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	<title>lady Archives - Tribune Verte</title>
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	<description>Un regard écologique de l&#039;information</description>
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	<title>lady Archives - Tribune Verte</title>
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		<title>Portrait: Marie Claire Ntsama, négociatrice climat auprès des instances des Nations Unies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 03:58:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
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					<description><![CDATA[Prévisionniste météo, data-analyste et fondatrice du mouvement Women and Climate Change (WOCA), Marie Claire Ntsama incarne une nouvelle génération de femmes scientifiques camerounaises engagées dans la lutte contre le dérèglement&#8230; ]]></description>
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<p><em>Prévisionniste météo, data-analyste et fondatrice du mouvement Women and Climate Change (WOCA), <strong>Marie Claire Ntsama</strong> incarne une nouvelle génération de femmes scientifiques camerounaises engagées dans la lutte contre le dérèglement climatique. Son engagement en météorologie l’a placé au cœur d&rsquo;une formation délivrée par l&rsquo;OIF ( Organisation Internationale de la Francophonie) il y a de cela 4 ans. Compétences qui l&rsquo;ont qualifiées dans les notions de Genre et d&rsquo;Adaptation, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle met en exergue dans l&rsquo;exploitation des données sur les pluies, les températures et les phénomènes extrêmes, des analyses quotidiennes qui l&rsquo;aident à anticiper sur les risques. </em></p>



<p><em>L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) estime que les femmes représentent environ 30 % des effectifs dans les services météorologiques nationaux, mais avec de fortes disparités régionales (moins de 15 % en Afrique subsaharienne). Au Cameroun, la Direction de la Météorologie Nationale (DMN) compte une proportion très faible de femmes dans ses services techniques (prévisions, climatologie, agro-météorologie). </em></p>



<p><em>En prélude à la Journée Internationale des Droits de la Femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés. Dans cette interview, Marie Claire nous raconte comment son rôle dépasse la simple observation : elle s’attache à sensibiliser tant auprès des hautes instances décisionnelles qu&rsquo;auprès des communautés rurales, particulièrement les femmes, aux bouleversements climatiques qui affectent directement leurs moyens de subsistance.</em></p>



<p><strong>Tribune Verte Online (TVO)</strong>: <strong>vous êtes prévisionniste météo, comment votre expertise scientifique nourrit-elle votre engagement pour le climat au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>Marie Claire Ntsama (MCN)</strong>: travailler dans le domaine de la météorologie me place au cœur des données climatiques. Chaque jour, nous faisons le suivi du temps, en analysant l’évolution des pluies, des températures et des phénomènes extrêmes. Ces données montrent clairement que notre climat devient de plus en plus imprévisible.</p>



<p>Cela renforce mon engagement, parce que je vois concrètement les risques auxquels nos populations sont exposées. De ce fait je dirais que mon rôle ne s’arrête donc pas à analyser les données : il consiste aussi à sensibiliser et à aider les communautés à mieux comprendre et anticiper ces changements.</p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>dans un métier encore largement masculin, quelles formes de marginalisation ou de stigmatisation avez-vous rencontrées, et comment parvenez vous à les contourner pour vous imposer ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: dans les métiers scientifiques, les femmes doivent parfois prouver davantage leurs compétences. Mais j’ai appris que la meilleure réponse reste la maîtrise de son travail et la constance.</p>



<p>Je crois aussi qu’il est important d’encourager plus de jeunes filles à s’orienter vers les sciences. Plus les femmes seront présentes dans ces domaines, plus leur place deviendra naturelle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-2825" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-1024x768.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-300x225.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023-768x576.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0023.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> dans les coulisses d&rsquo;un atelier de simulation, en vue de préparer les jeunes à défendre leurs intérêts lors de la COP30 :<em>« un voyage intense de 02 jours, pour assimiler les textes officiels, et intégrer les techniques de formulations complexe, pour que chacun, quel que soit son niveau, puisse comprendre et s’immerger pleinement dans son rôle ».</em></p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>en tant que data analyste, quels chiffres ou tendances vous semblent les plus alarmants concernant le changement climatique en Afrique centrale ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: ce qui inquiète le plus aujourd’hui, c’est la variabilité climatique. Les saisons deviennent moins prévisibles. Les pluies peuvent être plus intenses mais aussi plus irrégulières.</p>



<p>Dans une Région où beaucoup de populations dépendent fortement de l’agriculture, cette instabilité représente un risque direct pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance.</p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>selon vous, quels sont les principaux obstacles à l’accès aux données climatiques au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le principal défi reste l’accessibilité aux données. Les informations existent, mais elles ne sont pas toujours facilement disponibles ou vulgarisées.</p>



<p>Il est donc essentiel de renforcer la collaboration entre scientifiques, journalistes et institutions afin de rendre ces données plus accessibles et compréhensibles pour le grand public.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>vous avez fondé le mouvement Women and Climate Change (WOCA). Quelle est sa mission principale ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: WOCA vise à renforcer le rôle des femmes dans la lutte contre le changement climatique. Nous travaillons principalement sur la sensibilisation, la formation et le leadership environnemental des femmes et des jeunes filles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="482" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-1024x482.jpg" alt="" class="wp-image-2827" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-1024x482.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-300x141.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022-768x361.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0022.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> à la COP30 au Brazil, à Belém auprès d&rsquo;autres responsables d&rsquo;OSC : <em>« un moment fort d’engagements puissants, d’échanges enrichissants et d’avancées décisives pour le genre et le climat. »</em></p>



<p><strong>TVO</strong>: <strong>Quel témoignage faites-vous de femmes rurales qui vous ont particulièrement marquées?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: beaucoup de femmes rurales nous disent que les saisons agricoles ne sont plus prévisibles. Elles ne savent plus exactement quand semer, parce que les pluies arrivent plus tard ou de manière irrégulière.</p>



<p>Certaines nous racontent aussi qu’elles doivent parcourir de plus longues distances pour trouver de l’eau. Cela montre que le changement climatique n’est pas une théorie : c’est une réalité vécue au quotidien.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>quels signes concrets montrent que le dérèglement climatique est déjà une réalité au Cameroun ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> on observe plusieurs signes : des pluies plus intenses qui provoquent des inondations dans certaines zones, mais aussi des périodes de sécheresse plus marquées dans d’autres.</p>



<p>Les agriculteurs eux-mêmes disent que les saisons sont devenues difficiles à prévoir. Cela montre que le climat change réellement.</p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>quels risques ce dérèglement représente-t-il pour les métiers exercés majoritairement par des femmes ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le changement climatique affecte directement plusieurs activités économiques. Dans l’agriculture par exemple, l’irrégularité des pluies peut entraîner des pertes de récoltes.</p>



<p>Pour les femmes qui travaillent dans la transformation des produits agricoles, la pêche ou le commerce informel, ces perturbations peuvent réduire les revenus et fragiliser les familles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="589" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-1024x589.jpg" alt="" class="wp-image-2830" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-1024x589.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-300x173.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026-768x442.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260306-WA0026.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong>Marie Claire</strong> lors d&rsquo;un side-event: <em> » j&rsquo;ai éprouvé du plaisir à intervenir à ce Panel organisé par Climate Linguere Club (CLC).<br>Climate Linguere Club est une communauté de femmes unies pour l&rsquo;action climatique en Afrique. »</em></p>



<p><strong>TVO:</strong> <strong>vous êtes alumni du Centre régional de leadership YALI Dakar. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?</strong></p>



<p><strong>MCN:</strong> le programme YALI m’a permis de rencontrer des jeunes leaders africains engagés dans différents domaines. Cette expérience m’a renforcée dans l’idée que les solutions aux défis africains peuvent venir des Africains eux-mêmes. Elle a aussi renforcé ma conviction que les femmes doivent être au cœur du leadership climatique.</p>



<p><strong>TVO: quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes Camerounais ?</strong></p>



<p><strong>MCN</strong>: je voudrais leur dire que chacun peut agir. La lutte contre le changement climatique ne concerne pas seulement les scientifiques ou les gouvernements.</p>



<p>Elle commence par des gestes simples : protéger son environnement, s’informer, sensibiliser son entourage et s’engager dans des initiatives locales. Les jeunes ont un rôle essentiel à jouer pour construire un avenir plus durable.</p>



<p></p>



<p><em>Propos recueillis par <strong>Ange ATALA</strong></em></p>



<p></p>
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		<title>Portrait:  Geneviève Ndjiki, l&#8217;entrepreneure qui valorise l&#8217;agroécologie et l&#8217;innovation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 08:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
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					<description><![CDATA[Mère et épouse, Geneviève Ndjiki est titulaire d&#8217;un Master en Sciences Forestières, spécialiste en audit et certification des forêts, forte de multiples compétences, elle arpente inlassablement les zones agroécologiques du&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Mère et épouse, <strong>Geneviève Ndjiki</strong> est titulaire d&rsquo;un Master en Sciences Forestières, spécialiste en audit et certification des forêts, forte de multiples compétences, elle arpente inlassablement les zones agroécologiques du Cameroun pour porter ses idéaux de développement durable. En prélude à la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars 2026, Tribune Verte Online dresse son portrait, aux côtés de celles que l’on appelle souvent “femmes ordinaires”, mais qui se distinguent par leur action remarquable dans la protection de l’environnement et l’autonomisation des communautés.</em></p>



<p>Depuis plus d’une décennie, <strong>Geneviève Ndjiki</strong> incarne l’alliance entre engagement associatif et entrepreneuriat vert. Présidente et Coordonnatrice de l’association Action for Sustainable Development (ASD), elle pilote des initiatives en agroécologie, conservation de la biodiversité et autonomisation des femmes et des jeunes. Parallèlement, à travers NG Eco Prod Company, elle valorise le savoir-faire local et transforme les produits agricoles pour renforcer des chaînes de valeur durables.</p>



<p>Selon la FAO, environ 37 % de la production agricole en Afrique est perdue après la récolte, ce qui représente une perte économique estimée à 48 milliards de dollars US par an. Ces pertes massives fragilisent la sécurité alimentaire et accentuent la vulnérabilité des ménages. Dans ce contexte, l’approche de <strong>Geneviève Ndjiki</strong> prend tout son sens. Elle promeut la déshydratation alimentaire à basse température (inférieure à 60 °C), une technique de conservation qui préserve les valeurs nutritives des condiments comme le céleri ou le persil. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-2797" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1024x771.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-300x226.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-768x578.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-1536x1157.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250219_143300-2048x1542.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p>Contrairement aux cuissons à haute température qui détruisent les substances actives, cette méthode permet de garder intactes les propriétés des aliments. Elle recommande de les utiliser en fin de cuisson ou en infusion, afin de bénéficier pleinement de leurs vertus nutritives et thérapeutiques. Au-delà de l’aspect nutritionnel, cette technique appelée déshydratation douce ou séchage à basse température, constitue une solution innovante face aux pertes post-récoltes. Dans les zones rurales dépourvues d’électricité, où près de 60 % des produits agricoles sont gaspillés, elle offre une alternative durable : les produits déshydratés peuvent se conserver jusqu’à trois ans, stabilisant l’offre sur un marché souvent marqué par des fluctuations et des pénuries.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-2792" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-1024x682.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260303-WA0037.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Geneviève Ndjiki</strong> présentant les résultats atteints par l&rsquo;un de ses projets, en la présence de <strong>Mme Caroline St-Hilaire</strong> Administratrice de l&rsquo;OIF.</em></p>



