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	<title>Green World Archives - Tribune Verte</title>
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	<description>Un regard écologique de l&#039;information</description>
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	<title>Green World Archives - Tribune Verte</title>
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		<title>Dossier/Forêts communautaires « nouvelle génération » : le CERAD pose un diagnostic pour faciliter la démarche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 15:54:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
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					<description><![CDATA[Un modèle vieux de 50 ans, mais toujours sollicité Le Cameroun, 2è massif forestier du Bassin du Congo après l&#8217;Amazonie, a fait de l&#8217;attribution de forêts aux communautés locales et&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>900 demandes d&rsquo;attribution de forêts communautaires en attente, à peine 10 % des forêts déjà attribuées réellement actives, un cadre légal vieux de plus d&rsquo;un demi-siècle : c&rsquo;est dans ce contexte que le World Resources Institute (WRI) et le Centre de Recherche et d&rsquo;Action pour le Développement Durable en Afrique centrale (CERAD), avec l&rsquo;appui de la Jacobs Futura Foundation (JFF), ont réuni le 22 septembre 2026 à Yaoundé les parties prenantes de la foresterie communautaire camerounaise, pour restituer les résultats d&rsquo;une étude de sept mois sur ce qu&rsquo;ils appellent la foresterie communautaire « de nouvelle génération ».</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Les forêts communautaires de Medjoh, Assok, Bangou, Bapa, représentées par leurs chefs traditionnels, ont partagé leurs expériences de gestion communautaire, en tenant compte de leurs forêts sacrées. Le rapport produit par le CERAD et le WRI sur les expériences pilotes de foresterie communautaire pose un diagnostic large : gouvernance fragile, insécurité foncière, dépendance excessive au seul bois d&rsquo;œuvre, coûts de gestion hors de portée des communautés. Ce diagnostic pourrait sembler générique s&rsquo;il ne trouvait pas, à l&rsquo;échelle d&rsquo;un cas précis, une confirmation détaillée.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Nous avons rencontré un observateur indépendant sur la question, qui nous a fourni des informations complémentaires, sur le cas précis de la forêt communautaire de Medjoh; considérée comme relativement calme, sans conflit ouvert majeur documenté. Des données croisées glanées dans les rapports de la PALLISCO,  illustrent chacun des mécanismes que le rapport  du CERAD cherche à corriger. C&rsquo;est cette convergence entre un diagnostic national et une réalité de terrain minutieusement documentée qui donne au rapport du CERAD sa pertinence, et oriente sur le concept de forêt communautaire nouvelle génération.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un modèle vieux de 50 ans, mais toujours sollicité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Cameroun, 2è  massif forestier du Bassin du Congo après l&rsquo;Amazonie, a fait de l&rsquo;attribution de forêts aux communautés locales et aux peuples autochtones l&rsquo;une des innovations majeures de sa politique forestière de 1993. Depuis, plus de 430 forêts communautaires ont été officiellement attribuées, pour une superficie totale proche de 1,7 million d&rsquo;hectares, et le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) délivre chaque année une centaine de Certificats Annuels d&rsquo;Exploitation. La demande, elle, ne faiblit pas : 900 nouvelles demandes d&rsquo;attribution sont aujourd&rsquo;hui en instruction.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-scaled.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="746" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1024x746.jpg" alt="" class="wp-image-3229" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1024x746.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-300x218.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-768x559.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-1536x1118.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0462-2048x1491.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le bilan reste contrasté. À peine 10 % des forêts communautaires attribuées seraient effectivement gérées de manière active et généreraient des bénéfices économiques tangibles pour les populations. En cause, selon les diagnostics déjà posés lors d&rsquo;un premier atelier national tenu à Ebolowa en septembre 2025 : une activité économique concentrée sur le seul bois d&rsquo;œuvre, un déficit de financement durable, un accompagnement institutionnel insuffisant, des mécanismes de partage des bénéfices mal adaptés aux réalités locales, et surtout la non-reconnaissance de la propriété coutumière des terres sur lesquelles reposent ces forêts. Le dispositif juridique qui encadre l&rsquo;ensemble, une loi de 1973 assortie de son décret d&rsquo;application de 1974, n&rsquo;a, selon plusieurs intervenants, pas suivi l&rsquo;apparition de problématiques nouvelles : marché du carbone et séquestration forestière, mécanismes d&rsquo;adaptation au changement climatique, droits humains, inclusion des peuples autochtones, valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL), ou encore pression grandissante de l&rsquo;expansion urbaine sur les zones rurales forestières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D&rsquo;Ebolowa à Yaoundé : une réflexion qui se construit par étapes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément pour répondre à ces constats que l&rsquo;atelier d&rsquo;Ebolowa avait formulé, en septembre 2025, une série de recommandations : intégrer le pluralisme des modèles de gestion (agroforêts de ménage, systèmes intégrés de gestion communautaire), adopter une approche culturelle et consultative dans l&rsquo;élaboration des plans simples de gestion, amplifier les bénéfices non monétaires, diversifier les activités au-delà du bois d&rsquo;œuvre, ou encore reconnaître les droits fonciers coutumiers des communautés locales et des peuples autochtones dans les espaces attribués en forêts communautaires. C&rsquo;est de cet atelier qu&rsquo;est né le terme même de foresterie communautaire « de nouvelle génération ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-3240" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1024x682.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-300x200.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-767x511.jpeg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49-1536x1023.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-24-at-16.56.49.jpeg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Participants à l&rsquo;atelier.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prolonger ce travail, le WRI et le CERAD ont conduit, entre février et septembre 2026, une étude consacrée aux expériences pilotes de gestion forestière traditionnellement assurée par les populations autochtones et les communautés locales : les forêts sacrées. Ces Aires et territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC), sites sacrés , ont permis de tirer des enseignements applicables au modèle classique de forêt communautaire. L&rsquo;atelier du 22 septembre 2026 à Yaoundé en constituait la restitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le CERAD, ou 32 ans de recherche appliquée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouverture des travaux, le Professeur <strong>Bigombe Logo Patrice</strong>, directeur du CERAD, a rappelé que le centre travaille sur les questions de foresterie communautaire depuis trente-deux ans, aux côtés de l&rsquo;État camerounais et de ses partenaires. Sa conviction, exposée d&#8217;emblée : la pluridisciplinarité scientifique doit irriguer davantage la décision publique en la matière, ce qui justifie l&rsquo;accompagnement continu apporté par le CERAD à l&rsquo;administration forestière. Le coordonnateur national du WRI, <strong>Duclaire Mbouna </strong>a de son côté resitué le constat camerounais dans une perspective régionale, en indiquant qu&rsquo;un diagnostic similaire se pose actuellement au Gabon et en RDC.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-scaled.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="765" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1024x765.jpg" alt="" class="wp-image-3231" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1024x765.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-300x224.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-767x573.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-1536x1147.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0002-1-2048x1530.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pr. Patrice Bigombe Logo</strong>/ CERAD </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La présentation du rapport d&rsquo;étude proprement dite, assurée par <strong>Willy Djanang</strong>, a détaillé la démarche méthodologique retenue : nécessité d&rsquo;une triangulation des études de cas, identification des forêts communautaires disposant déjà d&rsquo;un certificat, de celles dont le plan de gestion nécessite un renouvellement, et de celles pouvant être déclarées en échec, en vue d&rsquo;un diagnostic national élargi. Parmi les constats transversaux mis en avant : une insécurité persistante des droits fonciers, la nécessité d&rsquo;un modèle de gestion plus inclusif, une contribution réelle mais encore peu structurée des produits forestiers non ligneux à l&rsquo;économie familiale, un potentiel d&rsquo;écotourisme sous-exploité, et l&rsquo;intérêt des services écosystémiques rendus par ces forêts pour réduire la pression sur des ressources comme le bois. L&rsquo;étude plaide pour la constitution d&rsquo;une base de données accessible au plus grand nombre, et pour un plaidoyer en faveur du passage à l&rsquo;échelle de ces modèles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4 études de cas pour illustrer concrètement les constats</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À <strong>Medjoh</strong>, dans le département du Haut-Nyong (Région de l&rsquo;Est), la forêt communautaire de 5 000 hectares abrite en son sein la forêt sacrée Edjengui, sur 10 hectares. Espèces végétales endémiques (Moabi, Sapelli, Iroko), fruits de karité, produits forestiers non ligneux et fonction curative de la pharmacopée traditionnelle y cohabitent avec des pratiques agro et sylvopastorales, génératrices de commodités sociales durables. <strong>Georges Bissam</strong>, porte-parole de la forêt sacrée Edjengui, a indiqué que 4 040 personnes ont déjà été initiées à l&rsquo;école de la forêt qui y est adossée. Il partagera plus tard divers réalisations de la forèt communautaire de Medjoh: 5 hectares de culture de Cacao, des pépinières de Moabi, des dizaines d&rsquo;écoles réhabilitées, la construction de plusieurs forages mécanisés, l&rsquo;électrification de plusieurs villages à l&rsquo;énergie solaire, la distribution des produits vivriers dans tous les ménages Baka, des bourses d&rsquo;études à plusieurs enfants scolarisés…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="645" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1024x645.jpg" alt="" class="wp-image-3232" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1024x645.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-300x189.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-767x483.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-1536x967.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0573-2048x1290.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Georges Bissam</strong>/Medjoh</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À <strong>Assok</strong>, dans l&rsquo;arrondissement de Mintom (département du Dja-et-Lobo, Région du Sud), <strong>Declermont Ateba</strong>, du CERAD, a partagé l&rsquo;expérience de terrain du musée vivant des peuples autochtones Baka, désormais localisé avec précision par points GPS pour en faciliter l&rsquo;accès touristique. L&rsquo;accès au site reste toutefois encadré par des règles traditionnelles, sous la responsabilité d&rsquo;associations locales comme Akoba, ce qui aurait déjà contribué à améliorer les conditions de vie des communautés concernées. L&rsquo;expérience intègre également des notions nouvelles comme le captage et la séquestration du carbone forestier, et comprend une zone dédiée à l&rsquo;école de la forêt, où se transmettent les savoirs initiatiques traditionnels. Un cadre réglementaire formel pour la gestion du musée, ainsi qu&rsquo;un effort de communication accru pour attirer davantage de visiteurs, restent toutefois à mettre en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région de l&rsquo;Ouest, les <strong>Majestés David Simeu </strong>et <strong>Nayang Toukam</strong> ont présenté l&rsquo;expérience des forêts sacrées du département des Hauts-Plateaux, dans les arrondissements de <strong>Batoufam</strong>, et de <strong>Bapa</strong>. Située à une altitude moyenne de 1 700 mètres, cette forêt de végétation primaire abrite plusieurs espèces fauniques et floristiques, dont des oiseaux rares qu&rsquo;on ne retrouverait nulle part ailleurs dans le monde, malgré l&rsquo;introduction, dans les années 1980, de l&rsquo;eucalyptus. L&rsquo;accès y est soumis à autorisation de la chefferie, et le site continue d&rsquo;accueillir des séances d&rsquo;initiation au Laakam, des danses initiatiques et des rituels de purification. Ces chefs nous ont partagé la riche expérience glanée lors des visites des autres chefs traditionnels en provenance des régions de l&rsquo;Est, du Sud et du Centre, ce fut l&rsquo;occasion d&rsquo;avoir des échanges de pratiques durables . En sommes, leur système de gestion repose sur la complémentarité entre l&rsquo;autorité traditionnelle, la communauté et les partenaires au développement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="645" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1024x645.jpg" alt="" class="wp-image-3233" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1024x645.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-300x189.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-767x483.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-1536x967.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0270-2048x1290.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sa Majesté <strong>David Simeu</strong>/ Bapa</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa Majesté  Nayang Toukap,  » le Koughap  » ( dénomination d&rsquo;une société secrète) est utile pour tout le monde, femmes et enfants y compris. La transmission des savoirs et des traditions aux générations futures , sont un moteur de conservation des plantes médicinales et des savoirs associés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leurs spécificités, les intervenants ont souligné un constat partagé : dans la plupart de ces forêts gérées selon des modalités traditionnelles, le couvert forestier reste intact, alors même qu&rsquo;elles échappent largement aux circuits d&rsquo;activation économique mesurés par les statistiques officielles de la foresterie communautaire classique. Leur gestion, généralement partagée par l&rsquo;ensemble des membres de la communauté, s&rsquo;appuie sur une reconnaissance sociale plutôt que sur une reconnaissance juridique formelle , un décalage que l&rsquo;étude du WRI et du CERAD invite précisément à corriger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers la révision du manuel de procédures</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu, pour les organisateurs, dépasse le seul partage d&rsquo;expériences : les conclusions de l&rsquo;atelier sont destinées à alimenter le processus en cours de révision du Manuel des Procédures d&rsquo;Attribution et des Normes de Gestion des Forêts Communautaires du Cameroun. Les recommandations attendues portent sur quatre axes : la poursuite et l&rsquo;approfondissement de l&rsquo;étude de ces forêts gérées traditionnellement ; leur reconnaissance juridique et leur sécurisation ; le renforcement de leurs institutions de gestion ainsi que des mécanismes de redevabilité et de redistribution des bénéfices ; et la documentation systématique des enseignements tirés, pour nourrir la réforme réglementaire à venir.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1020" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg" alt="" class="wp-image-3235" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48.jpeg 1020w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48-300x226.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/WhatsApp-Image-2026-09-30-at-14.59.48-768x578.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1020px) 100vw, 1020px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Extrait de la présentation de</em><strong><em> Jacques Waoua/</em></strong><em>Rainforest Alliance</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un second panel, consacré aux expériences de foresterie communautaire , dont la première présentation effectuée par  <strong>Jacques Waoua</strong>, un expert du Rainforest Alliance;  a permis d&rsquo;avoir une lecture comparative portant sur le Liberia. C&rsquo;était l&rsquo;occasion de resituer les bonnes pratiques et de mesurer leur réappropriation pour le cas camerounais dans une dynamique régionale plus large, avant la restitution des travaux de groupe et l&rsquo;adoption d&rsquo;un communiqué final.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message central de la journée peut se résumer simplement : plutôt que d&rsquo;importer un modèle entièrement nouveau, le Cameroun semble chercher, à travers cette « nouvelle génération » de foresterie communautaire, à formaliser et sécuriser juridiquement des pratiques de conservation qui, à Medjoh, à Assok ou à Bapa et Batoufam, ont déjà fait leurs preuves sur le terrain; bien avant qu&rsquo;un texte de loi ne vienne les nommer.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Les vrais conservateurs, ce sont les peuples autochtones »</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pendant la première séance d&rsquo;échanges, que le débat s&rsquo;ouvre vraiment. Un participant interroge la pression grandissante de l&rsquo;exploitation minière sur le sous-sol de ces mêmes espaces , une menace que ni la loi de 1974 ni le concept de « nouvelle génération » n&rsquo;ont encore pleinement anticipée. Puis <strong>Lerys Nyangono</strong>, président de l&rsquo;Association des Jeunes Peuples Autochtones Pygmées du Cameroun (AJPAC), prend la parole avec une fermeté qui marque les esprits :<em> « Le nom Edjengui,  un génie Baka, ne se vend pas, il faut faire attention à son usage qui est banalisé. » </em>Pour lui, la conservation des forêts sacrées Baka n&rsquo;a jamais eu besoin d&rsquo;un décret ministériel : elle relève d&rsquo;une obligation culturelle transmise dès le plus jeune âge.<em> « Les vrais conservateurs, ce sont les peuples autochtones. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="709" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1024x709.jpg" alt="" class="wp-image-3234" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1024x709.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-300x208.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-768x532.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-1536x1064.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0460-2048x1419.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Mme Derboise Bika/ </em></strong><em>MINFOF</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mme Derboise Bika</strong>, de la sous-direction des forêts communautaires au MINFOF, ne le contredit pas ;  elle déplace le problème. Ce qui est en crise, dit-elle, c&rsquo;est le développement rural lui-même, et c&rsquo;est ce concept qu&rsquo;il faut repenser, alors qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui le seul centre d&rsquo;intérêt qu&rsquo;on trouve à une forêt communautaire reste l&rsquo;exploitation du bois. Elle rappelle que le travail engagé s&rsquo;appuie désormais sur la nouvelle loi forestière de 2024, dont les articles 1 et 3 mettent l&rsquo;accent sur les droits coutumiers,  tout en reconnaissant que le MINFOF attend toujours les décrets d&rsquo;application de cette loi.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ce que révèlent 21 ans d&rsquo;archives</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;atelier a aussi donné la parole à une enquête menée en dehors de ses murs. Les journalistes scientifiques <strong>Adrienne Engono</strong> et <strong>Leocadia Bongben</strong> ont voulu croiser les données sur plus de vingt et un ans d&rsquo;existence du dispositif , celui, plus ancien, lancé par la loi forestière de 1994 , et ont obtenu des données de terrain que d&rsquo;autres institutions ne parvenaient pas à obtenir. Leur constat vient nuancer l&rsquo;enthousiasme des études de cas présentées en matinée. Elles nous révèlent que dans  la région de l&rsquo;Est, dans les forêts communautaires de Messamena et de Ngoyla, certaines communautés ont bien pu financer des salaires d&rsquo;enseignants, fournir de l&rsquo;éclairage solaire, des toitures, des salles communautaires, des étals de marché ; les femmes y ont développé des activités autour des produits forestiers non ligneux. Mais la liste des obstacles est longue : capture du dispositif par les élites locales, manque de soutien technique et financier de l&rsquo;État, plans simples de gestion dont le coût se chiffre en millions de FCFA, conflits internes qui suspendent des activités entières, conversion des forêts en plantations de cacao, procédures administratives d&rsquo;une lourdeur dissuasive. Sur 830 forêts communautaires créées depuis 1994, concluent-elles, 300 environ fonctionneraient encore réellement. Une bonne nouvelle, tout de même : le MINFOF révise actuellement son manuel de gestion pour diversifier les modèles : écotourisme, conservation, crédits carbone ,  et mieux accompagner les communautés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="621" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1024x621.jpg" alt="" class="wp-image-3236" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1024x621.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-300x182.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-767x465.jpg 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-1536x931.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0480-2048x1241.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Leocadia Bongben et Adrienne Engono.</em></strong> Retrouvez leur enquête ici: <a href="https://scienceswatchinfos.net/p/cameroon-s-community-forests-a-promised-model-falling-short">https://scienceswatchinfos.net/p/cameroon-s-community-forests-a-promised-model-falling-short</a></p>



