Cameroon–EU Business Week : la France mise sur l’entrepreneuriat des jeunes pour un développement durable

  • À l’occasion du lancement de la Cameroon–EU Business Week le 15 juin 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, la France a marqué un moment fort du dialogue économique entre le Cameroun et ses partenaires européens, réaffirmant son engagement en faveur de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes. l’Eurovillage a accueilli un dialogue politique orienté vers, les mécanismes de financement de start‑ups et témoignages d’innovateurs locaux comme Ready Food.

La conférence consacrée à l’investissement de la France pour l’employabilité des jeunes a attiré l’attention, notamment par la participation remarquée de S.E. Sylvain Riquier, ambassadeur de France au Cameroun. Au‑delà des discours, l’enjeu est clair : appuyer l’entrepreneuriat des jeunes pour bâtir une économie florissante et durable. La conviction portée par l’Équipe France, relayée par Business France, est que : « le développement durable passe par des processus économiques intégrant la durabilité, la simplicité institutionnelle et la prévisibilité.»

Pour la France, l’appui à l’entrepreneuriat est aussi une stratégie de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Déjà, près de 20 000 Camerounais travaillent directement pour des entreprises françaises implantées dans le pays. Ces sociétés déploient des politiques de RSE notables, sans exclure les régions enclavées comme l’Extrême‑Nord ou l’Est. Des programmes comme Choose Africa, portés par France Volontaires, viennent en soutien aux entrepreneurs confrontés à des difficultés d’accès au crédit, renforçant ainsi la résilience économique et sociale.

Cette approche s’inscrit dans une dynamique continentale. Lors du sommet Africa Forward 2026, organisé à Nairobi en mai en présence du président Emmanuel Macron et de son homologue kényan William Ruto, les jeunes africains ont présenté leurs réalisations dans des environnements favorables à l’innovation. Le message était clair : lorsque les conditions sont réunies, la jeunesse africaine transforme son potentiel en solutions concrètes.

À Yaoundé, S.E. Sylvain Riquier a repris ce message en soulignant :

« L’expérience de Nairobi nous a montré que lorsque les jeunes africains disposent d’un environnement favorable, ils transforment leur potentiel en solutions concrètes. Ici au Cameroun, notre rôle est d’accompagner ces initiatives, de simplifier les cadres institutionnels et de rendre l’investissement plus lisible. La France croit en la jeunesse camerounaise comme moteur d’une économie durable et inclusive. »Il a ajouté que le dialogue politique est indispensable pour lever les obstacles, rappelant qu’on peut très bien coordonner les efforts entre les autorités et les partenaires.

La représentante de Business France, Mme Stefanie Simon, a précisé les domaines d’intervention :

  • Prospection des investisseurs
  • Partage d’informations sur les opportunités
  • Passage à l’échelle des projets prometteurs.

Elle a marqué les esprits en affirmant : « Les grands d’aujourd’hui étaient les petits d’hier. La logique européenne, c’est de travailler en format avec les exigences de l’UE. » Mme Simon a également rappelé que la crise du Covid‑19 a laissé des leçons sur l’entrepreneuriat : les entreprises qui ont survécu sont celles qui avaient développé une politique de proximité avec différents marchés, d’où la nécessité de la diversification.

L’AFD/Proparco et Start‑up 237

Également présent à cette rencontre, l’AFD (Agence Française de Développement) , à travers Proparco (Société de Promotion et de Participation pour la Coopération Économique) , a récemment organisé un webinaire sur comment vendre le Made in Cameroon en Europe. Dans le cadre de cette initiative, le programme Start‑up 237, soutenu par l’AUF et l’AFD, a annoncé le financement de 100 jeunes entreprises camerounaises, avec un mentorat assuré par 46 experts.

  • Montant de financement : environ 655 millions FCFA (enveloppe totale de 1,3 milliard FCFA).
  • Appui matériel : environ 10 000 euros par structure pour le fonctionnement et le passage à l’échelle.
  • Coaching : plus de 3 000 séances réalisées dans les secteurs de lagroalimentaire, de l’agritech, de l’edtech et d’autres filières innovantes.

Mme Virgie Taillot de l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) a exprimé sa satisfaction pour le rendement du programme, soulignant la pertinence des résultats obtenus. Cette initiative a favorisé la mise à disposition de matériel supplémentaire et l’octroi d’un fonds de roulement d’environ 10 000 euros par structure, afin de renforcer les capacités opérationnelles des jeunes entreprises. A cela s’accompagne également de la création d’un cadre de collaboration et de réseaux d’incubateurs couvrant les 10 régions du Cameroun, favorisant ainsi le passage à l’échelle et l’intégration des start‑ups dans un écosystème national et international mieux structuré. En juillet 2026, une visite est prévue en partenariat avec l’Université d’Aix‑Marseille dans le cadre de la Cité de l’innovation et du savoir.

Ready Food, une successs story

Séance tenante, le témoignage de Ready Food, par la voix de sa promotrice Dodi Mukete Lydienne, a illustré concrètement l’impact de l’innovation locale.

  • Problème identifié : l’oignon, denrée saisonnière, entraîne de fortes pertes en période d’inondation ou de surabondance sur les marchés.
  • Solution : transformation en poudre, permettant une conservation longue durée et une meilleure valorisation.
  • Impact social : amélioration des conditions de travail des employés et des agriculteurs fournisseurs, avec un accent sur les femmes du Septentrion.
  • Résultats : réduction significative des pertes post‑récoltes et augmentation notable du chiffre d’affaires, grâce à la valorisation de plus grandes quantités d’oignons.

La première journée de la Cameroon–EU Business Week 2026 a ouvert le dialogue autour de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes, mais l’événement se poursuivait avec un programme riche : les panels des jours suivants ont porté sur le climat des affaires, les infrastructures de transport et logistique, l’énergie, l’agro‑industrie, l’accès au financement et l’innovation numérique, sans oublier des sessions de networking ciblé entre investisseurs, entreprises et décideurs. Ces panels, organisés du 16 au 18 juin 2026, ont permis d’approfondir les secteurs prioritaires du partenariat UE–Cameroun et d’ouvrir des perspectives concrètes pour bâtir une économie plus résiliente, inclusive et tournée vers l’avenir.

Ange ATALA