<p>Rencontrée lors de la tenue d’une conférence à Yaoundé, elle explique l’importance de la déshydratation des condiments comme le céleri, le persil, le piment, la tomate. <em>« Nos produits sont déshydratés à une température inférieure à 60 degrés, ce qui permet de conserver leurs substances nutritives sans les détruire »</em>, souligne-t-elle. Contrairement aux cuissons à haute température qui altèrent les valeurs nutritives, cette méthode préserve les propriétés des aliments. Elle conseille de les saupoudrer en fin de cuisson ou de les utiliser en infusion : <em>« Cela permet d’épurer le corps et de bénéficier de toutes leurs propriétés. »</em></p>



<p>Au-delà de la nutrition, Geneviève met en lumière les difficultés logistiques des agriculteurs. Dans les zones reculées, l’absence d’électricité entraîne des pertes post-récoltes considérables : près de 60 % des produits agricoles sont perdus, et les 40 % restants n’atteignent pas toujours le panier de la ménagère. La déshydratation offre une solution durable, avec des produits qui peuvent se conserver jusqu’à trois ans, sans coût supplémentaire pour les consommateurs. Dans un marché marqué par des fluctuations; abondance de tomates ou de piments frais suivie de pénuries; cette technique stabilise l’offre et sécurise l’alimentation.</p>



<p>Enfin, elle alerte sur l’usage excessif de produits chimiques en agriculture, qui dégradent les sols et exposent les populations à des risques sanitaires. Pour elle, la déshydratation est une alternative durable qui respecte la santé des sols et celle des consommateurs. Son action illustre une conviction forte : le développement durable ne peut être inclusif que si la santé et l&rsquo;innovation y trouvent leur place. Dans un contexte où les défis climatiques et alimentaires s’intensifient, <strong>Geneviève Ndjik</strong>i apparaît comme une figure inspirante, démontrant qu’entreprendre autrement est possible et nécessaire.</p>



<p></p>



<p><em><strong>Ange ATALA</strong></em></p>
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		<title>Conservation marine et côtière: les fumeuses de poisson entre subsistance et écologie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 08:11:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
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<p><em> » Lorsque j&rsquo;achète le poisson de 100 mille francs cfa, j&rsquo;ai un bénéfice de 50 mille francs cfa par mois, mais ce revenu est très instable, il varie selon les saisons, la disponibilité de l' »Essambi » (espèce de bois propre à la localité) , et les moyens de transport pour commercialiser le produit final ». En s&rsquo;exprimant ainsi, <strong>Mme Hortence Moliko</strong>, Présidente de l&rsquo;association des femmes dynamiques d&rsquo;Ebodje, dénonce un drame silencieux que plusieurs vivent . Celles qui exercent dans l&rsquo;activité de fumage de poisson, ne font pas seulement face à la pénurie de poisson, il faut également mentionner l&rsquo;accès au bois de chauffe, mais surtout à son principal outil de travail: le fumoir.</em></p>



<p><em>Lors de l’atelier du 13 février 2026 tenu à Ebodjé, le <strong>Dr Jules Romain Ngueguim</strong> , Sécrétaire Exécutif de BCL ( Biodiversity Conservation for Life) a présenté une étude qui révèle la force et la fragilité de la pêche artisanale. Dans ce village écotouristique, les femmes fumeuses de poisson incarnent une économie invisible mais vitale, où chaque poisson fumé est une bataille pour la survie, sans occulter les efforts de durabilité.</em></p>



<p>« Ndolè » ( voir image de titre) , « Folon « , « Eru »,  » Riz sauté », « Keleng-Keleng », « Kati-Kati », « Banane malaxée »&#8230; voila autant de mets traditionnels camerounais dont le poisson fumé est bien plus qu’un ingrédient : c’est une mémoire culinaire. Dans les villages côtiers comme celui d&rsquo;Ebodjé, il est le fruit du travail des femmes fumeuses, gardiennes d’un savoir-faire ancestral. Chacun de ces plats raconte une histoire de terroir, de mer et de fumée qui se répand à travers les 10 régions du Cameroun.</p>



<p>D&rsquo;ailleurs le poisson fumé est devenu la marque de fabrique du village Ebodje, qui a pourtant plusieurs autres attraits touristiques. Il est de notoriété publique que : <em> » le poisson fumé en provenance d&rsquo;Ebodje ne se casse pas, et il a une saveur particulière que celui des autres localités n&rsquo;a pas »</em>,  dixit  <strong>M. Patrick Mamballa</strong>, Conservateur du Parc Marin Manyangue Na Elombo Campo. En voulant connaitre ce qui contribue à cette originalité, nous avons compris que c&rsquo;est à perte que ces femmes continuent d&rsquo;exercer dans cette activité où leur bénéfice est réduit à moins de 50% des efforts fournis.</p>



<p>Les fumoirs traditionnels dégagent une grande quantité de fumée et de particules fines. Les femmes, qui passent des heures à surveiller le fumage, inhalent ces substances, ce qui peut provoquer des maladies respiratoires chroniques, des irritations oculaires et des douleurs thoraciques. De plus, le travail autour des fumoirs traditionnels implique de rester longtemps debout ou courbée, ce qui entraîne des douleurs dorsales et articulaires. Sans oublier de mentionner que la plupart ont des installations à l&rsquo;intérieur de leurs cuisines habituelles, où il n’y a pas de dispositifs de ventilation ni d’équipements de protection individuelle, ce qui accentue les risques sanitaires.</p>



<p>A cela s&rsquo;ajoute le problème de conservation optimale; une partie du poisson brûle ou se détériore, entraînant des pertes considérables. Le poisson fumé peut être trop sec ou insuffisamment fumé, ce qui réduit sa valeur marchande et limite l’accès à des marchés plus exigeants. Les fumoirs traditionnels nécessitent une grande quantité de bois de feu, ce qui contribue à la déforestation et à la dégradation des mangroves. La coupe excessive de bois pour le fumage accentue la fragilité des zones côtières, déjà menacées par la surpêche et l’érosion.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="771" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-771x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2764" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-771x1024.jpg 771w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-226x300.jpg 226w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-768x1020.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-1157x1536.jpg 1157w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-1542x2048.jpg 1542w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/02/IMG_20260213_120503-scaled.jpg 1928w" sizes="auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px" /></a></figure>



<p><em><strong>Dr. Jules Romain Ngueguim</strong> lors de son exposé portant sur la promotion des fours écologiques pour réduire les pertes post- capture et assurer la gestion durable de la pêche communautaire à Ebodje.</em></p>



<p>Selon les données du MINEPIA ( Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales)  et de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations, en français Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la pêche artisanale représente environ 70 % de la production nationale, soit plus de 200 000 tonnes par an. La filière crevettière artisanale seule génère près de 30 milliards FCFA/an . On estime à 25 000 pêcheurs répartis dans 300 campements le long de la côte, mobilisant des milliers de familles dans des activités connexes (fumage, transport, commercialisation). Les enquêtes menées à Limbe et Kribi montrent que les femmes fumeuses de poisson tirent en moyenne 50 000 à 80 000 FCFA par mois, selon la saison et la disponibilité des captures.</p>



<p>À Ebodjé, les campements côtiers vivent de cette activité, mais restent fragilisés par la déforestation, l’insécurité et la faible valorisation des produits. Les femmes transforment près de 60 % des captures artisanales en produits fumés destinés aux marchés locaux et régionaux. Mais les pertes post-capture atteignent 20 à 38 %, réduisant leurs revenus et accentuant la pression sur les ressources halieutiques. Le projet de construction de fumoir écologique dans la localité, porté par BCL propose une alternative durable :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Augmentation des revenus</strong> : les femmes pourraient gagner 20 à 30 % de plus, soit 12 000 à 24 000 FCFA supplémentaires par mois.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Réduction des pertes</strong> : les fours écologiques permettent de diminuer de moitié les pertes post-capture.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Préservation des mangroves</strong> : la consommation de bois de chauffe est réduite, protégeant un écosystème vital.</li>
</ul>



<p>La pêche artisanale d’Ebodjé illustre une économie de subsistance qui génère des bénéfices chiffrés que l&rsquo;on gagnerait à améliorer, pour le bon équilibre vital des communautés, mais la durabilité est menacée. Le <strong>Dr Ngueguim</strong> insiste :  » <em>Améliorer la manière dont les femmes fument le poisson, c’est améliorer la manière dont nous protégeons nos mers et nos communautés « </em>.</p>



<p>Les initiatives communautaires, bien que modestes, démontrent qu’une gestion durable peut créer des revenus stables et préserver la biodiversité. Le défi est d’intégrer ces projets dans une stratégie nationale de gouvernance environnementale, afin que les bénéfices industriels ne compromettent pas les ressources halieutiques et forestières. Avec une gouvernance inclusive, les projets communautaires comme celui de la construction de fumoirs écologiques communautaires à Ebodjé, peuvent devenir des modèles de durabilité, contribuant à la fois à la conservation et à l’économie nationale.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Road to Redress à Diamniadio : JVE Cameroun et JVE Sénégal, outillent la jeunesse aux recours indépendants</title>
		<link>https://tribuneverte.online/road-to-redress-a-diamniadio-jve-cameroun-et-jve-senegal-outillent-la-jeunesse-aux-recours-independants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 10:02:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[pandemic]]></category>
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					<description><![CDATA[DIAMNIADIO, 27 janvier 2026 – Reportage spécial — Pendant que les délégués gouvernementaux débattaient dans les grandes salles climatisées du Centre International de Conférences Abdou Diouf, une autre conférence se&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>DIAMNIADIO, 27 janvier 2026 – Reportage spécial</strong> — Pendant que les délégués gouvernementaux débattaient dans les grandes salles climatisées du Centre International de Conférences Abdou Diouf, une autre conférence se tenait dans les marges — celle de ceux qui refusent d&rsquo;attendre que le monde décide sans eux. En marge de la réunion préparatoire de haut niveau pour la Conférence des Nations Unies sur l&rsquo;eau 2026, Jeunes Volontaires pour l&rsquo;Environnement Cameroun (JVE Cameroun) et Jeunes Volontaires pour l&rsquo;Environnement Sénégal (JVE Sénégal) co-organisaient une activité de sensibilisation pas comme les autres, une session de jeu pédagogique autour de <em>Road to Redress</em>, le jeu conçu par le Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) du Fonds Vert pour le Climat, pour démystifier les voies de recours climatique auprès des communautés et des jeunes militants.</p>



<p>Dans un contexte où la jeunesse africaine a été quasi absente du programme officiel de la réunion préparatoire, l&rsquo;initiative prend une résonance particulière. Elle dit, avec la force du concret, ce que les grandes déclarations peinent encore à incarner : l&rsquo;éducation à la redevabilité climatique est une urgence, et elle ne peut attendre les prochaines conférences.</p>



<p><strong>Un jeu, mais un jeu sérieux</strong></p>



<p>Pour certains plaignants potentiels, l&rsquo;idée de déposer une plainte auprès d&rsquo;un mécanisme de redevabilité peut sembler déroutante et fastidieuse. Quel est le processus ? Combien de temps cela prendra-t-il ? Quelles situations peuvent survenir ? Si le processus peut sembler une seconde nature pour ceux qui travaillent dans le domaine de la résolution des griefs et de la redevabilité, pour de nombreux individus et organisations de la société civile, le sentiment de méconnaître le processus peut à lui seul décourager le dépôt d&rsquo;une plainte.</p>