<h4 class="wp-block-heading">Un second détour par Medjoh, vu par un observateur indépendant</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément à Medjoh, la forêt même dont Georges Bissam était venu porter témoignage , qu&rsquo;un observateur indépendant, consulté séparément pour ce dossier, est allé vérifier ce que les statistiques nationales ne disent pas. Le village s&rsquo;est formé dans les années 1930-1940, quand des familles Badjoué fuyant un conflit de pouvoir avec le chef supérieur Dobo, à Messamena, sont venues s&rsquo;installer le long de la route Abong-Mbang–Lomié. Son nom signifie « les Moabi », en souvenir de l&rsquo;abondance passée de cette essence aujourd&rsquo;hui recherchée par les exploitants industriels. La forêt communautaire, attribuée vers 2005 au GIC FCB5 des communautés Badjoué et Baka, couvre 5 000 hectares , encadrée à l&rsquo;est comme à l&rsquo;ouest par les concessions (UFA 10-044 et 10-047) de la société Pallisco, qui l&rsquo;a elle-même cartographiée et appuyée en matériel dans le cadre d&rsquo;un partenariat avec le WWF. (source: <a href="https://www.pallisco-cifm.com/download/2020/Rapport%20EIE%20UFAS%2010%20041%2010%20042%20et%2010%20044%20-%20v02.pdf">https://www.pallisco-cifm.com/download/2020/Rapport%20EIE%20UFAS%2010%20041%2010%20042%20et%2010%20044%20-%20v02.pdf</a>)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="430" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-1024x430.png" alt="" class="wp-image-3238" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-1024x430.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-300x126.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704-766x322.png 766w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-30-155704.png 1285w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">source: <a href="https://arcg.is/0GzbiP0">https://arcg.is/0GzbiP0</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, l&rsquo;atlas du MINFOF documente ce que la salle de Yaoundé n&rsquo;a fait qu&rsquo;évoquer en creux : les limites de la forêt de Medjoh n&rsquo;auraient pas été suffisamment entretenues, provoquant des intrusions observées dans l&rsquo;UFA voisine, et, à l&rsquo;inverse, des exploitants venus chercher du Moabi, de l&rsquo;Iroko ou du Sapelli s&rsquo;aventurant, quand l&rsquo;essence manque dans leur secteur attribué, sur des parcelles où ils n&rsquo;ont aucun droit. Il est rapporté, sans que cela soit vérifié de façon indépendante, qu&rsquo;une même famille ; pèserait d&rsquo;un poids disproportionné dans les décisions de gestion, avec pour conséquences une transparence mise à mal et un trafic des lettres de voiture, ces documents qui accompagnent légalement le transport du bois. Dès 2006, sur les 1 050 m³ autorisés à la vente, seuls 139 ont trouvé preneur , les bénéfices servant, le plus souvent, à financer le certificat de l&rsquo;année suivante plutôt qu&rsquo;un projet de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour de cette forêt de 5 000 hectares, la commune de Mindourou ne compte, hors des forêts permanentes, communales et communautaires, qu&rsquo;environ 12 242 hectares de domaine national disponible , soit 2,9 % de sa superficie totale, pour 18 000 habitants. Moins d&rsquo;un hectare par personne. De cette rareté naissent des différends entre familles Badjoué sur la délimitation des champs, des tensions plus anciennes entre Badjoué et Baka,  jusqu&rsquo;à un incident mortel rapporté en mai 2022, et des litiges de limites de lignage jamais matérialisées sur le terrain. Rien de tout cela, pourtant, n&rsquo;a jamais dépassé la chefferie : en 2020, trois plaintes seulement y étaient encore en instance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Medjoh donne à voir, c&rsquo;est un cas sans scandale ni conflit ouvert majeur avec l&rsquo;opérateur voisin , et c&rsquo;est peut-être cela, le plus instructif : même dans une forêt communautaire relativement calme, chacune des failles décrites à l&rsquo;atelier se retrouve, à échelle réduite mais bien réelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des experts donnent de la voix à ce qu&rsquo;il manque encore au concept</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la salle, d&rsquo;autres voix viennent combler ce que le seul récit des forêts sacrées ne disait pas. <strong>M. Essiane Mendoula</strong>, du Landscape Initiative (anciennement CIFOR-ICRAF), pointe un obstacle technique trop souvent sous-estimé : <em>« Le problème se situe au niveau de la ressource ; les communautés ne savent pas faire l&rsquo;inventaire de toutes les ressources qu&rsquo;elles regorgent, ni l&rsquo;usage qu&rsquo;elles sont en mesure d&rsquo;en faire. C&rsquo;est seulement à cette condition qu&rsquo;elles pourront identifier les services écosystémiques et les bénéfices qu&rsquo;elles pourraient en retirer. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maire de Mintom, lui, choisit de parler de ce qui marche : <em>« Grâce à la forêt communautaire, la commune de Mintom a pu électrifier quatre villages, et bien d&rsquo;autres réalisations comme des forages. »</em> Mais il regrette aussitôt l&rsquo;absence, autour de la table, des autres administrations concernées : MINADER, MINMIDT, MINEPDED, MINDCAF ,  comme si la forêt communautaire portait seule un poids qui devrait être partagé. La présidente de l&rsquo;association APIFED de Djoum, ajoute une pièce manquante au tableau : les Zones d&rsquo;Intérêt Cynégétique à Gestion Communautaire (ZICGC) n&rsquo;ont pas été associées aux échanges, alors qu&rsquo;elles sont directement concernées par le partage des bénéfices issus de la gestion de la faune.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3237" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/09/IMG_0570-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sandrine Andong/ CERAD</em></strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux chercheurs, enfin, interrogent le concept lui-même. Pour <strong>Guy Patrice Dkamela</strong>, la notion de « forêt communautaire » associe deux logiques en tension — celle de la forêt qui est un domaine de l&rsquo;Etat, et donc régit administrativement, et celle du commun , cela gagnerait à être mieux nommée pour être mieux compris. <strong>Sandrine</strong> <strong>Andong</strong> du CERAD, propose une piste venue d&rsquo;ailleurs : <em>«et si les forêts modèles , un concept né au Canada, pouvaient aider à diversifier la gestion des forêts communautaires camerounaises au-delà du bois ,comme semblent déjà l&rsquo;esquisser les expériences de Campo Ma&rsquo;an et de Dja Mpomo ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de journée, un consensus se dessine, prudent : les forêts communautaires ne résoudront pas, à elles seules, l&rsquo;ensemble des problèmes de développement rural du Cameroun. Mais, multivocationnelles, elles restent porteuses d&rsquo;opportunités que ni Medjoh ni les statistiques nationales n&rsquo;ont fini d&rsquo;épuiser,  à condition, disent en substance les uns et les autres, d&rsquo;associer tous les secteurs de l&rsquo;administration à la gestion de ressources devenues stratégiques, de sécuriser juridiquement ce que les communautés Baka, Badjoué ou Bamiléké protègent depuis des générations sans l&rsquo;avoir jamais demandé à un texte de loi, et de réformer, sans plus attendre les décrets, ce qui ne fonctionne plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions de l&rsquo;atelier doivent désormais nourrir la révision, déjà engagée, du Manuel des Procédures d&rsquo;Attribution et des Normes de Gestion des Forêts Communautaires. Reste à savoir, comme le veut la question qui a traversé toute la journée sans jamais recevoir de réponse définitive, si le texte à venir saura enfin faire dialoguer les rapports d&rsquo;études et les forêts communautaires comme celle de Medjoh. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange Atala</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Inclusion: AJPAC accompagne la délivrance d&#8217;actes de naissance aux Baka</title>
		<link>https://tribuneverte.online/inclusion-ajpac-accompagne-la-delivrance-dactes-de-naissance-aux-baka/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 17:20:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3208</guid>

					<description><![CDATA[© AJPAC]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>La préservation de la Réserve de Faune du Dja, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, repose sur une inclusion harmonieuse des communautés locales. Parmi elles, les peuples autochtones Baka, estimés à environ 40 000 personnes au Cameroun, rencontrent encore d’importants obstacles pour accéder aux services publics. </em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>L’absence d’actes de naissance et de cartes nationales d’identité prive une majorité d’enfants de l’accès à l’école : près de 70 % des enfants Baka ne disposent pas de documents d’état civil, et à peine 25–30 % sont scolarisés, contre 96 % pour la moyenne nationale.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Un situation qui interpelle l’Association des Jeunes Peuples Autochtones Pygmés du Cameroun (AJPAC) dans le cadre de la mise en oeuvre du projet <strong>« Renforcement du rôle des communautés locales et des peuples autochtones dans la gestion et la protection des sites naturels du patrimoine mondial au Cameroun »</strong>, au sein du programme Natura Sud-Est, financé par l’Union européenne.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès juin 2026, AJPAC a sillonné 14 villages Baka de l&rsquo;arrondissement de Lomié, sur un périmètre de 100km , pour identifier les jeunes déscolarisés faute d’acte de naissance et les adultes dépourvus de carte nationale d’identité. 80 personnes ayant déjà bénéficié de la même procédure l&rsquo;année dernière, l&rsquo;initiative a suscité un engouement rare, d&rsquo;où la nécessité de répliquer l&rsquo;expérience, au vu du besoin persistant en documents administratifs en vue de préparer la rentrée scolaire 2026-2027. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3215" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0546-1536x1024.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Frank Moamide </strong>lors de la campagne de sensibilisation, dans le village Mwangue le Bosquet.</em>(© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mardi 25 août 2026, à Nomedjoh, une seconde vague de remise d’actes de naissance a été organisée, bénéficiant à 70 personnes. Cet événement, supervisé par <strong>M.Frank Moamide</strong>, Ingénieur des Eaux et Forêts, chef d’antenne de la Réserve de biosphère du Dja à Lomié, et <strong>Mme Oloa Nadège</strong>, 2ᵉ adjointe au Maire de Lomié, marque une étape concrète dans la lutte contre l’exclusion scolaire et citoyenne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3214" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0499-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Sa Majesté, Aleka Raymond</strong>, chef du village Païo:  » Sans actes de naissance, nos enfants ne peuvent pas s&rsquo;inscrire à l&rsquo;école, et sans CNI les adultes ont des difficulté à avoir des contrats de travail auprès des sociétés. » </em>(© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des documents légaux pour impulser la participation des Baka  à la gouvernance locale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous l’impulsion de son président <strong>Lerys Nyangono</strong>, AJPAC ne se limite pas aux actes de naissance. L’association a également engagé un processus pour l’établissement de 200 cartes nationales d’identité (CNI), dont la délivrance est prévue en septembre 2026. Cette initiative vise à renforcer l’inclusion des adultes Baka dans la vie citoyenne et à leur garantir un accès aux services publics. Les CNI prévues permettront aux adultes de disposer d’une identité légale, condition pour faire des déplacements sans se faire bloquer dans des postes de contrôle d&rsquo;identité, de voter, d&rsquo;accéder aux services administratifs de base et participer aux instances locales.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3213" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/IMG_0591-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Lerys Nyangono</strong>, dans le village Mwangue le Bosquet, au moment de l&rsquo;identification des personnes bénéficiaires de CNI</em>. (© AJPAC)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au‑delà de la simple distribution de documents, cette campagne contribue à lever un frein majeur à l’éducation et à la citoyenneté des Baka. En sécurisant leur identité légale, le projet ouvre la voie à une implication plus forte des communautés autochtones dans la conservation de la Réserve du Dja, au bénéfice de la biodiversité et du développement local.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong> <em>( de retour de Lomié)</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Education financière: ACFI-CMR rejoint le FACFI-CEMAC</title>
		<link>https://tribuneverte.online/education-financiere-acfi-cmr-rejoint-le-facfi-cemac/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 13:21:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Il est important de noter qu&#8217;ACFI-CMR n&#8217;arrive pas les mains vides : agréée fin 2020, dans un contexte de récession où les salaires des ménages peinaient à suivre la hausse&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>L&rsquo;Association des Consommateurs des Services Bancaires et Financiers du Cameroun (ACFI-CMR) figure sur la liste 2026 des organisations retenues par la Commission Bancaire de l&rsquo;Afrique Centrale (COBAC), l&rsquo;autorité de régulation du secteur financier de la sous-région. Cette reconnaissance a été formalisée par un courrier du Secrétariat général de la COBAC, adressé le 24 août à la Fédération des associations des consommateurs des produits et services financiers dans la CEMAC (FACFI-CEMAC).</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Cette reconnaissance confirme l&rsquo;inscription d&rsquo;ACFI-CMR dans le dispositif régional de protection des usagers des services bancaires. Le document précise par ailleurs que l&rsquo;association dispose de l&rsquo;autorisation requise des autorités nationales, condition préalable à son intégration dans cette fédération récemment créée pour donner une voix unifiée aux clients bancaires des six pays de la communauté. </em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de noter qu&rsquo;ACFI-CMR n&rsquo;arrive pas les mains vides : agréée fin 2020, dans un contexte de récession où les salaires des ménages peinaient à suivre la hausse des prix des produits de première nécessité, une conséquence de l&rsquo;épidémie mondiale de Covid-19. L&rsquo;association s&rsquo;est construite en six ans un mécanisme de réclamation concret , un bureau d&rsquo;écoute physique et  une base de données associant un formulaire en ligne;  et un projet de formation numérique déjà éprouvé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance de la COBAC permet désormais à l&rsquo;ACFI-CMR de représenter les consommateurs camerounais dans les débats communautaires sur la régulation bancaire. Son président,<strong> Dr. Midja Essogo Jean-Paul</strong>, résume la philosophie de l&rsquo;association :<em> « ACFI-CMR se veut républicaine. Se conformer à la réglementation est l&rsquo;une de nos préoccupations majeures. » </em>Il a remercié les autorités de régulation et les partenaires de l&rsquo;écosystème qui accompagnent l&rsquo;association dans la défense des droits des consommateurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/471532021_622653497088047_1608014694221450104_n.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/471532021_622653497088047_1608014694221450104_n-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-3204" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/471532021_622653497088047_1608014694221450104_n-1024x576.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/471532021_622653497088047_1608014694221450104_n-300x169.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/471532021_622653497088047_1608014694221450104_n-768x432.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/471532021_622653497088047_1608014694221450104_n-1536x864.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/471532021_622653497088047_1608014694221450104_n.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Midja Essogo Jean-Paul</strong>, lors d&rsquo;une session de formation des consommateurs en 2022. (© ACFI-CMR)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès son premier bilan annuel, en 2022, l&rsquo;association pouvait déjà faire état de résultats concrets : des centaines de réclamations reçues et traitées, plusieurs cas d&rsquo;abus dans la gestion de comptes bancaires signalés à des établissements de renommée nationale et internationale et résolus en faveur du plaignant, des partenariats publics-privés noués, des formations dispensées, et une veille médiatique ayant déjà contribué, dès cette époque, à la promotion des 22 services bancaires gratuits;  le même dossier que l&rsquo;association continue de porter aujourd&rsquo;hui, signe que le combat reste d&rsquo;actualité quatre ans plus tard.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une reconnaissance qui légitime un travail déjà engagé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dès avril 2025, ACFI-CMR a mis en œuvre le projet Finance4All, avec ses partenaires techniques Power People Inclusion (PPI) et Simplon, financé par Expertise France. Objectif étant de renforcer l&rsquo;inclusion financière des populations vulnérables : femmes et jeunes .  A la clé:  un meilleur accès aux services financiers numériques, l&rsquo;accompagnement d&rsquo;organisations de la société civile, et une campagne de protection des consommateurs menée avec les établissements de microfinance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, les formations ont couvert la prise en main d&rsquo;outils collaboratifs (Google Workspace, Miro, Trello, Slack&#8230;), une initiation à l&rsquo;intelligence artificielle présentée comme un outil d&rsquo;efficacité plutôt qu&rsquo;un substitut à l&rsquo;humain, et une initiation au marketing digital taillée sur mesure pour les petits entrepreneurs sans moyens d&rsquo;accompagnement commercial. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/482209274_641187171965668_4089196940279720181_n.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="620" height="877" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/482209274_641187171965668_4089196940279720181_n.jpg" alt="" class="wp-image-3203" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/482209274_641187171965668_4089196940279720181_n.jpg 620w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/482209274_641187171965668_4089196940279720181_n-212x300.jpg 212w" sizes="auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px" /></a></figure>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité des 22 services bancaires : une promesse encore mal appliquée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">ACFI-CMR dénonce aussi, sans relâche, l&rsquo;abus persistant de banques qui continuent de facturer des services censés être gratuits. Depuis le règlement COBAC R-2020/04, applicable dès février 2021, les établissements de crédit et de microfinance de toute la zone CEMAC doivent offrir gratuitement 22 services bancaires « minimum garantis » ; ouverture et tenue de compte, relevé d&rsquo;identité bancaire, consultation de solde, avis de débit électronique, encaissement de virements, etc. Face aux manquements persistants, le ministre camerounais des Finances avait dû, en 2022, sommer les banques de s&rsquo;y conformer au plus tard le 1er janvier 2023, sous peine de sanctions COBAC (remboursement des sommes prélevées, mise en demeure de 30 jours, pénalités en cas de récidive). Le fait que l&rsquo;association continue, en 2026, à documenter ce même problème suggère qu&rsquo;un texte pourtant assorti de sanctions peine encore à s&rsquo;imposer dans les pratiques bancaires quotidiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois axes structurent l&rsquo;action de l&rsquo;association :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L&rsquo;éducation financière, </li>



