Financement climat et biodiversité : un atelier annoncé

Le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, organise du 18 au 22 août 2025 un atelier national pour former 50 participants aux mécanismes de financement climat et biodiversité.

Jusqu’à 20 % des services écosystémiques du Cameroun pourraient disparaître d’ici 2050 selon les projections actuelles. Face à cette menace alarmante, le pays intensifie ses efforts pour mobiliser les financements internationaux nécessaires à la préservation de sa biodiversité exceptionnelle.Le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable MINEPDED) , en partenariat avec l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), a annoncé l’organisation d’un atelier national de formation pratique sur les modalités d’accès aux financements liés à la biodiversité et au climat. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Accompagnement des transformations structurelles en matière d’environnement et de climat ».

Des défis de financement à relever

Le Cameroun, deuxième pays le plus riche en biodiversité du Bassin du Congo après la République Démocratique du Congo, fait face à des défis majeurs pour financer ses actions environnementales. L’accès restreint aux mécanismes financiers internationaux comme le Fonds Vert pour le Climat (FVC) ou le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) constitue l’un des principaux obstacles.« L’absence d’une entité nationale accréditée capable d’accéder directement à ces ressources financières limite considérablement nos possibilités », souligne le document de présentation du projet. Les capacités techniques limitées dans la formulation de dossiers conformes aux exigences des bailleurs de fonds aggravent cette situation.

L’atelier réunira des représentants des administrations publiques, des collectivités décentralisées, de la société civile et du secteur privé. Les participants seront formés aux procédures d’accréditation et à l’élaboration de notes conceptuelles répondant aux critères des principaux mécanismes de financement internationaux.Les objectifs spécifiques incluent l’examen et le renforcement des capacités institutionnelles des structures présélectionnées pour une accréditation, ainsi que le renforcement des compétences techniques sur les critères d’éligibilité et les exigences des bailleurs de fonds.

Des résultats concrets attendus

À l’issue de cette formation intensive, plusieurs résultats majeurs sont visés : l’identification de deux à trois structures nationales capables d’initier un processus d’accréditation comme entités d’accès direct au FVC et au Fonds d’Adaptation, ainsi que la sélection de trois projets prioritaires alignés sur les objectifs de développement durable du Cameroun.L’atelier permettra également de développer les versions initiales de trois notes conceptuelles bancables, qui seront ultérieurement finalisées avec l’appui d’experts pour soumission aux guichets de financement internationaux.Cette initiative représente un pas crucial pour le Cameroun dans sa stratégie de préservation de ses écosystèmes forestiers, aquatiques et savanicoles, essentiels au stockage du carbone et à la régulation du climat à l’échelle régionale et mondiale.

Ange ATALA