Le MINDEF organise le premier symposium national sur les victimes de guerre

Yaoundé, du 10 au 12 septembre 2025 — Dans une démarche inédite de reconnaissance, de dialogue et de réparation, le Ministère de la Défense du Cameroun (MINDEF) organise le tout 1er symposium national sur les victimes de guerre, sous le haut patronage du Président de la République, S.E.M Paul Biya. L’événement, tenu au palais des congrès, a réuni des anciens combattants, des victimes civiles et militaires, des représentants des forces de défense, des chercheurs, des ONG et des partenaires internationaux.

Ce symposium a pour objectif de : créer, et surtout renforcer le lien entre l’armée et la nation dans une logique de mémoire et de justice, mais également de donner la parole aux victimes de guerre, souvent invisibilisées dans les récits officiels. Car disons-le, les chiffres priment sur les individus, le symposium vise également à évaluer les mécanismes existants, en matière de prise en charge, d’indemnisation et de réinsertion des victimes de guerre. En vue de proposer des réformes pour une meilleure reconnaissance institutionnelle.

Revenant sur l’histoire des conflits au Cameroun, Pr. Wanyaka Virginie, professeure titulaire d’histoire militaire et de sécurité à l’Université de Yaoundé 1, a rappelé que:  » le Cameroun a connu plusieurs épisodes de conflit parmi lesquelles nous citerons : les missions internationales de maintien de la paix ; les guerres d’indépendance et les répressions postcoloniales ; les opérations militaires contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord; et les tensions armées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. »

Ces évènements ont laissé des victimes, avec des séquelles visibles et invisibles, car il est important de signaler que les victimes de guerre ne sont pas seulement les militaires tombés sur le champ de bataille. Les victimes incluent : les enfants nés de violences en contexte de guerre, les anciens combattants blessés ou traumatisés, les civils déplacés, mutilés ou endeuillés, et bien entendu les familles des militaires tombés au front.

Témoignages poignants

Le symposium a été marqué par des témoignages forts : « Mon mari est tombé à Kolofata en 2016. Depuis, je me bats seule pour élever nos trois enfants. Ce symposium est la première fois qu’on m’écoute », confie Aïssatou, veuve d’un militaire.

« J’ai été blessé en opération en 2018. Je suis en fauteuil roulant, mais je n’ai jamais cessé de servir mon pays. Je demande juste qu’on ne m’oublie pas », témoigne le sergent-chef Ngono.

Ces témoignage sont venus donner un visage aux chiffres annoncés par le Secrétaire d’État à la Défense, chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, M. Koumpa Issa, qui s’est chargé de présenter un rapport détaillé de la situation des victimes de guerre au Cameroun :

  • Plus de 12 000 anciens combattants recensés
  • Environ 4 500 victimes civiles identifiées dans les zones de conflit
  • 1 200 dossiers d’indemnisation en attente de traitement

Au-delà des chiffres et des politiques que l’organisation entend suggérer à la fin, ce symposium marque une étape symbolique dans la construction d’une mémoire collective. Le souhait formulé est de reconnaître que la guerre laisse des cicatrices durables, et que la paix ne peut se construire sans justice pour les victimes.

« Servir la nation, c’est aussi honorer ceux qui ont souffert pour elle », a déclaré le Ministre Délégué à la Défense, M. Beti Assomo, à l’entame de cette première journée de l’évènement qui se poursuit jusqu’au 12 septembre 2025.

Ange ATALA