<li>Le traitement des réclamations en cas d&rsquo;abus,</li>



<li>L&rsquo;accompagnement des organisations à la conformité réglementaire, à travers une collaboration étroite avec la COBAC.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/474628847_608822648535454_3771938326282622925_n.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="577" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/474628847_608822648535454_3771938326282622925_n-1024x577.jpg" alt="" class="wp-image-3205" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/474628847_608822648535454_3771938326282622925_n-1024x577.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/474628847_608822648535454_3771938326282622925_n-300x169.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/474628847_608822648535454_3771938326282622925_n-766x432.jpg 766w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/474628847_608822648535454_3771938326282622925_n.jpg 1082w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Une interface de la base de données conçue en 2022 par les équipes d&rsquo;ACFI-CMR. </em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une dimension désormais régionale</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de son récépissé national, ACFI-CMR franchit une étape régionale. Sa participation à la FACFI-CEMAC lui permet de contribuer à un espace financier plus transparent pour les consommateurs des six pays membres;  et pourrait permettre de mutualiser, à l&rsquo;échelle sous-régionale, la pression sur des manquements comme celui des 22 services gratuits, qui dépasse le seul Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Parler argent nécessite des prérequis et une technicité avérée »</em>, résume le président d&rsquo;ACFI-CMR ; une formule qui dit tout de la méthode de l&rsquo;association : consolider sa crédibilité par l&rsquo;éducation financière et l&rsquo;accompagnement de terrain, pour bâtir une confiance des usagers encore fragile face à des promesses réglementaires qui tardent parfois à devenir réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DOSSIER/                                                                    Eboulements de Zamboï : les mots d&#8217;Aliou avant le drame</title>
		<link>https://tribuneverte.online/dossier-eboulements-de-zamboi-les-mots-daliou-avant-le-drame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 14:02:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3165</guid>

