Droits des enfants: Plan International Cameroon en appelle à plus d’inclusion

A l’occasion de la 36e édition de la journée internationale des Droits des enfants, commémorée le 20 novembre de chaque année, une centaine d’enfants ont été conviés à crier d’une seule voix le thème de l’année 2025 : « ma journée , mes Droits ». Sans distinction de classe sociale, réfugiés et nationaux, parlementaires jeunes ou enfants issus de milieux défavorisés, déficients auditif ou visuel, cela ne les a pas empêché d’exprimer les besoins communs, inhérents à leur stade de vie.

Plan International Cameroon, en partenariat avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, sous la tutelle de la Délégation Régionale des Affaires Sociales pour le Centre, a rassemblé des représentants institutionnels, des organisations de la société civile, ainsi que des parents et des enfants venus des centres sociaux et des communautés locales.

 » Tous les jeunes ont le même besoin d’amour et d’encadrement », énonçant ainsi l’un des besoins fondamentaux des jeunes, Hervé ( le prénom a été changé) , un jeune déficient visuel, élève en classe de 3è, a pris la parole pour rappeler l’un des Droits fondamentaux des enfants. En effet, Les Droits fondamentaux des enfants sont définis par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) adoptée par l’ONU en 1989. Ils reposent sur quatre principes majeurs : non-discrimination, intérêt supérieur de l’enfant, droit à la survie et au développement, et respect de l’opinion de l’enfant.

Mme Edimo Mbappe Rachel , Déléguée Régionale des Affaires Sociales pour la région du Centre (DRAS-CE), a rappelé que cette journée, instituée par les Nations Unies en 1954, vise à promouvoir le respect et la protection des droits fondamentaux de chaque enfant. Le thème retenu cette année appelle à une participation active des enfants dans les décisions qui les concernent :

« Leur participation ne saurait désormais être perçue comme une option : elle constitue une exigence incontournable », a-t-elle affirmé.

La situation des enfants au Cameroun en 2025 révèle des défis majeurs : près de 14,6 millions d’enfants (soit 49 % de la population), dont 336 000 meurent chaque année avant l’âge de 5 ans, de maladies pourtant évitables. La pauvreté, l’accès limité à l’éducation et la vulnérabilité accrue dans les zones rurales et de crise (Extrême-Nord, Est, Adamaoua) aggravent ces inégalités.

Hervé, au moment de sa prise de parole.

La célébration a été l’occasion de présenter plusieurs actions prioritaires, menées par Plan International Cameroon, pour favoriser l’inclusion des enfants. Pour Beri Gaelle, la spécialiste en Droits des enfants au sein de l’institution, il revient à chacun de contribuer à : « renforcer les mécanismes communautaires de protection des enfants, mais aussi et surtout de promouvoir un cadre éducatif sûr et inclusif, propice à l’apprentissage ».

C’est l’une des raisons pour lesquelles, Plan International Cameroon, marque un point d’honneur à soutenir les familles vulnérables pour réduire les risques d’abandon et d’exploitation. En plus de cela, l’organisation favorise les actions de coordination des acteurs sociaux, sanitaires, éducatifs et même judiciaires, pour intégrer la voix des enfants dans les décisions communautaires.

C’est le cas de signaler l’encadrement qu’ils apportent au réseau des parlementaires jeunes, mais rappelons aussi que Plan International Cameroun agit activement pour les enfants réfugiés et déplacés internes, notamment à travers le projet READ (Education et Développement des Réfugiés) lancé en 2023. Ce programme vise à garantir l’accès à une éducation inclusive et de qualité, à renforcer la protection des enfants vulnérables et à soutenir le développement local dans les zones affectées par les crises sécuritaires et humanitaires, comme l’Extrême-Nord et le bassin du Lac Tchad

Un hommage particulier a été rendu à M. Ngue Badje Noé Théodore, handicapé moteur, mais aujourd’hui , il occupe le poste de Chef de la cellule de suivi et de coordination au sein de la DRAS-CE. Il a entretenu les participants sur les droits et devoirs des enfants à l’occasion. Dans la salle, l’enthousiasme de jeunes déficients visuels étaient palpable, munis de leurs cannes blanches pour la plupart, ils ont participé aux animations diverses, mais leur souhait est que leurs besoins beaucoup plus spécifiques, soient examinés lors des prochaines échéances parlementaires.

En effet, les enfants déficients visuels au Cameroun ont des besoins essentiels en éducation inclusive adaptée, en matériel spécialisé (braille, outils numériques), en accompagnement psychosocial, et en insertion sociale et professionnelle. Ils nécessitent aussi une meilleure accessibilité des infrastructures scolaires et communautaires, ainsi qu’une sensibilisation des familles et enseignants pour réduire la discrimination.

Ange ATALA