propres spécificités institutionnelles, réglementaires, économiques et territoriales, et cela influence fortement le rythme d’avancement. Notre démarche n’est donc pas de rechercher des annonces rapides, mais de contribuer à des processus sérieux, crédibles et durables.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1.jpeg"><img decoding="async" width="720" height="480" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1.jpeg" alt="" class="wp-image-2874" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.15-1-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><em><strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong> (au centre), félicitant le Nigeria pour le lancement de son cadre national dans  le marché du carbone. Une étape majeure pour le financement climatique en Afrique dans le cadre du programme de décarbonisation mené par le secteur privé.</em><br></p>



<p><strong>TVO: quel regard portez-vous sur les écarts de financement climatique en Afrique ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: l’Afrique fait face à un paradoxe majeur. <strong>Le continent reçoit moins de 5 % des financements mondiaux consacrés au climat, en réalité plutôt entre 3 et 4 %</strong>, alors même qu’il est confronté à certains des risques climatiques les plus élevés au monde.</p>



<p>Autrement dit, les besoins sont immenses, les vulnérabilités sont fortes, mais les ressources mobilisées restent encore largement insuffisantes. Cet écart entre les besoins réels et les financements effectivement accessibles constitue l’un des plus grands freins à la transition écologique du continent.</p>



<p>Et pourtant, l’Afrique recèle un potentiel considérable et encore largement inexploité en matière d’investissements verts.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451.png"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-1024x683.png" alt="" class="wp-image-2871" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-1024x683.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451-768x512.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/Copilot_20260401_082451.png 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>TVO: quand vous parlez de potentiel vert, de quoi s’agit-il concrètement ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: il s’agit d’abord du <strong>capital naturel africain</strong>. L’Afrique possède des forêts, des mangroves, une biodiversité remarquable, des sols à fort potentiel de séquestration, des zones côtières stratégiques, des ressources marines, des paysages agricoles, ainsi qu’une immense diversité de services écosystémiques.</p>



<p>Cette richesse a une valeur environnementale évidente, mais elle a aussi une <strong>valeur économique réelle</strong>, qui reste encore insuffisamment reconnue, structurée et monétisée au bénéfice des territoires africains.</p>



<p>C’est justement l’un de nos combats : faire en sorte que cette valeur soit mieux révélée et mieux captée.</p>



<p><strong>TVO:  que signifie, pour vous, “monétiser la valeur du capital naturel africain” ?</strong></p>



<p>Cela signifie permettre aux territoires africains de tirer une valeur économique plus juste de leurs actifs naturels, tout en assurant leur préservation.</p>



<p>Concrètement, cela passe par des instruments comme :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les</strong> <strong>crédits carbone</strong>,</li>



<li><strong>Le</strong>s <strong>crédits biodiversité</strong>,</li>



<li><strong>Les</strong> <strong>paiements pour services environnementaux</strong>,</li>



<li><strong>Et d’autres</strong> <strong>produits de la finance verte</strong>.</li>
</ul>



<p>L’idée n’est pas de marchandiser la nature de manière simpliste. L’idée est de reconnaître que les écosystèmes rendent des services mesurables, utiles et stratégiques à l’échelle locale et mondiale, et que les pays africains doivent pouvoir mieux capter la valeur associée à ces services.</p>



<p>Pour nous, l’enjeu est à la fois <strong>économique, stratégique et politique</strong>. Il s’agit de permettre à l’Afrique de financer sa transition de manière plus souveraine, et de transformer ses ressources écologiques en leviers de développement inclusif et durable.</p>



<p><strong>TVO:  quelle est la contribution de Nature Crest dans cette dynamique ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: Chez <strong>Nature Crest</strong>, nous nous positionnons comme un acteur d’interface entre les territoires, les projets, les partenaires techniques et les opportunités de financement vert.</p>



<p>Nous accompagnons la structuration de projets, l’identification de filières prometteuses, le dialogue avec les parties prenantes, la réflexion stratégique autour des solutions fondées sur la nature, de l’économie circulaire et du carbone, ainsi que la mise en relation avec des approches de finance durable.</p>



<p>Notre ambition est d’aider à faire émerger des projets crédibles, bancables et porteurs d’impact, tout en défendant une vision selon laquelle l’Afrique doit être non seulement un espace de mise en œuvre, mais aussi un espace de création de valeur, de négociation et de leadership dans l’économie verte mondiale.</p>



<p><strong>TVO: selon vous, quelle place les femmes occupent-elles dans cette transformation ?</strong></p>



<p>Les femmes occupent une place centrale, et cette place doit être encore davantage reconnue.</p>



<p>Dans de nombreux territoires africains, les femmes sont déjà au cœur de la gestion des ressources, de l’agriculture, de l’entrepreneuriat local, de la transformation, de la résilience communautaire et de l’innovation sociale. Elles sont souvent parmi les premières à porter des solutions concrètes.</p>



<p>Mais il faut aller plus loin. Les femmes doivent aussi être davantage présentes dans les espaces de décision, dans la gouvernance environnementale, dans la structuration des projets, dans les négociations financières et dans les métiers émergents de la transition écologique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="527" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57.jpeg" alt="" class="wp-image-2880" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.36.57-300x220.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><em><strong>Jocelyne Landry Tsonang</strong>: « je suis convaincue que les femmes africaines ne sont pas seulement des bénéficiaires de la transition ; elles en sont aussi des architectes. »</em></p>



<p></p>



<p><strong>TVO: avez-vous un exemple de projet ou d’approche qui illustre cette vision intégrée ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: oui, par exemple les projets de restauration d’écosystèmes comme les <strong>mangroves</strong> ou d’autres solutions fondées sur la nature illustrent très bien cette approche.</p>



<p>Lorsqu’ils sont bien conçus, ces projets permettent à la fois de préserver la biodiversité, de séquestrer du carbone, de renforcer la résilience des territoires, de protéger certaines activités économiques locales et de créer des perspectives de financement climatique.</p>



<p>Ils montrent que la protection de la nature et le développement économique ne sont pas opposés. Au contraire, la nature peut devenir un <strong>actif stratégique</strong> pour les territoires.</p>



<p><strong>TVO: quel message souhaitez-vous porter au Cameroun, où le marché carbone reste encore peu structuré ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: le Cameroun dispose d’un vrai potentiel. L’enjeu aujourd’hui est de mieux structurer l’écosystème, à travers la sensibilisation, la montée en compétences, l’émergence de projets pilotes crédibles et le dialogue entre les acteurs publics, le secteur privé, les experts techniques et les investisseurs.</p>



<p>Un cadre structurant ne se construit pas uniquement à travers un texte réglementaire. Il se construit aussi par la création d’un écosystème compétent, crédible et capable de porter des projets de qualité.</p>



<p>Il est donc important d’investir à la fois dans la pédagogie, dans les démonstrateurs concrets et dans la coordination entre institutions.</p>



<p><strong>TVO: quelle Afrique appelez-vous de vos vœux dans les années à venir ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: J’aimerais voir une Afrique qui parvient à transformer ses défis écologiques en leviers de souveraineté économique. Une Afrique qui valorise mieux ses ressources naturelles, qui structure ses projets avec davantage de maîtrise, qui accède à plus de financements verts, et qui affirme sa place dans les grandes dynamiques de transformation mondiale.</p>



<p>J’aimerais aussi voir une Afrique qui ne soit plus seulement présentée comme vulnérable au changement climatique, mais comme un continent de <strong>solutions, d’innovation et de leadership</strong>.</p>



<p>À travers mon engagement et celui de Nature Crest, je souhaite contribuer à cette dynamique : une Afrique capable de mieux monétiser la valeur de son capital naturel, de mieux financer sa transition et de construire un développement véritablement durable, inclusif et ancré dans ses réalités.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="904" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16.jpeg" alt="" class="wp-image-2875" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16.jpeg 720w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-09.15.16-239x300.jpeg 239w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p><strong>TVO: quel message adressez-vous aux jeunes, et en particulier aux jeunes femmes, qui souhaitent s’engager dans ce domaine ?</strong></p>



<p><strong>JLT</strong>: je leur dirais que la transition écologique, la finance durable et la gestion de l’environnement ne sont pas des domaines secondaires. Ce sont des champs d’avenir, stratégiques et profondément transformateurs.</p>



<p>Je leur dirais aussi de ne pas attendre d’être parfaitement prêtes pour se positionner. Il faut apprendre, s’entourer, expérimenter, prendre sa place et oser investir ces espaces.</p>



<p>À la jeunesse africaine, et en particulier aux jeunes femmes, je veux dire ceci : <strong><em>« l’Afrique a besoin de vos compétences, de votre intelligence, de votre audace et de votre vision. Il ne s’agit pas seulement d’accompagner les transformations en cours ; il s’agit de les construire. »</em></strong></p>



<p></p>



<p><em>Propos receuillis par</em><strong><em> Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;alimentation au matériel médical : comment phtalates et bisphénols nous intoxiquent ?</title>
		<link>https://tribuneverte.online/de-lalimentation-au-materiel-medical-comment-phtalates-et-bisphenols-nous-intoxiquent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 09:48:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
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					<description><![CDATA[Yaoundé, Kribi, Douala&#8230;la guerre est ouverte contre l&#8217;insalubrité, à cause du fait que dans les rues, les marchés, les hôpitaux, les supermarchés, le plastique est omniprésent. Il emballe, conserve, transporte,&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Yaoundé, Kribi, Douala&#8230;la guerre est ouverte contre l&rsquo;insalubrité, à cause du fait que dans les rues, les marchés, les hôpitaux, les supermarchés, le plastique est omniprésent. Il emballe, conserve, transporte, protège. Mais derrière sa souplesse et sa praticité se cache une menace invisible : les phtalates et bisphénols, deux perturbateurs endocriniens qui migrent dans les aliments, les liquides, et même dans le sang.</em></p>



<p><em>Une enquête menée par l’African Environmental Network (AEN) révèle l’ampleur de cette contamination silencieuse. À la faveur d&rsquo;un atelier de sensibilisation tenu le 17 mars 2026, nous avons receuilli des témoignages, des données scientifiques et des observations de terrain, à la suite d&rsquo;un rapport produit par AEN en partenariat avec IPEN, qui tente de dévoiler une réalité méconnue : le plastique ne pollue pas seulement l’environnement, il contamine notre organisme.</em></p>