					<description><![CDATA[©2026 &#124; Giovanny Engamba &#124; Centre pour l’Environnement et le Développement
(CED)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Le mardi 18 août 2026, en début d&rsquo;après-midi, un pan de terre s&rsquo;est détaché du site aurifère artisanal de Zamboï, village situé de part et d&rsquo;autre de la frontière entre le Cameroun et la République Centrafricaine (voir image en bannière, la démarcation se voit à travers la clôture en panneaux d’aluminium ), localité également connue sous le nom de « Moscou », ensevelissant des dizaines d&rsquo;orpailleurs qui creusaient en contrebas d&rsquo;un cratère à ciel ouvert.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Parmi les victimes, <strong>Yaya Pierre</strong>, alias « Commando »; fils du chef de Dir , village situé dans arrondissement de Dir, département du Mbéré, région de l&rsquo;Adamaoua au Cameroun. Selon les témoignages recueillis sur place, il est mort avec neuf autres personnes dans une même fosse, aux côtés de son propre patron. Trois jours plus tard, alors que les recherches se poursuivent toujours sous restriction d&rsquo;accès, cet article revient sur ce que révèlent les témoignages recueillis sur place : l&rsquo;aveu, filmé six semaines avant le drame, de l&rsquo;exploitant du site quant à sa connaissance du risque ; le vécu, minute par minute, de ceux qui se trouvaient au fond des galeries.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Ce 20 août 2026, sur RFI, <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>, Secrétaire Général du Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), a fait part de sa préoccupation de longue date pour la situation à Zamboï côté camerounais, où son organisation déploie régulièrement des équipes de terrain , la plus récente datant de juin 2026.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte que prend tout son sens l&rsquo;enregistrement diffusé sur TikTok par Aliou, présenté comme l&rsquo;exploitant du chantier de « Moscou », originaire de Cantonier (RCA) et bien connu, selon ses propres mots, à Garoua-Boulaï, Cantonier, Baboua et Bertoua. Le message, adressé directement aux orpailleurs du site, a été publié sur son compte TikTok le 5 juillet 2026 ; soit près de six semaines avant la catastrophe du 18 août.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le gap entre le bilan officiel, et les chiffres du terrain annoncent plusieurs éboulements </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les autorités locales citées par plusieurs médias internationaux: RFI, France 24, l&rsquo;AFP , au moins 107 corps avaient été extraits des décombres à la mi-journée du mercredi 19 août, sur la base des estimations du Maire de Garoua-Boulaï, côté camerounais. Le maire de Baboua, côté centrafricain, évoquait pour sa part « une centaine » de morts sans pouvoir établir de bilan formel, tandis que le député de Baboua, <strong>Laurent Ngon Baba</strong>, reconnaissait la même difficulté. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Baboua.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="540" height="1157" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited.jpeg" alt="" class="wp-image-3167" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited.jpeg 540w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited-140x300.jpeg 140w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-00.49.02-edited-478x1024.jpeg 478w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Capture d&rsquo;écran du 19 août 2026 à 23: 48, réalisée sur la page Facebook de Axe Média.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des témoignages recueillis directement auprès de sources présentes sur le chantier avancent cependant des chiffres nettement supérieurs : jusqu&rsquo;à 250, voire 380 morts selon certaines estimations de terrain, encore en attente de vérification. Ces mêmes témoignages font état d&rsquo;une série d&rsquo;éboulements survenus les jours précédant le drame : un premier vendredi dans la nuit, suffisant pour interrompre le travail sur une partie du site . Un second dimanche dans la nuit ; puis, le jour du drame lui-même, trois éboulements successifs , deux de moindre ampleur, suivis du plus important, qui aurait enseveli un grand nombre de travailleurs présents dans la fosse. Un nouvel affaissement, survenu la nuit suivante, aurait failli entraîner les eaux de la rivière Kadey dans le cratère. Ce schéma d&rsquo;effondrements répétés est cohérent avec ce que rapporte la presse régionale sur l&rsquo;instabilité chronique du site, une carrière à ciel ouvert s&rsquo;étendant sur plusieurs kilomètres, criblée de fosses profondes et interconnectées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="723" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-723x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3178" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-723x1024.jpeg 723w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31-212x300.jpeg 212w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-16.45.31.jpeg 763w" sizes="auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Situation géographique de la zone sinistrée. ( © CED).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mêmes sources de terrain évoquent la présence, parmi les victimes, de ressortissants de plusieurs nationalités: centrafricaine, camerounaise, tchadienne, nigérienne, burkinabé, ce qui recoupe la réputation du site comme pôle d&rsquo;attraction régional pour l&rsquo;orpaillage artisanal. Elles font également état d&rsquo;une présence russe (Wagner) aux côtés des autorités centrafricaines sur le site depuis le lendemain du drame, ainsi que d&rsquo;un chef de chantier qui chercherait à minimiser le bilan en avançant le chiffre de 49 morts. Ces deux éléments n&rsquo;ont pu être confirmés par aucune source publiée à ce stade et doivent être traités comme non vérifiés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Neuf hommes dans un même trou: circonstances de décès du fils du chef de Dir</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les victimes identifiées figure un homme connu sous le surnom de « Commando » ; de son vrai nom <strong>Yaya Pierre</strong>, originaire du village de Dir, dans l&rsquo;arrondissement du même nom, et fils du patriarche Maire Samba. Il est mort avec environ neuf autres personnes dans une même fosse , parmi lesquelles son propre patron. Un seul survivant a pu être compté dans cette carrière précise, selon un témoignage recueilli par <strong>Pierre Hervé Madougou</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit qui en ressort éclaire, de l&rsquo;intérieur, la mécanique du drame. Le groupe extrayait des graviers dans cette carrière depuis plusieurs jours et, au moment de l&rsquo;éboulement, tous étaient concentrés sur leur tâche. Le bruit de la perceuse utilisée sur place a couvert les cris d&rsquo;alerte lancés depuis la surface ; ce n&rsquo;est qu&rsquo;au tout dernier moment que certains, ayant reçu des mottes de terre lancées en guise de signal, ont compris ce qui se passait. Mais la fosse était trop étroite et le nombre de travailleurs qui s&rsquo;y trouvaient trop important pour permettre une évacuation à temps : la terre les a surpris avant qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pu sortir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Cyrille Narké</strong>, chercheur au CED, s&rsquo;alarme: <em>« les femmes et les enfants sont majoritairement parmis les victimes, ce sont les plus vulnérables pour qui atteindre la surface était pénible , au moment où l&rsquo;alerte a été lancée»</em>. Ce témoignage illustre, à l&rsquo;échelle d&rsquo;une seule fosse, ce que les images diffusées sur les réseaux sociaux ne montrent pas : les personnes ensevelies en surface sont visibles sur les vidéos, mais un nombre indéterminé d&rsquo;artisans miniers a été enseveli dans des galeries souterraines, sans même avoir eu le temps de comprendre ce qu&rsquo;il leur arrivait.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Si vous mourrez ici, ça vous regarde » : l&rsquo;avertissement d&rsquo;Aliou</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;enregistrement cité précédemment, Aliou  rappelle d&rsquo;abord les avoir toujours considérés comme sa propre famille, avant d&rsquo;en venir à l&rsquo;objet réel de son message : une mise en garde répétée, restée sans effet. <em>« Chaque fois je vous dis que s&rsquo;il y a trop de terres, vous arrêtez le travail. Si la situation est favorable, vous travaillez. Je vous le dis pour votre propre sécurité »</em>, déclare-t-il en langue Fufulde, avant d&rsquo;ajouter, plus loin : <em>« Quand la terre est en abondance je vous demande d&rsquo;arrêter les travaux, vous refusez. »</em> Il décrit une consigne de sécurité simple: suspendre l&rsquo;extraction en cas d&rsquo;accumulation excessive de terre en surplomb ; ce que les orpailleurs auraient systématiquement ignorée.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="557" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-557x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3168" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-557x1024.jpeg 557w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44-163x300.jpeg 163w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.22.44.jpeg 696w" sizes="auto, (max-width: 557px) 100vw, 557px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Capture d&rsquo;écran du 20 août 2026 à 13: 06, réalisée sur le compte Tiktok d&rsquo;Aliou. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste de l&rsquo;enregistrement est tout aussi significatif pour l&rsquo;établissement des responsabilités. Aliou y précise n&rsquo;avoir<em> « aucun contrat signé avec aucun »</em> des travailleurs présents sur le site, qualifie son entreprise de strictement privée, sans partenaire ni structure associative, et affirme n&rsquo;avoir sollicité personne pour venir y travailler. Il en tire une conclusion sans détour sur la question de la responsabilité en cas d&rsquo;accident : <em>« Si vous mourrez ici, ça vous regarde, ce ne sera pas mon problème. Le gouvernement ne va rien me demander parce que moi je n&rsquo;ai demandé à personne d&rsquo;aller dans ce chantier. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il revient également sur les débuts de son entreprise, rappelant avoir accompli seul les démarches administratives auprès du gouvernement pour légaliser le chantier , sans, dit-il, aucune aide financière des travailleurs qu&rsquo;il emploie aujourd&rsquo;hui , et sur sa propre trajectoire, d&rsquo;enfant de Cantonier devenu, par la réussite de cette activité, une figure reconnue de la région. Vérification faite, Aliou est bien centrafricain, originaire de Zamboï même, côté RCA ,  une proximité directe avec le site qui donne un relief particulier à ses propos sur la famille et l&rsquo;enracinement local.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que cet enregistrement change pour l&rsquo;enquête</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pris isolément, ce témoignage ne suffit pas à établir une responsabilité pénale , il faudrait pour cela le confronter aux autorisations administratives réellement délivrées, aux conditions d&rsquo;exploitation autorisées, et à l&rsquo;enquête ouverte par le parquet de Baboua. Mais il apporte un élément factuel difficile à contester : l&rsquo;exploitant reconnaît lui-même, avant le drame, avoir eu connaissance du risque d&rsquo;éboulement, avoir formulé des consignes de sécurité, avoir constaté leur non-respect par les travailleurs, et avoir choisi de ne pas imposer d&rsquo;arrêt des travaux malgré ce risque identifié,  tout en anticipant explicitement qu&rsquo;il ne pourrait être tenu responsable en cas de décès, en l&rsquo;absence de tout contrat de travail formel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet aveu, produit par l&rsquo;intéressé lui-même et diffusé publiquement avant la catastrophe, mérite d&rsquo;être versé au dossier de l&rsquo;enquête en cours, aux côtés des témoignages de terrain sur la succession des éboulements des jours précédents , qui, si confirmée, suggérerait que le risque n&rsquo;était pas seulement générique mais immédiat et documenté dans les jours ayant précédé le drame.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;en dit l&rsquo;expertise : un accident qui rattrape un débat déjà engagé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé le 20 août 2026 sur RFI, dans l&rsquo;émission « Le Grand Invité Afrique », <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>, juriste environnementaliste, Secrétaire Général du Centre pour l&rsquo;Environnement et le Développement (CED), spécialiste des questions minières au Cameroun, apporte un éclairage qui recoupe et prolonge les témoignages de terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il relève d&rsquo;abord la rareté de vidéos aussi précises pour ce type d&rsquo;accident, tout en rappelant leurs limites : <em>« ce que ces images montrent, ce sont des personnes ensevelies en surface , ce qu&rsquo;elles ne montrent pas, c&rsquo;est le nombre bien plus incertain d&rsquo;artisans qui se trouvaient dans les galeries souterraines au moment de l&rsquo;effondrement, sans avoir eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait.»</em> Un constat qui fait directement écho au témoignage recueilli sur la mort de « Commando » et de ses compagnons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>: <em>« ce type d&rsquo;éboulement reste un accident fréquent sur les sites d&rsquo;orpaillage artisanal, en particulier pendant la saison des pluies, lorsque des sols gorgés d&rsquo;eau s&rsquo;affaissent plus facilement , mais jamais, à une échelle comparable à celle de Zamboï.»</em> Il explique l&rsquo;ampleur inédite du bilan par un facteur de calendrier : la période correspond aux vacances scolaires, moment où affluent sur ce type de site un grand nombre de jeunes en quête d&rsquo;argent pour préparer la rentrée, rendant des lieux déjà très fréquentés encore plus surpeuplés qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la nature du site, <strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong> le décrit comme une exploitation artisanale informelle, mais d&rsquo;une taille sans commune mesure avec ce que suggère habituellement ce terme , un mode de gestion qui reste largement informel malgré l&rsquo;ampleur du site. Associé à une forme d&rsquo;illégalité difficile à combattre dès lors qu&rsquo;elle concerne parfois des milliers de personnes : en chasser les exploitants serait mal perçu localement, les populations considérant l&rsquo;or comme une ressource naturelle à laquelle elles ont droit pour subvenir à leurs besoins.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-scaled.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3170" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-1536x1152.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-20-at-15.48.18-2048x1536.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Dr. Samuel Nguiffo</strong>; lors d’un atelier de renforcement des capacités des communautés victimes de crimes environnementaux , le 1ier avril 2026 à Yaoundé</em> ( © CED).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur la sécurité, il précise que, bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une zone frontalière où des forces de sécurité sont déployées de part et d&rsquo;autre, ce dispositif vise avant tout le contrôle des flux de personnes et de biens , beaucoup de travailleurs présents sur le site, souvent issus de villages reculés, n&rsquo;ayant pas de papiers d&rsquo;identité, non par dissimulation mais par manque d&rsquo;accès. Sur l&rsquo;absence de toute infrastructure de soutènement visible sur les vidéos, il explique qu&rsquo;un chantier informel de ce type ne compte aucun responsable chargé d&rsquo;organiser ce genre de mesures : de telles constructions représentent un coût que les artisans miniers indépendants, focalisés sur une extraction rapide avant de quitter les lieux, ne sont pas en mesure d&rsquo;assumer individuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres part, <strong>Dr. Samuel Nguiffo </strong>anticipe sur le fait que: <em> « cet accident va relancer avec une intensité renouvelée le débat engagé depuis le début de l&rsquo;année au Cameroun pour assainir le secteur minier artisanal et semi-mécanisé ;un débat qui, </em>selon lui<em>, devra désormais intégrer plus frontalement la question sécuritaire, aux côtés des efforts déjà amorcés sur la transparence des flux d&rsquo;or à l&rsquo;export et la réduction du travail des enfants sur les sites miniers. »</em> Il exprime l&rsquo;espoir que les décideurs publics, mais aussi les compagnies qui achètent l&rsquo;or produit sur ces sites, en tirent l&rsquo;obligation d&rsquo;investir dans l&rsquo;amélioration des conditions de production,  et que ce drame puisse rester, selon ses mots, le dernier de cette ampleur dans le secteur minier camerouno-centrafricain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette préoccupation n&rsquo;est pas nouvelle pour le CED, qui suit la situation de longue date à Zamboï du côté camerounais et y déploie régulièrement des équipes de terrain, la plus récente mission remontant à juin 2026. C&rsquo;est précisément ce travail de suivi continu, mené plusieurs semaines avant le drame, qui permet aujourd&rsquo;hui de recouper les témoignages recueillis dans l&rsquo;urgence avec une connaissance déjà établie du site et de ses fragilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entretien est disponible ici: <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20260820-eboulement-meutrier-zambo%C3%AF-le-d%C3%A9bat-au-cameroun-pour-assainir-le-secteur-minier-va-reprendre-de-plus-belle?utm_slink=rfi.my%2FCyd9">https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20260820-eboulement-meutrier-zambo%C3%AF-le-d%C3%A9bat-au-cameroun-pour-assainir-le-secteur-minier-va-reprendre-de-plus-belle?utm_slink=rfi.my%2FCyd9</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bassin du Niger : JVE et PIDACC collaborent pour vulgariser le MRI du Fonds Vert Climat</title>
		<link>https://tribuneverte.online/bassin-du-niger-jve-et-pidacc-collaborent-pour-vulgariser-le-mri-du-fonds-vert-climat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 12:26:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[© Emery Ndayizeye]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Depuis que tu parles de MRI et du Fonds vert pour le climat, c&rsquo;est quoi même ? »</strong>  Ainsi s&rsquo;est exprimé un paysan à Winde, dans la commune de Ngong 1, région du Nord au Cameroun.  Et c&rsquo;est sous un arbre que l&rsquo;équipe de Jeunes Volontaires pour l&rsquo;Environnement (JVE Cameroun), en collaboration avec celle du PIDACC/BN-Cameroun, a choisi, du 5 au 6 août 2026, de tenir son atelier d&rsquo;information avec les populations de la commune : un format volontairement dépouillé, à l&rsquo;image du dialogue direct recherché avec les habitants du département de la Bénoué.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la commune rurale de Ngong, les populations vivent au quotidien les effets du changement climatique : sécheresses récurrentes, ensablement des cours d&rsquo;eau, migrations forcées et conflits liés à l&rsquo;accès aux ressources. C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;inscrit le Programme Intégré de Développement et d&rsquo;Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN), financé par le Fonds Vert pour le Climat (FVC) et plusieurs partenaires internationaux. Ngong c&rsquo;est l&rsquo;une des localités bénéficiaires de ce programme régional, qui s&rsquo;étend par ailleurs à huit autres pays du bassin du fleuve Niger.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="626" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-1024x626.png" alt="" class="wp-image-3156" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-1024x626.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-300x183.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748-768x469.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-140748.png 1335w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un extrait de la présentation de <strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses 147 385 habitants, répartis sur 81 villages et 24 quartiers, pour une superficie de 2 788 km², l&rsquo;agriculture occupe 72 % de la population active àNgong, aux côtés de l&rsquo;élevage extensif et de la pêche artisanale. C&rsquo;est l&rsquo;une des communes bénéficiaires du PIDACC, qui vise à renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes du bassin du Niger à travers la gestion durable des ressources naturelles, la lutte contre l&rsquo;ensablement et la mise en place d&rsquo;infrastructures agro-sylvo-pastorales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Lancé en 2019 pour une durée initialement prévue de six ans, le programme est aujourd&rsquo;hui en phase de prolongation, une revue à mi-parcours ayant eu lieu en 2024. Avec un coût global de près de 8,9 milliards de FCFA pour sa composante camerounaise, sa zone d&rsquo;intervention couvre dix communes du Nord, réparties entre le département de la Bénoué (Garoua 1er, 2e et 3e, Lagdo, Bardnaké, Baschéo, Gaschiga, Ngong et Pitoa) et le département du Mayo-Rey (Rey Bouba).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, la composante camerounaise du programme prévoit notamment l&rsquo;aménagement de dix bas-fonds à maîtrise totale de l&rsquo;eau, la réhabilitation de 30 km de périmètres de culture de décrue et l&rsquo;aménagement de 2 000 hectares de périmètres irrigués sur des ouvrages hydro-agricoles. Ce sont précisément ce type d&rsquo;ouvrages: bas-fonds aménagés, périmètres irrigués, dispositifs de maîtrise de l&rsquo;eau ; qui, mal calibrés ou mal concertés avec les riverains, peuvent modifier le régime des cours d&rsquo;eau, provoquer inondations ou ensablement en aval, et endommager des cultures ou des habitats voisins non intégrés au périmètre initial du projet. C&rsquo;est précisément ce type de dommages, imputables aux ouvrages eux-mêmes plutôt qu&rsquo;à leur seule proximité, que les communautés riveraines n&rsquo;ont pas pu faire valoir formellement ; non faute de préjudice, mais faute de connaître le processus de recours qui leur aurait permis de les documenter et de les faire remonter.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des désastres qui échappent au mécanisme censé les traiter</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les investissements du PIDACC/BN et d&rsquo;autres projets financés par le FVC, plusieurs impacts négatifs ont été rapportés localement : destruction de plantations par des aménagements non concertés, inondations et ensablement des cours d&rsquo;eau aggravant la perte de terres cultivables, déplacements forcés de familles rurales vers des zones plus humides, perte de moyens de subsistance liés à l&rsquo;agriculture, à la pêche et à l&rsquo;élevage, ainsi que des risques sanitaires associés à la pollution des eaux et à l&rsquo;utilisation de produits chimiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="587" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-1024x587.png" alt="" class="wp-image-3158" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-1024x587.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-300x172.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944-768x440.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-13-141944.png 1426w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un extrait de la présentation de <strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun de ces cas n&rsquo;a pourtant été enregistré dans le cadre du Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) du Fonds Vert l&rsquo;instrument qui permet précisément aux populations affectées par un projet climatique de déposer une plainte et de faire valoir leurs droits. Les raisons de cette absence sont documentées : un manque de vulgarisation qui laisse le mécanisme méconnu du grand public, des procédures perçues comme trop techniques par les communautés rurales, une quasi-absence de médiateurs ou d&rsquo;organisations locales capables d&rsquo;accompagner une saisine, et une couverture médiatique insuffisante de la part des radios communautaires et des journalistes locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce vide que la mission de JVE Cameroun à Ngong entend combler, en informant les habitants de la commune sur leurs droits et sur l&rsquo;existence de ce mécanisme : condition préalable pour que les désastres climatiques liés aux projets du Fonds Vert puissent, à l&rsquo;avenir, être documentés et traités.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Deux jours de terrain, quatre volets d&rsquo;action</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Conduite par <strong>Mamout Oumarou</strong>, chef de mission, l&rsquo;équipe de JVE Cameroun a multiplié les formats pour toucher tous les publics de la commune :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un passage à la radio communautaire <strong>Derke&rsquo;en FM</strong>, en français puis en fulfulde, en partenariat avec le journaliste Bassirou Dairou ;</li>



<li>Un dialogue communautaire à Winde Ngong 1, réunissant 38 agriculteurs, éleveurs, femmes, jeunes et leaders locaux ;</li>



<li>Une formation de 20 acteurs relais:  journalistes, membres d&rsquo;organisations de la société civile, médiateurs et leaders communautaires ; chargés de démultiplier l&rsquo;information après le départ de l&rsquo;équipe ;</li>



<li>Une première dans le cadre de cette campagne : un sketch pédagogique porté par les <strong>« Ambassadeurs Juniors du MRI »</strong>, composé de huit enfants encadrés par trois animateurs, pour vulgariser le mécanisme auprès du public jeune.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-3154" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1024x683.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n-1536x1024.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/770402272_1563298042507172_1663410314048413427_n.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mamout Oumarou</strong>, s&rsquo;entretenant avec les « Ambassadeurs Juniors du MRI ».(© Emery Ndayizeye)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mission de terrain n&rsquo;a pas été menée en vase clos : elle s&rsquo;est déroulée en collaboration directe avec l&rsquo;équipe du PIDACC/BN-Cameroun, dont deux représentantes ont pris part à l&rsquo;atelier. <strong>Mme Lassomme épouse Moussa</strong>, Responsable Développement Social et Genre et Chargée de la Communication du PIDACC/BN-Cameroun, a accompagné la mission aux côtés de <strong>Mme Ayissi Espe Menye Louise-Agnès Tatiana</strong>, Assistante Suivi-Évaluation. Leur présence traduit une volonté commune de rapprocher les porteurs de projet eux-mêmes des populations censées en bénéficier ; une articulation directe entre le programme qui finance les infrastructures et le mécanisme censé en corriger les effets non désirés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="760" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1024x760.jpeg" alt="" class="wp-image-3155" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1024x760.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-300x223.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-768x570.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52-1536x1140.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-13-at-13.14.52.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Mme Lassomme épse Moussa</strong>, lors de la campagne d&rsquo;information 2026 à Ngong.(© Emery Ndayizeye)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Blondel Silenou</strong>, chef de projet à JVE Cameroun : <em>« Les communautés sont les premières concernées par les projets de développement climatique. Pourtant, elles ignorent souvent qu&rsquo;elles disposent de mécanismes indépendants leur permettant de faire entendre leur voix lorsque leurs droits ou leurs intérêts sont affectés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat dressé par l&rsquo;équipe à l&rsquo;issue de ces deux jours est sans détour : le fossé entre les financements climatiques et les communautés qui en subissent les effets s&rsquo;est révélé plus large qu&rsquo;anticipé. Il ne s&rsquo;agissait pas de sensibilisation au sens classique, mais bien de la construction d&rsquo;un premier accès à l&rsquo;information .</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une gouvernance climatique participative</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La mission de Ngong constitue la deuxième phase d&rsquo;une campagne nationale de vulgarisation portée par JVE Cameroun, financée par le programme IRM CSO Grant 2026. La première phase avait été menée en 2024 à Lagdo et dans les villages environnants, où JVE Cameroun avait déjà initié les populations au fonctionnement du mécanisme IRM et sensibilisé sur leurs droits face aux projets climatiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3157" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-09-at-20.59.05.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Blondel Silenou</strong> (3è à partir de la gauche), lors de la campagne d&rsquo;information de 2024 dans la commune de Lagdo, à la chefferie du village Ouro-Labbo.(© JVE-Cameroun)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de Ngong, cette mission illustre une ambition nationale : installer une culture de la participation citoyenne dans la gouvernance des investissements climatiques. Un financement climatique ne se mesure pas seulement à ses infrastructures ou à ses résultats économiques, mais aussi à sa capacité à respecter les droits des communautés et à leur offrir des voies de recours crédibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les réalisations affichées du PIDACC et le travail de vulgarisation mené par JVE Cameroun, Ngong s&rsquo;impose ainsi comme un laboratoire de la justice climatique au Cameroun, là où la résilience ne se limite pas aux infrastructures, mais se construit aussi par l&rsquo;information, la transparence et la participation des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Hope Innovation Hub lance la 4e édition de sa campagne « Back to School » pour les enfants réfugiés</title>
		<link>https://tribuneverte.online/hope-innovation-hub-lance-la-4e-edition-de-sa-campagne-back-to-school-pour-les-enfants-refugies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 15:45:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3147</guid>

