L’ONG a organisé un atelier de renforcement des capacités à l’intention des journalistes et des membres de la société civile, le 21 juillet 2026 à Yaoundé. Cette rencontre tenue dans le cadre du Projet CSO Advocacy Grant a permis de former les particpants sur le Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) du Fonds Vert pour le Climat (FVC). Selon la Banque mondiale, plus de 300 plaintes sont traitées chaque année par ses propres mécanismes de recours, ce qui illustre l’importance de tels dispositifs en Afrique. JVE Cameroun, déjà expérimentée avec des ateliers similaires en 2023 à Garoua, poursuit ainsi son rôle d’accompagnement des communautés affectées par des projets climatiques.
Ces sessions ont été complétées par des travaux de groupe et des études de cas portant sur des situations concrètes de communautés impactées par des projets climatiques. Des exercices pratiques ont permis de simuler des interviews, de rédiger des articles sur le MRI et même de reproduire la procédure de dépôt de plainte. Cette immersion a favorisé une appropriation concrète du mécanisme et renforcé la confiance des participants dans leur capacité à agir.

Participant représentant d’une OSC à l’atelier : « La simulation de dépôt de plainte nous a montré que nous pouvons agir, même face à des projets internationaux. »
Le bien-fondé de l’atelier repose sur un constat préoccupant : dans les zones d’implantation de projets financés par le FVC, les communautés affectées manquent cruellement d’informations fiables sur leurs droits et sur les voies de recours existantes. Les journalistes, par leur proximité avec les populations et leur mission d’informer, apparaissent comme des relais essentiels pour vulgariser ces informations. Les organisations de la société civile, quant à elles, jouent un rôle d’accompagnement et de mobilisation communautaire indispensable à l’effectivité du mécanisme.

Judith Ndongo (au centre), journaliste participante à l’atelier .
Encadré par Blondel Silenou (chef du projet IRM CSO Advocacy Grant 2026), Michelle Nlend, Mamout Oumarou et Jessica Lebgane (voir photo de titre, au centre) , l’atelier s’inscrit dans une série d’initiatives portées par JVE Cameroun. L’organisation n’en est pas à sa première expérience : en 2023 déjà, des ateliers avaient été organisés à Garoua et Lagdo pour sensibiliser les communautés locales sur leurs droits face aux projets climatiques, notamment le PIDACC/BN [https://newsupfront.com/cameroon-local-communities-schooled-on-climate-redress-mechanisms/ ] . Ces expériences antérieures ont permis de consolider une expertise pratique et de bâtir un réseau de journalistes et d’acteurs communautaires engagés.

Mamout Oumarou/ JVE Cameroun
Au niveau continental, les données de la Banque Mondiale illustrent l’importance de tels dispositifs : son propre mécanisme de recours, le Grievance Redress Service (GRS), reçoit en moyenne plus de 300 plaintes par an sur des projets financés en Afrique et ailleurs, couvrant des impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance [https://www.worldbank.org/en/projects-operations/products-and-services/grievance-redress-service] . Ces chiffres montrent que les mécanismes de recours ne sont pas théoriques, mais bel et bien utilisés par les populations pour défendre leurs droits. En Afrique, plusieurs plaintes ont déjà concerné des projets hydroélectriques, des plantations industrielles ou des programmes d’adaptation, souvent liés à des déplacements de populations ou à la pollution des cours d’eau.
L’atelier de Yaoundé confirme que l’accès à l’information et aux mécanismes de recours est une condition essentielle pour une justice climatique effective. En s’appuyant sur l’expérience de Garoua en 2023 et sur les données de la Banque mondiale, JVE Cameroun démontre que les communautés locales peuvent devenir des acteurs actifs de la gouvernance climatique, transformant leurs plaintes en leviers de transparence et de résilience.
Ange Atala