<p>C&rsquo;est précisément ce constat qui a présidé à la création de <em>Road to Redress</em>. Les joueurs se déplacent sur le plateau et rencontrent différents scénarios hypothétiques pouvant survenir au cours des quatre étapes d&rsquo;une plainte : l&rsquo;éligibilité, la résolution de problèmes, l&rsquo;examen de conformité, et le recours et suivi. Un dispositif ludique, mais rigoureusement ancré dans la réalité procédurale du MRI du Fonds Vert pour le Climat — le mécanisme qui traite les plaintes des personnes qui estiment être négativement affectées par des projets ou programmes financés par le FVC, et qui accepte également des demandes de réexamen des propositions de financement refusées par le Conseil du FVC.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.22.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.22-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-2887" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.22-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.22-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.22-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.22.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p>La session a réuni une vingtaine de jeunes militants, étudiants et représentants d&rsquo;organisations de la société civile d&rsquo;Afrique subsaharienne. Cartes en main, smartphones posés, ils se sont penchés sur le plateau de jeu avec une concentration qui disait tout de l&rsquo;appétit de cette génération pour des outils qui lui parlent vraiment. En quelques heures, à travers les scénarios simulés du jeu, ils ont appréhendé les conditions de recevabilité d&rsquo;une plainte, les droits des communautés affectées, la logique de l&rsquo;instruction d&rsquo;un dossier et les possibilités de réparation — une formation que des mois de lecture de documents techniques n&rsquo;auraient pas rendue aussi immédiatement accessible.</p>



<p><strong>« Faire passer le message au plus grand nombre » : la philosophie de Blondel Silenou</strong></p>



<p>C&rsquo;est <strong>Blondel Silenou</strong>, Secrétaire Général de JVE Cameroun et formateur principal de la session, qui a conduit les participants à travers les méandres pédagogiques du jeu avec une maîtrise forgée par des années d&rsquo;engagement sur le terrain de la gouvernance climatique et de la justice environnementale en Afrique francophone.</p>



<p>Pour lui, le recours à <em>Road to Redress</em> dans ce contexte précis n&rsquo;est pas un simple choix méthodologique — c&rsquo;est un acte politique. <em>« Cette approche s&rsquo;inscrit dans une démarche stratégique visant à inclure toutes les parties prenantes et à faire passer le message au plus grand nombre. Nous ne pouvons plus nous contenter de former des spécialistes qui parleront à d&rsquo;autres spécialistes dans des salles fermées. La redevabilité climatique doit devenir une culture populaire, accessible à un jeune de Maroua comme à un étudiant de Dakar, à une femme agricultrice du Sahel comme à un activiste urbain de Douala. Le jeu est précisément cet outil de démocratisation du savoir que nous cherchions »</em>, a-t-il déclaré à l&rsquo;issue de la session, entouré de participants encore animés par les débats générés autour du plateau.</p>



<p><strong>Blondel Silenou</strong> va plus loin dans sa réflexion : <em>« Le MRI du FVC est un droit. Ce n&rsquo;est pas un privilège réservé aux organisations bien dotées qui peuvent se payer des juristes. C&rsquo;est un droit ouvert à toute communauté, à tout individu affecté par un projet climatique mal conduit. Mais un droit dont on ne connaît pas l&rsquo;existence est un droit mort. Notre responsabilité, en tant qu&rsquo;organisation de la société civile, est de le faire vivre, de le rendre tangible, de le mettre entre les mains de ceux qui en ont le plus besoin. »</em></p>



<p>Cette vision — ancrer la redevabilité climatique dans les pratiques quotidiennes des acteurs de base plutôt que de la cantonner aux cercles d&rsquo;experts — constitue le fil directeur de l&rsquo;engagement de JVE Cameroun sur les questions de MRI depuis plusieurs années. Elle se déploie ici, à Diamniadio, avec une acuité renforcée par le contraste entre le programme officiel — d&rsquo;où les jeunes étaient pratiquement absents — et cette session parallèle, vivante, interactive, où une poignée de militants découvraient qu&rsquo;ils avaient des droits et les moyens de les exercer.</p>



<p><strong>JVE Cameroun et JVE Sénégal : une alliance pédagogique et politique</strong></p>



<p>Le choix de déployer cet outil en marge de la Conférence de l&rsquo;eau de l&rsquo;ONU illustre la conviction partagée par les deux organisations que les grands rendez-vous internationaux ne doivent pas seulement être des espaces de négociation entre États, mais aussi des occasions de renforcer les capacités des acteurs de base qui, sur le terrain, vivent au quotidien les conséquences des décisions prises dans ces salles.</p>



<p>JVE Cameroun, basé à Yaoundé, dispose d&rsquo;une expérience documentée dans l&rsquo;accompagnement des communautés et des organisations de jeunesse sur les mécanismes de financement climatique et de redevabilité. Bénéficiaire du programme de plaidoyer civil de la société civile du FVC, l&rsquo;organisation a fait du renforcement des capacités des jeunes et des osc africains sur le MRI une priorité stratégique — notamment dans les pays francophones où la méconnaissance de ces outils reste la plus prononcée.</p>



<p><strong>Djibril Niang</strong>, Directeur exécutif de JVE Sénégal, co-facilitateur de l&rsquo;activité, a quant à lui insisté sur la dimension politique de l&rsquo;initiative : <em>« Nous ne sommes pas ici pour faire de la formation pour la formation. Nous sommes ici parce que les communautés africaines — rurales, autochtones, vulnérables — sont les premières victimes du changement climatique et les premières ignorées des mécanismes censés les protéger. Road to Redress leur donne les clés d&rsquo;une porte qu&rsquo;on leur a toujours dit qu&rsquo;elles ne pourraient pas ouvrir. Notre rôle est de leur montrer que si. »</em></p>



<p><strong>Eau, climat et recours : des liens que Dakar n&rsquo;a pas suffisamment tissés</strong></p>



<p>L&rsquo;articulation entre la crise de l&rsquo;eau et les mécanismes de redevabilité du financement climatique est encore trop rarement explicitée dans les grands forums internationaux. Pourtant, nombre de projets financés par le FVC touchent directement à la gestion des ressources hydriques — barrages, systèmes d&rsquo;irrigation, zones humides, projets d&rsquo;adaptation côtière. Le Mécanisme de Recours Indépendant du FVC répond aux plaintes des personnes qui estiment avoir été négativement affectées par des projets ou programmes du FVC n&rsquo;ayant pas respecté ses politiques et procédures opérationnelles — y compris les allégations de non-respect des sauvegardes environnementales et sociales adéquates.</p>



<p>Quand un projet de gestion de l&rsquo;eau financé par le FVC provoque des déplacements de population, restreint l&rsquo;accès à une ressource vitale ou marginalise des communautés dans sa conception, ces dernières ont théoriquement le droit de se retourner contre les entités accréditées responsables de sa mise en œuvre. Théoriquement — car dans la pratique, l&rsquo;accès à ce droit suppose une connaissance minimale du mécanisme, une capacité à documenter les faits, et une organisation pour porter le dossier. Autant de conditions que <em>Road to Redress</em>, entre les mains expertes de Blondel Silenou et de JVE Sénégal, aide à construire.</p>



<p><em>« On ne peut pas parler de financement pour l&rsquo;eau sans parler de qui contrôle ce financement, qui en bénéficie réellement, et quels recours existent quand les choses tournent mal pour les communautés. Dakar était le bon endroit pour poser cette question. Même si personne dans le programme officiel ne l&rsquo;avait inscrite à l&rsquo;ordre du jour »</em>, a relevé <strong>Blondel Silenou</strong> avec une ironie mesurée, qui en dit long sur le fossé persistant entre les ambitions affichées des grandes conférences et les réalités vécues par les populations du terrain.</p>



<p><strong>Ce que les participants ont emporté dans leurs bagages</strong></p>



<p>À l&rsquo;issue de la session, les participants n&rsquo;ont pas seulement emporté une meilleure compréhension du MRI du FVC. Ils ont pris des engagements concrets : constituer dans leurs pays respectifs un réseau de jeunes référents sur les mécanismes de recours climatique, documenter les cas de projets ayant affecté des communautés sans voie de recours adéquate, et porter ce plaidoyer jusqu&rsquo;à la Conférence finale des Nations Unies sur l&rsquo;eau, prévue en décembre 2026 aux Émirats arabes unis.</p>



<p><em>« Je travaille sur les questions d&rsquo;eau depuis trois ans. Je n&rsquo;avais jamais entendu parler de ce mécanisme. Maintenant que je sais qu&rsquo;il existe, je sais aussi ce que je dois faire quand un projet affecte les communautés que j&rsquo;accompagne »</em>, a confié une participante venue de Thiès. Un témoignage simple, mais qui résume à lui seul la valeur de ce type d&rsquo;initiative — et qui donne raison, rétrospectivement, à la démarche stratégique portée par <strong>Blondel Silenou</strong> : atteindre non pas les convaincus, mais ceux qui ne savaient pas encore qu&rsquo;ils avaient quelque chose à défendre.</p>



<p>L&rsquo;expérience de sessions similaires organisées par le MRI dans d&rsquo;autres régions du monde a montré que la pratique du jeu <em>Road to Redress</em> ancre durablement la compréhension du processus de traitement des plaintes chez les participants, bien au-delà de ce que permettent les approches purement théoriques. C&rsquo;est précisément cette transformation — de la méconnaissance à la capacité d&rsquo;agir — que JVE Cameroun et JVE Sénégal cherchent à catalyser, conférence après conférence, terrain après terrain.</p>



<p><strong>Une graine plantée à Diamniadio</strong></p>



<p>Les deux organisations ont annoncé leur intention de poursuivre cette dynamique dans les prochains mois, en ciblant d&rsquo;autres pays francophones d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et d&rsquo;Afrique centrale, où les déficits de capacité sur les questions de redevabilité climatique sont les plus criants. Des sessions <em>Road to Redress</em> sont d&rsquo;ores et déjà envisagées dans le cadre de formations régionales à destination des organisations de jeunesse et des communautés de base.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.39.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.39-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-2888" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.39-1024x768.jpeg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.39-300x225.jpeg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.39-768x576.jpeg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2026/04/WhatsApp-Image-2026-04-01-at-18.27.39.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p>À Diamniadio, pendant que les grandes déclarations s&#8217;empilaient dans les rapports officiels, une poignée de jeunes apprenait concrètement — dé en main et plateau devant eux — à tenir les institutions climatiques pour responsables. Dans ces interstices que les agendas officiels ne prévoient pas, dans ces marges que les organisateurs n&rsquo;ont pas su — ou voulu — intégrer au programme, <strong>Blondel Silenou</strong> et ses partenaires de JVE Sénégal construisaient patiemment ce que les grandes conférences promettent sans toujours livrer : une société civile informée, outillée, et déterminée à ce que les droits des plus vulnérables ne soient plus des droits théoriques.</p>



<p>Car un financement climatique qui ne rend pas compte aux communautés qu&rsquo;il prétend protéger n&rsquo;est pas de la justice climatique. C&rsquo;est de la philanthropie à sens unique. Et cette génération-là n&rsquo;en veut plus.</p>



<p><em><strong>Puissance Koloko</strong> (envoyé spécial <strong>à Diamniadio</strong>)</em></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Femmes et filles face à la crise de l’eau et de l’assainissement dans l’Extrême-Nord du Cameroun</title>
		<link>https://tribuneverte.online/femmes-et-filles-face-a-la-crise-de-leau-et-de-lassainissement-dans-lextreme-nord-du-cameroun/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 06:46:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
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		<category><![CDATA[pandemic]]></category>
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					<description><![CDATA[La crise mondiale de l’eau et de l’assainissement frappe surtout les femmes et les filles. Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, cette vulnérabilité se traduit par une charge domestique lourde, des risques&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>La crise mondiale de l’eau et de l’assainissement frappe surtout les femmes et les filles. Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, cette vulnérabilité se traduit par une charge domestique lourde, des risques sanitaires et une insécurité permanente. Cet article analyse les données mondiales à la lumière des réalités locales pour montrer l’urgence d’une gouvernance inclusive.</em></p>