					<description><![CDATA[L&#8217;organisation Hope Innovation Hub (HIH), dirigée par des réfugiés et engagée pour l&#8217;inclusion et l&#8217;autonomisation des communautés réfugiées et hôtes, a annoncé le lancement de la 4e édition de sa&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;organisation <strong>Hope Innovation Hub</strong> (HIH), dirigée par des réfugiés et engagée pour l&rsquo;inclusion et l&rsquo;autonomisation des communautés réfugiées et hôtes, a annoncé le lancement de la 4e édition de sa campagne annuelle <strong>« Back to School »</strong>, le 1ier Août 2026. L&rsquo;initiative vise à permettre aux enfants réfugiés installés à Yaoundé de reprendre le chemin de l&rsquo;école dans la dignité, aux côtés des autres élèves.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;annonce intervient dans un contexte où l&rsquo;accès à l&rsquo;école reste précaire pour une large part des enfants réfugiés au Cameroun. Selon les données les plus récentes du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le taux de scolarisation des enfants réfugiés dans le pays est tombé à 25 % pour l&rsquo;année scolaire 2024-2025, contre 30 % l&rsquo;année précédente — soit plus de 120 000 enfants qui risquent de rester hors du système éducatif. C&rsquo;est précisément ce déficit que des initiatives comme « Back to School » tentent, à leur échelle, de combler.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des besoins concrets, une mobilisation qui dure depuis quatre ans</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque rentrée scolaire, de nombreuses familles réfugiées installées à Yaoundé peinent à couvrir les frais de fournitures et d&rsquo;équipements de base pour leurs enfants. Face à ce constat, Hope Innovation Hub mobilise depuis quatre ans son réseau de partenaires, de donateurs et de bénévoles pour distribuer aux enfants les plus vulnérables :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>des fournitures scolaires (cahiers, stylos, crayons, règles) ;</li>



<li>des ardoises et des craies pour les plus petits ;</li>



<li>des sacs à dos et des chaussures adaptées.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-16.51.26-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="845" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-16.51.26-1-1024x845.jpeg" alt="" class="wp-image-3150" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-16.51.26-1-1024x845.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-16.51.26-1-300x248.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-16.51.26-1-768x634.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-16.51.26-1-1536x1267.jpeg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-16.51.26-1.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les volontaires de Hope Innovation Hub lors de la remise des dons en 2024, dans la commune de Yaoundé 1</em></strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Chaque rentrée scolaire est un rappel que l&rsquo;éducation reste le premier levier d&rsquo;intégration et d&rsquo;avenir pour les enfants réfugiés. Avec Back to School, nous voulons que ces enfants démarrent l&rsquo;année scolaire dans les mêmes conditions que les autres »</em>, a déclaré <strong>Ndayizeye Emery</strong>, directeur exécutif et co-fondateur de Hope Innovation Hub.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La parole des bénéficiaires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les éditions précédentes de la campagne ont déjà changé le quotidien de plusieurs familles réfugiées à Yaoundé. C&rsquo;est le cas de la famille <strong>Gouana</strong>, originaire de <strong>Centrafrique</strong>, dont les enfants ont bénéficié de l&rsquo;accompagnement de Hope Innovation Hub lors des rentrées précédentes.<em> « Cet accompagnement a été d&rsquo;une grande utilité pour nos enfants réfugiés. D&rsquo;abord, il leur a permis de retourner à l&rsquo;école et de suivre les cours normalement — beaucoup avaient arrêté faute de cahiers et de stylos »</em>, témoigne <strong>Belvie Delta Gouana</strong>, présidente du Comité des Réfugiés dans les Communes au Cameroun (CRCC). <em>« Ensuite, ça leur a redonné confiance et dignité : ils ne se sentent plus différents des autres élèves. Ils écrivent, ils participent, ils rêvent à nouveau. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les bénéficiaires directs de cet accompagnement figure notamment <strong>Josué Fotso</strong>, élève centrafricain actuellement en classe de première, qui a pu poursuivre sa scolarité grâce au matériel fourni par la campagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du matériel scolaire, la famille Gouana souligne le soulagement financier apporté aux parents réfugiés, dont beaucoup n&rsquo;ont que très peu de ressources. Elle lance aujourd&rsquo;hui un appel à la poursuite du soutien : «<em> S&rsquo;il vous plaît, ne nous laissez pas en chemin, il y a encore beaucoup d&rsquo;enfants réfugiés qui attendent de vous. Avec votre soutien, on peut faire de cette génération d&rsquo;enfants réfugiés une génération d&rsquo;espoir pour le Cameroun et pour leur pays d&rsquo;origine. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-01-at-16.17.25.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="885" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-01-at-16.17.25-885x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3149" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-01-at-16.17.25-885x1024.jpeg 885w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-01-at-16.17.25-259x300.jpeg 259w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-01-at-16.17.25-768x889.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-01-at-16.17.25.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 885px) 100vw, 885px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Hope Innovation Hub appelle les particuliers, les entreprises et les organisations partenaires à soutenir cette campagne par des dons en nature ou en espèces, rappelant que chaque contribution, quel que soit son montant, a un impact direct sur la vie d&rsquo;un enfant et de sa famille.</p>



<h3 class="wp-block-heading">À propos de Hope Innovation Hub</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Hope Innovation Hub est une organisation non gouvernementale dirigée par des réfugiés, enregistrée à Yaoundé (Reg. No. 00000547/ARDA/J06/A2ALPAS/APPB). À travers ses programmes RefugeSkills, HER LIGHT, Community Innovation Labs et Back to School, l&rsquo;organisation œuvre pour l&rsquo;inclusion numérique, l&rsquo;autonomisation économique des femmes et l&rsquo;accès à l&rsquo;éducation des communautés réfugiées et hôtes au Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Contact presse</strong> Ndayizeye Emery, Directeur Exécutif, Hope Innovation Hub Email : hopehub62@gmail.com Téléphone : +237 695 338 091 / 681 344 644</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tribune: ECODEV dénonce la criminalisation des défenseurs de la nature</title>
		<link>https://tribuneverte.online/tribune-ecodev-denonce-la-criminalisation-des-defenseurs-de-la-nature/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 14:22:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3139</guid>

					<description><![CDATA[Dans le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, protéger la forêt est devenu un acte de bravoure qui expose souvent à la violence. Criminalisation, menaces, intimidations :&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, protéger la forêt est devenu un acte de bravoure qui expose souvent à la violence. Criminalisation, menaces, intimidations : les défenseurs communautaires paient un lourd tribut pour avoir choisi de préserver les écosystèmes. Dans cette tribune, l’organisation <strong>ECODEV</strong> alerte sur les menaces systémiques qui pèsent sur ces sentinelles de l’environnement au Cameroun et en Afrique centrale, et appelle les institutions internationales à placer la sécurité des défenseurs au cœur des politiques de conservation.</em></p>



<h1 class="wp-block-heading">Quand protéger l’environnement devient un combat pour la vie : menaces, résistances et protection des défenseurs communautaires des forêts du Bassin du Congo</h1>



<p class="wp-block-paragraph">La crise environnementale mondiale, marquée par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, a transformé la protection des écosystèmes en un enjeu de survie. En effet, cette lutte pour la planète est de plus en plus synonyme de danger pour ceux qui se trouvent en première ligne : les défenseurs de l’environnement et des forêts. Au Cameroun comme ailleurs, les défenseurs de la nature jouent un rôle crucial dans la préservation des forêts, des rivières et de la biodiversité. Ils alertent sur les dangers liés à l’exploitation illégale des ressources, à la déforestation et à la pollution. Mais leur courage les place souvent dans une situation de vulnérabilité face aux intérêts économiques et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bassin du Congo, deuxième poumon vert mondial, est au cœur de cette dynamique. Cette région, vitale pour la régulation climatique globale, est soumise à d’intenses pressions liées à l’exploitation forestière, minière et agro‑industrielle. Dans ce contexte, la défense des forêts est devenue un acte à haut risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article vise à démontrer que la protection des écosystèmes forestiers est indissociable de la protection des personnes qui les défendent. Il met en lumière les menaces systémiques qui pèsent sur les défenseurs en Afrique centrale, avec un focus particulier sur le Cameroun, et lance un appel documenté aux organisations internationales, notamment Rainforest Foundation UK (RFUK), pour une action urgente et stratégique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="531" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png" alt="" class="wp-image-3140" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9-300x169.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-9-768x434.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cadre conceptuel et juridique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance du rôle crucial des défenseurs de l’environnement s’inscrit dans l’évolution du droit international des droits humains. Le lien entre un environnement sain et l’exercice des droits fondamentaux est désormais établi, notamment par la reconnaissance par l’ONU du droit humain à un environnement propre, sain et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de l’environnement sont ceux qui agissent, individuellement ou collectivement, pour protéger l’environnement et les droits qui y sont liés. Ils sont souvent formés et travaillent sous l’impulsion des organisations de la société civile écologistes. Ce sont généralement des gardiens des forêts détenteurs des savoirs traditionnels essentiels à la conservation. Leur sécurité est intrinsèquement liée à la sécurité humaine et à la justice environnementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réalités de terrain : le cas du Cameroun</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Cameroun, les défenseurs de l’environnement sont pris dans un étau de pressions économiques et politiques. Le pays, riche en ressources naturelles, est le théâtre d’une expansion rapide de l’exploitation forestière, minière et de l’agro‑industrie. Ces activités dépouillent les forêts de leurs ressources au profit d’une poignée dirigeante de connivence avec les exploitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence contre les observateurs communautaires prend des formes multiples et insidieuses :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Criminalisation</strong> : harcèlement judiciaire, accusations fallacieuses, délégitimation.</li>



<li><strong>Menaces physiques et intimidations</strong> : agressions, disparitions, menaces de mort.</li>



<li><strong>Invisibilisation</strong> : les violences subies sont ignorées dans les politiques de conservation classiques.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est frappant : ceux qui s’opposent à la destruction de la forêt pour le bien commun sont traités comme des criminels, tandis que les acteurs de la déforestation illégale jouissent souvent d’une impunité relative.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="472" height="630" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png" alt="" class="wp-image-3141" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png 472w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-10-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 472px) 100vw, 472px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la conservation expose à la mort</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse des rapports de force locaux révèle une collusion entre intérêts économiques puissants (exploitants forestiers, miniers, agro‑industriels) et acteurs étatiques ou traditionnels, au détriment des populations locales. En 2023, au moins <strong>196 défenseurs de l’environnement ont été tués ou portés disparus</strong> dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les menaces ne sont pas seulement physiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Sociales et économiques</strong> : ostracisation, perte d’emploi, exclusion des bénéfices sociaux.</li>



<li><strong>Psychologiques</strong> : harcèlement constant, peur pour la famille, stress chronique.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Témoignages</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>« J’aime mon village et je me suis engagé à travailler pour qu’il se développe. C’est pour cela qu’on travaille à la surveillance forestière. Mais ce n’est pas facile parce qu’on n’a pas de moyen de déplacement sûr. Malgré tout je suis prêt à continuer. »</em></li>



<li><em>« J’ai été présentée à la communauté comme celle qui fournit des informations au chef de poste forestier. Plus tard j’ai été constamment menacée au point où j’ai dû quitter le village. »</em></li>



<li><em>« Beaucoup de jeunes formés à la surveillance forestière se sont convertis en exploitants illégaux. Ils connaissent où les caméras ont été placées et les esquivent. »</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces paroles traduisent la passion et la détermination des observateurs communautaires, mais aussi les risques auxquels ils s’exposent régulièrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le rôle stratégique des organisations internationales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette crise, la protection des défenseurs de l&rsquo;environnement n&rsquo;est pas un simple acte de charité, mais un levier stratégique clé pour la conservation durable. Sans la voix et l&rsquo;action des communautés, la lutte contre la déforestation et le changement climatique est vouée à l&rsquo;échec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organismes internationaux dont la mission est explicitement alignée sur les droits des communautés forestières, la sécurité des défenseurs, la gouvernance forestière et la justice environnementale, jouent un rôle essentiel. Leur soutien peut s&rsquo;articuler autour de plusieurs axes :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Soutien juridique et politique : </strong>Fournir une assistance légale aux défenseurs criminalisés et plaider auprès des instances nationales et internationales pour la reconnaissance et la protection de leur rôle.</li>



<li><strong>Soutien communautaire : </strong>Renforcer les mécanismes de protection communautaire autonomes et les réseaux d&rsquo;alerte précoce.</li>



<li><strong>Soutien technologique : </strong>Utiliser des outils de cartographie, de surveillance&nbsp;et de communication sécurisée pour documenter les abus et renforcer la résilience.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Nous invitons les citoyens, les institutions, les partenaires internationaux à se joindre à notre combat, protéger les protecteurs de l&rsquo;environnement, c&rsquo;est protéger la planète et les générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Recommandations opérationnelles</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="577" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png" alt="" class="wp-image-3143" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-11-161218-300x225.png 300w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un appel à l’action</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La forêt ne survivra pas sans ses défenseurs. Le combat pour l’environnement est avant tout un combat pour la vie, celle des écosystèmes et celle des hommes et des femmes qui les protègent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Protéger l’environnement, c’est d’abord protéger les vies humaines. L’inaction face à la violence contre les défenseurs communautaires est une complicité tacite avec la destruction de la nature. Les organisations internationales ont la responsabilité morale et stratégique de placer la sécurité des défenseurs au centre de leur agenda de conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de la nature sont les sentinelles de notre avenir. Leur sécurité est une condition indispensable pour réussir la transition écologique. Ensemble, agissons pour que leurs voix continuent de résonner et que leur courage inspire le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Références</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Global Witness. </em>Land and Environmental Defenders<em>. [URL: </em><a href="https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/%5d"><em>https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>Forest Declaration Assessment.</em>Évaluation régionale 2022<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL:</em><em> </em><a href="https://forestdeclaration.org/wp-content/uploads/2022/11/2022RegionalAssessment_FR.pdf%5d"><em>https://forestdeclaration.org/wp-content/uploads/2022/11/2022RegionalAssessment_FR.pdf]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Africa Center for Strategic Studies.</em>L&rsquo;impératif de sécurité régionale pour protéger le bassin du Congo<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-le-bassin-du-congo/%5d"><em>https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-</em></a><a href="https://africacenter.org/fr/publication/limperatif-de-securite-regionale-pour-proteger-le-bassin-du-congo/%5d"><em>le-bassin-du-congo/]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>OHCHR.</em>Les experts de l&rsquo;ONU saluent la reconnaissance par&#8230;<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL: </em><a href="https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-international-court-justice-all-states-must%5d"><em>https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-</em></a><a href="https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2025/07/un-experts-welcome-recognition-international-court-justice-all-states-must%5d"><em>international-court-justice-all-states-must]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>UNESCO.</em>Droits humains et justice environnementale<em>.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>[URL:</em><em> </em><a href="https://unesco.delegfrance.org/Droits-humains-et-justice-environnementale%5d"><em>https://unesco.delegfrance.org/Droits-humains-et-justice-environnementale]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Global Witness.</em>How criminalisation harms climate movements and&#8230;.. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/how-states-use-criminalisation-to-target-land-and-environmental-defenders/].">https://globalwitness.org/en/campaigns/land-and-environmental-defenders/how-states-use-criminalisation-to-target-land-and-environmental-defenders/].</a></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Mongabay.</em>Malgré les avertissements, l&rsquo;abattage continue dans la&#8230;. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.mongabay.com/2024/12/malgre-les-avertissements-labattage-continue-dans-la-riche-foret-debo-au-cameroun/].">https://fr.mongabay.com/2024/12/malgre-les-avertissements-labattage-continue-dans-la-riche-foret-debo-au-cameroun/].</a></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Business &amp; Human Rights Resource Centre.</em>Au Cameroun, la croissance de l&rsquo;agro-industrie sème l&rsquo;                          <em>[URL: </em><a href="https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/%5d"><em>https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-</em></a></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/au-cameroun-la-croissance-de-lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/%5d"><em>lagro-industrie-s%C3%A8me-lespoir-et-le-d%C3%A9sespoir-au-sein-des-communaut%C3%A9s/]</em><em>.</em></a><em></em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>IIED.</em>Résoudre les conflits fonciers par le dialogue<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://www.iied.org/sites/default/files/pdfs/2021-01/12611FIIED.pdf%5d"><em>https://www.iied.org/sites/default/files/pdfs/2021-01/12611FIIED.pdf]</em><em>.</em></a></li>



