Financement climat et biodiversité : l’IFDD au chevet du Cameroun

Face à l’urgence écologique et aux difficultés d’accès aux fonds internationaux, l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) intensifie son soutien au Cameroun. Un accompagnement stratégique pour transformer le potentiel naturel en projets financiables.

Ils sont cadres ministériels, experts environnementaux et représentants de la société civile. Réunis à Mbankomo depuis deux jours et ceux pendant une semaine, ces professionnels camerounais participent à une formation intensive qui pourrait changer la donne écologique du pays. Sous l’égide de l’IFDD, ils apprivoisent les mécanismes complexes de la finance verte internationale. « Notre intervention dépasse le cadre classique de la formation », souligne Lionelle Ngo Samnick, représentante de l’IFDD. « Il s’agit d’un accompagnement structurel pour permettre au Cameroun de valoriser son capital naturel exceptionnel et de peser dans les arènes climatiques internationales. »

Le paradoxe camerounais est saisissant : Seulement 26% des financements climatiques mondiaux parviennent à l’Afrique, et le bassin du Congo mobilise 25 fois moins de financements que l’Amazonie, malgré son rôle crucial pour l’équilibre climatique planétaire. « Les procédures d’accréditation auprès du Fonds Vert pour le Climat restent un défi majeur », explique Nicaise AMAN , expert consultant en finance climatique et formateur . « Cette formation donne les clés pour franchir les barrières administratives qui nous privent de ressources vitales. »

L’approche de l’IFDD se distingue par son pragmatisme. Les participants ne se contentent pas d’apprendre la théorie : ils travaillent sur des projets concrets, depuis l’identification des bailleurs potentiels jusqu’à la structuration financière. La « théorie du changement » et rationnel climatique » deviennent des outils opérationnels plutôt que des concepts abstraits. « Beaucoup d’idées excellentes échouent par manque de formalisme », constate Valentin Wagnoun, formateur. « Nous transformons l’innovation locale en dossiers bancables selon les standards internationaux. »

L’ambition de l’IFDD dépasse le renforcement individuel de compétences. L’organisme francophone vise la création d’un écosystème durable d’expertise climatique. « Nous voulons que le Cameroun devienne un hub régional de la finance verte », affirme Lionelle Ngo Samnick. Des communautés de pratique se constituent, assurant la pérennité des acquis bien après la fin de la formation. Cette démarche s’inscrit dans la durée, avec un suivi personnalisé et un plaidoyer pour l’adaptation des critères d’accès aux fonds internationaux aux réalités locales. Le pays pourrait ainsi devenir le porte-étendard d’une nouvelle génération de leaders climatiques africains, capables de négocier d’égal à égal avec les institutions financières globales.

Blondel SILENOU