Du 23 au 25 juin 2026, Rabat accueille un forum international inédit sur l’impact des plateformes numériques sur les jeunes. Vingt‑quatre pays sont représentés, avec près de 250 participants. L’initiative, née au Caire lors de la 49ᵉ réunion des ministres arabes de la Jeunesse et des Sports, est désormais portée par le Maroc et la Ligue des États arabes. Objectif : produire des recommandations concrètes pour les gouvernements sur les effets des réseaux sociaux auprès des jeunes générations.
Parmi les 24 pays présents, quatre ne sont pas arabes : Turquie, Japon, Sénégal et Cameroun. Leur participation traduit une volonté de coopération Sud‑Sud élargie et marque l’entrée de l’Afrique subsaharienne francophone dans un débat longtemps cantonné au monde arabe.Au cœur des débats : les dimensions sociale, culturelle, éducative et psychologique des plateformes numériques sur une génération qui a grandi avec un écran à la main. Des questions que l’on pose trop rarement en Afrique francophone, non par indifférence, mais faute d’espaces institutionnels pour les traiter sérieusement.
Les données derrière les écrans
Les signaux d’alerte sont nombreux :
- Décrochage scolaire : selon l’UNESCO, près de 18 % des adolescents africains déclarent que l’usage excessif des réseaux sociaux affecte leur performance scolaire.
- Santé mentale : une étude de l’OMS (2025) estime que 1 jeune sur 5 en Afrique subsaharienne présente des symptômes d’anxiété liés à l’exposition numérique.
- Manipulation électorale : au Cameroun, les campagnes de désinformation en ligne ont augmenté de 40 % entre 2020 et 2025 (source : DataCameroon).
- Exposition aux contenus extrêmes : 62 % des jeunes interrogés à Dakar disent avoir été confrontés à des contenus violents ou haineux sur TikTok ou Facebook.
Ces chiffres montrent que les effets des plateformes ne sont ni théoriques ni lointains : ils se jouent dans les cours d’école de Douala, les campus de Dakar et les quartiers populaires d’Abidjan.
Ce que le Cameroun doit porter
La délégation camerounaise a une responsabilité particulière. Trois enjeux prioritaires devraient être défendus :
- Régulation des discours haineux en ligne.
- Protection des mineurs face aux contenus non filtrés.
- Souveraineté numérique : garantir que les architectures algorithmiques ne soient pas imposées sans adaptation aux réalités locales.
Tribune Verte Online suivra ce forum à travers sa correspondante, car l’écologie du XXIᵉ siècle ne se limite pas aux forêts et aux fleuves. Elle inclut aussi les espaces numériques que nos jeunes habitent chaque jour. Ces environnements virtuels, tout comme les écosystèmes naturels, nécessitent des politiques de protection et de régulation.
Marie Noel Behoumie