<li><em>Cameroun24.</em>Péril sur la vie des militants pour la défense de la terre&#8230;.. <em>[URL:</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-4-54995.html%5d"><em>https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-</em></a><a href="https://cameroun24.net/actualite-cameroun-Peril_sur_la_vie_des_militants_pour_la_defense_de_-4-4-54995.html%5d"><em>4-54995.html]</em><em>.</em></a><em></em><em>Global Witness.</em>Plus de 2 100 défenseurs des droits fonciers et environnementaux tués à travers le monde entre 2012 et 2023<em>. </em><em>[URL: </em><a href="https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/%5d"><em>https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-</em></a><a href="https://globalwitness.org/fr/press-releases/plus-de-2-100-defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/%5d"><em>defenseurs-des-droits-fonciers-et-environnementaux-tues-a-travers-le-monde-entre-2012-et-2023/]</em></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>ECODEV</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ebodjé : des fumoirs écologiques pour soulager les fumeuses de poisson du Parc Marin</title>
		<link>https://tribuneverte.online/ebodje-des-fumoirs-ecologiques-pour-soulager-les-fumeuses-de-poisson-du-parc-marin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 11:51:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[technology]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3125</guid>

					<description><![CDATA[© BCL]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Le 27 juillet 2026, le village côtier de pêcheurs Ebodjé, situé aux abords du Parc Marin Manyange na Elombo‑Campo, a vibré au rythme des chants et des danses. Les fumeuses de poissons, piliers de la filière pêche locale, ont reçu deux fumoirs améliorés offerts par l’organisation locale Biodiversity Conservation for Life (BCL), grâce à une subvention du Global Green Grant Fund UK.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ebodjé, dans le département de l&rsquo;Océan , région du Sud Cameroun, ce  27 juillet 2026<strong>.</strong> C&rsquo;était la liesse chez les fumeuses de poisson du village de pêcheurs d&rsquo;Ebodjé, riverain du parc national marin Manyange na Elombo-Campo. L&rsquo;organisation locale Biodiversity Conservation for Life (BCL) leur a remis deux fumoirs écologiques destinés à faciliter et sécuriser leur activité de transformation du poisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de cibler les fumeuses de poisson n&rsquo;est pas anodin. Dans la filière pêche, ces femmes jouent un rôle central dans la transformation et la commercialisation des produits, assurant le lien entre la capture et le marché. Pourtant, leur travail reste largement invisible dans les statistiques officielles de la pêche, qui se concentrent le plus souvent sur les volumes débarqués par les pêcheurs plutôt que sur la valeur ajoutée créée en aval par les transformatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux fumoirs ont été construits grâce à une subvention du Global Greengrants Fund UK, une fondation qui octroie de petites subventions comprises généralement entre 500 et 10 000 dollars; à des initiatives environnementales communautaires à travers le monde. Depuis sa création en 1993, ce fonds a soutenu plus de 14 000 projets dans 168 pays, avec une attention particulière portée aux communautés directement engagées dans la protection de leur environnement, comme c&rsquo;est le cas à Ebodjé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi le fumoir traditionnel pose problème</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le fumage du poisson sur foyer ouvert, tel qu&rsquo;il est pratiqué traditionnellement le long du littoral camerounais, expose les fumeuses à une fumée chargée en hydrocarbures aromatiques polycycliques, en dioxines et en monoxyde de carbone — des substances associées à des irritations oculaires, des troubles respiratoires et, à long terme, à des risques cancérigènes. Il exige aussi une quantité considérable de bois : dans la zone Kribi-Campo, le fumage représenterait à lui seul environ 60 % de l&rsquo;ensemble des usages du bois de feu par les communautés de pêcheurs, une pression qui pèse directement sur les mangroves du littoral — des écosystèmes déjà fragilisés par l&rsquo;érosion côtière et pourtant essentiels à la biodiversité aquatique et à la reproduction de nombreuses espèces marines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>M. Sambou Mamballa Patrick</strong>, Conservateur du Parc Marin Manyangue na Elombo Campo : <em>« les communautés attendent les bénéfices économiques dans la conservation, et c&rsquo;est le cas avec ce projet. Deux fumoirs ça semble anodin, mais dans les faits, ça va faciliter le travail à des dizaines de ménages dans ce secteur d&rsquo;activité».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des expérimentations menées ailleurs sur la côte camerounaise, notamment à Manoka avec l&rsquo;Association des femmes fumeuses (AFUMA) en collaboration avec l&rsquo;Université de Douala, ont montré que des fumoirs améliorés,  construits en briques de terre ou en métal et laine de verre , permettent de réduire la consommation de bois de 33 % à 50 % par rapport au fumoir traditionnel, tout en réduisant le temps de fumage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une triple retombée attendue</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maman Olga Djao</strong>, fumeuse de poissons : <em>« Avec ces nouveaux fumoirs, nous respirons mieux et le poisson se conserve plus longtemps</em> ». Selon BCL, les fumoirs remis à Ebodjé devraient produire trois catégories de bénéfices :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Sur la santé des fumeuses</strong>, en réduisant leur exposition directe à la fumée et à la chaleur du foyer ouvert ;</li>



<li><strong>Sur l&rsquo;environnement</strong>, en réduisant la consommation de bois de chauffe , donc la pression sur les mangroves et les forêts riveraines . Et par conséquent les émissions de gaz à effet de serre associées, ce qui inscrit l&rsquo;initiative dans une logique de lutte contre le changement climatique ;</li>



<li><strong>Sur les revenus</strong>, un fumage mieux maîtrisé et plus homogène améliorant la qualité et la durée de conservation du poisson fumé, ce qui se traduit par une plus-value sur les marchés et, à terme, de meilleurs revenus pour les fumeuses.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Un modèle éprouvé, adapté au contexte local</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les fumoirs remis à Ebodjé sont des fumoirs écologiques améliorés de type Chorkor, une technologie adaptée localement. Développé initialement au Ghana, le fumoir Chorkor est l&rsquo;un des modèles de référence en Afrique de l&rsquo;Ouest et centrale pour la transformation du poisson à moindre impact : sa conception en claies superposées permet de fumer une plus grande quantité de poisson avec moins de bois et en un temps réduit par rapport au foyer ouvert traditionnel, tout en limitant l&rsquo;exposition directe des fumeuses à la fumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux fumoirs ont été construits grâce à une subvention de 10 000 dollars du Global Greengrants Fund UK. Ce montant a permis d&rsquo;identifier 75 fumeuses directement bénéficiaires à Ebodjé, qui pourront désormais mutualiser l&rsquo;usage des deux infrastructures pour leur activité de transformation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3127" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-11-at-12.40.20.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Fumoir fabriqué par BCL à Ebodje.© BCL</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des sites de construction a été fait en concertation avec l&rsquo;autorité villageoise : c&rsquo;est <strong>M</strong>.<strong>Ndjokou Djongo</strong>, chef du village d&rsquo;Ebodjé, qui a désigné les emplacements retenus, dans les quartiers Ngata et Manga Madjao. L&rsquo;initiative a par ailleurs été mise en œuvre en partenariat avec le service de la conservation du Parc Marin Manyangue na Elombo Campo, ce qui inscrit ce don dans une démarche coordonnée avec la gestion officielle de l&rsquo;aire protégée, plutôt que comme une action isolée de la seule ONG.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément dans cette logique que s&rsquo;inscrit le don de fumoirs écologiques par BCL : soutenir une activité économique essentielle pour les communautés du parc, sans reproduire la pression sur les ressources ligneuses que ce même parc cherche à protéger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Cameroun et la Guinée Equatoriale unis pour préserver l’un des écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale</title>
		<link>https://tribuneverte.online/le-cameroun-et-la-guinee-equatoriale-unis-pour-preserver-lun-des-ecosystemes-marins-les-plus-riches-dafrique-centrale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Aug 2026 05:19:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Au bord des rives du fleuve Ntem, où se trouve une étroite voie d’eau qui sépare le Cameroun de la Guinée équatoriale, il est difficile de distinguer où s’achève un&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>Entre Campo au Cameroun et Río Campo en Guinée équatoriale, les vagues ignorent les visas et les tortues marines ne connaissent pas les frontières. C’est dans cet esprit qu’a été lancé <strong>Pro‑CAMPO</strong>, un projet transfrontalier de quatre ans financé par l’Union européenne et porté par l’AMCO, le WWF, Tube Awu et ANDEGE. Son ambition : protéger l’un des écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale, renforcer la résilience des communautés locales et transformer la coopération régionale en moteur de conservation et de développement durable.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Environ 150 000 personnes vivent dans le département de l’Océan au Cameroun, dont près de 7 000 habitants à Campo, directement concernés par le projet Pro‑CAMPO. Du côté équato‑guinéen, Río Campo compte environ 1 100 habitants, auxquels s’ajoutent les villages voisins comme Ilende, Eyabe ou Campa‑Beach. Ces communautés côtières sont au cœur du projet, car elles dépendent directement des ressources halieutiques et des écosystèmes marins partagés.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au bord des rives du fleuve Ntem, où se trouve une étroite voie d’eau qui sépare le Cameroun de la Guinée équatoriale, il est difficile de distinguer où s’achève un pays et où commence l’autre. Les tortues marines viennent pondre sur les plages des deux côtés de la frontière. Dauphins, baleines et requins sillonnent librement des eaux que seules frontières dessinées sur une carte viennent delimiter.<br><em>« Les vagues ne demandent pas de visa et les espèces marines ne reconnaissent pas les frontières »</em>, a déclaré le <strong>Dr Aristide Takoukam Kamla</strong>, Président-Fondateur de l’African Marine Conservation Organisation (AMCO), à l’occasion du lancement d’une nouvelle initiative de conservation transfrontalière à Río Campo.<br>Ces mots résument parfaitement l’esprit du Projet d’appui à la conservation marine participative et à l’adaptation des océans (Pro-CAMPO), un projet de quatre ans financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’AMCO, le World Wide Fund for Nature (WWF), TUBE AWU et l’Asociación Nacional para la Defensa y Gestión del Medio Ambiente (ANDEGE).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="916" height="315" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png" alt="" class="wp-image-3115" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image.png 916w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-300x103.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-768x264.png 768w" sizes="auto, (max-width: 916px) 100vw, 916px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cartes du parc national marin de Manyange na Elombo-Campo au Cameroun et du parc national du Río Campo en Guinée équatoriale, respectivement</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet a été officiellement lancé le 8 juin 2026 à Campo, au Cameroun, avant de traverser le fleuve Ntem pour une seconde cérémonie de lancement tenue le 10 juin à Río Campo, en Guinée équatoriale. Son objectif est d’établir les bases de la conservation à long terme du capital naturel et de la biodiversité du paysage marin et côtier de Campo, à travers le renforcement de la gouvernance et de la gestion du Parc national marin Manyange na Elombo-Campo au Cameroun et du Parc national de Río Campo en Guinée équatoriale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des quatre prochaines années, le projet entend également approfondir la coopération transfrontalière, renforcer la résilience des communautés locales et autochtones, et consolider les capacités des institutions chargées de la conservation de ces aires protégées.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="627" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png" alt="" class="wp-image-3116" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1-300x200.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-1-768x512.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les parties prenantes lors de la cérémonie de lancement au Cameroun. Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Dr Takoukam, Pro-CAMPO va toutefois bien au-delà de la simple gestion des aires protégées. Il s’agit avant tout de transformer la manière dont les pays voisins envisagent la conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pro-CAMPO n’existe pas pour tracer de nouvelles frontières, mais pour effacer celles qui nous séparent de l’océan que nous partageons. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision repose sur une réalité fondamentale : si les êtres humains peuvent délimiter des frontières, les écosystèmes, eux, n’en connaissent aucune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage que le projet entend protéger figure parmi les écosystèmes marins les plus riches d’Afrique centrale. Il abrite cinq des huit espèces mondiales de tortues marines, des lamantins d’Afrique, des dauphins à bosse de l’Atlantique, des baleines à bosse ainsi qu’une quarantaine d’espèces de requins et de raies. Ses mangroves, estuaires, plages de ponte et herbiers marins constituent des habitats essentiels pour la faune, tout en assurant les moyens de subsistance de milliers de personnes qui dépendent de la pêche et des ressources côtières.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="607" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png" alt="" class="wp-image-3117" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2-300x194.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-2-768x496.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le paysage de Campo abrite le dauphin à bosse de l’Atlantique, une espèce en danger critique d’extinction devenue légalement protégée au Cameroun il y a quelques années. Crédit photo : AMCO</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet écosystème partagé subit cependant des pressions croissantes. La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), la dégradation des mangroves, la pollution, l’urbanisation côtière non durable et les effets du changement climatique menacent aussi bien la biodiversité que les communautés qui en dépendent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Union européenne, ces défis justifient pleinement un investissement dans un projet qui associe conservation de la nature et développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La protection des océans est une priorité pour l’Union européenne, car ces océans sont au cœur de la résilience climatique, de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance de millions de personnes »</em>, a déclaré <strong>Raymond Lataste</strong>, représentant de l’Union européenne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x771.png" alt="" class="wp-image-3121" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x771.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-300x226.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-768x578.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1536x1157.png 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-6.png 2040w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Raymond Lataste</strong>. Crédit photo: Tube Awu</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de sa stratégie Global Gateway, a-t-il expliqué, l’Union européenne soutient un développement économique durable tout en favorisant la protection de l’environnement. Cette approche permet aux communautés côtières de bénéficier d’écosystèmes plus sains tout en développant des sources de revenus alternatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je vends du poisson depuis près de cinquante ans »</em>, raconte <strong>Ursula Molende Matomba</strong>, âgée de 67 ans, présente au lancement à Río Campo<em>. « Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de trouver du poisson. Bien souvent, les pêcheurs reviennent avec leurs pirogues vides. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Epengo Mbipite</strong>, président d’une association de pêcheurs artisanaux au Cameroun, est aussi confronté au déclin progressif des ressources halieutiques. Mais la baisse des captures n’est pas sa seule préoccupation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il arrive que des chalutiers industriels détruisent nos filets, alors même que nous ne pêchons pas dans leurs zones de pêche autorisées. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1024x771.png" alt="" class="wp-image-3122" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1024x771.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-300x226.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-768x578.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7-1536x1157.png 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-7.png 2040w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Ndounteng Ndjamo Rodric Xavier</strong>( à gauche). Crédit photo: Tube Awu</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Ndounteng Ndjamo Rodric Xavier</strong>, coordonnateur de l’organisation partenaire TUBE AWU, Pro-CAMPO représente un véritable espoir pour des personnes comme Ursula et Mbipite. Forte de plusieurs années d’intervention autour du Parc national marin Manyange na Elombo-Campo, l’organisation accompagne déjà les communautés dans l’amélioration de leurs moyens de subsistance tout en promouvant la conservation marine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="466" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png" alt="" class="wp-image-3118" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png 940w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3-300x149.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-3-768x381.png 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La pêche constitue la principale source de revenus de ces communautés, mais la diminution des prises menace leur avenir. Le projet favorisera le développement d’activités génératrices de revenus alternatives tout en permettant la reconstitution des stocks halieutiques.Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<p class="wp-block-paragraph">La philosophie du projet a également été reprise par les autorités des deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Représentant le Ministre camerounais des Forêts et de la Faune lors du lancement à Campo, le <strong>Dr Saleh Adam</strong> a souligné que cette initiative est avant tout centrée sur les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ce que nous recherchons pour nos deux pays, c’est avant tout l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Il ne s’agit plus de faire de la conservation pour la conservation, mais d’une conservation au service de l’humanité. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">De l’autre côté de la frontière, <strong>Domingo Mbomio Ngomo</strong>, Président d’ANDEGE, a exprimé une vision similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous ne faisons pas de la conservation pour la seule conservation. Nous la faisons pour le bien-être des populations. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a souligné que, le développement d’activités génératrices de revenus contribuerait à réduire la pression exercée sur les écosystèmes marins tout en améliorant les conditions de vie des communautés côtières, un objectif central du projet Pro-CAMPO.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="442" height="306" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png" alt="" class="wp-image-3119" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png 442w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-4-300x208.png 300w" sizes="auto, (max-width: 442px) 100vw, 442px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les communautés locales des deux pays sont au cœur du projet. Crédit photo : Shuimo Trust Dohyee</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="462" height="308" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png" alt="" class="wp-image-3120" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png 462w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/08/image-5-300x200.png 300w" sizes="auto, (max-width: 462px) 100vw, 462px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ministre délégué chargé des Forêts et de l&rsquo;Environnement de la Guinée équatoriale, <strong>Diosdado Obiang Mbomio,</strong> qui présidait la cérémonie de lancement à Río Campo, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de la mise en œuvre réussie du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pro-CAMPO s’appuie également sur plusieurs décennies d’expérience en matière de conservation en Afrique centrale. Le WWF, qui accompagne depuis longtemps différentes initiatives d’aires protégées transfrontalières dans la région, estime que la coopération entre pays voisins n’est plus une option mais une nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La conservation ne peut être menée efficacement de manière isolée, car la nature ne reconnaît pas les frontières »</em>, a déclaré <strong>Alain Bernard Ononino</strong>, Directeur national du WWF Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rappelle que les animaux constituent la meilleure illustration de cette réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les populations animales, qu’elles soient terrestres ou aquatiques, ne connaissent pas les frontières. Elles n’ont pas de passeport et n’ont pas besoin de visa. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, a-t-il ajouté, protéger la nature implique aussi de préserver les droits et de valoriser les connaissances des peuples autochtones et des communautés locales, dont le savoir traditionnel jouera un rôle déterminant dans la réussite du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Guinée équatoriale, Pro-CAMPO représente également une occasion de renforcer les capacités nationales en matière de conservation marine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C’est la première fois que nous assurons la gestion d’une aire marine protégée, et nous souhaitons mettre à profit des enseignements  tires de Pro-CAMPO dans l’ensemble des aires marines protégées de Guinée équatoriale »</em>, a déclaré <strong>Fidel Esono Mba Eyono</strong>, Directeur général de Instituto Nacional de Desarrollo Forestal y Manejo del Sistema de Areas Protegegidas de Guinea Ecuatorial (INDEFOR-AP), en référence au Parc national de Río Campo, créé récemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a insisté sur le fait que la conservation doit créer des opportunités plutôt que des contraintes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La création d’une aire protégée ne signifie pas empêcher les populations d’améliorer leurs conditions de vie. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les communiqués officiels publiés à l’issue des cérémonies de lancement dans les deux pays reflètent ces priorités. Ils appellent à renforcer la sensibilisation des communautés, à intensifier la communication autour du parc marin et du projet, ainsi qu’à mieux expliquer les bénéfices que les communautés riveraines tireront des interventions de Pro-CAMPO.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des quatre prochaines années, le succès de Pro-CAMPO ne dépendra pas uniquement de mangroves en meilleure santé, de la reconstitution des stocks de poissons ou à une meilleure gestion des aires marines protégées. Il reposera également sur un facteur moins tangible, mais tout aussi essentiel : la capacité de deux pays, de leurs institutions et de leurs populations à unir leurs efforts pour protéger un océan qui, lui, n’a jamais reconnu la frontière qui les sépare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Shuimo Trust Dohyee</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mobilité pastorale et contamination au Mercure dans le corridor de transhumance : Cameroun–RCA–Tchad</title>
		<link>https://tribuneverte.online/mobilite-pastorale-et-contamination-au-mercure-dans-le-corridor-de-transhumance-cameroun-rca-tchad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 19:41:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[pandemic]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://tribuneverte.online/?p=3030</guid>