<p><strong>L’eau, une corvée qui enferme les femmes et les flles</strong></p>



<p>Le rapport conjoint de l’UNICEF et de l’OMS sur l’eau, l’assainissement et l’hygiène des ménages (2000-2022) révèle que 1,8 milliard de personnes vivent dans des foyers sans accès direct à l’eau. Dans sept ménages sur dix, ce sont les femmes et les filles de plus de quinze ans qui assurent la collecte, contre seulement trois sur dix pour les hommes. Les filles de moins de quinze ans sont également plus concernées que les garçons, avec une proportion de 7 % contre 4 %.&nbsp;</p>



<p>Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, cette corvée quotidienne se traduit par des heures de marche sous un climat aride pour atteindre des points d’eau souvent éloignés et insalubres. Le temps consacré à cette tâche prive les jeunes filles d’éducation et réduit leurs perspectives d’avenir, accentuant les inégalités de genre. Chaque pas effectué pour aller chercher de l’eau devient un pas loin de l’école, du jeu et de la sécurité.</p>



<p><strong>Santé et dignité en péril dans un contexte de fragilité</strong></p>



<p>Le rapport souligne que plus d’un demi-milliard de personnes partagent encore des toilettes avec d’autres foyers, compromettant la vie privée et la sécurité des femmes et des filles. Dans 22 pays étudiés, elles sont plus susceptibles que les hommes de ne pas se sentir en sécurité lorsqu’elles marchent seules la nuit pour accéder à ces installations, et d’être confrontées au harcèlement sexuel. Dans les villages de l’Extrême-Nord, où les infrastructures sanitaires sont rudimentaires, cette réalité se traduit par une insécurité permanente et une atteinte à l’intimité.</p>



<p>L’absence d’espaces sûrs pour gérer les menstruations renforce la marginalisation des adolescentes, qui se voient exclues des espaces scolaires et communautaires. Dans 51 pays, les femmes des ménages les plus pauvres et les personnes handicapées sont les plus privées d’espaces sûrs pour se laver et se changer.&nbsp;</p>



<p>Selon l’OMS, 1,4 million de vies sont perdues chaque année en raison du manque d’eau, d’assainissement et d’hygiène. Dans l’Extrême-Nord, les épidémies de choléra et de diarrhée sont récurrentes, aggravées par l’utilisation de sources d’eau contaminées. Les femmes et les filles, en première ligne de la collecte et des soins domestiques, sont exposées à des maladies infectieuses, à des blessures et à des violences lorsqu’elles doivent sortir pour chercher de l’eau ou utiliser des toilettes éloignées. Leur rôle central dans les tâches domestiques accroît leur vulnérabilité et limite leur accès à l’éducation et à l’emploi. </p>



<p><strong>Gouverner autrement pour transformer une crise en opportunité</strong></p>



<p>Les chiffres globaux renforcent l’urgence : 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, 3,4 milliards ne disposent pas d’installations sanitaires sûres et 2 milliards ne peuvent pas se laver les mains avec de l’eau et du savon chez elles.&nbsp;</p>



<p>Entre 2015 et 2022, des progrès ont été enregistrés : l’accès à l’eau potable sûre est passé de 69 % à 73 %, l’assainissement sûr de 49 % à 57 %, et les services d’hygiène de base de 67 % à 75 %. Mais ces avancées restent insuffisantes. Pour atteindre l’objectif de développement durable d’ici 2030, il faudrait multiplier par six le rythme actuel pour l’eau potable, par cinq pour l’assainissement et par trois pour l’hygiène.&nbsp;</p>



<p>Dans l’Extrême-Nord, où les besoins sont immenses et les défis structurels persistants, cette accélération est vitale pour réduire les inégalités de genre et renforcer la résilience communautaire. La crise de l’eau et de l’assainissement illustre de manière saisissante les inégalités mises en évidence par l’ONU. Les femmes et les filles, déjà fragilisées par la pauvreté et l’insécurité, portent le poids disproportionné de cette urgence.  L’intégration des considérations de genre dans les politiques hydrauliques et sanitaires est une nécessité absolue. Investir dans des solutions inclusives et durables, centrées sur les femmes et les filles, est la clé pour transformer une crise en opportunité de justice et de résilience.</p>



<p></p>



<p><em><strong>Baltazar Atangana (Gender Advisor) et Cynthia Mbida (WASH Specialist)</strong></em></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Femmes réfugiées face aux VBG : briser l’impunité</title>
		<link>https://tribuneverte.online/femmes-refugiees-face-aux-vbg-briser-limpunite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 17:41:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronicles]]></category>
		<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Hope Innovation Hub et la Fondation Yunus Cameroun ont choisi d&#8217;intervenir en leur faveur. Le 10 décembre 2025, à l&#8217;occasion de la Journée Internationale des Droits humains, ces deux OSC&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Hope Innovation Hub</strong> et la <strong>Fondation Yunus Cameroun</strong> ont choisi d&rsquo;intervenir en leur faveur. Le 10 décembre 2025, à l&rsquo;occasion de la Journée Internationale des Droits humains, ces deux OSC ont organisé une session d’éducation et de sensibilisation pour cinquante femmes réfugiées. Avec pour objectif  de leur donner les armes pour reconnaître l’abus, nommer le harcèlement, revendiquer leurs droits et identifier les services d’assistance disponibles au Cameroun.</em></p>



<p>Elles sont des milliers au Cameroun, invisibles dans les statistiques, mais bien présentes dans les quartiers populaires de Yaoundé ou Douala. Femmes et jeunes filles réfugiées, venues du Tchad, de la Centrafrique ou du Rwanda, et de RDC, elles portent sur leurs épaules le poids du déracinement et celui, plus lourd encore, des violences basées sur le genre. Harcèlement, abus sexuel, humiliations quotidiennes : leur vulnérabilité est exacerbée par la précarité, la dépendance économique et l’absence de réseaux de protection.</p>



<p>Le thème mondial des 16 Jours d’Activisme contre les VBG – <strong><em>« Unissons-nous pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles » </em></strong>– résonne particulièrement dans un pays où l’accès au numérique reste un privilège masculin. La Fondation Yunus, née en 2023, s’est donnée pour mission de renverser cette logique : promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans le numérique, l’énergie et l’environnement, former, financer et accompagner les projets portés par des femmes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/12/IMG-20251211-WA0056.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/12/IMG-20251211-WA0056-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-2625" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/12/IMG-20251211-WA0056-1024x682.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/12/IMG-20251211-WA0056-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/12/IMG-20251211-WA0056-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/12/IMG-20251211-WA0056.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Emery Ndayizeye</strong>, Co-fondateur Hope Innovation Hub: « briser le silence, c’est briser l’ordre établi qui protège les agresseurs. »</em></p>



<p>Mais au-delà des slogans, l’enjeu est politique. Car la lutte contre les violences basées sur le genre ne peut se réduire à des ateliers ponctuels. Elle exige des politiques publiques ambitieuses, des moyens financiers, une justice accessible et une volonté de briser l’impunité.</p>



<p>En donnant la parole aux femmes réfugiées, Hope Innovation Hub, par la voix de son responsable en la personne d&rsquo;<strong>Emery Ndayizeye</strong>, lui-même refugié burundais, et bien intégré au Cameroun depuis quelques années, a rappelé aux femmes refugiées que:  <em>« leur dignité n’est pas négociable » .</em> Par ailleurs,  la société camerounaise, si elle veut se dire démocratique, doit cesser de détourner le regard. </p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Conservation marine et côtière: les femmes à l&#8217;œuvre!</title>
		<link>https://tribuneverte.online/conservation-marine-et-cotiere-les-femmes-a-loeuvre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 13:32:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Marlène, Rode, Charlotte, Hortence , Aïcha , et bien d&#8217;autres femmes ; participent au quotidien, et chacune à sa manière, aux actions de préservation de la biodiversité marine et côtière,&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Marlène, Rode, Charlotte, Hortence , Aïcha , et bien d&rsquo;autres femmes ; participent au quotidien, et chacune à sa manière, aux actions de préservation de la biodiversité marine et côtière, au sein du Parc National Manyangue Na Elombo Campo. Nous nous sommes rendus dans le village Ebodje, pour nous rendre compte de la manière dont elles s&rsquo;y prennent.</em></p>



<p>Pendant longtemps, elles sont restées à des rôles invisibles dans la chaîne de la pêche artisanale, dans l&rsquo;activité de fumage de poisson. Leur seule action c&rsquo;était d&rsquo;écumer les berges, à essayer de négocier avec des pêcheurs parfois capricieux, en vue de l&rsquo;acquisition du poisson avec un meilleur rapport qualité-prix. Mais: <em>« bousculer cette barrière culturelle et sociale n&rsquo;a pas été évident,  car il faut le reconnaitre, les femmes dans le milieu de l&rsquo;écosystème marin-côtier, ne bénéficient pas du même intérêt que les femmes vivants sur l&rsquo;écosystème forestier, il était temps que ça change »</em> , nous informe <strong>Marlène Djoumessi</strong>, l&rsquo;Ingénieure des Eaux et Forêts, est par ailleurs responsable des relations avec les communautés à Tube Awu. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760711723787.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760711723787-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-2368" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760711723787-1024x682.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760711723787-300x200.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760711723787-768x512.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760711723787.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><strong><em>Marlène Djoumessi</em></strong> (au centre).</p>



<p>Un petit tour au bout du village, plus précisément sur les lieux du débarcadère appelé <strong><em>« Manga ma Djao »</em></strong>, là où la rivière <strong><em>Likodo</em></strong> qui alimente les sources d&rsquo;eau douce du village, se jette à l&rsquo;Océan Atlantique. Ce samedi matin, la plage est très animée, les habitants sont massés par dessus les pirogues, pour effectuer un mouvement automatique qui semble facile mais pas tant que ça. Il s&rsquo;agit de démailler les poissons pris dans les filets de pêche. Nos premières tentatives pour retirer les poissons semblent ardues, tant les poissons sont bien incrustés entre les mailles du filet. <strong>Dida</strong> , tout souriant, un pêcheur expérimenté, nous lance au loin: <em>« on sent que vous n&rsquo;avez pas l&rsquo;habitude, mais si vous continuez comme ça, vous risquez de vous blesser, il vaut mieux laisser »</em>. Nous ne l&rsquo;entendons pas de cette oreille, voyant notre engagement à nous tordre les doigts devant la dextérité des autres, une petite main experte se glisse à notre portée.</p>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;<strong>Aïcha,</strong> l&rsquo;élève en classe de 6è au CES d&rsquo;Ebodje comme elle nous le dira plus tard, est venue nous prêter main forte dans cet exercice périlleux pour les moins expérimentés. Et au bout de la 5è tentative, nous parvenons a retirer le poisson, sans le déchirer, c&rsquo;est là tout le défi de l&rsquo;exercice. Car la plupart des poissons ainsi récupérés sont destinés à la commercialisation, en passant par la case fumés. C&rsquo;est donc ça le destin scellé des femmes de cette zone géographique, mais les données ont changé depuis que les actions d&rsquo;éducation environnementale sont menées dans les établissements scolaires, et lors des activités communautaires diverses.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20251018-WA0008.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20251018-WA0008-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-2377" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20251018-WA0008-1024x768.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20251018-WA0008-300x225.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20251018-WA0008-768x576.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20251018-WA0008-1536x1152.jpg 1536w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20251018-WA0008-2048x1536.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em><strong>Rode Elcy </strong>en séance d&rsquo;éducation environnementale avec les élèves de l&rsquo;école primaire publique de l&rsquo;un des villages de l&rsquo;arrondissement de Campo.</em></p>