<p></p>



<p>Les bisphénols et les phtalates sont des perturbateurs endocriniens omniprésents dans notre quotidien : emballages plastiques, cosmétiques, jouets, matériaux de construction et électroménagers. Leur exposition entraîne la présence de nanoparticules chimiques dans l’organisme, capables d’interférer avec le système hormonal. Comme l’a rappelé <strong>Cécile Kameni</strong>, responsable IPEN pour l’Afrique francophone: <em>« tout le monde est concerné : pas seulement ceux qui manipulent les objets contaminés, mais aussi les consommateurs ordinaires »</em>. IPEN (International Pollutants Elimination Network) est le réseau mondial d’ONG travaillant à éliminer les polluants chimiques dangereux (comme les POPs – Polluants Organiques Persistants). Cette institution présente dans 15 pays, coordonne les activités de 70 ONG, dans un objectif commun : protéger la santé humaine et l’environnement contre les substances toxiques.</p>



<p><strong>Exposition quotidienne dans les usages domestiques et alimentaires</strong></p>



<p>Au Cameroun, l’exposition aux phtalates et bisphénols ne se limite pas aux emballages industriels. Elle est directement liée aux pratiques courantes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Gamelles de nourriture</strong> et <strong>films alimentaires</strong> utilisés pour conserver ou transporter les repas.</li>



<li><strong>Eaux minérales en sachet</strong> et bouteilles en <strong>PET</strong>, souvent exposées au soleil.</li>



<li><strong>Seaux de peinture réutilisés</strong> comme contenants alimentaires dans les ménages.</li>
</ul>



<p>Vous l&rsquo;aurez donc compris, les boules de couscous chaud, maïs, arachide, beignets-haricots et bien d&rsquo;autres aliments servis dans des plastiques à haute température, sont des voies directes de contamination aux phtalates et bisphénols. Ces habitudes, banales en apparence, favorisent la migration des additifs chimiques vers les aliments, surtout lorsqu’ils sont chauds ou acides. Le temps de migration est estimé à 2 heures à une température de 60–70 °C, typique des aliments chauds ou de l’exposition directe au soleil.  Or nous savons combien les produits de consommation mettent souvent long dans les rayons, surtout dans les petites échoppes du quartier. Les consommateurs ingèrent ainsi des doses invisibles de perturbateurs endocriniens, qui s’accumulent dans l’organisme et augmentent les risques de cancers, troubles de fertilité et maladies neurologiques. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier.webp"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="800" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier.webp" alt="" class="wp-image-2863" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier.webp 800w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier-300x300.webp 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier-150x150.webp 150w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/fruit-feeder-pacifier-768x768.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a></figure>



<p><em>Tétines pour enfants, contaminées aux phtalates et bisphénols.</em></p>



<p><strong>Ghislaine Tchokouatou</strong>, présidente de l’Association des Femmes pour la Planète Bio (AFEPB), raconte :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Lors des fêtes, les enfants reçoivent des jouets en plastique, des tétines que les nourrissons sucent à longueur de journée, des ballons… Les parents ignorent que ces objets contiennent des substances qui affectent le développement neurologique. On observe de plus en plus de troubles d’attention (TDA) chez les tout-petits. »</em></p>
</blockquote>



<p><strong>Marc Monkam</strong>, responsable régional de Name Recycling, alerte :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Les préformes PET que nous recevons pour fabriquer les bouteilles sont déjà contaminées. Rien qu’à ce niveau, on devrait exiger que les ingrédients importés soient contrôlés. »</em></p>
</blockquote>



<p><strong>AEN: mène une étude pour voir l’invisible</strong></p>



<p>Face à ce constat, l’African Environmental Network (AEN), sous la coordination de <strong>Paul Lodry Dongmo</strong>, a lancé une étude dans les supermarchés de Yaoundé et Kribi. Dans l&rsquo;objectif  de dresser un état des lieux de la présence des phtalates et bisphénols dans les produits de consommation courante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Ce qu’on ne voit pas est beaucoup plus difficile à combattre. Plus de 16 000 produits chimiques entrent dans la fabrication du plastique, dont certains ne sont pas réglementés, cela représente un risque sanitaire dont il est impératif d&rsquo;identifier le schéma d&rsquo;approvisionnement, avant de se retrouver dans le circuit courant menant au consommateur final. »</em></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="816" height="446" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520.png" alt="" class="wp-image-2867" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520.png 816w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520-300x164.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-112520-768x420.png 768w" sizes="auto, (max-width: 816px) 100vw, 816px" /></a></figure>



<p><em>Extrait du rapport produit par AEN et IPEN. </em></p>



<p>L’étude s’appuie sur les données de <strong>ComTRADE (OMC)</strong> pour pallier l’absence de statistiques nationales sur les importations chimiques.</p>



<p>Il y a eu certes un Arrêté conjoint de 2012 qui interdit les sacs plastiques non biodégradables. A cela s&rsquo;est ajouté un Décret de 2019 qui renforce la réglementation sur les emballages plastiques. Mais ces deux textes présentent une limite majeure : aucun ne mentionne explicitement le bisphénol A ou les phtalates.</p>



<p>D&rsquo;après de récents rapports produits par IPEN, le Cameroun a importé plus de 265 000 tonnes de polymères d’éthylène et 83 000 tonnes de PVC sur la décennie, contre quelques milliers de tonnes exportées. Les exportations limitées concernent surtout des déchets plastiques collectés et semi‑transformés, avec peu de valeur ajoutée.  Mais comme dans plusieurs autres secteurs, l’absence de données statistiques nationales précises , oblige les chercheurs à se référer à des bases internationales comme ComTRADE (OMC).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="471" height="312" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646.png" alt="" class="wp-image-2857" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646.png 471w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Capture-decran-2026-03-23-095646-300x199.png 300w" sizes="auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px" /></a></figure>



<p><em>Même si les volumes exportés sont faibles, les importations massives introduisent des additifs chimiques (phtalates, bisphénols) qui contaminent les produits locaux (Source IPEN).</em></p>



<p> Les exportations de produits plastiques du Cameroun restent faibles et irrégulières : sur les cinq dernières années (2019‑2024), le pays a surtout importé des polymères et des préformes PET, tandis que ses exportations se limitent à des volumes modestes de déchets plastiques et de produits semi‑transformés. Les données disponibles montrent une dépendance forte aux importations, ce qui complique le contrôle des additifs chimiques comme les phtalates et bisphénols.</p>



<p>Les projets comme R‑PET (Sources du Pays/Ecogreen) contribuent à la diminution de la présence de plastiques usagers dans les drains et cours d&rsquo;eau, mais leur impact reste limité. Le rapport complet de l&rsquo;étude menée par AEN paraîtra dans les prochains jours pour éclairer les décideurs et mobiliser les citoyens. Car sans données consolidées, il est difficile de mesurer la contamination chimique (phtalates, bisphénols) dans les flux commerciaux.</p>



<p>Les effets de l&rsquo;exposition aux bisphénols et phtalates sur la santé sont bien documentés : de la multiplication des cancers hormonodépendants, aux problèmes de fertilité chez les deux sexes, sans oublier les troubles du comportement et maladies neurologiques, ainsi que les altérations du développement embryonnaire et fœtal. Ces substances sont cancérogènes, mutagènes et létales (CML). Pourtant, elles ne sont pas mentionnées dans les lois camerounaises sur les plastiques. Pour mener un plaidoyer fort, il est impératif de mener une étude portant sur les risques sanitaires que l&rsquo;on peut déja imputer à la contamination aux bisphénols et phtalates.</p>



<p>L’étude de l’AEN vise à établir une collaboration interinstitutionnelle entre le MINSANTÉ, le MINEPDED, le MINCOMMERCE, le MINRESI et le MINCOM. Objectif : prendre des mesures incitatives pour sensibiliser la population et encadrer les produits à risque.</p>



<p>Propositions concrètes en plus de la mise en place d&rsquo;un système de contrôle  douanier aux frontières, s&rsquo;agissant  des produits chimiques importés : </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Normes de concentration pour les contenants alimentaires, cosmétiques, peintures</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mention des seuils de tolérance sur les emballages et jouets</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mesure de la concentration réelle dans l’organisme</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Stratégie de communication nationale sur les risques liés aux plastiques</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mobilisation de la communauté scientifique pour produire des données locales</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2865" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens-683x1024.jpeg 683w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens-200x300.jpeg 200w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Biodegradable-Food-Containers-for-Conscious-Kitchens.jpeg 736w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></a></figure>



<p><em>Alternatives aux emballages plastiques, en matière biodégradable.</em></p>



<p>Une autre recommandation formulée  était à l&rsquo;endroit de l&rsquo;ANOR (Agence des Normes et de la Qualité); l’organisme public camerounais chargé de l’élaboration, de l’homologation et de la promotion des normes, ainsi que de la certification et de l’évaluation de la conformité des produits et services. L’ANOR doit réajuster ses normes pour intégrer les nouveaux seuils de tolérance, les nouveaux produits et les nouveaux partenaires commerciaux.</p>



<p>Le recyclage est utile certes, mais il ne nettoie pas les nanoparticules déjà présents dans nos organismes. Il est temps de passer d’une gestion visible des déchets à une lutte invisible contre la contamination chimique.</p>



<p></p>



<p><em><strong>Ange ATALA</strong></em></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Finance climatique des CTD&#8217;s camerounaises: ICLEI et FEICOM à l&#8217;œuvre</title>
		<link>https://tribuneverte.online/finance-climatique-des-ctds-camerounaises-iclei-et-feicom-a-loeuvre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 09:29:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 12 mars 2026, la salle de conférence du FEICOM à Yaoundé a accueilli un atelier de formation inédit sur le financement des projets climatiques municipaux. Organisé dans le cadre&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p><em>Le 12 mars 2026, la salle de conférence du <strong>FEICOM</strong> à Yaoundé a accueilli un atelier de formation inédit sur le financement des projets climatiques municipaux. Organisé dans le cadre des initiatives <strong>BRIDGE</strong> et <strong>IMPACT-CAM</strong>, cette rencontre a réuni des acteurs institutionnels: Organisations de la société civile, les partenaires financiers et personnels municipaux autour d’un enjeu majeur : comment mobiliser des financements privés pour soutenir l’adaptation des villes camerounaises aux changements climatiques</em>?</p>



