BrainBooster clôture le programme Lead’Mi

Le programme Lead’MI (Leaders Maker Initiative) promue par Brain-Booster est une initiative innovante lancée au Cameroun pour répondre au défi de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes diplômés. Au bout de six semaines de formation, 15 jeunes issus de plusieurs institutions universitaires, se sont vus délivrer des certificats, en la présence de chefs d’entreprises renommés, qui leur ont servi de mentor. La cérémonie s’est tenue le 17 septembre 2025 au siège de l’ONG Plan International Cameroon, à Yaoundé.

Le taux de chômage des jeunes diplômés est estimé à 8,7 % en 2021, selon l’Institut National de la Statistique (INS), on constate qu’il est en hausse par rapport à 2010 (5,7 %). Le sous-emploi touche une majorité de jeunes, notamment ceux issus de l’enseignement supérieur, qui peinent à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications. Le marché du travail camerounais reste dominé par le secteur informel, où l’insertion est souvent non encadrée et donc précaire.

Par ailleurs, une étude publiée par OpenEdition souligne les insuffisances des dispositifs institutionnels : le manque de coordination, l’absence de base de données centralisée, et une faible, voire inexistante traçabilité des parcours post-formation. Pourtant ce n’est pas un manque de volonté des pouvoirs publics de voir s’améliorer la situation; puisque les programmes comme Piaasi, Pajer-U, PTS-Jeunes ou Transfagri, ont produit des résultats mitigés, souvent freinés par la bureaucratie, le manque de financement durable et l’absence d’évaluation indépendante.

En outre, le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Agricoles (PDCVA) a incubé 1 770 jeunes et permis la création de 712 entreprises en mars 2025, dépassant ses objectifs initiaux. Toutefois, ces succès restent sectoriels (agriculture, numérique) et ne couvrent qu’une fraction des diplômés en attente d’insertion.

Ceci a pour conséquence, de nombreux jeunes diplômés se retrouvant sans emploi stable, ou contraints d’exercer des activités informelles non liées à leur formation. L’activité phare c’est de se retourner vers le secteur numérique en devenant des créateurs de contenu, facilité par une forte pénétration d’internet ( en 2025, le taux de pénétration d’Internet au Cameroun est estimé à 41,9 %, ce qui représente environ 12,4 millions d’internautes).

Alain More Ekobe, Managing Director/ Canal + Advertising Cameroon ; Mentor et Formateur de la cohorte Lead’MI 2025.

Mais faute de suivi par de vrais managers, beaucoup se tournent vers l’auto-emploi en ligne (freelance, marketing digital), souvent sans accompagnement ni protection sociale. Suite à cette désillusion, les salons de l’emploi sont pris d’assaut chaque année, mais les offres restent rares et peu adaptées aux profils qualifiés.

Face à ce vide, le programme Lead’MI sous la supervision de Brain-Booster, propose une approche alternative : mentorat, immersion en entreprise, et développement de compétences transversales, mais surtout: mise en relation directe avec des chefs d’entreprises bienveillants et ouverts au partage d’expérience. En 2025, l’initiative a formé 15 jeunes dans les domaines du marketing , de la communication et de l’informatique, avec un taux d’insertion de 80 % après seulement 6 semaines. Des entreprises comme Canal+ Ads, Yango, ST Digital, Ufipay, AVS Telecom, Inter-Progress, Elitis Cameroun, ou encore la Communauté Urbaine de Yaoundé et bien d’autres, ont soutenu l’initiative.

« J’ai une Licence en informatique, mais j’étais inapte à formuler ne serait-ce qu’un CV, encore moins de faire un pitch pour un projet professionnel . Mais en répondant à l’invitation de faire partie de cette cohorte Lead’Mi 2025, j’ai développé des aptitudes que je n’avais jamais imaginé », témoigne Anita Dongmo, 19 ans, diplômée de l’Université de Yaoundé I.

« On nous demande de l’expérience professionnelle, mais personne ne veut nous en donner », déplore Foha Godwill, 25 ans, étudiant en cybersécurité, qui a gratifié les participants d’une présentation sur le phishing, preuve d’une meilleure compétence softskills, acquise à la suite du programme Lead’Mi.

Plan International Cameroun, en tant que principal partenaire institutionnel, soutient l’initiative Lead’MI pour plusieurs raisons stratégiques et alignées avec sa mission. Pour nous en convaincre, Mme Yendji Maïrou, représentante du Country Director de Plan International Cameroon, a martelé: « L’initiative Lead’MI de Brain-Booster s’aligne étroitement avec plusieurs axes de la Stratégie 2025–2029 de Plan International Cameroun, notamment en matière d’autonomisation des jeunes, d’égalité de genre et d’employabilité ».

Galvanisée par cette phase pilote de l’initiative Lead’Mi 2025 , Mme Tayou Aurel, CEO/Founder de BrainBooster, adresse son plaidoyer au MINEFOP (Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle) en ces termes:  » nous souhaitons avoir un rapprochement plus conséquent avec les entreprises, pour identifier leurs besoins réelles, et qu’il travaille avec Lead’Mi qui vient en renfort à leur mission, avec BrainBooster comme centre de formation agrée ».

Les organisateurs ont émis le souhait d’étendre le programme aux autres régions du Cameroun, pour lutter contre l’inadéquation entre formation académique et insertion professionnelle. Le Cameroun ne manque pas de talents, mais Il manque de passerelles. Tant que les jeunes diplômés seront livrés à eux-mêmes après leur formation, le pays continuera à perdre une partie de son potentiel humain. Il est temps de passer de la formation à la transformation et à l’intégration professionnelle adaptée , tant aux besoins des entreprises, qu’à celles des jeunes diplômés.

Ange ATALA