<p>Cela a été rendu possible avec l&rsquo;engagement manifeste de Marlène Djoumessi, pendant 4 ans, elle a sillonné les villages et les établissements scolaires pour initier un changement de comportement. Aujourd&rsquo;hui supplée dans cette activité par <strong>Rode Elcy Guiadem</strong>, Ingénieure des Sciences Halieutiques, et responsable de l’éducation environnementale à Tube Awu. Depuis bientôt 1an,  Rode joue un rôle essentiel dans la sensibilisation des jeunes et des communautés côtières à la protection de l’environnement marin, notamment dans une quinzaine de villages côtiers appartenant à l&rsquo;arrondissement de Campo. Depuis son arrivée dans l’équipe de Tube Awu, Rode a mis en œuvre un programme d’éducation environnementale structuré qui a permis de toucher 800 élèves et écoliers en 2024, avec une méthodologie adaptée aux réalités locales :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Séances hebdomadaires dans les écoles primaires et collèges sur la biodiversité marine, les tortues luth, la pollution plastique et les gestes écologiques</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Activités ludiques : dessins, quiz, jeux de rôle, théâtre écologique</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Sorties pédagogiques sur les plages pour observer les sites de ponte et comprendre les menaces qui pèsent sur les tortues</li>
</ul>



<p><em>« Les enfants sont curieux, ils posent des questions, ils veulent protéger. Il suffit de leur donner les clés »</em>, confie Rode après une séance à l’école publique d’Ebodjé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712716171.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712716171-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2372" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712716171-1024x1024.jpg 1024w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712716171-300x300.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712716171-150x150.jpg 150w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712716171-768x768.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712716171.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p><em>Patrouille de nuit en saison de migration des tortues marines, localisation et sécurisation d&rsquo;un nid d&rsquo;œufs.</em></p>



<p>Rode ne se contente pas d’enseigner des concepts, elle s&rsquo;évertue à relier chaque notion à la vie des enfants, en leur apportant des démonstrations concrètes du lien entre les déchets plastiques et la mort des tortues; de la nécessité de ne pas saccager les nids de tortues découverts sur la plage; du rôle des femmes dans la protection des écosystèmes marins.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712007609-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="960" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712007609-1.jpg" alt="" class="wp-image-2378" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712007609-1.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/FB_IMG_1760712007609-1-240x300.jpg 240w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p> A travers des ateliers de dialogue transgénérationnels, elle travaille en étroite collaboration avec les enseignants, les chefs traditionnels, et les mères du village, pour que l’éducation environnementale devienne une affaire collective.</p>



<p><strong>Charlotte Bevoudou</strong>, fait partie des femmes d’Ebodjé, qui ont décidé d&rsquo;occuper l&rsquo;espace de conservation en matière de gestion durable des ressources marines, particulièrement en diversifiant ses sources de revenus, afin de limiter la forte pression sur les espèces halieutiques. Sous la bannière de l’association Tube Awu, elle sensibilise les communautés locales pour participer aux patrouilles de nuit sur les plages, afin de lutter contre le braconnage des espèces protégées.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20250908-WA0112.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="762" height="1016" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20250908-WA0112.jpg" alt="" class="wp-image-2373" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20250908-WA0112.jpg 762w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/IMG-20250908-WA0112-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 762px) 100vw, 762px" /></a></figure>



<p><em>Objets fabriqués par <strong>Charlotte Bevoudou</strong>.</em></p>



<p>Afin de mieux incarner cette nouvelle génération de femmes leaders dans la conservation de l&rsquo;écosystème marin et côtier, l&rsquo;association « Femmes dynamiques d&rsquo;Ebodje  » a vu le jour, <strong>Hortence Moliko</strong> epse <strong>Tyenya</strong> en est la présidente ( voir image de titre). Elle témoigne : <em>« c&rsquo;est la présence de Tube Awu dans le village qui m&rsquo;a permis de comprendre le lien qu&rsquo;il y&rsquo;a entre protéger les tortues et l&rsquo;abondance ou l&rsquo;absence du poisson »</em> elle ajoute: <em>« j&rsquo;étais destinée à vendre du poisson fumé toute ma vie, et je galerais à arrondir mes fins de mois, quand le poisson venait à manquer »</em>. La mère de famille de 5 enfants et épouse de pêcheur nous confie, avoir identifié environ 14 femmes depuis 4 ans, qui ont bénéficié des formations en matière de fabrication de savon de lessive, d&rsquo;huile de noix de coco, mais aussi de l&rsquo;élevage d&rsquo;escargots, et même de conception d&rsquo;objets de décoration. En dernier ressort c&rsquo;est l&rsquo;acquisition d&rsquo;un espace cultivable de 1 hectare, destiné à la culture du manioc.</p>



<p>Dans un souci de contribuer à diversifier les sources de revenus , ainsi que l&rsquo;apport en protéine des ménages de la localité, Tube Awu mène plusieurs actions concrètes et structurées pour valoriser les femmes et les intégrer pleinement dans la conservation marine et côtière. En plus des bénéfices environnementaux , les initiatives permettent à ces différentes actrices d&rsquo;être: proches du terrain, sensibles aux réalités sociales, et engagées pour une écologie inclusive.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LA REPRESENTATION SOCIALE DE LA FEUILLE DE MARANTOCHLOA MANII ET MENACE SUR LA BIODIVERSITÉ DES ÉCOSYSTÈMES MARÉCAGEUX</title>
		<link>https://tribuneverte.online/la-representation-sociale-de-la-feuille-de-marantochloa-manii-et-menace-sur-la-biodiversite-des-ecosystemes-marecageux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 13:44:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Le présent travail est le fruit d&#8217;une enquête menée par Dr ABOMO W. Cynthia Eps BALA , spécialiste en Psychologie sociale et Management stratégique. Dans le département de la Mefou-et-Akono&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Le présent travail est le fruit d&rsquo;une enquête menée par Dr ABOMO W. Cynthia Eps BALA , spécialiste en Psychologie sociale et Management stratégique. Dans le département de la Mefou-et-Akono (MAK), dans la région du Centre du Cameroun, concernant la surexploitation de la feuille de Marantochloa manii (Marantacée), ressource essentielle à la fabrication du bâton de manioc, localement appelé bobolo. L&rsquo;analyse révèle une crise psychosocio-écologique majeure où l&rsquo;activité vitale d&rsquo;autonomisation économique des femmes rurales est en conflit direct avec la durabilité de la biodiversité des écosystèmes marécageux.</em></p>



<p></p>



<p>Le défi central réside dans l&rsquo;épuisement critique de la ressource. Le constat du transfert d&rsquo;approvisionnement des marécages vers les marchés urbains est alarmant : 95% des femmes interrogées affirment désormais acheter la <em>Marantochloa</em> au marché, confirmant sa rareté dans son milieu naturel d&rsquo;origine.<a href="#_ftn1" id="_ftnref1">[1]</a> Cette raréfaction critique a des répercussions écologiques profondes. La destruction de la <em>Marantochloa</em>, identifiée comme le <em>plus grand filtre</em> de la flore marécageuse, met en péril la pédofaune (vers de terre, insectes, escargots) nécessaire à la fertilité des sols, à leur aération et à la lutte contre les inondations.</p>



<p>Sur le plan psycho-social, la pénurie génère une souffrance économique, psychologique et physique le long de la chaîne de valeur, augmentant les coûts pour les productrices tout en exposant les cueilleuses à des conflits fonciers, à l&rsquo;insécurité et au stress. Face à une population dont 90% n&rsquo;a pas été sensibilisée aux problématiques de préservation (écologie), une intervention rapide est impérative.</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Fondements de la crise : Le <em>Bobolo</em> et la dynamique de survie économique au Cameroun</h2>



<h3 class="wp-block-heading">1. L&rsquo;Immuabilité culturelle et l&rsquo;enjeu de l&rsquo;autonomisation féminine dans la MAK</h3>



<p>Le bâton de manioc, ou <em>bobolo</em>, occupe une place de choix au sein des compléments alimentaires nationaux et rustiques au Cameroun, comme l&rsquo;exprime l&rsquo;adage Etone : « <em>OkOk O ti nyeb é ndeng</em> » (le plat d’okok est succulent avec le bâton de manioc). Au-delà de sa fonction culinaire, cette activité revêt une importance socio-économique capitale. Dans le département de la Mefou-et-Akono (MAK), sa fabrication est l&rsquo;activité phare et intergénérationnelle en matière de source de revenus pour les femmes rurales. Elle contribue sensiblement à leur autonomisation et concourt à l&rsquo;atteinte des objectifs de développement nationaux dans un pays confronté à une croissance démographique soutenue (plus de 28 millions d&rsquo;habitants selon le BURCREP en octobre 2024).<sup></sup></p>



<p>L&rsquo;étude s&rsquo;est concentrée sur le MAK, un département de 13 289 km², chef-lieu Ngoumou, issu de la division de l&rsquo;ancienne MEFOU en 1995. Les arrondissements d&rsquo;Akono, Bikok, Mbankomo et Ngoumou ont été au cœur de l&rsquo;enquête<a href="#_ftn2" id="_ftnref2">[2]</a>. La méthode de fabrication du <em>bobolo</em> nécessite trois principaux intrants : la pâte de manioc, la fibre de banane plantain et, crucialement, la feuille de <em>Marantochloa manii</em>.<sup></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">2. La <em>Marantochloa manii</em> comme ressource non durable</h3>



<p>L&rsquo;accroissement continu de la population, conjugué à l&rsquo;absence de stratégie de préservation de la feuille de Marantacée et à son intense commercialisation, a provoqué un déséquilibre structurel. Un fait notable et préoccupant est la prolifération des points de vente de cette feuille dans les marchés des zones urbaines, tandis qu&rsquo;elle tend à disparaître des villages.<sup></sup></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-1.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-1-768x1024.png" alt="" class="wp-image-2351" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-1-768x1024.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-1-225x300.png 225w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-1.png 945w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure>



<p><em><strong>Feuille de Marantochloa </strong>dans le marécage au village OZOM par BIKOK.</em></p>



<p>Cette ressource fait face à une rareté accrue, notamment des pénuries saisonnières manifestes pendant la saison sèche, mais aussi une indisponibilité généralisée. Cette situation est la manifestation d&rsquo;une crise systémique : <strong>la source de revenu des femmes rurales est menacée par l&rsquo;épuisement même de la ressource qui la génère</strong>. La surexploitation est exacerbée par le manque de stratégies de gestion, ce qui signifie que l&rsquo;activité socio-économique (l&rsquo;autonomisation par le <em>bobolo</em>) est devenue, par manque d&rsquo;encadrement, le moteur de la destruction écologique qui, à terme, sapera la capacité des femmes à maintenir leurs revenus.</p>