<p><em>L&rsquo;évènement porté par le <strong>FEICOM</strong>, en collaboration avec <strong>ICLEI Afrique</strong> et <strong>Cameroon Economic Policy Institute</strong> <strong>(CEPI)</strong>,  visait à renforcer le partenariat entre les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTDs), les institutions publiques et les banques commerciales. Le défi est clair : transformer les ambitions climatiques locales en projets bancables, capables d’attirer les capitaux privés.</em></p>



<p>ICLEI ( Conseil international pour les initiatives écologiques locales (International Council for Local Environmental Initiatives) )est aujourd’hui l’un des principaux réseaux mondiaux de gouvernements locaux et régionaux engagés dans la durabilité. En Afrique, ses réalisations se concentrent sur la résilience climatique, l’adaptation urbaine et le soutien aux municipalités pour transformer leurs ambitions en projets concrets. ICLEI Africa accompagne les villes africaines dans la mise en place de projets pour réduire les risques liés aux inondations, sécheresses et cyclones, en intégrant la gestion des catastrophes dans les politiques locales.</p>



<p> L&rsquo;institution forme les municipalités à concevoir des projets climatiques bancables, capables d’attirer des financements internationaux et privés. Par son approche inclusive, les projets intègrent les communautés vulnérables pour que la résilience soit partagée. Mais également à travers des partenariats stratégiques, comme c&rsquo;est le cas de citer sa collaboration avec des bailleurs comme l’IDRC (Canada) et le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, ainsi qu’avec des institutions locales comme le FEICOM (Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale) au Cameroun.</p>



<p><strong>Le FEICOM affirme sa vision stratégique en matière de finance climatique</strong></p>



<p>Dans son discours, le Directeur Général du FEICOM, <strong>M. Philippe Camille Akoa</strong> a insisté sur la portée stratégique de cette rencontre :</p>



<p><em>« Cette rencontre n’est pas juste un exercice académique, mais le prolongement d’une maturation profonde de l’institution. Depuis 2023, le FEICOM s’est engagé dans un processus d’acquisition d’une accréditation au Fonds d’adaptation aux changements climatiques. »</em></p>



<p>Il a rappelé les efforts déjà réalisés : mise à jour du dispositif institutionnel et juridique, alignement des manuels de gestion sur les standards internationaux, intégration des politiques de genre et de gestion des griefs. Mais il a aussi pointé les obstacles persistants.</p>



<p>Le Directeur Général du FEICOM, a rappelé que l’institution est à <strong>65 % </strong>de son processus d’accréditation auprès du Fonds d’adaptation aux changements climatiques des Nations Unies. Mais il a insisté : <em>« cette accréditation n’aura de sens que si les communes disposent de projets bancables. »</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Prenant cette préoccupation à cœur, <strong>Lucy Lavirotte</strong>, Coordonnatrice du projet Bridge a affirmé: <em>« c’est un réel plaisir de travailler avec le FEICOM depuis plus de deux ans. Aujourd’hui, il s’agit d’avoir une plateforme d’échange entre le secteur public et le secteur privé sur les défis de la finance climatique, de la rendre plus ambitieuse, plus structurée, et de l’aligner aux réalités locales.»</em></p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Pour <strong>M. Maidou Hervé Martial</strong>, Sécrétaire éxécutif du REAVCO (Réseau Africain des Villes et Collectivités pour l’Observation du Climat), l&rsquo;urgence n&rsquo;est plus à démontrer : <em>« ailleurs dans le monde, le secteur privé intervient à hauteur de 75 % environ dans les ressources des CTDs. En Afrique, c’est 10 %, et au Cameroun seulement 0,12 %.»</em></p>



<p>Il a ajouté qu’en matière de développement, il existe un gap de 10 à 15 % pour que les CTDs africaines accèdent aux financements climatiques par d’autres ressources que celles de l’État. Le REAVCO accompagne les institutions en les aidant à structurer leurs ressources, identifier et préparer des projets, et mobiliser des fonds en tant qu’intermédiaire entre bailleurs, État et CTDs.</p>



<p>Le Secrétaire Général du MINEPDED (Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable du Cameroun) , <strong>Pr. Tchawa</strong>, a replacé le débat dans le contexte national :</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Lors des conférences internationales, les pays développés accentuent davantage leur positionnement sur les projets d’atténuation, plutôt que sur les projets d’adaptation. Mais ce qui nous importe en Afrique, ce sont des projets concrets au niveau local. Les inondations, les sécheresses, les mauvaises récoltes et les disettes interpellent directement nos communes. »</em></p>



<p>Il a souligné que l’Afrique centrale est à la traîne par rapport au Maghreb, à l’Afrique de l’Est et de l’Ouest en matière de finance climatique, et que le Cameroun doit accélérer ses réformes. Toutefois, parmi les avancées, il a cité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’obtention de 117 milliards FCFA de financements climatiques.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>La création du Comité national de facilitation de l’agenda climatique.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>La réforme de la loi sur la protection civile en cas de catastrophe naturelle.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le relancement du Plan national d’adaptation aux changements climatiques, avec déclinaisons locales.</li>
</ul>



<p>Pour ce dernier, les projets mentionnés dans notre CDN (Contribution Déterminée Nationale)  n’ont de sens que s’ils sont engagés au niveau local. Les maires doivent être interpellés. Cette initiative prouve que les organisateurs de cet atelier ont bien compris les enjeux.  Certains intervenants ont insisté sur la nécessité de coordonner les projets régionaux et de donner aux communes un accès direct aux financements.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-1024x771.jpeg" alt="" class="wp-image-2848" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-1024x771.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-300x226.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16-768x578.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-15-at-10.48.16.jpeg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em>Les participants à l&rsquo;atelier du 12 mars 2026, sur la finance climatique des municipalités.</em></p>



<p>Il est logique de remarquer que les projets doivent être déclenchés au niveau local, avec des indicateurs concrets. Ce ne sont pas des discours, ce sont les chiffres qui déterminent les pratiques à mettre en œuvre localement. L’accès aux données est essentiel, et tout ceci n’est possible que si nous avons un secteur privé qui comprend la nécessité de cet accompagnement. Les banques présentes dans la salle ont été priées d’investir dans le secteur. </p>



<p><strong>Mme Gisèle Tsangue, </strong>Maire de la commune de Babadjou dans la région de l&rsquo;Ouest, a rapporté les faits vécus dans sa localité :<em>« Ce travail est très utile pour nous les CTDs, car c’est nous qui percevons en premier les conséquences des changements climatiques. La commune de Babadjou entendait parler des changements climatiques dans les médias, aujourd’hui nous les vivons, et ça se ressent dans le quotidien de tous les habitants. J’en veux pour preuve les Monts Bamboutos, décapés par l’érosion, alors qu’ils représentent le château d’eau qui arrose la région de l’Ouest, une partie du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ces Monts n’ont plus de système naturel d’infiltration d’eau, par conséquent les rivières ne sont plus approvisionnées, et il y a un sérieux problème d’irrigation des terres agricoles. Une réelle menace donc pour la sécurité alimentaire de toute une région. ». </em></p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"> L’expertise technique de CEPI à la rescousse</h4>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le Directeur exécutif du Cameroon Economic Policy Institute (CEPI), <strong>Henri Kouam</strong>, a davantage abordé les aspects techniques de la manœuvre; insistant sur l’importance de la maîtrise des données et des technologies :</p>



<p><em>« Les CTDs font face aux sécheresses et à bien d’autres conséquences dues aux dérèglements climatiques. Pourtant, ces entités peuvent mesurer ces flux et les modéliser avec des technologies connues, pour leur fournir du financement. Or elles n’ont pas toujours du personnel outillé dans la maîtrise de ces technologies. C’est important de les capaciter avant qu’elles n’aillent au-devant des bailleurs de fonds pour solliciter des investissements. »</em></p>



<p>Il a ajouté que l’un des défis majeurs reste l’accès aux données fiables :</p>



<p><em>« Quand les communes vont vers les banques, il est difficile de mesurer l’impact d’un glissement de terrain ou d’une sécheresse juste sur la base d’un constat ponctuel des dégâts matériels. Il faut prouver que ces chiffres intègrent plusieurs autres paramètres. »</em></p>



<p>Les Maires présents à l&rsquo;atelier ont compris que les CTDs peuvent mesurer et modéliser les flux climatiques avec des technologies connues, mais ils manquent de personnel qualifié. Il faut donc renforcer les capacités de leur personnel,  avant toute sollicitation auprès des bailleurs de fonds . »</p>



<p>Un autre point crucial soulevé dans l&rsquo;exposé de M. Kouam Henri, est le rôle incontournable des CTDs en tant que représentants du gouvernement local. Pour rendre un projet bancable, il ne suffit pas de décrire les impacts climatiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les CTDs doivent présenter des états financiers validés par un commissaire aux comptes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les rapports financiers doivent être structurés, détaillant le rôle des acteurs dans l’exécution des projets.</li>
</ul>



<p>Pour ce dernier, la transparence est incontournable, car les banques ont un mindset pragmatique : elles financent sur la base de chiffres vérifiables et de preuves de bonne gouvernance.</p>



<p><strong>Un autre point crucial soulevé est la crédibilisation des CTDs auprès des bailleurs</strong> </p>



<p>Choisir des entreprises ayant fait leurs preuves dans le secteur concerné renforce la confiance et la capacité de remboursement. Si un projet génère des revenus, cela bénéficie directement à la commune. Mais à défaut, la Loi de finances stipule qu’un minimum de 20 % des recettes doit être utilisé pour payer les dettes; ce qui reste insuffisant pour rassurer une banque.</p>



<p>Les CTDs doivent vérifier leurs recettes fiscales et penser à digitaliser le processus pour plus de transparence. La présentation d’états financiers validés par un commissaire aux comptes et de rapports financiers structurés est indispensable pour convaincre les investisseurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2845" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/Snapchat-1908963296.jpg 1912w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Mme Ngane Suzanne.</strong></em></p>



