EBOLOWA : Le Cameroun renforce ses capacités d’évaluation des inventaires de gaz à effet de serre

Un atelier régional de formation sur la transparence climatique réunit les experts des régions du Centre, du Sud et de l’Est.Dans la dynamique du renforcement de la transparence climatique, la ville d’Ebolowa abrite depuis le 10 juillet 2025 un atelier régional de formation sur l’évaluation (peer review) des inventaires nationaux de gaz à effet de serre. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Capacity Building Initiative for Transparency (CBIT), financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), visant à doter le Cameroun d’experts nationaux capables d’assurer la qualité des rapports a soumettre à la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique.

L’hôtel BENGO d’Ebolowa, devenu pour deux jours le temple de la transparence climatique accueille une cinquantaine de participants Venus des administrations sectorielles (MINEPDED, MINFOF, MINADER, MINEE, MINMIDT, MINEPIA), de la société civile, des ONG et du monde universitaire. Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de l’engagement du Cameroun dans la lutte contre le changement climatique. » Cet atelier s’inscrit dans la continuité du processus de renforcement des capacités des parties prenantes sur la thématique des inventaires de GES », a déclaré Monsieur Timothée KAGONBE, Directeur National du projet CBIT, lors de la cérémonie d’ouverture.Une fois les civilités protocolaires achevées avec les interventions remarquées du Professeur BRING, représentant du Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, et de Monsieur OLAMA Sylvain, Délégué Régional du MINEPDED pour le Sud, l’assistance a plongé au cœur du vif du sujet. Le module inaugural sur les exigences en matière de transparence climatique, s’appuyant sur l’article 13 de l’Accord de Paris comme fondement juridique incontournable, a magistralement lancé cette séquence d’apprentissage technique de haut niveau..Monsieur MOUSSA Maxime, Chef de Projet CBIT, a rappelé que « la transparence impose aux pays de fournir des informations claires et fiables concernant leurs progrès dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre ». Les cinq piliers de cette transparence – Exhaustivité, Cohérence, Comparabilité, Exactitude et Transparence – constituent désormais la boussole guidant l’élaboration des rapports climatiques camerounais.

Robert PISMO.

L’un des moments forts de la première journée a été la présentation de Monsieur Robert PISMO, expert inscrit au Roster des Experts de la CCNUCC. Sa session sur les modalités d’évaluation (peer review) des inventaires nationaux de GES a permis aux participants de s’approprier les outils d’évaluation technique, notamment la fameuse check-list qui servira de guide pour l’examen des rapports. »Il est important qu’un premier examen technique soit réalisé par des experts nationaux avant la soumission des rapports », a souligné le Directeur National CBIT, citant notamment comme exemples d’experts nationaux formés.Cette session fait suite à un précédent atelier tenu en novembre 2024, témoignant de la montée en puissance du processus de formation. La zone agroécologique des forêts à pluviométrie bimodale, regroupant les régions du Centre, du Sud et de l’Est, se distingue comme « la plus active dans le processus de formation comparé aux autres zones agroécologiques », selon les organisateurs.

Les participants sont actuellement en pleine appropriation des outils d’évaluation, avec un focus particulier sur les quatre secteurs clés : AFAT (Agriculture, Foresterie et Autres Utilisations des Terres), Énergie, Déchets et PIUP (Processus Industriels et Utilisation des Produits).Au-delà du respect des engagements internationaux, cet atelier revêt une dimension stratégique cruciale. Comme l’a expliqué l’expert PISMO, « le pays gagnera en crédibilité envers ses partenaires financiers, ce qui pourrait faciliter le financement climatique et promouvoir le développement durable ».

La formation se poursuit ce vendredi 11 juillet avec des sessions pratiques d’appropriation des outils d’évaluation, promettant de doter le Cameroun d’une expertise nationale solide en matière de transparence climatique.Avec ce type d’initiatives, le Cameroun démontre sa volonté de respecter ses engagements climatiques internationaux tout en renforçant ses capacités internes d’expertise. Un pari sur l’avenir qui pourrait bien faire d’Ebolowa le laboratoire de la transparence climatique camerounaise.

Blondel Silenou