Sous l’effet combiné du changement climatique, de l’explosion démographique et d’une urbanisation galopante, la question de l’eau en Afrique est plus cruciale que jamais. C’est à Dakar, le 29 septembre 2025, que les Ministres du continent se retrouveront pour un sommet décisif. Piloté par l’AMCOW, ce rendez-vous a une ambition : transformer la gouvernance de l’or bleu en un puissant accélérateur de résilience et de développement durable pour tous.
AMCOW, l’acronyme de African Ministers’ Council on Water (en français : Conseil des Ministres Africains Chargés de l’Eau), est un organe intergouvernemental africain autonome créé en 2002 pour fournir une plateforme de coordination politique en matière d’eau et d’assainissement sur le continent africain. Il vise à promouvoir la coopération, la gestion durable des ressources en eau et l’expansion de l’accès aux services d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Alors que les défis hydriques s’intensifient sur le continent africain, un événement majeur se prépare pour y apporter des réponses concrètes et coordonnées. L’Assemblée générale d’AMCOW tiendra ses assises le 29 septembre 2025 à Dakar.
Ce sommet, qui réunira décideurs politiques, experts techniques et partenaires stratégiques, a pour mission centrale de repenser la gouvernance de l’eau afin d’en faire un pilier de la souveraineté et de la transformation socio-économique de l’Afrique. Le thème officiel du Sommet de l’AMCOW sur l’eau à Dakar en 2025 n’est pas explicitement mentionné, mais les préparatifs visaient à formuler une nouvelle « Vision et Politique africaines de l’eau post-2025 » visant à renforcer la gouvernance et à accélérer les progrès vers les objectifs de l’Agenda 2030 et de l’Agenda 2063, est clairement souligné dans le message formulé par Dr. Cheikh Tidiane Dieye, Président en exercice de l’AMCOW.
Parmi les thématiques abordés lors des débats, la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Cette approche holistique, qui consiste à coordonner le développement et la gestion de l’eau, des terres et des ressources connexes, est devenue une impérieuse nécessité. Elle se présente comme la seule voie pour relever un triple défi : la multiplication des sécheresses et inondations liées au dérèglement climatique, les pressions exercées par une croissance démographique rapide et le stress hydrique accru par une urbanisation souvent non maîtrisée. Face à cette situation, l’AMCOW souligne que l’improvisation n’est plus une option. Les discussions à Dakar porteront donc sur l’adaptation en profondeur des cadres juridiques et institutionnels des pays membres. L’objectif est clair : garantir une gestion de l’eau qui soit à la fois durable, équitable et inclusive, en associant toutes les parties prenantes, des communautés rurales aux grands centres urbains.
Cependant, une bonne gouvernance ne peut s’exercer dans l’ombre. Un des points critiques à l’ordre du jour sera le renforcement des capacités en matière de données. Comment prendre des décisions éclairées sans informations fiables ? Les ministres devront examiner les moyens d’améliorer radicalement le suivi, la collecte et, surtout, le partage des données sur les ressources disponibles, la qualité de l’eau et les besoins réels. Cette transparence est la clé de voûte d’une allocation optimale et d’une prévention efficace des crises. En effet, l’absence de données sur le stress hydrique en Afrique entrave l’identification précise des zones les plus vulnérables, la conception de stratégies d’adaptation efficaces, et la planification des investissements nécessaires dans la gestion des ressources en eau et l’assainissement, rendant les populations plus exposées aux maladies liées à l’eau, aux conflits et à l’insécurité alimentaire. Cela limite la coopération transfrontalière, la mise en place de politiques locales d’investissement, et la mobilisation des ressources pour relever le défi de la rareté de l’eau.
Mais les plus beaux plans d’action restent lettre morte sans financements adéquats. L’AMCOW le martèle : la mobilisation de capitaux innovants est indispensable pour combler le déficit d’investissement dans le secteur. L’organisation appelle à une alliance renforcée entre les États, les partenaires techniques et financiers internationaux, et le secteur privé. Il s’agit d’attirer les investissements vers des infrastructures résilientes, des technologies d’économie d’eau et des projets d’assainissement, afin d’atteindre l’objectif d’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement – un engagement au cœur des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Ainsi, le sommet de Dakar dépasse largement le cadre d’une simple réunion technique. Il s’inscrit dans une vision stratégique à long terme pour le continent. Les décisions qui y seront prises visent à renforcer la résilience des populations les plus vulnérables et à accélérer une transformation socio-économique où l’eau, bien commun précieux, n’est plus une source de conflit mais un vecteur de prospérité partagée. En se donnant rendez-vous à Dakar, l’AMCOW et ses membres envoient un signal fort : l’Afrique est déterminée à prendre en main son destin hydrique pour garantir un avenir viable aux générations futures.
Fidelis ATEBA