<p>En 2024, selon OCHA (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs)  , le Cameroun a connu des chocs climatiques majeurs : plus de 459 000 personnes affectées par les inondations, 85 000 hectares de terres agricoles détruits et 3,1 millions de personnes en insécurité alimentaire. Dans ce contexte, <strong>Mme Ngane Suzanne</strong>, Directrice des projets et programmes de partenariat au FEICOM, a dressé un constat alarmant :</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« L’année 2024 a été très difficile pour les CTDs en matière de dérèglement climatique. La demande était très forte pour faire face aux conséquences, mais seulement 20 % ont été mis à la disposition des communes, soit un montant global de 6 milliards de FCFA, obtenus grâce au Guichet Climat du FEICOM. »</em></p>



<p>Elle a illustré cette insuffisance par un exemple concret : certaines communes réclamaient la construction de digues de plusieurs dizaines de kilomètres pour contenir la montée des eaux, mais à peine la moitié de la distance nécessaire a pu être financée.</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading">Les banques interpellées : Access Bank, Afriland First Bank, NFC Bank</h4>



<p>Parmi les banques présentes, Access Bank s’est exprimée par la voix de <strong>M. Alex Mamba</strong>, Relationship Manager, Public Sector :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Notre banque dédie 1 % de son revenu annuel aux projets de développement local. À l’échelle internationale, cela représente plusieurs millions de dollars. Access Bank est la première banque commerciale en Afrique à investir dans l’économie verte, certifiée par la Sustainability Standards Certification Initiative (SSCI). Nous avons émis le premier green bond pour un montant de 41 milliards de dollars. »</em></p>
</blockquote>



<p>Au Cameroun, Access Bank a soumis deux propositions de financement au CVUC  (Communes et Villes Unies du Cameroun) pour soutenir les communes, mais aucun projet n’a été retenu. La banque a également consenti des dons au CVUC, et en 2025, elle a collaboré avec l’ONG <em>Graine de Vie</em> pour un projet de reforestation dans la commune de Banyo (Adamaoua), ainsi que des initiatives de reboisement au Golf Club de Yaoundé.</p>



<p>Elle s’est même rapprochée de la Communauté urbaine de Yaoundé pour proposer des projets de reboisement, mais la requête n’a pas abouti. M. Alex Mamba insiste :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Nous faisons l’effort de nous rapprocher des communes, en choisissant plusieurs zones agroécologiques. Mais il faut que le financement vert devienne une réalité, au-delà des discussions menées dans le cadre de cet atelier. »</em></p>
</blockquote>



<p>Toutes les interventions convergent donc vers un point : la réussite des financements climatiques municipaux dépend de la bancabilité des projets, de la transparence financière, de la mobilisation du secteur privé et de l’ancrage local des solutions. Ce dont on peut être sûr, c&rsquo;est que le Cameroun a posé une pierre importante, mais une action coordonnée est requise. Il ne reste plus qu&rsquo;à bâtir le pont entre les ambitions climatiques et les financements privés ; un pont qui doit désormais reposer sur des chiffres solides, des indicateurs locaux et une gouvernance exemplaire.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Portrait: Marie Claire Ntsama, négociatrice climat auprès des instances des Nations Unies</title>
		<link>https://tribuneverte.online/portrait-marie-claire-ntsama-negociatrice-climat-aupres-des-instances-des-nations-unies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 03:58:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Prévisionniste météo, data-analyste et fondatrice du mouvement Women and Climate Change (WOCA), Marie Claire Ntsama incarne une nouvelle génération de femmes scientifiques camerounaises engagées dans la lutte contre le dérèglement&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Prévisionniste météo, data-analyste et fondatrice du mouvement Women and Climate Change (WOCA), <strong>Marie Claire Ntsama</strong> incarne une nouvelle génération de femmes scientifiques camerounaises engagées dans la lutte contre le dérèglement climatique. Son engagement en météorologie l’a placé au cœur d&rsquo;une formation délivrée par l&rsquo;OIF ( Organisation Internationale de la Francophonie) il y a de cela 4 ans. Compétences qui l&rsquo;ont qualifiées dans les notions de Genre et d&rsquo;Adaptation, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle met en exergue dans l&rsquo;exploitation des données sur les pluies, les températures et les phénomènes extrêmes, des analyses quotidiennes qui l&rsquo;aident à anticiper sur les risques. </em></p>



<p><em>L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) estime que les femmes représentent environ 30 % des effectifs dans les services météorologiques nationaux, mais avec de fortes disparités régionales (moins de 15 % en Afrique subsaharienne). Au Cameroun, la Direction de la Météorologie Nationale (DMN) compte une proportion très faible de femmes dans ses services techniques (prévisions, climatologie, agro-météorologie). </em></p>



<p><em>En prélude à la Journée Internationale des Droits de la Femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés. Dans cette interview, Marie Claire nous raconte comment son rôle dépasse la simple observation : elle s’attache à sensibiliser tant auprès des hautes instances décisionnelles qu&rsquo;auprès des communautés rurales, particulièrement les femmes, aux bouleversements climatiques qui affectent directement leurs moyens de subsistance.</em></p>



<p><strong>Tribune Verte Online (TVO)</strong>: <strong>vous êtes prévisionniste météo, comment votre expertise scientifique nourrit-elle votre engagement pour le climat au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>Marie Claire Ntsama (MCN)</strong>: travailler dans le domaine de la météorologie me place au cœur des données climatiques. Chaque jour, nous faisons le suivi du temps, en analysant l’évolution des pluies, des températures et des phénomènes extrêmes. Ces données montrent clairement que notre climat devient de plus en plus imprévisible.</p>



<p>Cela renforce mon engagement, parce que je vois concrètement les risques auxquels nos populations sont exposées. De ce fait je dirais que mon rôle ne s’arrête donc pas à analyser les données : il consiste aussi à sensibiliser et à aider les communautés à mieux comprendre et anticiper ces changements.</p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>dans un métier encore largement masculin, quelles formes de marginalisation ou de stigmatisation avez-vous rencontrées, et comment parvenez vous à les contourner pour vous imposer ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: dans les métiers scientifiques, les femmes doivent parfois prouver davantage leurs compétences. Mais j’ai appris que la meilleure réponse reste la maîtrise de son travail et la constance.</p>



<p>Je crois aussi qu’il est important d’encourager plus de jeunes filles à s’orienter vers les sciences. Plus les femmes seront présentes dans ces domaines, plus leur place deviendra naturelle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-2825" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-1024x768.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-300x225.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-768x576.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> dans les coulisses d&rsquo;un atelier de simulation, en vue de préparer les jeunes à défendre leurs intérêts lors de la COP30 :<em>« un voyage intense de 02 jours, pour assimiler les textes officiels, et intégrer les techniques de formulations complexe, pour que chacun, quel que soit son niveau, puisse comprendre et s’immerger pleinement dans son rôle ».</em></p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>en tant que data analyste, quels chiffres ou tendances vous semblent les plus alarmants concernant le changement climatique en Afrique centrale ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: ce qui inquiète le plus aujourd’hui, c’est la variabilité climatique. Les saisons deviennent moins prévisibles. Les pluies peuvent être plus intenses mais aussi plus irrégulières.</p>



<p>Dans une Région où beaucoup de populations dépendent fortement de l’agriculture, cette instabilité représente un risque direct pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance.</p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>selon vous, quels sont les principaux obstacles à l’accès aux données climatiques au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le principal défi reste l’accessibilité aux données. Les informations existent, mais elles ne sont pas toujours facilement disponibles ou vulgarisées.</p>



<p>Il est donc essentiel de renforcer la collaboration entre scientifiques, journalistes et institutions afin de rendre ces données plus accessibles et compréhensibles pour le grand public.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>vous avez fondé le mouvement Women and Climate Change (WOCA). Quelle est sa mission principale ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: WOCA vise à renforcer le rôle des femmes dans la lutte contre le changement climatique. Nous travaillons principalement sur la sensibilisation, la formation et le leadership environnemental des femmes et des jeunes filles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="482" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-1024x482.jpg" alt="" class="wp-image-2827" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-1024x482.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-300x141.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-768x361.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> à la COP30 au Brazil, à Belém auprès d&rsquo;autres responsables d&rsquo;OSC : <em>« un moment fort d’engagements puissants, d’échanges enrichissants et d’avancées décisives pour le genre et le climat. »</em></p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>Quel témoignage faites-vous de femmes rurales qui vous ont particulièrement marquées?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: beaucoup de femmes rurales nous disent que les saisons agricoles ne sont plus prévisibles. Elles ne savent plus exactement quand semer, parce que les pluies arrivent plus tard ou de manière irrégulière.</p>



<p>Certaines nous racontent aussi qu’elles doivent parcourir de plus longues distances pour trouver de l’eau. Cela montre que le changement climatique n’est pas une théorie : c’est une réalité vécue au quotidien.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>quels signes concrets montrent que le dérèglement climatique est déjà une réalité au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> on observe plusieurs signes : des pluies plus intenses qui provoquent des inondations dans certaines zones, mais aussi des périodes de sécheresse plus marquées dans d’autres.</p>



<p>Les agriculteurs eux-mêmes disent que les saisons sont devenues difficiles à prévoir. Cela montre que le climat change réellement.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>quels risques ce dérèglement représente-t-il pour les métiers exercés majoritairement par des femmes ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le changement climatique affecte directement plusieurs activités économiques. Dans l’agriculture par exemple, l’irrégularité des pluies peut entraîner des pertes de récoltes.</p>



<p>Pour les femmes qui travaillent dans la transformation des produits agricoles, la pêche ou le commerce informel, ces perturbations peuvent réduire les revenus et fragiliser les familles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="589" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-1024x589.jpg" alt="" class="wp-image-2830" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-1024x589.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-300x173.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-768x442.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> lors d&rsquo;un side-event: <em> » j&rsquo;ai éprouvé du plaisir à intervenir à ce Panel organisé par Climate Linguere Club (CLC).<br>Climate Linguere Club est une communauté de femmes unies pour l&rsquo;action climatique en Afrique. »</em></p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>vous êtes alumni du Centre régional de leadership YALI Dakar. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le programme YALI m’a permis de rencontrer des jeunes leaders africains engagés dans différents domaines. Cette expérience m’a renforcée dans l’idée que les solutions aux défis africains peuvent venir des Africains eux-mêmes. Elle a aussi renforcé ma conviction que les femmes doivent être au cœur du leadership climatique.</p>



