1IER DECEMBRE 2023, JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA : LA MALADIE TEND A SE FEMINISER AU CAMEROUN !

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, il est important de rappeler qu’en même temps courent les 16 jours d’activisme contre les VBG.  Ces faits mis en relation soulignent la nécessité de considérer les facteurs qui favorisent l’augmentation du taux de séroprévalence chez les femmes et les jeunes filles.

Depuis 2017, 40 Mille nouveaux cas d’infection au VIH SIDA sont enregistrés à travers la planète, et ce chiffre va croissant années après années. La stratégie mondiale d’ONU-SIDA  2021-2026, s’est donnée pour objectif de réduire les inégalités sociales qui concourent à l’expansion de l’épidémie de SIDA à travers le monde.  Dans les mesures incitatives de réduction des écarts sociaux, la question du genre prend toute sa place. Ceci indique la volonté des institutions internationales d’impliquer les communautés les plus vulnérables dans le combat contre le SIDA. C’est ce qui explique le choix du thème de l’édition 2023 de cette journée mondiale : « Confier le leadership aux communautés ».

Pour comprendre la position défendue aujourd’hui dans cette lutte, il faut rentrer en 1983, selon Achim STEINER ; Administrateur du PNUD : «les pionniers de la lutte contre le sida ont adopté le manifeste intitulé « Les Principes de Denver », qui rejetait l’idée que les personnes vivant avec le VIH étaient des victimes et indiquait clairement qu’elles avaient un rôle central à jouer dans tous les aspects de la réponse face au sida. Ce manifeste marquait un premier pas historique vers le principe d’une participation accrue des personnes vivant avec le VIH (GIPA), qui préconise l’implication significative de ce groupe de personnes. Ce principe, selon lequel les communautés assurent le leadership, a été le moteur d’avancées importantes. »

Pour que cet objectif soit atteint, il faut déjà identifier la communauté présentant les plus grands facteurs de vulnérabilité en matière de séroprévalence, dans le cas du Cameroun, ce sont les femmes. Les récentes statistiques produites par EDS18-V (Enquêtes Démographiques et de Santé) sonne l’alarme pour le Cameroun qui est le 2ième pays touché en Afrique Centrale. Avec un taux de  séroprévalence évalué à 56% pour le sexe féminin,  particulièrement dans les régions du Centre, Sud, Est, Adamaoua, Sud-Ouest et Nord-Ouest ; le taux national de 3,4% est largement au-dessus de la moyenne. Des données qui font froid dans le dos, quand on considère que le niveau de vulnérabilité de la femme est un cran au-dessus de toutes les autres communautés. Il devient aisé de concevoir que les Violences Basées sur le Genre (VBG) constituent  l’un des indices qui renforcent l’exposition de la femme au risque de se faire contaminer par le SIDA.

Parmi ces incidences, nous citerons : les mariages précoces, l’exposition aux rites traditionnelles du veuvage, le faible pouvoir économique, la prostitution, et surtout le corollaire de tous ces fléaux : l’analphabétisme. Nous l’aurons compris, la lutte contre les VBG ne devrait pas se contenter seulement de limiter les violences physiques, mais surtout de considérer les violences tacites qui mettent la femme en position de faiblesse et la rendent vulnérable. Pour lutter efficacement contre le SIDA,  il est urgent de réduire les inégalités Hommes-Femmes, quand on se souvient que la ressource féminine détient une force qui participe à l’économie nationale. D’après Steve Douanla Meli et Clément Nodem Meli dans leur ouvrage ;   Le Genre et la Performance des Entreprises au Cameroun  paru en Octobre 2021,  « Près de 72 % des hommes ont un emploi, contre seulement 46 % des femmes. Ces dernières sont fortement représentées dans le travail indépendant (notamment le travail familial) et dans les emplois informels, caractérisés par de faibles salaires. Contrairement aux hommes, elles travaillent principalement dans le secteur des services où, depuis 1995, leur taux d’activité a sensiblement évolué, passant de 41,1 % à 61,5 % ».

Nous vous invitons à regarder l’élément vidéo, en forme de mini-film documentaire, produit par le Réseau des Journalistes Spécialisés sur le Genre et les Données, avec l’appui d’ONU-Femmes Cameroun, qui rend compte de la gravité de la situation concernant l’exposition des femmes au SIDA.

Evolution de la pandémie du VIH Sida au Cameroun – YouTube

Ange ATALA