<h3 class="wp-block-heading">3. Les fondements théoriques</h3>



<p>De sa fondation sociologique mise sur pieds par Emile Durkheim (1898) dans son article intitulé <em>Représentations individuelles et représentations collectives</em>, l’auteur est le premier à introduire ce concept et fixe à la psychologie sociale la tâche d’étudier les représentations sociales. Sillamy (1994) dans son dictionnaire encyclopédique de psychologie stipule que&nbsp;: « <em>la représentation n’est pas une simple image de la réalité, elle est une construction de notre activité mentale</em> ». L’évolution théorique de ladite théorie s’est faite par les contributions des auteurs notables comme Fischer (1994) dans l’approche génétique, Jodelet (1984) dans une approche linéaire et Abric (1994) dans une approche structurale. En effet, dans son propos théorique Abric (1994) voit la représentation sociale comme une structuration composée principalement d’éléments périphériques (qui ont pour principales caractéristiques d’être instables, négociables et jouent le rôle de tampon) et un noyau (qui regroupe les éléments organisateurs, stables et non négociables).</p>



<p>Celle de la feuille de Marantacée peut schématisée à titre illustratif de cette manière&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/Capture-decran-2025-10-16-141200.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="743" height="354" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/Capture-decran-2025-10-16-141200.png" alt="" class="wp-image-2349" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/Capture-decran-2025-10-16-141200.png 743w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/Capture-decran-2025-10-16-141200-300x143.png 300w" sizes="auto, (max-width: 743px) 100vw, 743px" /></a></figure>



<p><em>Source&nbsp;: de l’auteur.</em></p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"> Analyse quantitative et qualitative de la pénurie de <em>Marantochloa</em></h2>



<h3 class="wp-block-heading">1. Le Transfert de valeur et la nouvelle chaîne d&rsquo;approvisionnement</h3>



<p>Les résultats de l&rsquo;enquête menée auprès des femmes rurales du MAK confirment un état de pénurie critique. L&rsquo;un des constats les plus frappants est l&rsquo;inversion du flux d&rsquo;approvisionnement : 95% des femmes interrogées affirment acquérir les feuilles de <em>Marantochloa</em> au marché, contre seulement 5% qui ne le font pas. Ce chiffre atteste sans équivoque de la rareté de la ressource dans son milieu naturel d&rsquo;origine, les marécages.<sup></sup></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-2.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="767" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-2-767x1024.png" alt="" class="wp-image-2352" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-2-767x1024.png 767w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-2-225x300.png 225w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-2-768x1026.png 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-2.png 796w" sizes="auto, (max-width: 767px) 100vw, 767px" /></a></figure>



<p><em>Vente à l’étalage des feuilles de <strong>Marantochloa </strong>au marché de Mvog-Mbi à Yaoundé</em></p>



<p>Cette dynamique de rareté a un impact économique direct. D&rsquo;une part, 95% des femmes trouvent que les feuilles coûtent cher (entre 500f et 1000f le paquet de 50 feuilles de marantacée) sur le marché. D&rsquo;autre part, la pénurie se répercute sur le coût du produit fini, le bâton de manioc. Les femmes rurales, qui coupaient historiquement cette ressource gratuitement dans leurs hameaux, sont désormais contraintes de se rendre aux marchés périodiques (samedi et dimanche) pour acheter ce qu&rsquo;elles considèrent comme leur ressource naturelle. L&rsquo;ajout des coûts de transport et d&rsquo;achat réduit significativement la marge bénéficiaire des productrices de <em>bobolo</em>, érodant ainsi le revenu réel généré par cette activité d&rsquo;autonomisation.<sup></sup></p>



<p>Le problème de l&rsquo;offre ne se limite pas à la campagne. Même après la centralisation des feuilles et leur commercialisation, 75% des femmes estiment que les quantités disponibles sur le marché sont insuffisantes. Cette demande supérieure à l&rsquo;offre indique une pénurie généralisée et continue, avec des marchés connaissant eux-mêmes des ruptures (feuilles non disponibles 7 jours sur 7).<sup></sup></p>



<p>Tableau 1 : Synthèse des indicateurs clés de la pénurie de <em>Marantochloa</em></p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td><strong>Indicateur statistique</strong></td><td><strong>Pourcentage de réponse</strong></td><td><strong>Implication directe</strong></td></tr><tr><td>Acquisition des feuilles au marché</td><td>95%</td><td>Rareté critique dans les marécages/milieux naturels.</td></tr><tr><td>Coût jugé élevé sur le marché</td><td>95%</td><td>Augmentation des coûts de production du <em>bobolo</em> pour les productrices.</td></tr><tr><td>Insuffisance de la quantité sur le marché</td><td>75%</td><td>Demande supérieure à l&rsquo;offre (pénurie généralisée et continue).</td></tr><tr><td>Absence de sensibilisation à la biodiversité</td><td>90%</td><td>Urgence d&rsquo;actions éducatives et réglementaires.</td></tr><tr><td>Non-considération d&rsquo;alternatives</td><td>90%</td><td>Forte dépendance culturelle et technique à la ressource.</td></tr></tbody></table></figure>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Source : Données de l’enquête.</strong></h5>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Facteurs accélérateurs et inertie culturelle</h3>



<p>L&rsquo;enquête identifie clairement trois facteurs accélérant la diminution de la ressource : la sursollicitation, la commercialisation effrénée et l&rsquo;accroissement de la population. Ces facteurs créent une pression constante sur les marécages.</p>



<p>Face à cette crise, l&rsquo;étude a révélé une forte résistance au changement chez les femmes productrices. Interrogées sur l&rsquo;adoption de moyens alternatifs pour résorber la pénurie, 90% ont répondu par la négative, justifiant souvent leur position par le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une pratique ancestrale transmise de génération en génération. Seules 10% des femmes ont cité la feuille d&rsquo;<em>akoé</em> comme substitut potentiel. Cette forte dépendance technique et culturelle signifie que toute tentative de réglementation ou de substitution rencontrera nécessairement une résistance significative et devra être compensée par des solutions économiques et agronomiques solides.</p>



<p>Les femmes rurales de la MAK se sont construites une représentation sociale bien fixe et stable de la feuille de Marantacée. Il faut dire que derrière cette structuration plus ou moins solide, les facteurs psychosociologiques se sont transmis de génération en génération, notamment à travers le processus de socialisation. L’initiation à cette activité se faisait dès le plus jeune âge (de mère en fille). D’où la difficulté à expliquer à la femme rurale, le fait que non seulement l’exploitation abusive de cette ressource naturelle détruit l’écosystème, qu’il y a des mesures de préservation de cet environnement mais, d’avantage aussi d’autres solutions pratiques qui puissent leur permettre de tirer profit de la racine de manioc avec moins de stress et de risques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Le Bilan écologique : Menace sur la biodiversité des écosystèmes marécageux</h2>



<h3 class="wp-block-heading">4.1. Le Rôle écologique critique de <em>Marantochloa</em> et la menace</h3>



<p>La rareté de la feuille de <em>Marantochloa</em> pose un danger existentiel pour la biodiversité écosystémique des marécages du MAK. Ces zones humides abritent une faune et une flore exceptionnelles, comprenant de nombreuses espèces menacées d&rsquo;extinction.<sup></sup></p>



<p>Le <em>Marantochloa</em>, une espèce rhizomateuse herbacée vivace originaire d’Amérique Latine (Colombie, Équateur, etc.), joue un rôle fondamental. Ses rôles vitaux incluent la protection des petits animaux, tels que les insectes (fourmis), les vers de terre et les escargots, et l&rsquo;insertion contre les rayons du soleil, particulièrement cruciale en saison sèche. Sa diminution ou son absence crée un véritable déséquilibre dans la biodiversité écosystémique..<sup></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Conséquences sur la pédofaune et la fertilité des sols</h3>



<p>La perte de la <em>Marantochloa</em> a des conséquences directes sur la structure des sols et la régulation hydrique. La pédofaune (vers de terre, escargots, insectes) que la plante protège joue un rôle primordial dans l’aération et la fertilité des sols. De plus, elle contribue à l’absorption des sols et, par conséquent, à la lutte contre les inondations. L&rsquo;épuisement du filtre végétal par la cueillette non durable menace donc l&rsquo;intégrité structurelle des zones humides, augmentant leur vulnérabilité aux sécheresses et aux événements climatiques extrêmes. Le rapport sur l&rsquo;évaluation nationale de la biodiversité et des services écosystémiques (NBESA) confirme que les sols du Cameroun, malgré l’absence de données consolidées sur la pédofaune, jouent un rôle de support indispensable à la diversité biologique en général.<sup></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">3. L&rsquo;aggravation par la dérive agricole et l&rsquo;impact sur la santé</h3>



<p>La surexploitation pour le <em>bobolo</em> n&rsquo;est pas la seule menace. Les marécages sont également asséchés et brûlés par les populations rurales pour y pratiquer des cultures (maïs, plantes potagères, légumes verts comme l&rsquo;amarante et le Zôme). Cette conversion des zones humides en terres agricoles intensives (monocultures et polycultures) détruit l&rsquo;habitat et exacerbe les pressions environnementales.</p>



<p>La destruction des marécages a également des implications de santé publique, un enjeu souvent négligé. Une femme interrogée a témoigné de la difficulté croissante à trouver des <em>petites herbes médicinales qu’on prenaient dans les marécages aux pieds des raphias</em>. Ces plantes traditionnelles aidaient à soigner des <em>petites maladies surtout pour les enfants</em>. Par conséquent, la perte de biodiversité affecte directement les pratiques ancestrales de soins et compromet potentiellement la santé des enfants ruraux. De plus, la dégradation des sols, conjuguée à la perte du filtre végétal, menace la fertilité future, ce qui pourrait rendre les agriculteurs plus dépendants des intrants chimiques pour maintenir leurs rendements. Les actions de survie économique actuelles compromettent ainsi la sécurité alimentaire et environnementale à long terme de la région.<sup></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading"> Les Coûts sociaux et humains de l&rsquo;exploitation non régulée</h2>



<p>La quête de la feuille de <em>Marantochloa</em> est devenue un <em>combat</em> et expose les femmes, quel que soit leur maillon dans la chaîne de valeur, à une forme de souffrance. Une souffrance psychosociale, une souffrance économique et une souffrance politique. En réalité une évaluation de cette situation permet de mettre à nouveau le sujet du coût réel du bâton de manioc sur la table. Après estimation de ces estimations de toutes ces dépenses et intrants, est-ce que le bâton de manioc devrait coûter 100f&nbsp;?<sup></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">1. La Vulnérabilité des productrices rurales</h3>



<p>Les femmes rurales, qui cueillent et roulent le bâton de manioc, sont les premières victimes de la pénurie. Leur <em>précieux sésame est devenu rare</em>. Contraintes d&rsquo;acheter leur matière première sur les marchés périodiques, elles subissent une double peine : le coût d&rsquo;acquisition de la ressource qui était autrefois gratuite, et les frais de transport y afférents. Elles se disputent également les rares ressources restantes avec les femmes qui coupent pour la revente, illustrant une concurrence interne accrue au sein des communautés. Le témoignage de Mme ESSOMBA N. souligne que le marécage est désormais <em>déjà malaxé partout partout par celles qui cherchent les feuilles pour aller les vendre en ville</em>, déstructurant l&rsquo;environnement local.<sup></sup></p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Analyse des conflits et des risques</h3>



<p>Les femmes qui coupent les feuilles pour les vendre en gros doivent affronter des dangers significatifs. Elles sont obligées de se lever très tôt, souvent dans l&rsquo;obscurité, munies de torches, pour contourner les autres femmes et maximiser leur cueillette.<sup></sup></p>



<p>Cette course effrénée à la ressource déplace le conflit de la simple concurrence vers une dimension foncière et sécuritaire. Dans leurs recherches nocturnes, ces femmes bafouent <em>le respect des limites des terres</em> et vont partout où elles peuvent trouver la ressource, sans se soucier des propriétaires terriens. Elles s&rsquo;exposent ainsi à des agressions ou à des dangers graves.</p>