<p><strong>TVO: quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes Camerounais ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: je voudrais leur dire que chacun peut agir. La lutte contre le changement climatique ne concerne pas seulement les scientifiques ou les gouvernements.</p>



<p>Elle commence par des gestes simples : protéger son environnement, s’informer, sensibiliser son entourage et s’engager dans des initiatives locales. Les jeunes ont un rôle essentiel à jouer pour construire un avenir plus durable.</p>



<p></p>



<p><em>Propos recueillis par <strong>Ange ATALA</strong></em></p>



<p></p>
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		<title>Portrait:  Geneviève Ndjiki, l&#8217;entrepreneure qui valorise l&#8217;agroécologie et l&#8217;innovation</title>
		<link>https://tribuneverte.online/portrait-genevieve-ndjiki-lentrepreneure-qui-valorise-lagroecologie-et-linnovation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 08:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
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					<description><![CDATA[Mère et épouse, Geneviève Ndjiki est titulaire d&#8217;un Master en Sciences Forestières, spécialiste en audit et certification des forêts, forte de multiples compétences, elle arpente inlassablement les zones agroécologiques du&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Mère et épouse, <strong>Geneviève Ndjiki</strong> est titulaire d&rsquo;un Master en Sciences Forestières, spécialiste en audit et certification des forêts, forte de multiples compétences, elle arpente inlassablement les zones agroécologiques du Cameroun pour porter ses idéaux de développement durable. En prélude à la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés.</em></p>



<p>Depuis plus d’une décennie, <strong>Geneviève Ndjiki</strong> incarne l’alliance entre engagement associatif et entrepreneuriat vert. Présidente et Coordonnatrice de l’association Action for Sustainable Development (ASD), elle pilote des initiatives en agroécologie, conservation de la biodiversité et autonomisation des femmes et des jeunes. Parallèlement, à travers NG Eco Prod Company, elle valorise le savoir-faire local et transforme les produits agricoles pour renforcer des chaînes de valeur durables.</p>



<p>Selon la FAO, environ 37 % de la production agricole en Afrique est perdue après la récolte, ce qui représente une perte économique estimée à 48 milliards de dollars US par an. Ces pertes massives fragilisent la sécurité alimentaire et accentuent la vulnérabilité des ménages. Dans ce contexte, l’approche de <strong>Geneviève Ndjiki</strong> prend tout son sens. Elle promeut la déshydratation alimentaire à basse température (inférieure à 60 °C), une technique de conservation qui préserve les valeurs nutritives des condiments comme le céleri ou le persil. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2797" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p>Contrairement aux cuissons à haute température qui détruisent les substances actives, cette méthode permet de garder intactes les propriétés des aliments. Elle recommande de les utiliser en fin de cuisson ou en infusion, afin de bénéficier pleinement de leurs vertus nutritives et thérapeutiques. Au-delà de l’aspect nutritionnel, cette technique appelée déshydratation douce ou séchage à basse température, constitue une solution innovante face aux pertes post-récoltes. Dans les zones rurales dépourvues d’électricité, où près de 60 % des produits agricoles sont gaspillés, elle offre une alternative durable : les produits déshydratés peuvent se conserver jusqu’à trois ans, stabilisant l’offre sur un marché souvent marqué par des fluctuations et des pénuries.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-2792" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-1024x682.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Geneviève Ndjiki</strong> présentant les résultats atteints par l&rsquo;un de ses projets, en la présence de <strong>Mme Caroline St-Hilaire</strong> Administratrice de l&rsquo;OIF.</em></p>



<p>Rencontrée lors de la tenue d’une conférence à Yaoundé, elle explique l’importance de la déshydratation des condiments comme le céleri, le persil, le piment, la tomate. <em>« Nos produits sont déshydratés à une température inférieure à 60 degrés, ce qui permet de conserver leurs substances nutritives sans les détruire »</em>, souligne-t-elle. Contrairement aux cuissons à haute température qui altèrent les valeurs nutritives, cette méthode préserve les propriétés des aliments. Elle conseille de les saupoudrer en fin de cuisson ou de les utiliser en infusion : <em>« Cela permet d’épurer le corps et de bénéficier de toutes leurs propriétés. »</em></p>



<p>Au-delà de la nutrition, Geneviève met en lumière les difficultés logistiques des agriculteurs. Dans les zones reculées, l’absence d’électricité entraîne des pertes post-récoltes considérables : près de 60 % des produits agricoles sont perdus, et les 40 % restants n’atteignent pas toujours le panier de la ménagère. La déshydratation offre une solution durable, avec des produits qui peuvent se conserver jusqu’à trois ans, sans coût supplémentaire pour les consommateurs. Dans un marché marqué par des fluctuations; abondance de tomates ou de piments frais suivie de pénuries; cette technique stabilise l’offre et sécurise l’alimentation.</p>



<p>Enfin, elle alerte sur l’usage excessif de produits chimiques en agriculture, qui dégradent les sols et exposent les populations à des risques sanitaires. Pour elle, la déshydratation est une alternative durable qui respecte la santé des sols et celle des consommateurs. Son action illustre une conviction forte : le développement durable ne peut être inclusif que si la santé et l&rsquo;innovation y trouvent leur place. Dans un contexte où les défis climatiques et alimentaires s’intensifient, <strong>Geneviève Ndjik</strong>i apparaît comme une figure inspirante, démontrant qu’entreprendre autrement est possible et nécessaire.</p>



<p></p>



<p><em><strong>Ange ATALA</strong></em></p>
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		<title>Ebodjé : les fumeuses de poisson s&#8217;organisent pour un marché collectif</title>
		<link>https://tribuneverte.online/ebodje-les-fumeuses-de-poisson-sorganisent-pour-un-marche-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 09:05:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
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					<description><![CDATA[À Ebodjé, obtenir du poisson fumé n’est pas une mince affaire. Les acheteurs doivent emprunter une route sinueuse qui traverse tout le village afin de collecter une certaine quantité de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À Ebodjé, obtenir du poisson fumé n’est pas une mince affaire. Les acheteurs doivent emprunter une route sinueuse qui traverse tout le village afin de collecter une certaine quantité de poisson. Pour limiter cette démarche longue et fastidieuse, les femmes présentes à l&rsquo;atelier du 13 février 2026,  organisé par Biodiversity Conservation for Life (BCL), ont suggéré d&rsquo;aménager un espace à l’entrée du village, destiné au marché du poisson. Ceci ayant pour but de faciliter l’accès à de nombreux acheteurs qui circulent sur la route principale menant vers Campo, chef-lieu de l’arrondissement.</em></p>



<p><em>La rencontre en question a donné lieu à une proposition concrète: un Code de bonnes pratiques communautaires de pêche artisanale et fumage de poissons, adopté par les communautés riveraines du parc national de Mayangue Na Elombo Campo, conçu avec l’appui de plusieurs partenaires (BCL, IRAD, Service de Conservation du Parc Marin, et Global Greengrants Fund).</em></p>



<p>L&rsquo;idée de construction de 2 fumoirs communautaires ayant été bien accueillie par les participants à cette réunion , les échanges ont dévoilé plusieurs manquements , qui freinent le développement de la filière poisson fumé dans cette localité, qui pourtant a du potentiel économique. Selon la FAO, près de 35 % des stocks mondiaux de poissons sont surexploités. Au Cameroun, la pression est telle que certaines espèces locales ont chuté de 40 % en dix ans, menaçant la sécurité alimentaire des villages côtiers.</p>



<p> Inspiré du Code de conduite élaboré par la FAO, pour une pêche responsable, un code de bonne conduite a été conçu pour s&rsquo;adapter aux besoins des communautés d&rsquo;Ebodje et ses environs. Pour les pêcheurs locaux dont la source de revenu principale est la pêche artisanale, il leur a été recommandé entre autre de respecter leurs engagements.</p>



<p>Les communautés de pêcheurs artisanaux venus de plusieurs villages autour du Parc Marin, ont décidé de s’organiser pour assurer une gestion durable des ressources halieutiques, protéger les écosystèmes et garantir leurs droits. Pour y parvenir, elles ont adopté ce code de bonnes pratiques qui fixe des règles claires. Les pêcheurs s’engagent à utiliser des filets à mailles réglementaires, à respecter les zones de reproduction et les périodes de repos biologique, et à bannir le rejet de plastiques en mer.</p>



<p>Mais ce code ne se limite pas à la protection de l’environnement. Il vise aussi la qualité et la traçabilité des produits : garantir des poissons sains, respecter les normes d’hygiène et enregistrer les lieux et dates de capture pour lutter contre la fraude. Sur le plan social, il encourage la participation équitable de tous – femmes, jeunes, migrants – et valorise les savoirs traditionnels, tout en privilégiant la résolution pacifique des conflits. Enfin, il appelle l’État à jouer son rôle : faciliter l’accès aux marchés, renforcer la surveillance participative et encourager la transmission d’informations pour un suivi écologique efficace.</p>



<p>Les organisateurs ont tenu à rappeler à l&rsquo;assistance que la pêche artisanale fait vivre environ 200 000 personnes dans le pays. Pourtant, les pertes liées à la dégradation des ressources halieutiques représentent jusqu’à 10 % des revenus des ménages côtiers, ce qui représente un réel manque à gagner.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2786" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20260213_144953-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong><em>Botè Nicolas.</em></strong></p>



<p><em>« Nous voyons les poissons disparaître. Si nous ne changeons pas, nos enfants n’auront plus rien à manger »</em>, confie <strong>Botè Nicolas</strong>, pêcheur de Campo-beach-Ipono.</p>



<p>Les femmes, souvent responsables du fumage et de la vente, soutiennent l’initiative. <em>« Avec des produits en provenance d&rsquo;une Mer plus saine, nous pouvons vendre un poisson de meilleure qualité et gagner davantage, je suis même prête à céder une partie de mon terrain pour la construction d&rsquo;un fumoir communautaire »</em>, explique <strong>Léontine Betèbè</strong>, mareyeuse venue de Campo avec sa belle-sœur.</p>



