Femmes réfugiées face aux VBG : briser l’impunité

Hope Innovation Hub et la Fondation Yunus Cameroun ont choisi d’intervenir en leur faveur. Le 10 décembre 2025, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits humains, ces deux OSC ont organisé une session d’éducation et de sensibilisation pour cinquante femmes réfugiées. Avec pour objectif de leur donner les armes pour reconnaître l’abus, nommer le harcèlement, revendiquer leurs droits et identifier les services d’assistance disponibles au Cameroun.

Elles sont des milliers au Cameroun, invisibles dans les statistiques, mais bien présentes dans les quartiers populaires de Yaoundé ou Douala. Femmes et jeunes filles réfugiées, venues du Tchad, de la Centrafrique ou du Rwanda, et de RDC, elles portent sur leurs épaules le poids du déracinement et celui, plus lourd encore, des violences basées sur le genre. Harcèlement, abus sexuel, humiliations quotidiennes : leur vulnérabilité est exacerbée par la précarité, la dépendance économique et l’absence de réseaux de protection.

Le thème mondial des 16 Jours d’Activisme contre les VBG – « Unissons-nous pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles » – résonne particulièrement dans un pays où l’accès au numérique reste un privilège masculin. La Fondation Yunus, née en 2023, s’est donnée pour mission de renverser cette logique : promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans le numérique, l’énergie et l’environnement, former, financer et accompagner les projets portés par des femmes.

Emery Ndayizeye, Co-fondateur Hope Innovation Hub: « briser le silence, c’est briser l’ordre établi qui protège les agresseurs. »

Mais au-delà des slogans, l’enjeu est politique. Car la lutte contre les violences basées sur le genre ne peut se réduire à des ateliers ponctuels. Elle exige des politiques publiques ambitieuses, des moyens financiers, une justice accessible et une volonté de briser l’impunité.

En donnant la parole aux femmes réfugiées, Hope Innovation Hub, par la voix de son responsable en la personne d’Emery Ndayizeye, lui-même refugié burundais, et bien intégré au Cameroun depuis quelques années, a rappelé aux femmes refugiées que: « leur dignité n’est pas négociable » . Par ailleurs, la société camerounaise, si elle veut se dire démocratique, doit cesser de détourner le regard.

Ange ATALA