Cameroun: Vers une stratégie nationale pour intégrer les acteurs locaux dans la gouvernance climatique

SOA — Un atelier de travail regroupant dix-sept experts climatiques s’est ouvert ce mercredi 18 septembre.

Une réunion de travail étalée sur deux jours, regroupant dix-sept experts climatiques s’est ouvert ce mercredi 18 septembre à Soa, dans la périphérie de Yaoundé. À cette occasion, les spécialistes élaborent une stratégie visant à renforcer l’implication effective des Organisations de la Société Civile (OSC) et des peuples autochtones et communautés locales (PACL) dans la mise en œuvre des politiques climatiques nationales.Alors que le Cameroun s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 35% d’ici 2030 dans le cadre de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN), la participation des acteurs locaux reste insuffisante dans les processus décisionnels. Le Plan National Climat qui a été publié il y a quelques semaines reconnaît pourtant le rôle crucial de ces parties prenantes dans la réussite des actions climatiques.

« Les organisations de la société civile possèdent une connaissance fine des réalités terrain et une capacité unique à traduire les enjeux techniques en actions compréhensibles par les communautés », explique Ghislain Foumou, expert en chaînes de valeurs agricoles présent à l’atelier.

Les travaux s’appuient sur la méthode du « World Café », permettant aux participants d’aborder de manière rotative les différentes thématiques identifiées. Cette approche collaborative doit aboutir à la définition d’objectifs mesurables, d’indicateurs de performance et d’activités concrètes.Le Dr jean Martial Bell, participant aux travaux, souligne l’importance de cette démarche: « Une approche fondée sur des propositions concrètes permet de garantir la prise en compte effective des positions de toutes les parties prenantes ».L’objectif final de ces travaux est la production d’une stratégie opérationnelle qui viendra s’ancrer directement dans le Plan National Climat du Cameroun. Ce document visera à transformer les intentions affichées en mécanismes concrets de participation.

Pour les organisateurs, il s’agit de dépasser la simple consultation pour construire un véritable partenariat entre l’expertise locale et les politiques nationales. La stratégie en préparation pourrait marquer un tournant décisif dans l’approche participative de la gouvernance climatique au Cameroun.Les conclusions de cet atelier seront présentées aux autorités compétentes et intégrées dans le cadre stratégique national de lutte contre les changements climatiques.Cette initiative s’inscrit dans la continuité du projet « Renforcement de l’implication des OSC et des PACL pour une plus grande responsabilité et transparence dans les politiques et programmes climatiques au Cameroun », qui a bénéficié du financement par le World Resources Institute (WRI). Cette nouvelle phase, soutenue par Agroecology Fund, est portée par le Réseau pour la Promotion de l’Agroécologie au Cameroun (NEPAC).

Blondel SILENOU