<p> Pour aller plus loin, Biodiversity Conservation for Life (BCL) a suggéré aux fumeuses de poisson de créer un marché du poisson à Ebodjé, où les revendeurs viendraient se ravitailler. Ce marché pourrait être conçu comme un espace collectif, avec des jours fixes de vente, une tarification harmonisée et une organisation permettant aux femmes de mieux gérer leur emploi du temps commun. Au-delà des pratiques locales, ce code veut instaurer une cogestion participative avec l’État et les ONG. Car sans surveillance, les filets illégaux et la pêche en zones de reproduction continuent de fragiliser l’écosystème.</p>



<p>C&rsquo;est donc à l&rsquo;unanimité  que les participants à cet atelier, constitué pour la plupart des pêcheurs et fumeuses de poisson, ont adopté ce code de bonnes pratiques. Un pas modeste, mais crucial : préserver la biodiversité marine et garantir des revenus durables aux communautés. Dans ce village du sud Cameroun, la survie des familles dépend désormais de l’application stricte de ce code et de la mise en place d’un marché structuré, pensé par et pour les femmes.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Conservation marine et côtière: les fumeuses de poisson entre subsistance et écologie</title>
		<link>https://tribuneverte.online/conservation-marine-et-cotiere-les-fumeuses-de-poisson-entre-subsistance-et-ecologie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 08:11:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
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					<description><![CDATA[ » Lorsque j&#8217;achète le poisson de 100 mille francs cfa, j&#8217;ai un bénéfice de 50 mille francs cfa par mois, mais ce revenu est très instable, il varie selon les&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em> » Lorsque j&rsquo;achète le poisson de 100 mille francs cfa, j&rsquo;ai un bénéfice de 50 mille francs cfa par mois, mais ce revenu est très instable, il varie selon les saisons, la disponibilité de l' »Essambi » (espèce de bois propre à la localité) , et les moyens de transport pour commercialiser le produit final ». En s&rsquo;exprimant ainsi, <strong>Mme Hortence Moliko</strong>, Présidente de l&rsquo;association des femmes dynamiques d&rsquo;Ebodje, dénonce un drame silencieux que plusieurs vivent . Celles qui exercent dans l&rsquo;activité de fumage de poisson, ne font pas seulement face à la pénurie de poisson, il faut également mentionner l&rsquo;accès au bois de chauffe, mais surtout à son principal outil de travail: le fumoir.</em></p>



<p><em>Lors de l’atelier du 13 février 2026 tenu à Ebodjé, le <strong>Dr Jules Romain Ngueguim</strong> , Sécrétaire Exécutif de BCL ( Biodiversity Conservation for Life) a présenté une étude qui révèle la force et la fragilité de la pêche artisanale. Dans ce village écotouristique, les femmes fumeuses de poisson incarnent une économie invisible mais vitale, où chaque poisson fumé est une bataille pour la survie, sans occulter les efforts de durabilité.</em></p>



<p>« Ndolè » ( voir image de titre) , « Folon « , « Eru »,  » Riz sauté », « Keleng-Keleng », « Kati-Kati », « Banane malaxée »&#8230; voila autant de mets traditionnels camerounais dont le poisson fumé est bien plus qu’un ingrédient : c’est une mémoire culinaire. Dans les villages côtiers comme celui d&rsquo;Ebodjé, il est le fruit du travail des femmes fumeuses, gardiennes d’un savoir-faire ancestral. Chacun de ces plats raconte une histoire de terroir, de mer et de fumée qui se répand à travers les 10 régions du Cameroun.</p>



<p>D&rsquo;ailleurs le poisson fumé est devenu la marque de fabrique du village Ebodje, qui a pourtant plusieurs autres attraits touristiques. Il est de notoriété publique que : <em> » le poisson fumé en provenance d&rsquo;Ebodje ne se casse pas, et il a une saveur particulière que celui des autres localités n&rsquo;a pas »</em>,  dixit  <strong>M. Patrick Mamballa</strong>, Conservateur du Parc Marin Manyangue Na Elombo Campo. En voulant connaitre ce qui contribue à cette originalité, nous avons compris que c&rsquo;est à perte que ces femmes continuent d&rsquo;exercer dans cette activité où leur bénéfice est réduit à moins de 50% des efforts fournis.</p>



<p>Les fumoirs traditionnels dégagent une grande quantité de fumée et de particules fines. Les femmes, qui passent des heures à surveiller le fumage, inhalent ces substances, ce qui peut provoquer des maladies respiratoires chroniques, des irritations oculaires et des douleurs thoraciques. De plus, le travail autour des fumoirs traditionnels implique de rester longtemps debout ou courbée, ce qui entraîne des douleurs dorsales et articulaires. Sans oublier de mentionner que la plupart ont des installations à l&rsquo;intérieur de leurs cuisines habituelles, où il n’y a pas de dispositifs de ventilation ni d’équipements de protection individuelle, ce qui accentue les risques sanitaires.</p>



<p>A cela s&rsquo;ajoute le problème de conservation optimale; une partie du poisson brûle ou se détériore, entraînant des pertes considérables. Le poisson fumé peut être trop sec ou insuffisamment fumé, ce qui réduit sa valeur marchande et limite l’accès à des marchés plus exigeants. Les fumoirs traditionnels nécessitent une grande quantité de bois de feu, ce qui contribue à la déforestation et à la dégradation des mangroves. La coupe excessive de bois pour le fumage accentue la fragilité des zones côtières, déjà menacées par la surpêche et l’érosion.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="771" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-771x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2764" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-771x1024.jpg 771w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-226x300.jpg 226w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-768x1020.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-1157x1536.jpg 1157w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-1542x2048.jpg 1542w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-scaled.jpg 1928w" sizes="auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px" /></a></figure>



<p><em><strong>Dr. Jules Romain Ngueguim</strong> lors de son exposé portant sur la promotion des fours écologiques pour réduire les pertes post- capture et assurer la gestion durable de la pêche communautaire à Ebodje.</em></p>



<p>Selon les données du MINEPIA ( Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales)  et de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations, en français Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la pêche artisanale représente environ 70 % de la production nationale, soit plus de 200 000 tonnes par an. La filière crevettière artisanale seule génère près de 30 milliards FCFA/an . On estime à 25 000 pêcheurs répartis dans 300 campements le long de la côte, mobilisant des milliers de familles dans des activités connexes (fumage, transport, commercialisation). Les enquêtes menées à Limbe et Kribi montrent que les femmes fumeuses de poisson tirent en moyenne 50 000 à 80 000 FCFA par mois, selon la saison et la disponibilité des captures.</p>



<p>À Ebodjé, les campements côtiers vivent de cette activité, mais restent fragilisés par la déforestation, l’insécurité et la faible valorisation des produits. Les femmes transforment près de 60 % des captures artisanales en produits fumés destinés aux marchés locaux et régionaux. Mais les pertes post-capture atteignent 20 à 38 %, réduisant leurs revenus et accentuant la pression sur les ressources halieutiques. Le projet de construction de fumoir écologique dans la localité, porté par BCL propose une alternative durable :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Augmentation des revenus</strong> : les femmes pourraient gagner 20 à 30 % de plus, soit 12 000 à 24 000 FCFA supplémentaires par mois.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Réduction des pertes</strong> : les fours écologiques permettent de diminuer de moitié les pertes post-capture.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Préservation des mangroves</strong> : la consommation de bois de chauffe est réduite, protégeant un écosystème vital.</li>
</ul>



<p>La pêche artisanale d’Ebodjé illustre une économie de subsistance qui génère des bénéfices chiffrés que l&rsquo;on gagnerait à améliorer, pour le bon équilibre vital des communautés, mais la durabilité est menacée. Le <strong>Dr Ngueguim</strong> insiste :  » <em>Améliorer la manière dont les femmes fument le poisson, c’est améliorer la manière dont nous protégeons nos mers et nos communautés « </em>.</p>



<p>Les initiatives communautaires, bien que modestes, démontrent qu’une gestion durable peut créer des revenus stables et préserver la biodiversité. Le défi est d’intégrer ces projets dans une stratégie nationale de gouvernance environnementale, afin que les bénéfices industriels ne compromettent pas les ressources halieutiques et forestières. Avec une gouvernance inclusive, les projets communautaires comme celui de la construction de fumoirs écologiques communautaires à Ebodjé, peuvent devenir des modèles de durabilité, contribuant à la fois à la conservation et à l’économie nationale.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cameroun : RDUE et cacao, les banques appelées à soutenir les petits producteurs</title>
		<link>https://tribuneverte.online/cameroun-rdue-et-cacao-les-banques-appelees-a-soutenir-les-petits-producteurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 07:23:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
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					<description><![CDATA[À l’occasion de l’atelier stratégique sur l’applicabilité du Règlement européen sur la déforestation (RDUE) et les enjeux 2026 pour les petits producteurs de cacao, un dialogue politique de haut niveau&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À l’occasion de l’atelier stratégique sur l’applicabilité du Règlement européen sur la déforestation (RDUE) et les enjeux 2026 pour les petits producteurs de cacao, un dialogue politique de haut niveau a permis de réunir les acteurs majeurs de la filière. A la suite de l&rsquo;atelier du 28 janvier 2026, une inquiétude majeure a émergé : <strong>comment les petits producteurs de cacao, souvent issus des communautés autochtones et faiblement instruits, pourront-ils faire face aux exigences complexes de traçabilité, de légalité et de diligence raisonnée imposées par l’Union européenne ?</strong></em></p>



<p><em>La filière cacao représente près de <strong>300 000 tonnes/an</strong>, soit une valeur exportée de <strong>450 milliards FCFA</strong>. L’Union européenne, premier marché, impose désormais des règles strictes de traçabilité et de durabilité. Pourtant, les producteurs dont une grande partie sont des communautés autochtones, peinent à accéder aux financements nécessaires pour se conformer.</em></p>



<p>Le RDUE exige que chaque fève de cacao exportée vers l’Europe soit traçable, produite sur des terres légalement reconnues, et conforme aux normes sociales et fiscales. Green Development Advocacy (GDA), a présenté un rapport qui a démontré que les petits producteurs camerounais, dont une grande partie sont des communautés autochtones, peinent à se conformer faute de moyens financiers, de formation et d’infrastructures. Or, comme l’a montré l’étude présentée, les droits coutumiers fonciers restent difficiles à prouver, les procédures administratives sont lourdes, et les producteurs familiaux n’ont ni les moyens ni les compétences pour dialoguer avec les institutions financières.</p>