<p>MENGUE C. témoigne de la violence potentielle des conflits fonciers, affirmant que si le propriétaire du marécage les trouve, elles <em>sont mortes</em>. La rareté de la ressource, catalysée par la pression commerciale et démographique, est en train de transformer un conflit de ressources renouvelables en un conflit foncier potentiellement violent, rendant l&rsquo;implication des chefs traditionnels et la cartographie des habitats particulièrement urgentes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">3. Le fardeau logistique des revendeuses (<em>Bayam Sellam</em>)</h3>



<p>Les revendeuses urbaines, bien qu&rsquo;elles bénéficient d&rsquo;une <em>manne</em> en termes de revenus grâce au marché dynamique, sont confrontées à des difficultés logistiques extrêmes. Le mauvais état des routes, en particulier pendant la saison pluvieuse, rend les voies d&rsquo;accès aux villages presque impraticables. Cette infrastructure défaillante agit comme un facteur de stress environnemental indirect, incitant probablement les coupeuses à prélever des quantités maximales par voyage pour justifier les efforts de transport.</p>



<p>Le témoignage de BEKONO A. illustre la réalité du terrain : arriver au village à une heure du matin et n&rsquo;atteindre Yaoundé que vers 7 heures, après avoir passé une grande partie de la nuit à <em>pousser la voiture</em>. Le temps passé à débloquer le transport représente <em>presque les trois quarts du trajet</em>. Ce fardeau logistique s&rsquo;ajoute au coût élevé et incertain du transport, exposant ces femmes à une insécurité physique prolongée sur les routes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Stratégies de résolution et propositions d&rsquo;action pour une gestion durable</h2>



<p>Face à l&rsquo;augmentation croissante de la population et aux pressions exercées sur la biodiversité écosystémique, il est impératif d&rsquo;attirer l&rsquo;attention des décideurs sur ces écueils écologiques et environnementaux. Une stratégie en trois axes est proposée pour garantir la durabilité de la ressource et la préservation des zones humides.</p>



<h3 class="wp-block-heading">1. Axe 1 : Sensibilisation ciblée et gouvernance locale</h3>



<p>La priorité absolue est de combler le déficit de connaissance : 90% des femmes rurales affirment n’avoir pas été sensibilisées aux problématiques de préservation de la biodiversité et des écosystèmes.<sup></sup></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-4.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="535" height="610" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-4.png" alt="" class="wp-image-2354" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-4.png 535w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/10/image-4-263x300.png 263w" sizes="auto, (max-width: 535px) 100vw, 535px" /></a></figure>



<p><em>Roulage de la pâte de manioc trempé dans les feuilles de <strong>Marantochloa Manii</strong>.</em></p>



<p>Il est essentiel de sensibiliser les populations aux problèmes écologiques et à la préservation de la biodiversité, en prenant comme pilotes les chefs traditionnels et les femmes rurales. L&rsquo;approche doit être inclusive, reconnaissant le rôle crucial des structures coutumières dans la gestion foncière et la résolution des conflits locaux. L&rsquo;enjeu est de garantir que la gestion des terres et des ressources soit comprise et acceptée par les communautés qui dépendent directement de ces écosystèmes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Axe 2 : Cadre réglementaire et planification intégrée</h3>



<p>L&rsquo;exploitation actuelle de la <em>Marantochloa</em> est anarchique et épuise la ressource. Il est fondamental d&rsquo;établir un cadre réglementaire strict :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Réglementer la coupe et la commercialisation</strong> de la feuille de <em>Marantochloa</em>.</li>



<li><strong>Résoudre l’équation approvisionnement et régulation</strong> pour stabiliser les marchés sans pénaliser les revenus des femmes.</li>



<li><strong>Définir les quotas et les périodes de cueillette</strong> pour permettre la régénération de la plante.</li>



<li><strong>Cartographier leurs habitats</strong> pour une meilleure connaissance des zones de prélèvement.</li>



<li><strong>Intégrer leurs conservations dans les Plans d’aménagement</strong> du territoire.</li>



<li><strong>Sensibiliser les populations à la réduction de l’utilisation des marécages à des fins agricoles</strong> (monocultures et polycultures intensives), y compris l&rsquo;interdiction des brûlis.</li>



<li><strong>Implémentation des autres solutions pour la transformation du manioc, </strong>comme la farine de manioc, les bières de manioc, etc. Cela va réduire l’exploitation tout azimut des feuilles.</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading">3. Axe 3 : Innovation, recherche et substitution</h3>



<p>Étant donné la forte dépendance culturelle à cette ressource, la réglementation seule risque d&rsquo;augmenter la pauvreté si des alternatives ne sont pas proposées.</p>



<p>Il est nécessaire d&rsquo;initier des <strong>travaux de recherches sur la multiplication et la reproduction</strong> de la <em>Marantochloa</em>, visant potentiellement sa domestication. La création de <strong>pépinières expérimentales</strong> pourrait sécuriser l&rsquo;approvisionnement, réduisant ainsi la pression sur les marécages naturels. Bien que la majorité des femmes rejette le changement, l&rsquo;existence de la feuille d&rsquo;<em>akoé</em> comme substitut cité par 10% des répondantes justifie des études approfondies sur la faisabilité et l&rsquo;acceptabilité de cette alternative. La solution durable passe par un équilibre entre la conservation des écosystèmes naturels et la sécurisation d&rsquo;un approvisionnement contrôlé et reproductible.</p>



<p>Tableau 2 : Matrice Risques, Impacts et Stratégies de gestion durable</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td><strong>Problème identifié (Risque)</strong></td><td><strong>Impact majeur</strong></td><td><strong>Recommandation stratégique (Axe de Solution)</strong></td></tr><tr><td>Surexploitation anarchique et commercialisation</td><td>Épuisement de la ressource et conflits fonciers.</td><td>Réglementer la coupe, définir des quotas et des périodes de cueillette.</td></tr><tr><td>Destruction de l&rsquo;habitat (brûlis, agriculture)</td><td>Perturbation de la pédofaune, déséquilibre écosystémique, perte de remèdes traditionnels.</td><td>Sensibiliser à la réduction de l’utilisation agricole des marécages.</td></tr><tr><td>Rareté et dépendance culturelle</td><td>Hausse des prix, vulnérabilité des revenus des femmes.</td><td>Initier la recherche sur la multiplication/domestication; créer des pépinières expérimentales.</td></tr><tr><td>Absence de politique de conservation intégrée</td><td>Perte irréversible de la biodiversité/services écosystémiques (filtration, anti-inondation).</td><td>Cartographier les habitats et intégrer la conservation dans les Plans d&rsquo;aménagement.</td></tr></tbody></table></figure>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Source&nbsp;: Données de l’enquête</strong></h5>



<p>La crise de la <em>Marantochloa manii</em> dans le département de la Mefou-et-Akono est emblématique des défis écologiques contemporains au Cameroun, où la nécessité de survie économique immédiate érode le capital naturel indispensable à la prospérité future. La pénurie de cette feuille, confirmée par le fait que 95% des utilisatrices doivent l&rsquo;acheter sur les marchés, a un double impact dévastateur : elle fragilise les revenus des femmes rurales et détruit les marécages, mettant en danger la pédofaune essentielle à la fertilité et la régulation hydrique des sols.</p>



<p>Il est impératif que les décideurs prennent conscience de l&rsquo;urgence d&rsquo;intégrer la conservation des zones humides dans les stratégies de développement rural. Cela passe par une mobilisation forte visant la réglementation de l&rsquo;exploitation pour mettre fin à l&rsquo;anarchie actuelle, la sécurisation des droits fonciers (notamment pour prévenir les conflits violents engendrés par la quête nocturne des feuilles), et l&rsquo;investissement dans la recherche pour la domestication de cette ressource vitale. Seule une approche intégrée, associant la sensibilisation des populations pilotes (chefs traditionnels et femmes rurales) à la mise en place de pépinières expérimentales et de quotas de cueillette, permettra d&rsquo;assurer la durabilité de la biodiversité écosystémique et la pérennité de l&rsquo;autonomisation économique des femmes du MAK.<sup></sup></p>



<p>Ce travail se veut une base de réflexion pour l&rsquo;action et reste ouvert à toutes suggestions et contributions sur le sujet.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity" />



<p><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Enquête menée auprès des femmes rurales de la MAK (Ngoumou, Akono, Bikok et Mbankomo).</p>



<p><a href="#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a> Enquête menée auprès des femmes rurales de la MAK (Ngoumou, Akono, Bikok et Mbankomo).</p>



<p><strong>Références bibliographiques</strong><br>− Brinkhoff, T. (Consulté le 13 octobre 2025). City population Mefou et Akono. https://www.citypopulation.de/en/cameroon/admin/0206__méfou_et_akono/.<br>− Centre ORDTOM de Yaoundé. (1966). Dictionnaire des villages de la Mefou Yaoundé (Répertoire Géographique du Cameroun ; 7). ORSTOM ; IRCAM.<br>− Denise JODELET. (2003). Les représentations sociales. PUF<br>− Jean-Claude ABRIC. (1994). Pratiques sociales et représentations. PUF<br>− Norbert SILLAMY. (1994). Dictionnaire de psychologie. Édition Larousse.<br>− Rapport bureau central de recensements et des études des populations. (2024). Bureau Central de Recensements et des Études des Populations (BUCREP).<br>− Rapport sur l’évaluation nationale de la biodiversité et des services écosystémiques NBESA. (2024). Rapport sur l’évaluation nationale de la biodiversité et des services écosystémiques NBESA : Résumé à l’intention des décideurs.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LCOY Cameroun 2025: des jeunes affûtent leurs recommandations pour la justice climatique à la COP30</title>
		<link>https://tribuneverte.online/lcoy-cameroun-2025-des-jeunes-affutent-leurs-recommandations-pour-la-justice-climatique-a-la-cop30/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Sep 2025 15:16:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economy]]></category>
		<category><![CDATA[Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[pandemic]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Du 3 au 4 septembre 2025, deux jours pour dénoncer les effets du changement climatique qui s&#8217;intensifient à travers les 10 régions du Cameroun. Les inondations sont de plus en&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Du 3 au 4 septembre 2025, deux jours pour dénoncer les effets du changement climatique  qui s&rsquo;intensifient à travers les 10 régions du Cameroun. Les inondations sont de plus en plus récurrentes dans les zones rurales, et même les grandes villes comme Douala et Yaoundé, où l&rsquo;urbanisation galopante n&rsquo;a pas été pensée en faveur du développement durable. Ces phénomènes affectent particulièrement les jeunes, qui représentent plus de 60 % de la population camerounaise.</em></p>



<p><em>Sous le thème: « Rôle des jeunes dans l’implémentation des politiques de développement et la lutte contre les changements climatiques  », la <strong>Local Conference of Youth (LCOY) Cameroon 2025</strong>, s&rsquo;est tenue à Yaoundé; avec l&rsquo;assistance technique et financière de l&rsquo;<strong>UNICEF</strong>, en postlude à la pré-LCOY tenue à Maroua la semaine dernière.  Ces activités s’inscrivent dans une dynamique mondiale portée par <strong>YOUNGO</strong>, le groupe officiel des jeunes auprès de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (<strong>CCNUCC</strong>).</em></p>