					<description><![CDATA[©2026 &#124; Giovanny Engamba &#124; Centre pour l’Environnement et le Développement
(CED)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list">
<li><em>Tout est parti d&rsquo;une enquête sur l’or à Zamboï, en effet, l’édition n°241 du 30 mai 2026, du journal The Continent révèle que le Cameroun est divisé par un trafic d’or clandestin, avec plus de 15 tonnes exportées en 2023 malgré de faibles statistiques officielles. Ce numéro a mis en lumière les flux financiers illicites liés à l’exploitation minière. Les disparités dans les données officielles, les drames sociaux comme l’abandon scolaire des enfants happés par les sites miniers, et l’absence de bonne conduite dans l’utilisation du mercure. Ce travail a été approfondi par la rédaction de Data Cameroon avec l’article : <a href="https://datacameroon.com/trafic-plus-de-57-000-kg-dor-frauduleusement-disparus-du-cameroun-en-11-ans/">« Trafic : plus de 57 000 kg d’or frauduleusement disparus du Cameroun en 11 ans »</a>.</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Ces enquêtes ont montré que le problème ne se limite pas qu&rsquo;au désastre écologique, ni au non respect des Droits des mineurs ou des riverains actifs sur les sites contaminés. Sur le terrain, nous avons observé que les troupeaux de transhumance, en quête d’eau et de pâturages, s’abreuvent dans ces points d’eau saturés de mercure et de cyanure. Ils poursuivent ensuite leur route dans le corridor de transhumance  de trois pays ( Cameroun, Tchad, Centrafrique) , traversant Betaré‑Oya et Garoua‑Boulaï, avant d’être regroupés dans les marchés à bétail de Ngaoundéré. De là, la viande est acheminée vers Yaoundé, et d&rsquo;autres grandes villes du pays, où elle est abattue et distribuée dans les marchés populaires et les restaurants.</em> <em>Cette viande contaminée est également exportée dans les bagages des voyageurs en partance pour la diaspora, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une situation locale devient un gros risque sanitaire pour le reste du monde.</em></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui ne s’est jamais laissé émoustiller les papilles gustatives par le parfum envoûtant du soya grillé dans les carrefours de Yaoundé&nbsp;? les brochettes de viande fumantes partagées entre amis, ou encore les plats raffinés servis dans les grands restaurants, ou dans les ménages&nbsp;? Derrière ces moments de convivialité se cache une réalité inquiétante : la viande que nous dégustons provient en grande partie du corridor de transhumance de l’Est Cameroun, un itinéraire où les troupeaux traversent des zones minières saturées de mercure et de cyanure. Ce qui semble être un simple plaisir culinaire devient, à notre insu, un vecteur de contamination qui dépasse largement les éleveurs et les riverains des sites miniers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilité pastorale pourtant présentée comme une solution durable face aux crises environnementales et climatiques, permet aux éleveurs de s’adapter aux variations saisonnières et de préserver la biodiversité. Cependant, dans le corridor Cameroun–RCA–Tchad, cette mobilité se déroule désormais dans un environnement minier saturé de mercure et de cyanure, transformant une pratique ancestrale en vecteur de contamination sanitaire et écologique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th.webp"><img loading="lazy" decoding="async" width="474" height="326" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th.webp" alt="" class="wp-image-3094" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th.webp 474w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/th-300x206.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 474px) 100vw, 474px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Source: <a href="https://www.gavroche-rca.com">https://www.gavroche-rca.com</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet article, nous allons partager les résultats de plusieurs rapports d’études menées par le CED dans la zone, ainsi que les constatations des médecins, cliniciens et vétérinaires, &nbsp;à la suite des prélèvements effectués dans les eaux de surface&nbsp;; ensuite essayer d’établir les responsabilités des administrations de tutelle, des bergers et des artisans miniers. Tout en mettant en évidence les impacts sanitaires et environnementaux, avant de formuler des recommandations pour encadrer cette mobilité et protéger les communautés ainsi que les consommateurs urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’eau et l’or&nbsp;: des ressources naturelles dont l’exploitation interroge</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’exploitation aurifère artisanale et semi-mécanisée dans l’Est Cameroun, notamment à Batouri et Betaré-Oya, constitue une source de revenus vitale pour les populations locales. Les données du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) à la suite d’une étude réalisée en 2019 montrent que <strong>94,3 % des femmes de Batouri travaillent dans la mine</strong>, ce qui illustre la dépendance économique des communautés à cette activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières analyses réalisées par <strong>Mambou et al. (2021)</strong> à Batouri et par <strong>Rakotondrabe et al. (2018)</strong> à Betaré-Oya ont montré que les paramètres physicochimiques des eaux (pH, conductivité, TDS, ions majeurs) sont fortement dénaturés. Les concentrations en fer, manganèse, plomb et cadmium dépassent largement les normes de l’OMS. La rivière Kadey, qui se jette dans la Sangha puis dans le Congo, illustre l’ampleur transfrontalière de cette contamination fluviale.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1020" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001.jpg" alt="" class="wp-image-3097" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001.jpg 1020w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/1001668001-768x578.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1020px) 100vw, 1020px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Jeune fille de 18 ans sur le site minier de Zamboï, manipulant le mercure pour extraire de l&rsquo;or. ( ©Ange Atala/ lors d&rsquo;une mission avec le CED).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, selon le <strong>Code minier de 2016 (article 4),</strong> l’usage de produits chimiques est strictement proscrit. Dans la pratique, le traitement des gisements alluvionnaires nécessite l’utilisation de produits comme le mercure pour séparer les impuretés, ce qui entraîne une pollution directe des eaux. L&rsquo;eau étant la principale ressource utilisée pour l&rsquo;extraction des minerais, dans les mines artisanales, elle intervient dans toutes les étapes du processus. Dans les mines d’or en Afrique, l’eau est utilisée à toutes les étapes : elle sert au concassage et au lavage du minerai, au transport des boues, à la séparation des minéraux par flottation, à la réduction de la poussière sur les sites, et au traitement des eaux usées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces usages intensifs en font une ressource stratégique mais aussi une source majeure de pollution lorsqu’elle est chargée de produits chimiques comme le mercure ou le cyanure. Dans la pratique, le traitement des gisements alluvionnaires nécessite l’utilisation du mercure pour libérer les impuretés (Noedje et Massoh, 2018). Cette contradiction entre la loi et les pratiques expose directement les ressources hydriques. Selon le <strong>Dr Cyrille Narké</strong> (chercheur au CED)&nbsp;: <em>« la faune est la première victime, mais la flore, notamment les territoires de culture de maïs, est également détruite. Flore qui constitue la source d&rsquo;alimentation des animaux en transhumance&nbsp;»</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La SODEPA&nbsp;: un acteur de terrain pour l’encadrement de la filière bovine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène de contamination a pris de l’ampleur, au point où des bergers Mbororo se sont plaints d’avoir perdu entre 50% et 75% de leur cheptel au courant des années. <strong>M. Musa Usman , </strong>vice président de l’Association Sociale, Culturelle et de Développement des Mbororo (MBOSCUDA) nous a rapporté : <em>« les bergers sont contraints de liquider les bêtes qui présentent des anomalies en cours de transhumance, à vil prix (70 000Fcfa). Pourtant, à Yaoundé, un bœuf sur pied se vend généralement entre 300 000 et 600 000 FCFA, avec des hausses pouvant atteindre 800 000 FCFA et plus lors des grandes fêtes comme la Tabaski».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mme V.N</strong> est Médecin vétérinaire, elle confirme les risques encourus par les animaux&nbsp;: <em>« chez le bétail, la bioaccumulation du mercure entraîne une diminution de la production laitière, les femelles incapables de nourrir convenablement leurs petits, l’on constate des troubles de croissance chez ces derniers, et une baisse de la fertilité chez les mâles, fragilisant directement la reproduction dans la  filière bovine ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La SODEPA (Société de Développement et d’Exploitation des Productions Animales), créée en 1974, avait pour mission de moderniser et encadrer la filière bovine au Cameroun. Dans les années 1980, elle a connu une phase d’expansion avec la mise en place de grands ranchs à Ngaoundéré, Ndokayo et Dumbo, assurant la productivité bovine, la vaccination des troupeaux et la traçabilité de la viande destinée aux marchés urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette société s’est imposée comme un acteur pivot de la sécurité alimentaire nationale, en assurant la productivité des troupeaux, la vaccination et le contrôle vétérinaire, tout en structurant les circuits de commercialisation du bétail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rôles principaux de la SODEPA:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Encadrement des éleveurs</strong> : organisation des parcours de transhumance, suivi sanitaire des troupeaux, vaccination et contrôle vétérinaire.</li>



<li><strong>Gestion des ranchs</strong> : exploitation de grands ranchs d’élevage pour améliorer la productivité bovine.</li>



<li><strong>Traçabilité de la viande</strong> : contrôle des circuits de commercialisation, abattage dans des zones réglementées, certification sanitaire.</li>



<li><strong>Appui logistique</strong> : mise à disposition de parcs de vaccination, forages pastoraux, marchés à bétail et zones d’abattage.</li>