<p>Dans ce contexte, les banques camerounaises sont interpellées. Elles doivent aller au‑delà du simple financement classique et mettre en place des mécanismes adaptés :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Des <strong>produits financiers simplifiés</strong>, accessibles aux producteurs peu instruits.</li>



<li>Des <strong>services de conseil et d’accompagnement</strong>, pour traduire les exigences du RDUE en solutions pratiques.</li>



<li>Une <strong>discrimination positive</strong> en faveur des peuples autochtones, qui restent les plus vulnérables face aux nouvelles règles du commerce international.</li>
</ul>



<p>Sans cet appui, le risque est grand de voir les petits producteurs exclus du marché européen, alors même que l’UE demeure le premier débouché du cacao camerounais. Le RDUE, censé promouvoir la durabilité, pourrait paradoxalement accentuer les inégalités si les institutions financières ne jouent pas leur rôle de médiation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Obstacles spécifiques aux peuples autochtones</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Absence de titres fonciers</strong> : la majorité des producteurs autochtones justifient leur propriété par des droits coutumiers. Or, les banques exigent des garanties formelles (titres fonciers, certificats) pour accorder des crédits.</li>



<li><strong>Faible niveau d’instruction</strong> : beaucoup de producteurs autochtones ne maîtrisent pas les procédures administratives et financières, ce qui les rend incapables de discuter clairement avec les banques ou de défendre leurs droits.</li>



<li><strong>Méfiance institutionnelle</strong> : les producteurs perçoivent le RDUE comme une forme de « néocolonialisme » ou un instrument d’appauvrissement. Cette perception accentue leur réticence à s’engager dans des démarches bancaires qu’ils jugent complexes et peu adaptées.</li>



<li><strong>Manque de structuration</strong> : l’accès au crédit est souvent conditionné par l’appartenance à une coopérative ou une organisation formelle. Or, beaucoup de producteurs autochtones restent isolés ou faiblement organisés.</li>



<li><strong>Charge financière accrue</strong> : les nouvelles exigences du RDUE (géolocalisation, traçabilité, certification) nécessitent des investissements que les producteurs ne peuvent assumer sans soutien bancaire.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Interpellation aux banques</h3>



<p>Les banques camerounaises doivent adapter leurs pratiques pour ne pas laisser les peuples autochtones en marge :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Créer des <strong>produits financiers inclusifs</strong> (microcrédits, prêts à taux réduit, garanties alternatives aux titres fonciers).</li>



<li>Mettre en place des <strong>services d’accompagnement et de vulgarisation</strong> pour traduire les exigences du RDUE en solutions compréhensibles.</li>



<li>Soutenir la <strong>structuration des coopératives autochtones</strong> afin de faciliter l’accès collectif au financement.</li>



<li>Intégrer une <strong>discrimination positive</strong> pour les communautés vulnérables, afin de corriger les inégalités d’accès au crédit.</li>
</ul>



<p>La Regional Bank, comme les 18 autres banques actives au Cameroun, participe à un secteur dont l’encours de crédits a atteint <strong>6 273 milliards FCFA</strong> au premier trimestre 2025, pour un total bilan de <strong>11 905 milliards FCFA</strong> (source:https://www.cameroun-eco.com) . Mais dans cette manne financière, la part dédiée aux crédits agricoles reste marginale, et encore plus faible pour les petits producteurs issus des peuples  autochtones.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le paradoxe du crédit agricole</h3>



<p>Les banques exigent des garanties formelles: titres fonciers, immatriculations que les producteurs autochtones n’ont pas. La plupart justifient leur propriété par des droits coutumiers, invisibles pour les institutions financières. Résultat : des milliers de producteurs sont exclus des circuits bancaires.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-20-080401.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="570" height="255" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-20-080401.png" alt="" class="wp-image-2754" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-20-080401.png 570w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/Capture-decran-2026-02-20-080401-300x134.png 300w" sizes="auto, (max-width: 570px) 100vw, 570px" /></a></figure>



<p><em>Extrait du rapport: <strong>« Les femmes, pilier de la production de cacao au Cameroun<br>comment le RDUE pourrait soutenir cette main-d&rsquo;œuvre essentielle, invisible et exploitée »</strong>, page 12, CED/FERN.</em></p>



<p>Selon les estimations des organisations de la société civile, près de <strong>100 000 exploitants</strong> n’accèdent pas au crédit. Cela représente un manque à gagner de <strong>50 à 70 milliards FCFA/an</strong> en prêts agricoles non distribués, soit <strong>5 à 7 milliards FCFA/an</strong> de revenus d’intérêts perdus pour les banques.</p>



<p>Une opportunité que la Régional Bank, présent lors du dialogue politique de haut niveau, par la voix de <strong>M. Dimitri Mengue</strong>, cadre dans la banque citée,  réaffirme: <em>« la Regional Bank considère la filière cacao comme stratégique pour l’économie camerounaise. Notre vision est de soutenir les producteurs dans leur transition vers un cacao durable, conforme aux exigences du RDUE, en finançant la traçabilité, la certification et la structuration des coopératives. »</em></p>



<p>Le cacao est l’un des principaux produits d’exportation du Cameroun et représente un flux financier important. Les banques gagneraient à l’inscrire dans ses secteurs prioritaires, au même titre que l’agriculture vivrière et les infrastructures rurales. Les banques pourraient proposer des microcrédits agricoles, en signant des protocoles avec certaines OSC pour accompagner les producteurs dans la gestion coopérative et la transparence financière. Par ailleurs, il serait primordial d&rsquo;intégrer les critères d&rsquo;inclusion pour les producteurs issus des peuples autochtones. En finançant la géolocalisation des parcelles, et en soutenant les coopératives dans leurs efforts de traçabilité, les banques intégreront  progressivement des critères environnementaux et sociaux dans les financements agricoles.</p>



<p></p>



<p><strong>Ange ATALA</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BCL lance un projet de fumoir communautaire à Ebodje</title>
		<link>https://tribuneverte.online/bcl-lance-un-projet-de-fumoir-communautaire-a-ebodje/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 07:45:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 13 février 2026, dans les locaux des services de la conservation du Parc National Marin, Manyangue Na Elombo Campo, à Ebodje, un atelier organisé par Biodiversity Conservation for Life&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Le 13 février 2026, dans les locaux des services de la conservation du Parc National Marin, Manyangue Na Elombo Campo,  à <strong>Ebodje</strong>, un atelier organisé par Biodiversity Conservation for Life (BCL) a réuni chercheurs, institutions et communautés locales autour des enjeux de la réduction des pertes post-capture. </em></p>



<p><em>Ceci est rendu possible grâce à une subvention octroyée par Global Green Grants Fund, dans le cadre du projet : « Amélioration des revenus des fumeuses de poissons par la promotion de fours écologiques, pour réduire les pertes post-capture et assurer la gestion durable de la pêche communautaire au Parc Marin Manyange na Elombo-Campo (Cameroun) » porté par BCL. </em></p>



<p></p>



<p>Les débats ont été ouverts par <strong>M. Lemone Kagombe</strong>, chef d’antenne de l’IRAD d’Ebodje, donnant le ton à une rencontre où science et gouvernance se sont croisées. La pêche artisanale camerounaise représente près de 90 % des emplois du secteur halieutique et constitue la principale source de subsistance pour les communautés côtières. Mais elle reste confrontée à des défis majeurs : pertes post-capture, modernisation, hygiène, transparence et inclusion sociale. La nouvelle loi adoptée en décembre 2024 consacre le droit d’accès prioritaire des communautés locales, interdit les chalutiers industriels dans la zone des 3 milles nautiques<strong>, </strong>et impose l’immatriculation des embarcations.</p>



<p>Plusieurs rapports font état de pertes post-capture estimées à 40%, ce qui n&rsquo;est pas pour encourager les efforts de conservation menées par les pécheurs ou encore les fumeuses de poisson. En effet, une enquête cadre sur la pêche artisanale maritime crevettière au Cameroun, publiée en 2025 par la FAO et des chercheurs camerounais (Djienouassi, Mimbang, Meke Soung, Blanc &amp; Necdem); met en évidence les pertes importantes liées au manque d’infrastructures de conservation et de transformation .</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_133020-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_133020-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2743" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_133020-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_133020-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_133020-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_133020-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_133020-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>M. Sambou Mamballa Patrick</strong>, exposant sur la nécessité d&rsquo;observer les aspects éthiques, sanitaires et légaux qui régissent la pêche durable et le fumage de poisson au Cameroun.</em></p>



<p>Des enquêtes journalistiques et données compilées par DataCameroon (2022), estiment également que plus de 40 % des captures sont rejetées en Mer faute de valeur marchande ou de moyens de conservation, aggravant le déficit de production nationale. Pourtant <strong>M. Sambou Mamballa Patrick</strong>, en sa qualité de Conservateur du Parc National Marin Manyange na Elombo‑Campo, a salué la volonté des femmes d’Ebodje, dans leurs efforts d&rsquo;intégrité pour préserver des techniques de fumage ancestrales respectueuses de la santé. Contrairement à d’autres localités où l’on recourt à des vêtements usagés ou à des déchets plastiques pour fumer le poisson – pratiques qui produisent un produit fragile et dangereux pour les consommateurs – les femmes d’Ebodje maintiennent des méthodes traditionnelles plus sûres.</p>



<p>C&rsquo;est fort de ce constat que <strong>Pr. Rodrigue Ebondji</strong>, Coordonnateur des programmes à BCL, a rappelé que: <em>« ce projet a pour principales bénéficiaires les femmes de cette zone côtière, pour qui le fumage du poisson est la source principale de revenus essentielles »</em>. Dans un village privé d’électricité, la conservation du poisson passe nécessairement par le fumage, ce qui rend leur savoir‑faire vital pour la sécurité alimentaire et la survie économique.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_124103-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" data-id="2744" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_124103-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2744" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_124103-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_124103-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_124103-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_124103-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_124103-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>
</figure>