<p></p>



<p> Plus de 116 000 personnes ont été déplacées au Cameroun en 2020 à la suite de catastrophes naturelles, ce qui inclut les effets du changement climatique comme les inondations, les sécheresses et les glissements de terrain. En 2020, le Cameroun comptait environ 4 millions de personnes déplacées internes (toutes causes confondues). Les déplacements liés aux catastrophes naturelles représentent environ <strong>2,9 %</strong> de ce total, selon les chiffres disponibles sur alternatives-humanitaires.org. Ce chiffre est probablement sous-estimé, car les effets climatiques sont souvent combinés à d&rsquo;autres facteurs comme les conflits armés, ou au phénomène de transhumance dans les régions septentrionales.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0056.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="567" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0056.jpg" alt="" class="wp-image-2133" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0056.jpg 1008w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0056-300x169.jpg 300w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0056-768x432.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px" /></a></figure>



<p><em>Pre-LCOY 2025 tenue à Maroua.</em></p>



<p>Les plus vulnérables ce sont les jeunes, étant donc les plus exposés aux conséquences du dérèglement climatique, ils sont les mieux placés pour proposer des solutions innovantes et durables.  Cette initiative permet à la jeunesse camerounaise de se mobiliser pour faire entendre sa voix sur la scène internationale.  Cette conférence a permis à des centaines de jeunes de toutes les régions du pays de se réunir, de débattre, et de formuler des recommandations concrètes en vue de la <strong>COP30</strong>, qui se tiendra à Belém, au Brésil.</p>



<p>Parmi les figures marquantes de cette édition, <strong>Prudence Masseng Heda</strong>, en sa qualité de Point de contact de la LCOY Cameroun 2025 (au centre de l&rsquo;image de titre, à ses côtés :<strong>Terra</strong>, la mascotte climat de l’UNICEF Cameroun, était l’invitée d’honneur à la LCOY 2025). Elle s’est distinguée par son leadership et son engagement. Experte sur les questions liées à la gouvernance climatique et en mobilisation jeunesse, elle a joué un rôle central dans la coordination des travaux, la facilitation des ateliers, et la synthèse des recommandations. Son parcours, marqué par une forte implication dans les réseaux africains de jeunesse climatique (Jeunes Voix du Sahel) , lui confère une légitimité et une capacité d’influence reconnues.</p>



<p>Prudence a notamment insisté sur la nécessité de décoloniser les politiques climatiques, en mettant en avant les savoirs locaux et les solutions endogènes. Elle a également plaidé pour une <strong>représentation équitable des jeunes du Sud global </strong>dans les instances de décision, soulignant que « la justice climatique ne peut être atteinte sans justice générationnelle et territoriale ».</p>



<p><strong>Enjeux de la COP30 pour l’Afrique et le Cameroun</strong></p>



<p><br>La COP30, qui se tiendra en Amazonie, sera une conférence hautement symbolique, centrée sur la protection des écosystèmes et la justice climatique. Pour le Cameroun, elle représente une opportunité stratégique de : valoriser ses efforts en matière de conservation forestière (notamment dans le bassin du Congo); de revendiquer une compensation équitable pour les pertes et dommages subis; de renforcer la coopération Sud-Sud sur les questions climatiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0060.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="567" height="1008" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0060.jpg" alt="" class="wp-image-2135" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0060.jpg 567w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0060-169x300.jpg 169w" sizes="auto, (max-width: 567px) 100vw, 567px" /></a></figure>



<p><strong>La voix des jeunes, portée par les recommandations de la LCOY, pourrait jouer un rôle décisif dans l’orientation des négociations et dans la formulation des engagements post-2030, au Cameroun.</strong></p>



<p>Il est important de noter que, malgré leur mobilisation, les jeunes camerounais font face à plusieurs obstacles liés au manque de reconnaissance institutionnelle de leurs propositions. Par ailleurs,  la faible représentation de cette couche vulnérable de la population ne garantie pas une présence effective aux évènements internationaux. Sans toutefois oublier de mentionner le risque de récupération politique de leurs initiatives. Des défis qui appellent à une réforme structurelle de la gouvernance climatique où, d&rsquo;après <strong>Marie-Claire Ntsama</strong>, ingénieure météorologiste et intervenante à la LCOY 2025, a souligné la nécessité pour la jeunesse camerounaise d&rsquo;agir: <em> « non pas comme un simple  groupe consultatif , mais comme un acteur décisionnel à part entière».</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0057.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="576" height="1024" src="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0057-576x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2136" srcset="https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0057-576x1024.jpg 576w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0057-169x300.jpg 169w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0057-768x1365.jpg 768w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0057-864x1536.jpg 864w, https://tribuneverte.online/wp-content/uploads/2025/09/IMG-20250904-WA0057.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 576px) 100vw, 576px" /></a></figure>



<p><em><strong>Marie-Claire Ntsama,</strong> lors de son exposé.</em></p>



<p>Pour pérenniser l’impact de la LCOY Cameroon 2025, plusieurs pistes sont envisagées :institutionnalisation de la LCOY comme plateforme annuelle de dialogue jeunesse-climat; création d’un observatoire national de la justice climatique, piloté par des jeunes; renforcement des partenariats avec les universités, les collectivités locales et les ONG; suivi et évaluation des recommandations soumises à la COP30.</p>



<p>Au terme de cette édition de la LCOY 2025, preuve nous est donnée que la jeunesse camerounaise est prête, compétente et engagée pour relever les défis climatiques. En affûtant leurs recommandations pour la COP30, ces jeunes ne se contentent pas de dénoncer : ils proposent des solutions concrètes, ancrées dans leurs réalités, et porteuses d’un avenir plus juste et durable. Leur voix, amplifiée par des leaders de plusieurs associations de jeunes présents à cette rencontre, mérite d’être entendue, respectée et intégrée dans les décisions qui façonneront le climat de demain.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Ange ATALA</em></strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Rapport circonstancié de vérification des faits relatifs à un cas grave de maltraitance domestique d’enfant à Douala</title>
		<link>https://tribuneverte.online/rapport-circonstancie-de-verification-des-faits-relatifs-a-un-cas-grave-de-maltraitance-domestique-denfant-a-douala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[TribuneVerte]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Sep 2025 08:26:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Green World]]></category>
		<category><![CDATA[Health]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights]]></category>
		<category><![CDATA[Society]]></category>
		<category><![CDATA[lady]]></category>
		<category><![CDATA[women]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 3 septembre 2025, la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux a révélé un cas de maltraitance d’une mineure à Douala, situation caractéristique de traitements cruels, inhumains et dégradants&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p><em>Le 3 septembre 2025, la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux a révélé un cas de maltraitance d’une mineure à Douala, situation caractéristique de traitements cruels, inhumains et dégradants ainsi que d&rsquo;une atteinte à l&rsquo;intégrité physique et morale de la victime survivante.</em></p>



<p>En effet, la victime, une fillette de 7 ans, nommée <strong>ALLIE Mercy AHONE</strong>, a été séquestrée, rouée de coups et enchaînée par sa sœur aînée, Mademoiselle <strong>Rashel MOTTI, </strong>âgée de 33 ans, originaire de la Région du Nord-Ouest, commerçante au marché Mboppi à Douala. Cette situation, révélée par les réseaux sociaux, a conduit à une intervention immédiate des éléments de police du 16e Arrondissement de Douala. L&rsquo;Antenne régionale de la Commission des Droits de l&rsquo;Homme du Cameroun (CDHC) pour le Littoral s&rsquo;en est saisie d&rsquo;office.</p>



<p><em><strong>Descente d&rsquo;investigation</strong></em></p>



<p>Une équipe composée de Madame <strong>EMAMBO PENDA Jacquy, </strong>et de Monsieur <strong>DOUMBE Stéphane Aurélien</strong>, tous cadres assermentés en service à l&rsquo;Antenne régionale de la CDHC pour le Littoral, et du chauffeur attitré, a été dépêchée sur le terrain. La mission a débuté en début de matinée au Commissariat du 16ᵉ arrondissement de Douala (Japoma), où elle a été reçue par l’Officier de Police en charge de l’enquête, <strong>Monsieur OTTYANE Bien-aimé</strong>. L&rsquo;entretien avec ce dernier a permis de recueillir des informations de premières mains sur les faits.</p>



<p><em><strong>Faits rapportés</strong></em></p>



<p>Suite à une alerte des habitants du quartier Nkolbong signalant la séquestration d’un enfant très tôt ce matin, les forces de l’ordre se sont immédiatement rendues sur place et ont découvert la victime ligotée et enchaînée avec deux cadenas, en état de détresse manifeste. Ne disposant pas des clés, la police a dû scier les chaînes pour procéder à la libération de la fillette. La mise en cause, Mademoiselle MOTTI, était absente lors de l’intervention policière. Selon le témoignage de sa fille mineure, elle avait quitté le domicile avec les clés, laissant son téléphone portable. L’interpellation de Mademoiselle MOTTI a été rendue possible grâce à une stratégie conjointe mise en place avec son compagnon, pasteur de profession.</p>



<p>Lors de son audition, la mise en cause a reconnu les faits sans manifester de remords, justifiant ses actes par la prétendue « têtutesse » et les fugues répétées de la mineure. Il est apparu que sa fréquentation d’une église de réveil, dont l’identité n’a pas été communiquée, a joué un rôle dans la décision de séquestration, sur la base d’une croyance en la possession démoniaque de l’enfant.</p>



<p><em><strong>Profil des personnes mises en cause et contexte familial</strong></em></p>



<p>La mère (identité non précisée ou occultée) de la victime survivante souffrirait de troubles mentaux avérés et bénéficierait d’un suivi médical dans la Région du Sud-Ouest. Elle aurait confié la garde de sa fille à Mademoiselle MOTTI depuis environ deux ans. Le compagnon de cette dernière, suspect, a reconnu avoir suggéré à sa compagne que l’enfant nécessitait des prières de délivrance en raison d’une possession présumée. Des informations concordantes indiquent que la suspecte est connue pour ses comportements violents, aussi bien à l’encontre de la victime que des voisins.</p>



<p><em><strong>État de santé de la victime</strong></em></p>



<p>À l’hôpital de district de Japoma, la victime a fait l’objet d’un examen médical en présence d’un assistant social. Le rapport médical, consulté par l&rsquo;équipe de l&rsquo;Antenne régionale de la CDHC pour le Littoral, révèle un <em>polytraumatisme post-torture caractérisé par de multiples contusions</em> , un état de malnutrition sévère ainsi qu’un traumatisme psychologique important, témoignant des sévices subis.</p>



<p><em><strong>Analyse et perspectives</strong></em></p>



<p>Cette situation constitue une violation flagrante du Droit fondamental de l&rsquo;enfant d&rsquo;être protégé contre toute forme de violence susceptible de porter atteinte à son intégrité physique et morale, ainsi qu&rsquo;à sa dignité.</p>



<p>L&rsquo;Antenne régionale de la CDHC pour le Littoral note que des mesures immédiates ont été prises par les autorités compétentes pour assurer la libération, la prise en charge médicale et psychologique de la victime survivante, de même qu&rsquo;elle relève qu&rsquo;une enquête judiciaire a été ouverte pour établir les responsabilités pénales des suspects.</p>



<p>Pour sa part, l&rsquo;Antenne régionale de la CDHC pour le Littoral entend poursuivre ses actions d&rsquo;éducation aux Droits de l&rsquo;homme auprès des communautés locales et des milieux religieux afin d’empêcher que des croyances erronées ne servent de justification à des actes de violence à l’encontre des enfants.</p>



<p><em>Fait à Douala, le 3 septembre 2025</em></p>



<p><em>Pour l&rsquo;Antenne régionale de la CDHC pour le Littoral</em></p>



<p></p>
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			</item>
	</channel>
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