<li><strong>Sécurité alimentaire</strong> : garantir une viande de qualité pour les consommateurs urbains et réduire les risques de contamination.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dès les années 1990, la société a traversé une crise financière et institutionnelle, réduisant ses activités et laissant place à l’informel. Les tentatives de réorganisation dans les années 2000 n’ont pas suffi à restaurer son efficacité, et à partir de 2020, le déclin s’est accéléré avec la cessation progressive des activités dans certaines zones, notamment dans l’Est. Cet affaiblissement institutionnel a eu des conséquences directes : expansion incontrôlée de la transhumance, exposition accrue des troupeaux aux zones minières contaminées par le mercure et le cyanure, et mise sur le marché d’une viande sans réel contrôle sanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun cadre de la SODEPA n’a souhaité répondre à nos questions, une visite de quelques abattoirs s’est imposée. Toutefois, un boucher qui a souhaité témoigner dans l’anonymat a révélé que les bêtes qui parviennent à leur niveau, sont d’abord regroupés et identifiés, puis soumis à un contrôle vétérinaire qui vérifie leur état sanitaire et leur conformité aux normes de sécurité alimentaire. Ensuite, ils passent par des parcs de repos et de vaccination, où l’on s’assure qu’ils ne présentent pas de maladies transmissibles. Ce n’est qu’après ces étapes de surveillance sanitaire et de certification que les animaux sont conduits vers la chaîne d’abattage, dans des conditions réglementées visant à réduire le stress et à préserver la qualité de la viande.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Mercure toujours susceptible d’être présent dans le bétail</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il soit établi que le bétail est scruté sur les aspects biologiques, notre préoccupation demeure sur les risques de traces de Mercure et de cyanure, dans la viande. Interrogés au courant de cette enquête, les cadres du MINEPIA (Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales) nous révèlent : <em>«&nbsp;le MINEPIA n&rsquo;a pas encore mis en place un dispositif spécifique contre la contamination au Mercure dans la viande, mais il agit par des programmes de contrôle sanitaire des cheptels, de lutte contre les zoonoses et de surveillance épidémiologique&nbsp;».</em> Ces mesures visent à renforcer la traçabilité et la salubrité des produits d’origine animale, même si leur application reste limitée face à l’absence d’une technologie capable de déceler des traces de métaux lourds dans le bétail contrôlé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est utile de préciser que le MINEPIA tente de répondre à ce phénomène par des programmes de contrôle sanitaire et de gouvernance en cours, mais ses actions restent limitées face à la contamination au Mercure. À travers le Programme 331, le ministère organise des campagnes de vaccination et de lutte contre les zoonoses, afin de protéger les cheptels et garantir une meilleure couverture sanitaire. Ces efforts incluent la surveillance épidémiologique et la formation des éleveurs aux bonnes pratiques, mais ils ne prennent pas encore en compte la pollution chimique issue des sites miniers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du Programme 330, le MINEPIA cherche à développer les productions animales et à améliorer la qualité des produits carnés. Des partenariats internationaux ont été noués pour renforcer les capacités techniques et institutionnelles, notamment avec le Maroc et Israël. Cependant, la traçabilité de la viande reste fragile depuis le déclin de la SODEPA, et les marchés urbains ne bénéficient pas d’un contrôle systématique des résidus chimiques. La viande contaminée continue donc de circuler sans filtre sanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, cette lutte n&rsquo;est pas du seul ressort du MINEPIA;  la contamination au mercure exige une synergie intersectorielle avec le Ministère des Mines, des Industries et du Développement Technologique (MINMIDT)&nbsp;; celui de l’Environnement, du Développement Durable et de la Protection de la Nature (MINEPDED)&nbsp;; et celui de la Santé (MINSANTE). Sans cette coordination, les mesures actuelles du MINEPIA ne suffisent pas à protéger les populations urbaines de Yaoundé contre les risques invisibles liés à la viande contaminée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mobilité humaine et pastorale : une solution à mettre à l’échelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On l’a donc compris, la viande issue du corridor de transhumance qui passe par l’Est Cameroun suit un itinéraire bien établi qui la conduit jusqu’aux marchés de Yaoundé. Les troupeaux traversent les zones minières de Betaré‑Oya et Garoua‑Boulaï, puis rejoignent les marchés à bétail et les abattoirs urbains. Ces circuits sont les principaux points de transit identifiés par l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations), avec plus de 141 passages pastoraux recensés, dont 96 localités de transhumance et plusieurs marchés à bétail. Cette mobilité pastorale se déroule désormais sans contrôle sanitaire strict, exposant les animaux aux points d’eau contaminés.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="297" height="421" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768.jpg" alt="" class="wp-image-3093" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768.jpg 297w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/637482070540602768-212x300.jpg 212w" sizes="auto, (max-width: 297px) 100vw, 297px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Source: <a href="https://dtm.iom.int/reports/cameroun-%E2%80%94-tableau-de-bord-du-suivi-des-mouvements-de-transhumance-3-octobre-2020">https://dtm.iom.int/reports/cameroun-%E2%80%94-tableau-de-bord-du-suivi-des-mouvements-de-transhumance-3-octobre-2020</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène illustre une crise systémique: la contamination ne reste pas cantonnée aux zones rurales, mais se propage jusqu’aux assiettes des citadins de Yaoundé. Comme l’a montré le <strong>Dr. Marie Njoya</strong> dans ses travaux sur les conflits agropastoraux, la compétition pour l’accès aux ressources hydriques et foncières entraîne déjà des tensions locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr. Marie Mvu Njoya dans sa thèse sur les conflits agropastoraux :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les registres des tribunaux et des chefferies révèlent une recrudescence des plaintes liées à la contamination des points d’eau et à la destruction des cultures. »</em> Ces constats, appliqués au corridor, montrent que la contamination ne s’arrête pas aux zones rurales mais se propage jusqu’aux instances juridictionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le double enjeu stratégique de la mobilité pastorale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène prend une dimension géostratégique, sanitaire et économique : la viande contaminée devient un vecteur invisible d’insécurité alimentaire. Les initiatives telle que le lancement de l’Année Internationale des Parcours et des Pasteurs (IYRP 2026) et la campagne « Mobility Matters » à Garoua en juin 2026, ont mis en lumière l’importance stratégique du pastoralisme pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. Mais derrière les discours sur la mobilité et la résilience des éleveurs transhumants, une menace silencieuse s’impose : la contamination des eaux par le mercure dans les corridors de transhumance reliant le Cameroun et deux pays transfrontaliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête récente, à la suite du prélèvement des eaux en juin 2026, réalisée par les chercheurs du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) révèle que plus de 51,9 % des orpailleurs dans les sites de Gounte et Kambélé utilisent du mercure pour l’extraction de l’or. Près de 65 % ne prennent aucune précaution, et plus de 61 % ignorent les risques sanitaires. Ces pratiques entraînent une pollution directe des rivières et mares, qui servent de points d’abreuvement pour les troupeaux transhumants. Le corridor pastoral, censé être un espace vital pour la mobilité des éleveurs, devient ainsi un vecteur de contamination.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-1024x1024.png" alt="" class="wp-image-3091" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-1024x1024.png 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-300x300.png 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-150x150.png 150w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8-768x768.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/07/ba099568-d3b4-4bba-bd80-7a650db8b5f8.png 1254w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Données de la mission du CED sur le terrain, en juin 2026.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mercure s’accumule dans les tissus des animaux – foie, reins, muscles – sans provoquer immédiatement de signes visibles. Les conséquences sont graves : baisse de fertilité, troubles neurologiques, retard de croissance et diminution de la production laitière. À long terme, la viande et le lait issus de ces troupeaux contaminés peuvent représenter un danger pour les consommateurs, fragilisant la sécurité alimentaire sous-régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les chiffres de l’étude du CED en juin 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêtes menées auprès des orpailleurs dans les sites de <strong>Gounte</strong> et <strong>Kambélé</strong> montrent :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Méthodes d’extraction</strong> : plus de <strong>90 %</strong> des orpailleurs utilisent la chaîne complète <em>concassage-écrasage-lavage-captage-chauffage</em>.</li>



<li><strong>Produits utilisés</strong> : le <strong>mercure est employé par 51,9 %</strong> des orpailleurs, contre 37 % qui déclarent n’utiliser aucun produit.</li>



<li><strong>Mode d’approvisionnement</strong> : 35,2 % achètent au marché, 13 % via des intermédiaires chinois, et 14,8 % directement sur place.</li>



<li><strong>Précautions</strong> : près de <strong>65 % ne prennent aucune mesure de protection</strong>, seuls 18,5 % portent un cache-nez.</li>



<li><strong>Connaissance des risques</strong> : 61,1 % des orpailleurs ignorent les dangers liés au mercure.</li>



<li><strong>Risques identifiés</strong> : 25,9 % reconnaissent l’exposition aux maladies, 13 % à la mort, mais la majorité (61,1 %) ne signale rien.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces données confirment une méconnaissance généralisée des risques et une utilisation massive du mercure, malgré son interdiction par le Code minier du Cameroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’avis du corps médical</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans </em>le cadre d’une étude menée sur l’intoxication au Mercure, par Dr. <strong>Lynda Bensefa-Colas</strong>, du <em>Groupe Hospitalier Cochin Saint-Vincent-de-Paul/Service de pathologie professionnelle, elle affirme&nbsp;:</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les deux organes cibles sont le système nerveux central et le rein. L’inhalation aiguë de vapeurs de mercure métallique ou inorganique est à l’origine d’atteintes pulmonaires, l’inhalation chronique d’encéphalopathies, de tubulopathies ou de glomérulonéphrites. Les graves intoxications alimentaires au méthylmercure (MeHg) qui ont touché des populations d’Irak et du Japon ont entraîné des épidémies d’encéphalopathies dans la population et des atteintes du développement chez les enfants exposés in utero. Le traitement chélateur est indiqué lors d’intoxication symptomatique d’exposition aiguë et permet parfois l’amélioration des manifestations liées à une exposition chronique. De nos jours, bien que les situations d’intoxication à forte dose soient rarement rencontrées, des efforts doivent être apportés afin de réduire les concentrations de mercure dans l’environnement et les risques sur la santé humaine à plus faible dose (amalgames dentaires en mercure, contamination de poissons par des dérivés organiques de mercure …)&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La contamination au mercure n&rsquo;est pas une maladie du sang primaire, mais qu&rsquo;elle peut provoquer une anémie, une destruction des globules rouges ou des troubles de la moelle osseuse.<strong>Dr. H M</strong>, hématologue clinicien en service à l’hôpital régional de Garoua, nous a précisé que&nbsp;: <em>«&nbsp;En cas de contamination, il est requis une analyse de sang total, et le patient serait orienté vers un centre antipoison.</em> <em>L’ingestion de dose assez importante de mercure peut entraîner au plan hématologique une toxicité directe sur les cellules hématopoïétiques plus spécifiquement sur la lignée rouge. Elle induit une anémie hémolytique (qui est une destruction précoce ou prématurée des globules rouges secondaires à un agent toxique). Qui se manifeste par les signes fonctionnels de l’anémie et de l’hémolyse (yeux jaune, urine coca cola). Les autres lignées cellulaires peuvent aussi être atteintes donnant des leucopénies et des thrombopenies .».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En d&rsquo;autres termes, les effets sur le sang sont&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Anémie : Baisse du taux d&rsquo;hémoglobine par atteinte de la fabrication des globules rouges.</li>



<li><span style="color: initial">Hémolyse : Destruction anormale des globules rouges dans les cas graves.</span></li>



<li>Leucopénie : Baisse possible des globules blancs altérant les défenses immunitaires.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Ghislaine Tchokouatou</strong>, présidente de l’association <em>Action des Femmes pour une Planète Bio</em>, <em>« le mercure pollue les rivières et les pâturages, s’accumule dans les tissus des animaux et entraîne des effets graves sur la santé et l’économie des éleveurs. La Convention de Minamata interdit son usage, mais sur le terrain, les pratiques persistent »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pastoralisme camerounais contribue à près de 40 % du PIB agricole, avec une production annuelle de plus de 300 000 tonnes de viande et 500 000 tonnes de lait. Mais cette richesse est menacée par la pollution au mercure. L’enjeu est désormais double : garantir la mobilité des pasteurs et protéger la qualité sanitaire des ressources. La campagne « Mobility Matters » et l’IYRP 2026 offrent une plateforme unique pour porter ce message à la COP Désertification et inscrire la lutte contre la contamination dans l’agenda international.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Actions du projet PARTTAC (FAO – UE)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corridor de transhumance Cameroun–Tchad–Centrafrique est un axe vital pour la mobilité pastorale en Afrique centrale. Selon la FAO (2026), il soutient des milliers de pasteurs et contribue à la sécurité alimentaire régionale. Cependant, les activités minières artisanales, notamment dans les zones de Kambélé et Gounte, entraînent une pollution des eaux par le mercure, un métal lourd hautement toxique.<a href="https://www.fao.org/cameroun/actualites/detail/vers-une-gouvernance-concert%C3%A9e-et-durable-de-la-transhumance-transfrontali%C3%A8re-entre-le-cameroun--le-tchad-et-la-r%C3%A9publique-centrafricaine/fr">https://www.fao.org/cameroun/actualites/detail/vers-une-gouvernance-concert%C3%A9e-et-durable-de-la-transhumance-transfrontali%C3%A8re-entre-le-cameroun&#8211;le-tchad-et-la-r%C3%A9publique-centrafricaine/fr</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, Le rapport de la Banque Mondiale (2019<strong>)</strong> sur l’« utilisation du mercure dans le secteur de la mine artisanale et à petite échelle au Cameroun » révèle que les concentrations de mercure dans les zones minières dépassent largement les seuils de sécurité environnementale <a href="https://www.precasem.cm/wp-content/uploads/2021/01/Enquete-utilisation-Hg-exploitation-Au-artisanal-au-Cameroun-2019.pdf">https://www.precasem.cm/wp-content/uploads/2021/01/Enquete-utilisation-Hg-exploitation-Au-artisanal-au-Cameroun-2019.pdf</a>. Le Plan d’action national 2025‑2030 du Cameroun, élaboré sous la Convention de Minamata, vise à réduire de <strong>70 %</strong> l’usage du mercure dans l’extraction aurifère, mais sa mise en œuvre reste limitée <a href="https://faolex.fao.org/docs/pdf/cmr232549.pdf">https://faolex.fao.org/docs/pdf/cmr232549.pdf</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Projet d’appui à la régulation de la transhumance transfrontalière en Afrique centrale (PARTTAC) vise à sécuriser les couloirs pastoraux, harmoniser les réglementations entre les trois pays et réduire les conflits liés à la mobilité des troupeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier 2026, un atelier interministériel à Douala a validé une stratégie commune pour encadrer la transhumance, incluant la sécurisation des parcours pastoraux, la mise en place d’un observatoire régional et l’utilisation d’outils technologiques (drones, patrouilles conjointes) pour surveiller les mouvements de cheptel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, les documents disponibles montrent que PARTTAC s’est concentré sur la gouvernance, la sécurité et la régulation des flux pastoraux, sans aborder directement la question de la pollution au mercure dans les zones minières. Le PARTTAC a permis de renforcer la gouvernance et la coopération régionale sur la transhumance, mais il n’a pas encore intégré la problématique de la pollution minière au mercure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La SODEPA, malgré son rôle central dans la filière bovine, n’a pas mis en place de mécanismes de contrôle sanitaire liés à cette contamination. Cela souligne une légereté dans le traitement du sujet, qui suggère l’urgence de combler par une coordination interministérielle et les organisations pastorales comme MBOSCUDA, afin de protéger les pasteurs et les consommateurs. Les analyses montrent des concentrations de mercure dépassant de plus de <strong>5000 fois la norme OMS (0,006 µg/L)</strong>, exposant directement les animaux et les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <strong>Dr A. M</strong>, cadre au Ministère de l&rsquo;Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) ; nuance le propos en rappelant que: <em>« le premier problème vient des éleveurs qui laissent leurs animaux s’abreuver dans ces sources contaminées. Mais il faut aussi reconnaître que les orpailleurs envahissent les pâturages. La solution passe par l’organisation des éleveurs et l’installation de forages à énergie solaire avec des bacs d’abreuvement, situés loin des sites d&rsquo;exploitation aurifère »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corridor Cameroun–RCA–Tchad illustre un paradoxe : il est à la fois un espace vital pour la mobilité des pasteurs et un lieu de contamination silencieuse par le mercure. La synergie entre les constats scientifiques, les alertes des acteurs de terrain et les initiatives internationales comme Mobility Matters doit permettre de porter ce problème à l’agenda mondial. La lutte contre la désertification et la reconnaissance du pastoralisme comme solution agroécologique doivent désormais intégrer la dimension sanitaire et environnementale de la pollution minière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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	</channel>
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