<p><em><strong>Mme Olga Ango,</strong> exprimant sa préoccupation sur la manière dont sera organisé le travail au sein de la communauté, pour éviter l&rsquo;individualisme</em>.</p>



<p> <strong>M. Bothé Nicolas</strong>, président de l’association des pêcheurs de Campo Beach, estime que; <em> » le projet de construction d’un fumoir communautaire réduira les pertes post‑capture et les tensions dans les ménages »</em>. Il souhaite que cette initiative s’élargisse à tous les villages de la côte, autour du parc marin.  La présidente de l&rsquo;association des femmes fumeuses d&rsquo;Ebodje, <strong>Mme Akono Olga</strong>, a relevé que: <em>les femmes ont pris l’habitude de travailler individuellement dans leurs cuisines, ce qui accroît leur peine, surtout lorsqu’il manque du bois de chauffe. Pour elle, le travail collectif dans un fumoir communautaire renforcerait la solidarité et les liens sociaux.</em>« </p>



<p>Enfin, le <strong>Dr Jules Romain Ngueguim</strong>, Secrétaire Exécutif de BCL, a rappelé que ce projet s’inscrit dans une logique scientifique solide, il a déclaré: <em>« introduit au Cameroun après le Sénégal, le modèle de fumoir que nous souhaitons construire à Ebodje, apparaît comme une solution technique majeur. Non seulement cette innovation a pour vocation de réduire drastiquement la contamination par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), cancérigènes selon l’OMS, mais en plus, sa méthode de fumage respectueuse de l&rsquo;environnement ouvre la voie à des certifications, pour l’exportation vers des marchés exigeants comme l’Europe ».</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_121442-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_121442-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2747" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_121442-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_121442-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_121442-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_121442-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_121442-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em><strong>Dr. Jules Romain Ngueguim </strong>sur les enjeux socio-économiques du fumage de poisson, en vue d&rsquo;une pêche artisanale durable</em>.</figcaption></figure>



<p>L&rsquo;Ingénieur forestier, docteur en écologie forestière du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, et titulaire d’un diplôme spécialisé en gestion des risques naturels de la Fondation Universitaire Luxembourgeoise en Belgique, il est également chercheur senior à l’IRAD, spécialisé en écologie de la conservation et gestion durable des ressources forestières, avec plus de 20 ans d’expérience dans le bassin du Congo<strong>.</strong> Son expertise confère au projet une crédibilité scientifique et une vision stratégique pour transformer la pêche artisanale en véritable moteur de l’économie bleue.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



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		<title>RDUE : le CED et FERN s&#8217;associent pour soutenir la voix des petits producteurs de cacao face au défi de la durabilité</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 05:21:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) , en collaboration avec FERN, une organisation européenne spécialisée dans la gouvernance forestière et les droits humains, ont accompagné les communautés rurales&#8230; ]]></description>
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<p><em>Le Centre pour l’Environnement et le Développement<strong> (CED)</strong> , en collaboration avec <strong>FERN</strong>, une organisation européenne spécialisée dans la gouvernance forestière et les droits humains, ont accompagné les communautés rurales et autochtones du Cameroun dans le processus de conformité au <strong>RDUE</strong>. À l’heure où le Règlement Européen zéro déforestation (RDUE<strong>)</strong> impose de nouvelles exigences de traçabilité et de conformité, le CED s’attache à rendre visibles les réalités vécues par les petits producteurs de cacao, souvent marginalisés dans les débats internationaux.</em></p>



<p>L’atelier stratégique du 28 janvier 2026 à Yaoundé, s’est ouvert sur des paroles fortes. <strong>Woulo Ferdinand</strong> ( voir image de titre, au centre) est un producteur de Cacao à Mintom, cette figure emblématique de la communauté Baka a rappelé la dureté de son quotidien :<br><em>« Nous ne mangeons pas le cacao, même si on achète le kilo à 500 francs, nous allons vendre. Je suis heureux d’être parmi ceux qui peuvent nous aider à avoir un meilleur rendement pour notre dur travail. »</em></p>



<p>À ses côtés, <strong>Mme Eboutou Marie</strong>, également issue de la communauté Baka, a dénoncé les pratiques abusives des acheteurs qui ne respectent pas les prix fixés par la réglementation et recourent au chantage. Elle a insisté sur la nécessité de comprendre les décisions prises à l’échelle nationale et internationale, car elles affectent directement les producteurs sur le terrain.</p>



<p>Ces témoignages incarnent les chiffres présentés par le CED : en 2025, le Cameroun a déclaré 311 728 tonnes de cacao, dont 202 423 tonnes exportées. Mais derrière cette performance économique, les producteurs restent exposés à une volatilité des prix allant de 6 300 F CFA/kg à un effondrement à 2 300 F CFA/kg, fragilisant leurs revenus et leur sécurité alimentaire.</p>



<p>Le Règlement Européen sur les produits exempts de Déforestation (EU Deforestation Regulation en anglais) est un texte adopté par l’Union Européenne, qui impose aux entreprises qui exportent vers le marché européen de démontrer que leurs produits (cacao, café, soja, bois, huile de palme, etc.) n’ont pas contribué à la déforestation ou à la dégradation des forêts.</p>



<p><strong>Le RDUE : entre ambition et risque d’exclusion</strong></p>



<p>Le RDUE exige la géolocalisation des parcelles et la preuve de légalité des exploitations. Or, les petits producteurs peinent à s’approprier ces outils. Les femmes, déjà marginalisées dans l’accès aux titres fonciers (seules 13 % détiennent un titre contre 27 % des hommes), risquent d’être encore davantage exclues. Les peuples autochtones, comme les Baka, subissent des expropriations déguisées.</p>



<p>Le CED, en partenariat avec FERN, alerte sur ces risques : la conformité ne doit pas devenir un instrument d’exclusion sociale. Ensemble, les deux organisations produisent des rapports, comme celui sur le genre et le cacao, il a été présenté aux participant. Dans son exposé, <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>, Sécrétaire Exécutif du CED, a mis en lumière l’invisibilité des femmes qui transparait dans le rapport de cette étude,  appelant à une réforme foncière inclusive.</p>



<p>Traditionnellement associées aux cultures vivrières, les femmes deviennent désormais actrices majeures dans la cacaoculture. Elles assurent l’entretien des plantations, la récolte, l’écabossage et la transformation artisanale. Sans leur contribution, le Cameroun passé de 3ᵉ producteur africain et 4ᵉ exportateur mondial , n’aurait pas atteint ses records actuels de production.</p>



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<p><em><strong>Indra Van Gisbergen</strong> , responsable de la campagne forêt et consommation à FERN, lors de sa présentation: « les  grands développements du secteur cacao dans l&rsquo;UE en 2025 et les perspectives 2026 ».</em></p>



<p>En effet, le nombre d’exportateurs dans le pays est passé de 30 en 2024 à 45 en 2025, traduisant une dynamique de croissance et une diversification des acteurs. Les achats déclarés ont atteint 311 728 tonnes, dont 202 423 tonnes destinées à l’exportation, confirmant la place stratégique du Cameroun sur le marché international. Par ailleurs,  la structure des prix reste fortement fluctuante, avec un pic record de 6 000–6 300 F CFA/kg suivi d’un effondrement à 2 300 F CFA/kg, mettant en difficulté les petits producteurs.</p>



<p><strong>Commerce transfrontalier et durabilité régionale</strong></p>



<p>Lors de cette rencontre, les échanges avec les acteurs congolais ont montré que la traçabilité ne peut être dissociée d’un système fiscal et douanier robuste.  Venu tout spécialement du Congo, <strong>Maixent Agnimbat,  </strong>juriste spécialisé dans la gouvernance des ressources naturelles, en sa qualité d&rsquo;Administrateur Général du Forum pour la Gouvernance et les Droits de l’Homme (FGDH); a mis un accent sur la nécessité d&rsquo;un dialogue transfrontalier. Il a tenu à rappeler que la durabilité du cacao en Afrique Centrale exige une coopération régionale, notamment pour lutter contre les flux illégaux et promouvoir une gouvernance partagée.</p>



<p>L&rsquo;on a appris que les flux transfrontaliers opaques entre le Congo et le Cameroun nourrissent un commerce illégal. Des études ont démontré que 42 % du cacao congolais non déclaré,  transite par le Cameroun, tandis que 41 % est exporté vers l’Italie et donc vers l’UE, entraînant une perte fiscale estimée à plusieurs dizaines de millions de francs CFA.</p>



<p>Comme outil favorable à l&rsquo;instauration d&rsquo;un climat de durabilité régionale, Voice Cocoa Network, une plateforme de la société civile qui agit comme catalyseur et vigie pour un secteur cacao durable. Sa mission est de promouvoir un système où les producteurs gagnent un revenu décent, travaillent dans des conditions dignes, et où les droits humains sont respectés. </p>



<p>Depuis le Ghana, <strong>Susan Hermina Yemidih</strong> ,l&rsquo;experte en chaînes d’approvisionnement durables, égalité de genre et inclusion sociale pour Voice Cocoa Network, a précisé que l’intérêt principal d&rsquo;établir cette collaboration réside dans la possibilité d’avoir une voix commune pour mener un plaidoyer à l&rsquo;international. L’adhésion permettrait aux organisations locales de renforcer leur influence dans les débats internationaux sur la durabilité du cacao, en s’appuyant sur une coalition mondiale déjà reconnue par les décideurs politiques et les acteurs du secteur privés.</p>



<p>Les enjeux locaux (droits fonciers, inclusion des femmes, protection des peuples autochtones) sont reliés aux débats globaux sur la traçabilité et la gouvernance forestière. Les rapports des études conjointes menées par le CED et FERN, nourrissent les discussions sur la durabilité et la justice sociale dans la filière cacao. Cette association rappelle que la durabilité ne peut se limiter à des chiffres ou à des normes techniques internationales. Elle doit se mesurer à la dignité retrouvée des petits producteurs, particulièrement celle des femmes et des peuples autochtones. Des messages clés ont été formulés à la fin de cette rencontre, en vue d&rsquo;être présentées lors d&rsquo;un dialogue politique de haut vol, aux lendemains de cette rencontre, ils seront partagés dans un prochain article.</p>



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<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



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